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Couteau de Cuisine | Nioclàs & Séraphine

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Rappeltou
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MessageSujet: Couteau de Cuisine | Nioclàs & Séraphine Jeu 26 Juil - 14:47
« Encore des poils, toujours des poils ! Bordel, St Nioclàs, quand est-ce que tu vas apprendre à passer un jet d'eau dans la douche quand tu as terminé ?! »

Ronchonne, de mauvaise humeur comme souvent, Séraphine tape du pied à l'entrée de la salle de bains, fusillant le grand Irlandais du regard. La scène a tout d'étrange, quand on y regarde. Une petite chose toute frêle, toute petite, face à une créature massive et la dépassant très largement, qui tient tête dans une tentative très visible de domination... Étrange, certes, mais avec un délicieux parfum d'habitude. Car, vous le saurez, ce motif de dispute doit être le principal, entre nos deux passionnés. Oui, vous lisez bien.
Le plus souvent, ils se disputent pour des histoires de poils. Alors parfois, c'est à cause du trop de poils, et des fois à cause de leur absence – pauvre homme qui se retrouve régulièrement coincé entre quatre bandes de cire...
Enfin, le décor est planté. Nous sommes en Irlande, non loin de la mer, dans une maison au jardin entretenu et au ménage fait régulièrement. Ah ça, aucun doute sur une présence féminine dans les lieux...

Après quelques objets volants dans le couloir, avec pour seul but celui d'assassiner le responsable de ces poils tueurs sans plus aucune pitié, Séraphine s'occupe de nettoyer la salle de bain, et en ressort en jurant tout ce qu'elle peut. Ah ça, plus de Nounours en vue, c'est sûr. C'est que la furie qui hante sa maison n'est pas à contrarier sans crainte de conséquences !
La jeune fille vaque à ses occupations, ronchonne contre un chat qui vient passer dans ses pattes pour accéder à sa gamelle et s'enfonce dans la cuisine, fouillant à la recherche d'ingrédients pour le repas de ce soir. Oh, oui, il est encore tôt pour y songer, c'est certain. Mais vu ce qu'elle compte préparer, elle aura besoin de temps.
Il faut savoir que Séraphine est loin d'être un cordon-bleu. Gourmande, oui, plus que de raison, mais les relations familiales tendues dans lesquelles elle a grandi ne lui ont pas permis d'avoir accès à la cuisine et a de précieux conseils d'une mère pour savoir comment se nourrir. De fait, la seule chose qu'elle sait cuisiner est un plat long et traditionnel, qu'elle connait pour avoir vu sa mère le faire de nombreuses fois. Quel dommage, elle qui aime tant les pâtisseries au miel, d'être incapable de les faire elle-même...
Enfin revenons à nos hypogriffes.
La jeune fille attrape sa baguette, et la fait tourner distraitement en ouvrant un placard, pour en sortir ses ustensiles. Saladier, couteau, économe, casserole... Et pendant qu'elle fait, des pommes de terre, un morceau de viande, et autres épices viennent à elle et...

« Bah... Accio navets. » souffle-t-elle en répétant son geste avec son poignet, ne comprenant pas pourquoi les navets n'avaient pas réagi à son informulé. Mais rien ne se passe. Séraphine jure dans sa barbe inexistante et, tout en nouant son tablier autour de ses reins, prend la direction du garde-manger pour aller voir quel était le problème de ces fuckin' navets.
Et une fois arrivée, elle constate le problème et sa source : il n'y avait plus de navets. Wait ; comment ça, il n'y avait plus de navets ? Comment était-elle supposée faire un haggis sans navet ? Viande, panse, patates, épices... Il lui fallait des navets ! Nom d'un troll, si elle n'avait pas les légumes adéquats, elle allait faire un scandale ! On ne la forcerait pas à bafouer ainsi des siècles de tradition juste parce qu'un certain Moelleux avait oublié de faire les courses !
Ou pire : parce que monsieur avait volontairement oublié d'en racheter. Il en serait capable !
Comment ça, de la mauvaise foi ? Où ça ?
La jeune fille tape du pied sur le sol et claque violemment la porte du garde-manger. Elle se tourne et se dirige à grands pas vers la cuisine, ouvrant grand la baie vitrée donnant sur le jardin. Et là, le doux son de sa voix se fait entendre, alors qu'elle déchire le silence de la verte Irlande sans aucune vergogne :

« SAINT NIOCLÀS ! » appelle-t-elle, se tenant droite dans l'encadrure, les deux poings sur les hanches. Oh si tu savais ma petite, quelle allure tu as là ! Avec ton tablier, ton air furieux, à appeler ton compagnon... Aha, si ça n'était pas toi, on pourrait croire une petite ménagère. Mais... Mais non. Ce ton persiflant, ces yeux furieux, ce maintien fier, tout cela ne colle pas avec ce qu'on pourrait attendre d'une charmante femme au foyer.
« T'étais pas sensé refaire des courses ? Où sont les navets ?! »

Petite scène, tranche d'une vie paisible... So far ~
Un couple normal, bien qu'il baigne dans la non-conformité.
Une vie amoureuse, avec ses hauts, ses bas...
Et ses ébats.

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Rappeltou
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MessageSujet: Re: Couteau de Cuisine | Nioclàs & Séraphine Mer 1 Aoû - 12:58
Assis sur une chaise de jardin, Nioclàs contemple la mer en laissant son esprit vagabonder. Le calme ambiant est presque irréel en comparaison à la tempête à laquelle il vient d’échapper. Une fois de plus, le grand irlandais s’est vu attaqué par des objets volants à cause d’une stupide histoire de poils. Pourtant, il fait tous les efforts nécessaires pour cesser de contrarier Séraphine. Qu’y peut-il, lui, si les poils refusent de s’en aller dans le siphon ? Il essaye bien, parfois, de les nettoyer. Cela rate immanquablement, comme si les cadavres de sa pilosité le narguait, lui promettant une nouvelle dispute avec sa belle.

« Cad ádh... » Depuis qu’il vit avec Séraphine, Nioclàs n’a plus un instant de répit. Son quotidien n’est plus qu’un enchaînement de gaffes, de disputes… et de réconciliations. Un sourire ourle ses lèvres tandis qu’il repense à la façon dont il a été réveillé ce matin. Il avait prévu de ne pas travailler aujourd’hui, et avait compté sur une grasse matinée reposante qui fut remplacée par une activité ô combien plus plaisante.
L’irlandais croise les mains derrière sa tête et se laisse aller contre le dossier, heureux. Il aurait dû être contrarié de se faire attaquer à coups de pots à cire et de savon, cependant, il parvient à y trouver là aussi son bonheur. Bien qu’agitée, sa relation avec Séraphine le repose plus qu’il n’osera jamais l’avouer. Pas de faux semblants, pas de flatteries ; juste quelques non-dits et une passion enflammée.

Il flotte encore dans une autre réalité lorsque le glissement de la porte vitrée attire son attention et que la voix mélodieuse de Séraphine s’élève pour lui parler. Il est au fond du jardin et réalise à quel point il a été avisé de s’éloigner autant en apercevant l’écossaise dans l’embrasure de la porte, mains sur les hanches, l’attitude hostile.

Refaire des courses ?
Les navets ?

….

Avec un soupire, l’irlandais quitte son siège et revient vers sa demeure avec une décontraction d’apparence qu’il est loin de ressentir. Les courses ? Il réfléchit à la veille, essaye de retrouver à quel moment il lui a été demandé de remplir de nouveau le frigo.
N’était-ce pas au petit déjeuner ? Alors que la jeune femme était apparue en nuisette et que, trop occupé à admirer ses jambes découvertes, il n’avait pas écouté ce qu’elle lui disait en prenant un fruit dans le frigo ? Oui, ce doit être ça. Elle s’était penchée en avant pour prendre dans le bac à légume une orange ou un pamplemousse, et son regard avait glissé sur sa silhouette sans prêter garde à la confiture qui coulait de sa tartine ou aux paroles qu’elle avait prononcées.

« Leathcheann... » s’insulte-t-il à voix basse. Maintenant, il va falloir qu’il se trouve une excuse autre que « j’étais trop occupé à admirer ton adorable popotin ». Séraphine prendra ça pour du cynisme et lui enverra aux trousses quelques gnomes de jardin. Nioclàs va devoir se montrer plus inventif que ça !

« Tes navets, mon petit lutin, ne seront pas indispensables aujourd’hui », réplique-t-il fermement en arrivant face à la demoiselle qui, décidément, prend son rôle de ménagère très au sérieux, vêtue de son tablier et l’air menaçant. Si la situation était moins critique, Nicolàs aurait pu prendre le temps de rire de la scène et de tomber en admiration devant ce petit bout de femme qui ne cesserait jamais de le surprendre. « Ton haggis est un régal, et je bénis mille fois ta mère de t’avoir enseigné cette recette, mais puisque je suis à la maison aujourd’hui, je me disais que je pourrais en profiter pour t’apprendre une autre recette. Si ça te dit. » Si ça ne lui dit pas… ma foi, ce sera la même chose puisque de toute façon, il n’y a pas de quoi faire de haggis.

Nioclàs passe une main sur l’épaule de la Serpentard, lui sourit tendrement et l’invite à entrer dans la maison, espérant que l’excuse avancée sera suffisante pour s’éviter ses foudres. Il ne lui reste plus qu’à trouver la recette qu’il va lui apprendre, sans quoi son prétexte tombera à l’eau et ils seront partis pour bien deux ou trois jours à se faire la tête, jusqu’à ce que l’un des deux craque.

« Je pensais te montrer comment faire des farcis à la niçoise. » La mer et le soleil estival, l’odeur du romarin dans le jardin, tout ceci lui rappelle son séjour en Provence, et l’idée de la recette s’impose d’elle-même.
Il n’y a plus qu’à compter sur l’acceptation de la petite Séraphine.


Dernière édition par Nioclàs Ó Tuathail le Mer 15 Aoû - 0:07, édité 1 fois

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MessageSujet: Re: Couteau de Cuisine | Nioclàs & Séraphine Mer 1 Aoû - 17:29
Petit lutin ? Qui était un petit lutin ?! Elle lui en ficherait du petit lutin ! Les poings fermement campés sur ses hanches, la jeune fille serre les dents en le fusillant du regard. De un, elle n'était pas petite, et encore moins minuscule. De deux, elle n'était pas un lutin ! Les lutins étaient des saloperies de créatures innocentes et insouciantes ! Espiègles, agaçantes, mais surtout : souvent bienveillantes. Elle n'était pas une gentille petite créature innocente, espiègle et insouciante ! Elle était grande, imposante, terrifiante, menaçante !
Bwahahahaha, craignez le courroux de l'immense Séraphine !
Et non content de sous-entendre qu'elle était une petite chose vulnérable, il osait dire clairement qu'on n'avait pas besoin de ses navets ! Non mais dans quel monde vivait-il ? Bien sûr qu'ils avaient besoin de navets ! C'était même du domaine de l'indispensable, voyons. Un haggis sans purée de pommes de terre et navets, ça n'était pas possible. Impensable.
Elle lève les yeux vers l'homme qui la surplombe très largement, mais ne semble pas relever ce problème. Peuh, ce n'était pas la taille qui comptait. C'était elle qui portait la culotte, dans leur couple.
Oui, Séraphine a de beaux rêves.
Mais passons, car déjà Nioclàs décide de la flatter. Enfin presque. Les lèvres de la jeune fille se pincent, son regard se durcit. Suffisamment pour que l'Irlandais puisse comprendre que mettre le verbe bénir avec « ta mère » dans la même phrase n'était vraiment pas une bonne idée. Pas une bonne idée du tout. Elle avait légèrement tendance à se braquer avec ces sujets en particulier. Du coup, elle en occulte pratiquement le reste de la phrase, à savoir lui apprendre à faire autre chose à manger.
Il n'avait pas tort, par ailleurs, parce que le pauvre devait en avoir marre du haggis...

Une main sur son épaule, mais elle ne décolère pas, le fusillant de son regard furieux qui va finir par devenir habituel. Le sourire tendre, le contact physique, tout ça, ça ne prenait pas. Elle n'allait pas oublier comme ça qu'il avait osé complimenter indirectement sa mère et en plus qu'il lui souhaitait de vivre longtemps et d'accéder à l'infernal Paradis dont on lui avait parlé toute sa vie.
Tu parles. Il cherchait le conflit diplomatique et à ce qu'elle le boude pendant au moins une journée entière – durant laquelle il devrait faire abstinence, soit une chose absolument impensable.
Alors elle le suit des yeux, à côté de la porte – puisqu'il a bien fallu qu'il passe – furieuse en pleine lumière, la peau brillant – c'est un vampire ! - sous les rayons du soleil. Ah, un sourire aurait été tellement plus agréable... Mais ça n'aurait juste pas été Séraphine. Maîtresse de la mauvaise foi, elle ne pouvait pas non plus passer outre comme ça, d'un claquement de doigts. C'est qu'elle en avait oublié les navets de la raison première de sa colère.

« Tu sais où tu peux les coller, tes farcis... euh... alah neessoiz ?! » grogne-t-elle en serrant les dents, butant sur ces mots qu'elle ne connait pas. « Dans l'cul béni d'ma sainte mère ! Sûre qu'elle prendrait son pied ! »
Allez, un peu de colère, du langage délicatement fleuri comme elle sait si bien le faire, le regard plein de fureur. Secouant la tête en sachant pertinemment qu'il allait lui faire une remarque sur la vulgarité de ses mots, elle anticipe et balaie l'air d'un geste maniéré, et tourne les talons pour retourner vers le garde-manger en pestant dans sa barbe ; une oreille avisée pourrait même retenir quelques mots tels que « connasse », « dieu mon cul » et autres « navets poilus ». Poussant sans aucune délicatesse la porte, elle guette les stocks de provisions, avec lesquels des farcis sont totalement possibles – et sans navet, avec ça.
Sauf qu'elle n'a aucune idée de ce que sont ces farcis alah neessoiz que Nioclàs veut faire. Si c'est farci, il doit y avoir de la viande, comme pour son haggis. Et qu'est-ce qu'on farcit ? Quand ce n'est pas de la panse... Ce doit être de la dinde, ou des légumes. Oui mais il n'y avait plus de navets, que voulait-il farcir, bon sang ?

Séraphine est agacée. Entre la mention de sa mère et cette frustration de ne pas comprendre... Elle tape du pied sur le sol, pour manifester son mécontentement, une main sur la hanche, sourcils froncés. Elle grogne, elle râle intérieurement, bref, tout un tas de trucs très féminins qui font que Séraphine est Séraphine.
« Mais comment tu veux les faire, tes trucs ? Alah neessoiz, c'est une viande bizarre que tu veux farcir ? Mais on n'a rien de... De farcissable ! Rah, ça m'énerve ! » Elle tape à nouveau du pied. Non, elle n'a aucune patience. Surtout quand elle est ainsi frustrée de ne pas comprendre. Se tournant vers son compagnon, lèvres toujours pincées, elle reste immobile une seconde ou deux, semblant attendre qu'il s'approche ou qu'il l'éclaire.
C'est qu'elle voulait comprendre. Et puis... Et puis il fallait reconnaître que y'en avait marre du haggis à tous les repas.

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MessageSujet: Re: Couteau de Cuisine | Nioclàs & Séraphine Mer 15 Aoû - 0:06
Des farcis « alah nessoiz », hein. L’ombre d’un sourire apparaît sur les lèvres de Nioclàs, pour disparaître aussitôt que la vulgarité de la jeune femme vient agresser ses oreilles. Il grince des dents, s’apprête à la reprendre mais se trouve pris de cours par l’anticipation de Séraphine. Prenant sur lui, Nioclàs se retient de sortir sa baguette pour savonner la bouche de la demoiselle d’un sortilège et rentre essaye de ferme son esprit à toutes les insanités qu’il croit deviner dans les grommèlements de l’écossaise.
Elle tourne, elle fouine, elle brasse beaucoup d’air, marmonne beaucoup, mais ne semble pas disposée à réfléchir avant d’agir. Non, décidément, quand Nioclàs arrive à garder son calme, je peux vous dire qu’il s’amuse comme un fou à regarder sa furie miniature tourner en rond. Elle en aurait presque de la fumée qui lui sort par les oreilles.

Toutefois, aussi amusante la scène soit-elle, Nioclàs n’est pas du genre à laisser son aimée se mettre dans un état pareil sans rien faire, surtout quand le remplissage de son estomac est l’enjeu in fine de tout ceci. Evitant toute attitude pouvant la froisser de nouveau – parce qu’il a bien compris que de bénir sa mère a été une mauvaise idée – il attend qu’elle se tourne vers lui, s’avance d’un pas et… son regard accroche ses lèvres pincées.
Oooh cette bouche contrariée, qui n’attend qu’à être réconfortée. Un sourire fugace apparaît sur le visage de Nioclàs et il vole un baiser à Séraphine avant de se redresser avec la mine de l’homme ayant rempli son devoir.

« Tu es vraiment adorable quand tu fais la tête, » susurre-t-il avec une pointe de moquerie. Oui, j’avais dit qu’il ne voulait rien faire pour la froisser, j’ai oublié que Nioclàs sans son cynisme, ce n’est plus Nioclàs. Il accompagne néanmoins la parole d’une caresse sur la joue de la jeune fille. Parce qu’il n’a quand même pas envie qu’elle boude alors qu’il se prépare à lui faire un cours de cuisine !
« J’aimerais qu’aujourd’hui, on prenne le temps de faire à manger ensemble. Tu t’en occupes toujours seule, et ça m’embête. On partage le dîner, on peut en partager la préparation. » Malgré des paroles guimauves et dégoulinantes, l’irlandais garde toute sa contenance et va chercher des courgettes rondes, des aubergines et des poivrons qu’il ramène sur la table de la cuisine, avant de se dire que ce n’était pas très hygiénique compte tenu de ce que cette table avait subi les derniers jours – et subira encore.

« Tu es d’accord pour que je t’apprenne un nouveau plat, ma tendresse ? » interroge-t-il en se glissant dans son dos, vile manipulateur, avant de se pencher sur son cou… pour y déposer des bisous jusqu’à ce qu’elle cède. « C’est un plat à cuisson longue…. » Est-il nécessaire de préciser tous les sous-entendus portés par cette phrase ? Sa voix se fait plus grave, plus rauque, et il se laisse docilement faire lorsque la jeune femme se retourne pour capturer ses lèvres dans un baiser à faire rougir les fangirls de Twilight. Le genre de baiser qu’ils pourraient poursuivre en renversant les légumes et la viande de la table afin de le faire dégénérer en quelque chose de bien plus plaisant.

... Quelle brillante idée !

Avec l’impatience et l’impulsivité qui le caractérisent, Nioclàs continue de jouer avec la langue de Séraphine et glisse une main sous ses fesses pour la soulever du sol. Oh, de pas beaucoup, mais juste assez pour la reverser sur la table, au risque d’écraser les légumes qu’il vient d’y laisser. Malheureusement, la précipitation est toujours prometteuse de maladresse, et Nioclàs étant trop occupé par des entremêlements linguaux, réalise un empêtrement pédestre et se casse la figure vers l’avant, de sorte que Séraphine est précipitée contre la table, et que Nounours manque de s’écraser sur elle puisqu’il réalise une acrobatie aussi ridicule qu’efficace, lui permettant de s’étaler lamentablement par terre plutôt que sur la jeune femme.

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MessageSujet: Re: Couteau de Cuisine | Nioclàs & Séraphine Mer 15 Aoû - 10:05
De la fumée qui sort par les oreilles ? Croyez moi qu'on n'en est pas très loin. Elle est agacée et le fait clairement savoir, en tapant du pied, en grognant entre ses dents serrées, en grommelant toutes les insanités possibles et les plus improbables les unes que les autres – navets poilus n'est qu'un exemple parmi tant d'autres, croyez-moi, Séraphine n'est plus novice en matière de grossièretés. Avait-elle conscience que ses lèvres, si promptes à déverser leur venin, étaient un morceau de la Pomme que Nioclàs adorait croquer à dents pleines ? Sans doute, mais pas lorsque c'était la colère qui s'échappait de son être tout entier. Alors la réaction de l'homme, à essayer ainsi d'aspirer le venin de ses lèvres avec les siennes, n'eut pas vraiment pour effet de la calmer.
Pour qui la prenait-il ? Une femme facile que l'on pourrait calmer d'un simple baiser ?
Bon, soyons franc, il n'avait pas tout à fait tort. L'amour a ces vertus dont on aimerait se passer... Et elle s'en passerait volontiers.
Un « hmpf ! » échappe à la jeune femme lorsqu'il ponctue tout cela d'un compliment, sans doute plus pour la forme qu'autre chose. Mission réussie pour Nioclàs qui a su récupérer tout cet agacement du petit corps pour le jeter le plus loin possible de leur petite vie tranquille. Sa moquerie la fait grogner, sitôt balayée par le geste sur sa joue. Grmbl. Comment voulez-vous qu'elle reste encore toute embrasée de colère quand l'incandescence du désir approche au travers des flammes de l'amour ?
Bon, allez, jeune fille, mets ta fierté au placard et tourne toi vers l'homme dévoué qui veut bien t'apprendre à faire autre chose que ce que ta sainte mère a pu t'apprendre dans le domaine culinaire. Ces farcis alah neessoiz l'intriguaient, mine de rien. Elle était curieuse de faire goûter de nouvelles saveurs à son humble palais, qui avait une nette tendance à courir vers le sucré... Mais moins vers les plats traditionnels.
Moelleux ? Oui, forcément... Mais pas chez Séraphine. Du moins, pas encore. Jeune et active – le jardinage, ça maintient en forme – elle se contentait du moelleux qui pourrait séduire Nioclàs davantage – aka les seins et les fesses, vous pensez bien.

Quelques paroles dégoulinantes plus tard, elle le voit qui ressort du garde-manger avec ces légumes bâtards, ces choses qui ne poussent pas, normalement, dans son superbe pays, le plus beau du monde. Vous me direz, en Écosse, en dehors des potirons et des navets, y'a pas grand chose qui pousse...
Si, peut-être les chardons. Très bon en thé. Elle en a certainement planté dans son jardin d'ailleurs.
Oui, Séraphine doit être la seule personne à ne pas considérer cette plante comme de la mauvaise herbe.
Mais passons.
Les légumes ayant trouvé leur place sur la table, elle se laisse volontiers enlacer pour qu'il se charge de la convaincre d'une ô combien plaisante façon. Un nouveau plat à cuisson longue ? Huhu, serait-ce un sous-entendu que son oreille percevait ainsi ? Tendre Nounours qui voulait que l'hygiène de la table soit encore plus à désirer qu'alors... Vil Nounours, vil Moelleux, il allait payer, foi de Séraphine !
Et par quelle arme voulez-vous qu'il paie ?
Celui qui vit de l'épée périra par l'épée, nous le savons tous. Donc celui qui vit du stupre...
Elle se retourne dans ses bras, toute frissonnante des baisers ayant rencontré sa nuque, se hisse sur la pointe de pieds, petite créature qui veut capturer les lèvres de son grand compagnon. Et elle y parvient, sans doute grâce à la bonne volonté du mâle, glissant immédiatement une langue mutine contre la sienne, dans un baiser de passions et d'envies qu'une jeune femme de son âge ne devrait, selon toute bonne éducation, pas être en mesure de donner. Et pourtant... Aucune équivoque, aucune rougeur pour un acte qui lui semble naturel. Ne l'est-il pas finalement ?
Oh oui, mesdemoiselles, vous qui êtes si prudes, détournez donc le regard de cet échange qui incarne la Luxure elle-même et devrait leur valoir l'enfer de tous les vices pour l'Éternité.

En parlant de vices et de luxure, visiblement Nioclàs est complètement dans la même ligne de pensées. Si tant est qu'un acte pareil peut être pensé. Une main sous ses fesses, elle se sent soulevée – sans doute sans beaucoup d'efforts – comme cela arrive régulièrement lorsque la passion les saisit au milieu d'une pièce impromptue. Elle sait la suite : elle va rejoindre la table et s'y faire renverser sans plus de cérémonie... Alors que les légumes rouleraient sur le sol sans qu'ils ne prêtent plus la moindre ombre d'une attention.
Enfn. En temps normal, c'est ce qui aurait du se passer. Mais ça ne se passa absolument pas de cette façon. Que disait ma collègue narratrice, il y a encore quelques instants ? Il ne voulait rien faire pour la froisser ? Je pense pouvoir, en toute bonne foi, dire que c'est superbement raté.
Elle sent bien que quelque chose cloche. Et quand elle rencontre brusquement la table, elle grogne de douleur – ça ne fait jamais du bien, vous pensez bien – incapable de rire à la superbe figure acrobatique exécutée par un ours danseur sur une piste de cirque – je trouve cette comparaison tout à fait pertinente, pas vous ?
Et bam. Par terre. Séraphine, quant à elle, se redresse lentement de la table.

« Amadan ! Burraidh ! Gòrach ! » siffle-t-elle en se relevant, les tons dur du gaélique franchissant ses lèvres sans qu'elle ne réfléchisse un seul instant. Mais quel abruti, vous en conviendrez ! Ah oui, pour le coup, toute passion était partie. Elle ne le lui laisse même pas le temps de se redresser qu'elle est déjà descendue de la table et envoie son petit pied tout frêle à la rencontre d'une cuisse – bénie soit son habitude de ne pas porter de chaussures à la maison.
Enfin bénie...
Séraphine jure de plus belle, parce que, bien évidemment, elle s'est fait mal en projetant ainsi ses orteils dans la carne du mâle poilu. Alors elle grogne, elle jure, dans un mélange étonnamment ingénieux de slang et de gaélique, le tout ponctué par un accent qui ressortait magnifiquement.
Au cas où vous ne l'auriez pas compris, non, elle n'est pas contente. Elle va jusqu'à attraper l'aubergine et la lancer sans plus de cérémonie à la figure de Saint Nioclàs, qui n'a fait que l'erreur d'être trop spontané et de vouloir succomber à la chair. Trop maladroitement pour la jeune fille qui déteste voir ses désirs ainsi étouffés dans l'oeuf, laissant la frustration libérer la colère qui pouvait sommeiller, prompte à sortir à la moindre occasion.
Belle démonstration que nous avons ici, j'ai l'impression d'avoir une patate chaude au bout des doigts. Et croyez moi que je mâche mes mots.

« J't'en foutrais du plat à cuisson longue moi ! Tu parles ! » Après l'aubergine, c'est le poivron qu'elle attrape. Pauvre petit légume qui subit le même sort que le premier, lancé sur le pauvre Nounours plein de bonne volonté. Et voici sa main qui attrape une courgette ronde, prête à rejoindre les deux autres.
Mais suspendons là notre intrigue à couper le souffle, pour laisser le suspense nous étreindre ; Nioclàs parviendra-t-il à arrêter la courgette à temps ou devra-t-il encore subir le courroux de l'Écossaise survoltée, au risque de se casser le nez sur... un légume ?
La suite au prochain post \o/

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MessageSujet: Re: Couteau de Cuisine | Nioclàs & Séraphine Mer 15 Aoû - 11:40
Brûlant de désir, Nioclàs a commis la maladresse de trop. Il s'est laissé emporté par sa passion sans se douter que sa passion ne l'emporterait pas là où il le souhaite, notamment à la rencontre du carrelage de la cuisine.
Un « grunt ! » lui échappe lorsqu'il rencontre la surface dure, bientôt suivi d'un « ha ! » surpris quand un gros orteil vient s'enfoncer dans sa cuisse. Voilà que Séraphine, au lieu de le rejoindre à terre et finir ce qu'ils ont commencé sur une surface bien plus sûre qu'une table, préfère se mettre en colère. Les insultes pleuvent sur l'irlandais qui se relève, sentant que la grêle va bientôt suivre.
Et pour cause, ce sont les légumes qui volent vers lui. L'aubergine atteint son but, et le sang froid de Nioclàs s'évanouit, laissant place à une colère noire. Il esquive un premier légume, un second, avant de se planter juste devant la jeune femme et de saisir dans sa grosse patte, sa petite main armée d'un autre légume.

« Ça suffit, Séraphine ! », il ne hausse pas le ton, mais la fermeté tremblante de sa voix n'est que colère réprimée. Sa main resserre un peu plus sa prise, et ne s'arrête qu'à la plainte de Séraphine qui essaye de se dégager. Ses doigts lâchent prise et il se détourne d'elle pour renverser une chaise dans un geste d'humeur.
Eh, lui aussi il est frustré, qu'allez vous croire ? Et il tient l'écossaise pour responsable de sa frustration puisqu'elle n'a pas rattrapé l'affaire tant que c'était encore possible, cédant à la colère bien trop vite au goût du journaliste.

Nioclàs grogne, et réprime sa colère de peur des conséquences possibles. Les poings serrés, il fait l'effort de poser de nouveau les yeux sur Séraphine, sur sa main, et la culpabilité atténue sa rage suffisamment pour qu'il ramasse les légumes éparpillés et les pose sur la table. Il remet la chaise à sa place, et avec un nouveau grognement, va chercher un couteau pour... couper les légumes – mais si, ils sont encore utilisables !
La lame tranche les légumes brusquement, et Nioclàs se mure dans le silence. Quoi qu'il dise, ce sera retourné contre lui de toute façon. Les excuses glisseront sur Séraphine, l'énervement rajoutera de l'huile sur le feu, et claquer la porte pour aller prendre l'air serait le meilleur moyen de voir la demoiselle disparaître dans la nature pendant son absence.
Il réalise vite que couper les légumes n'est guère apaisant, et il fusille sa jeune compagne du regard.

« Pourquoi faut-il que tout dégénère toujours avec toi? », questionne-t-il enfin, le reproche à peine masqué. « Un mot ou un geste de travers et tu t'enflammes. Déjà toute à l'heure avec ta mère, qu'est-ce qu'il t'a pris de t'énerver aussi vite? » Il pose le couteau sur la table, alors que le « cul bénit de ma sainte mère » lui revient à l'esprit. Il était passé outre, mais désormais, il s'interroge sérieusement sur les raisons d'un tel emportement.
Toujours précautionneux sur le sujet de la famille depuis qu'il avait récupéré la jeune femme sous un pont, aujourd'hui, la colère suffit à chasser la barrière de la correction, et Nioclàs laissa donc sa curiosité s'exprimer pleinement, prêt toutefois à esquiver un coup ou un objet volant.
Ou à retenir Séraphine si elle essayait de fuir la conversation, sait-on jamais.

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MessageSujet: Re: Couteau de Cuisine | Nioclàs & Séraphine Mer 15 Aoû - 15:49
Les doigts serrent brusquement son bras – ou bien est-ce son poignet ? – et la jeune femme émet un bref couinement de douleur. La grosse patte de Nioclàs peut entourer son membre frêle sans mal, et l'étreindre ensuite jusqu'à lui faire mal. Elle essaie de se dégager mais s'immobilise quand il tonne, l'espace d'une seconde. L'éclat furieux de son regard se métamorphose – et sans baguette, trop balaise l'Irlandais – fugacement en un éclair de peur. Elle n'aime pas le voir en colère ainsi. Trop de mauvais souvenirs. Son premier réflexe, dans ce genre de situation, est la fuite. Par tous les moyens.
Alors elle tire un peu plus brusquement sur son poignet, désireuse de se dégager.

« Lâche moi, tu me fais mal ! » proteste-t-elle d'un ton sec, plus là pour camoufler la crainte qu'autre chose. Mais visiblement, ça a eu son effet, puisqu'il la laisse pour aller maltraiter une chaise plus loin. Qu'il fasse. Elle préférait largement ça à son poignet ou quelque aute partie de son corps. Poignet qu'elle massait, en attendant. Ah ça, pour être calmée... L'effet avait été radical et avait balayé toute colère. La jeune fille était plus en alerte qu'autre chose, comme craignant que la colère s'abatte sur elle.
Pourtant, en deux mois, jamais cela n'était arrivé, il n'y avait pas de raison que ça arrive. La violence de Nioclàs n'avait pas eu de conséquence sur elle – enfin, sauf dans l'intimité, mais ça, c'était autre chose – et c'était tant mieux.

Quoi qu'il en soit, elle reste tout de même à une distance raisonnable de Nioclàs, dans cette attitude de proie, dans la forêt, prompte à fuir au moindre geste de travers. Et elle était rapide. Combien de fois avait-elle transplané avant qu'il n'ait eu le temps de claquer la porte ? Combien de fois avait-elle fui sans demander son reste, ne revenant que plusieurs heures plus tard, se faisant aussi discrète que possible, la tête baissée et les yeux rougis ? Et immanquablement, lorsqu'ils se retrouvaient alors, ils s'adonnaient au seul langage qu'ils comprenaient tous les deux, avec une douceur qui elle était bien plus rare dans leurs rapports. Une façon, sans doute, de se dire qu'ils s'aimaient, à leur manière. Malgre les ouragans qui secouaient régulièrement la chaumière.
Ses yeux suivent la trajectoire du couteau, sentant bien le côté rageux du mâle face à elle. Elle se sent coupable, quelque part, de le faire réagir ainsi. Comme quand elle était enfant et qu'elle s'était dit que ce qui lui arrivait était de sa faute seule, et qu'elle avait bien mérité d'être enfermée dans cette cabane en flamme. Des résurgences rares et éphémères, mais là tout de même, qui témoignaient de la faiblesse de cette jeune fille qui voulait se montrer beaucoup plus solide qu'elle ne l'était.
Un jour, peut-être craquerait-il. Comme son père avant lui. Sauf que cette fois, ce ne serait sans doute pas le feu qui succèderait aux coups.
Non, définitivement, voir l'Irlandais agiter ainsi rageusement son couteau ne la rassurait pas du tout.

Mal à l'aise, elle pince les lèvres en croisant son regard, mais ne cille pas. Trop fière pour montrer son malaise ou même sa peur, elle ne bronche pas et le soutient avec un ersatz de colère qui s'est pourtant envolée comme elle est revenue. Au risque de revenir...
Voyons Nioclàs, quelle est cette stratégie ? Essaies-tu de l'enfoncer davantage dans la culpabilité ? La jeune fille pince un peu plus ses lèvres carmines. Toujours ? Avec elle ? C'était donc bien de sa faute. Elle serre les dents, ravale la boule dans sa gorge. Elle ne cèderait pas. Pas un pouce de terrain. Jamais. Alors elle encaisse. Elle a des années de reproches derrière elle, plus ou moins fondés, et qu'elle avait plus ou moins cherchés.
Elle s'enflammait ?
Les dents se serrent. Elle n'aimait pas ce mot. Elle détestait tous ces mots se rapportant de manière négative aux flammes – elle avait tendance à grincer quand c'était positif aussi, vous me direz – et il n'y avait pas besoin d'être un génie pour comprendre pourquoi, une fois qu'on avait vu son corps mis à nu.
En fait, elle ne put plus rien contenir à la suite. Sa mère. Ses yeux se posent sur le couteau enfin posé, mais évitent l'homme. Elle ne desserre pas les dents. Hors de question.

« Je m'énerve si j'en ai envie, St Nioclàs. » crache-t-elle finalement, d'une bien lamentable façon, alors que son venin semble aussi agressif que celui d'un moustique – oui un moustique n'a pas de venin, je sais, et justement. La façon dont la question a été posée ne lui laisse aucune échappatoire, aucun moyen de détourner la conversation. Mais elle ne voulait pas parler de sa mère.
Ni d'elle, ni de lui, ni de là-bas. Rien.
« Ça m'énerve parce que tu bénis des gens sans savoir qui ils sont, pour des prétextes idiots. Les Irlandais ne sont-ils pas sensés être des culs-bénis et respecter les dogmes afin de ne pas bénir à tout va ? »
La méchanceté et la provocation gratuites. Dernières armes. La jeune fille n'a aucune réplique réelle et ça se sent. Elle ne sait pas quoi dire ni comment s'échapper, alors elle le provoque, dans l'espoir qu'il s'énerve et lui donne ainsi matière à détourner la conversation, ou une bonne raison de fuir.
Et ainsi, elle n'aurait pas à aborder le sujet.
Ou comment transforme une simple séance de cuisine, une pauvre recette française, en une conversation sérieuse et douloureuse, qui aura plus de chances de finir dans les larmes que dans le stupre.
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MessageSujet: Re: Couteau de Cuisine | Nioclàs & Séraphine Mer 15 Aoû - 17:54
Impassible, Nioclàs dévisage Séraphine en attendant une réaction. Il ne cherche pas tant à la culpabiliser qu’à faire savoir sa contrariété. S’acharner sur les pauvres courgettes n’est d’aucune efficacité, il faut bien qu’il trouve quelque chose de plus adapté, comme renouer un semblant de dialogue avec Séraphine. Jusque là, les galipettes n’ont jamais eu lieu avant qu’ils se disputent, et l’irlandais n’envisage pas la coutumière réconciliation sur l’oreiller dans le cas présent.

Il discerne les signes de la tension chez la jeune femme, et se prépare à encaisser un nouveau flot de vulgarités qui n’arrive finalement pas. L’attaque se fait au moins dans un langage correct, évitant ainsi de rejeter Nioclàs dans la rage et la violence.
L’attaque ne tombe pas pour autant dans le vide, puisque le journaliste n’apprécie guère que l’on s’en prenne de la sorte à sa fière Patrie. Il se renfrogne davantage et n’attend pas avant de répliquer : « M’aurait-on converti au catholicisme à mon insu ? » Question oratoire, bien évidemment, puisque jamais Nioclàs n’avait fait preuve de piété ni extériorisé un signe de croyance ; il faut dire qu’en tant que sorcier, fils de sorciers, il n’avait jamais vraiment adhéré à la religion nationale. Il secoue la tête avec agacement, appuyant davantage sur l’absurdité de l’attaque de Séraphine qui le surprend quelque peu.
Il a eu tout le temps de constater l’éloquence dont la jeune femme pouvait faire preuve, et il est quelque peu désarçonné de la voir s’enliser dans des piques d’une faiblesse déconcertante. Son trouble repousse encore la colère, et il contourne la table pour revenir aux côtés de l’écossaise dont il vient saisir délicatement le poignet meurtri, prenant garde à ne pas avoir de geste brusque, avant de le masser avec douceur.

Pourtant, malgré la tendresse émanant de chacun de ses gestes, son expression reste dure et fermée, trahie seulement par la douceur du regard qu’il pose sur le visage pâle de la vipère. « Je ne voulais pas te blesser… » Il marque un instant d’hésitation, avant d’amener la main de Séraphine à ses lèvres pour l’embrasser. « … Mais je crois qu’il serait temps que tu arrêtes de me sauter à la gorge à chaque faux pas et que l’on ait une sérieuse discussion. » Eh oui, Nioclàs prend le temps de passer un peu de pommade pour amener abruptement les sujets qui fâchent. Il ne le fait pas de gaité de cœur, loin de là, parfaitement conscient de la difficulté du terrain sur lequel il s’aventure, mais ils ne pourront pas faire l’autruche toute leur vie et il faudra bien qu’un jour, certaines choses soient explicitées.
Tant qu’à avoir une discussion déplaisante, autant l’avoir quand elle l’est déjà.

Sauf qu’il ne sait pas comment l’amener, cette conversation. Il a fait sauté le verrou des questions qu’il s’est interdit de poser, comme « d’où viennent ces brûlures ? », « ta famille ne s’inquiète pas pour toi ? » ou encore « comment es-tu arrivée sous le pont, l’autre soir ? ». Et désormais, elles se bousculent dans son esprit, et le rendent incapable d’avoir des pensées claires.
Il est bien plus facile de ferme les yeux sur les choses et de ne pas chercher à en savoir davantage, c’est certain. Mais Nioclàs n’a pas envie de reculer, et se décide à commencer par un bout.

« Qu’est-ce que ta mère a pu te faire pour que tu la répudies de la sorte ? »

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MessageSujet: Re: Couteau de Cuisine | Nioclàs & Séraphine Mer 15 Aoû - 20:54
Nioclàs était un modèle de stabilité comme Séraphine n'en avait alors jamais connu. Certes, il y avait eu les enseignants de Poudlard, mais jamais elle ne s'était identifiée à eux ni n'avait pu les envisager dans une sphère personnelle. La place que tenait le journaliste dans sa vie était unique et primordiale. Et le fait qu'il soit aussi stable permettait à la jeune fille de se raccrocher à lui comme à une bouée de sauvetage la guidant hors des eaux troubles et croupies où elle avait grandi. C'était sans doute l'une des raisons qui l'avait conduite au coup de foudre pur et simple. La main qu'il lui avait tendue, la carrure rassurante – enfin, ça dépend du côté où on se place, j'en conviens – et la stabilité psychologique qu'il avait.
Nioclàs était un adulte équilibré. Et l'avoir face à elle lui faisait un bien immense. Parce que sa colère était souvent accueillie par des moqueries, des railleries ou tout simplement ignorée. Et une fois la vexation première passée, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Je n'irais pas jusqu'à dire que l'Irlandais avait une place de père dans le coeur de Séraphine, bien que la différence d'âge puisse en faire douter, mais il était certain qu'il y avait là une espèce d'ambiguité malsaine entre eux. Le fait qu'il soit le premier adulte équilibré avec qui elle partage une véritable relation devait y jouer un rôle, sans doute.
De fait, le calme dont il fait preuve – calme tout relatif, encore une fois – l'empêche de s'énerver de plus belle et de surenchérir. Voici qui la retient de s'échapper idiotement, pour fuir comme elle l'a toujours fait dans les moments de détresse. Une fois désarmée, ça restait sa seule option. Question de survie.
Elle a encore parfois du mal à se dire que non, tous les hommes ne sont pas comme son père. Que tous les adultes ne sont pas comme ses parents. D'où des réactions excessives vis à vis de certains comportements de son Irlandais de Nounours.

Alors quand elle le voit s'approcher alors qu'une seconde avant encore il coupait rageusement sa courgette, elle ne peut pas réprimer un mouvement de recul, si léger soit-il. Mais elle se laisse approcher tout de même, tendue, méfiante. Cette tendresse soudaine la perturbe, d'autant plus que le visage qu'elle voit est marqué par des traits durs. À quoi devait-elle se fier ? Aux traits durs, à l'expression fermée, ou à ce regard doux et à ces mots enchanteurs ?
Nioclàs ne lui a jamais fait de mal. Aussi choisit-elle de lui accorder sa confiance, cette fois encore, comme toutes les fois précédentes. Un massage répond à ses méfiances, puis un baiser sur le dos de sa main. Il n'a pas de mauvaises intentions bien sûr.
Tu te fais manipuler comme une bleue, ma belle. C'est dingue comme tu deviens une véritable poupée de chiffon entre les pattes de l'Ours. Toi qui désespèrerais d'être la belle rousse combattant Mor'Du, tu te retrouves Boucles d'Or face à Papa Ours...
Et bam, la soupe trop froide vient de rentrer en contact avec sa langue. La jeune fille se raidit. Le reproche, suivi d'une demande d'explication. Son coeur s'accélère, alors qu'elle redoute la suite. Où va-t-il aller ? Quelles questions va-t-il lui poser ? Lui laissera-t-il un échappatoire, pour qu'en quelques pirouettes rhétoriques elle puisse se glisser entre ses mains, tel le Serpent qu'elle était ?
La réponse est claire : non. La question est beaucoup trop directe et manque cruellement de tact, et de toutes ces choses conventionnelles dont on entoure habituellement les sujets difficiles à aborder ; elle n'a aucun moyen de s'en échapper, hormis rester silencieuse. Et si elle faisait ce choix, sans doute Nioclàs le prendrait-il mal, ou insisterait-il. N'était-il pas encore tôt pour qu'elle se permette de lâcher ainsi ses secrets les plus enfouis ? Oh rends-toi compte, ma beauté, que pendant plus d'un mois il a retenu sa curiosité éveillée par ta situation peu commune et les cicatrices qui zèbrent ton corps...

Prise de court, la jeune fille pince les lèvres, dans cette attitude qui montre clairement qu'elle n'a aucune envie de les délier sur le sujet. Elle dégage son bras, fusillant l'homme d'un regard lourd de reproches – comment osait-il lui faire des bisous, comme ça, pour ensuite partir sur de tels sujets ?! VIL ! Ah, le Mor'Du ! Et bien soit, elle serait Mérida, et sortirait son arc pour décocher les flèches les unes derrière les autres. Il ne l'aurait pas, ça non ! Elle serait plus maligne que cet ours !
Foi de Séraphine !

« Ma mère est une sainte. » fait-elle sèchement, avec ce ton qui pourrait faire croire à un non-anglophone que sainte est la pire des insultes qu'un britannique puisse proférer. Son regard est devenu un peu plus noir, mais sa langue de vipère n'est pas capable d'en dire davantage. Pas de cette manière. Il faudrait la cuisiner davantage, malheureusement. Ce serait si simple, s'il suffisait de poser la question pour qu'elle y réponde... Quoi que sa réponse n'était pas fausse, à bien y regarder.
« … Je t'avais déjà dit que ce soir-là, ce n'était pas la première fois que je venais en Irlande? » souffle-t-elle finalement, essayant de s'échapper, ou du moins d'aborder le sujet d'une autre façon. Oui, sans nul doute Nioclàs pourrait-il se questionner sur la pertinence d'un tel aveu. Mais qu'il lui laisse le temps de trouver ses mots, pauvre fille mise au pied du mur et incapable de fuir comme elle le fait d'ordinaire. « Il y a un couvent pas très loin, tu sais, le Kenmare Poor Clare Convent. Parfois... Parfois on y place les jeunes filles, quelques temps, pour les remettre dans le droit chemin, ou ce qu'on pense être le droit chemin. Ou juste pour sauver leur âme. »
La jeune fille grimace en soufflant ces mots. Le ton de sa voix baisse, peu à peu. Plus de colère, plus de reproche. Du regret ? Même pas. On pourrait peut-être déceler une pointe de tristesse, et un peu de ressentiment à l'égard de ce couvent... Ou plus largement de ce qu'il pouvait représenter.
Mais voici que Séraphine prend brusquement un autre pan pour aborder le sujet, comme si elle se rendait compte qu'elle s'y était mal prise.
« Tu as lu la bible ? » fait-elle, subitement. « Si l’oeuvre bâtie par quelqu’un sur le fondement subsiste, il recevra une récompense. Si l’oeuvre de quelqu’un est consumée, il perdra sa récompense; pour lui, il sera sauvé, mais comme au travers du feu. » récite-t-elle finalement d'une traite, sans reprendre sa respiration. « C'est un passage très connu, qui a été soumis à diverses... Interprétations. »

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MessageSujet: Re: Couteau de Cuisine | Nioclàs & Séraphine Mer 15 Aoû - 23:11
Nioclàs ne retient pas Séraphine lorsqu'elle se dégage de sa prise, tout comme il ne bronche pas devant son regard empli de reproches ; pourtant, l'inquiétude s'abat sur lui. La réticence de Séraphine ne le laisse pas indifférent, et s'il a toujours pris garde à ne pas la brusquer, c'est bien par crainte des conséquences pour leur couple et pour la jeune femme. Silencieux, il ne réagit pas à la première réflexion sur sa mère, lui laissant le temps de trouver en elle les ressources nécessaires pour dévoiler un passé sans doute douloureux.
Et si elle se taisait ?
Il n'insisterait pas, certainement. Le rôle de bourreau ne lui plaît guère, et il ne tient pas à ce que Séraphine expose sa fragilité contre son gré. Et surtout pas qu'elle éprouve un quelconque ressentiment à l'égard de son compagnon trop curieux.

Pourtant, à sa grande surprise, Séraphine continue dans sa réponse. Il avait fait en sorte qu'elle ne puisse esquiver la question, mais s'attendait à une réponse de mauvaise foi, ou à ce qu'elle ne lui dise rien. Il répond à la question par un hochement de tête, comprenant sans mal de quel soir elle parle, bien sûr, et il attend patiemment qu'elle poursuive.
Il hausse un sourcil à mesure que les phrases se suivent, jusqu'à la dernière. Sauver son âme ? Son regard s'assombrit tandis que les mots prennent un sens qui ne lui plaît guère. Mor'Du aurait presque des envies de croquer la jambe de ces parents intolérants, pour purifier leur âme. La moutarde vient lui chatouiller les narines, mais la peine de Séraphine est suffisamment palpable pour tenir les humeurs de Nioclàs qui s'apprête à l'attirer contre lui. Il n'a pas le temps de faire un geste que déjà, elle l'interpelle sur la bible.

S'il a lu la Bibile ? Il ne masque pas sa surprise en répondant d'un voix neutre : « À l'école, oui », sans préciser qu'il n'en garde qu'un souvenir des plus vagues. De nouveau, Séraphine vient le surprendre en récitant par cœur deux phrases du texte sacré. Il se les récite intérieurement, cherchant les interprétations qu'on avait pu lui donner de ce passage, avant de faire le lien avec ce qu'elle venait de dire.

Il est désormais dans la situation où la logique se heurte à la conscience, et refuse tout simplement d'aller au bout du raisonnement que vient de lui exposer Séraphine. Les pièces du puzzle s’emboîtent avec plus d'aisance que le couple n'en a jamais fait preuve, mais le journaliste, pourtant habitué aux histoires les plus abominables, essaye de chasser de son esprit la pensée qu'il se formule.

« Il sera sauvé, mais comme au travers du feu... » Il répète les mots avec dureté, comme s'il prononçait une insanité. Oh, ces brûlures, quel sens horrible prennent-elles ! Tous les muscles tendus dans une tentative pour ne pas exploser, Nioclàs n'ose plus regarder Séraphine de peur que cela le fasse éclater. Il s'assoit à table et pose les mains à plat, cherchant là un moyen de reprendre le dessus sur ses émotions, et laisse quelques minutes s'écouler pour laisser passer la tempête dans son esprit. Heureusement pour lui, il n'a que ses suppositions pour nourrir sa colère, et elles restent encore éloignées de la triste réalité ; il ne la découvrira que plus tard avec des recherches approfondies.
Finalement, il se tourne de nouveau vers sa vipère, toujours bouillant de rage.

« Séraphine... » Sa voix vibre d'émotion, alors qu'il quitte son siège pour l'attirer à lui et la serrer contre son torse. « Plus jamais... » Il hésite, cherche les mots qui ne viennent pas. « Je ne peux pas changer ce qui a été fait, mais je te jure que ça n'arrivera plus jamais. Personne ne lèvera le petit doigt contre toi. »
Parce que oui, Nounours s'est momentanément transformer en un Ours Brun, violent, sauvage, et surtout protecteur. Il suffit de voir son regard sombre perdu vers un horizon que l'on devinera aisément, ou la contraction compulsive de ses mâchoires pour deviner qu'il ne dit pas ça parce qu'il ne sait pas quoi dire d'autre, ou pour rassurer vaguement sa compagne.
On peut même se demander quelle force retient encore Nioclàs dans sa petite demeure de Kenmare, alors que tout son être voudrait qu'il rende visite à une certaine famille d'Écossais ~

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MessageSujet: Re: Couteau de Cuisine | Nioclàs & Séraphine Jeu 16 Aoû - 16:50
Croyez moi que Séraphine était loin de penser que la logique de Nioclàs lui permettrait de comprendre aussi rapidement tous les chemins détournés qu'elle tentait de prendre pour ne pas dire ces choses – car les dire ne ferait que les rendre plus réelles. Peut-être essayait-elle, ainsi, de lui faire simplement comprendre que ses parents étaient des personnes profondément croyantes et que cela avait pu parasiter leurs relations. Elle n'était définitivement pas prête à se lancer dans un long récit, celui de la peur d'une enfant entourée par un feu dévorant. Sans doute ne le serait-elle jamais, d'ailleurs. Ce genre d'histoires étaient souvent trop traumatisantes pour se laisser conter par les victimes et principaux concernés. Mais quelques menues recherches dans les rapports de police d'Inverness, ceux d'un médecin, et trucs du genre, et Nioclàs aurait tôt fait de trouver tous les détails sur l'affaire. Tout ce qu'il voulait savoir.
Et si j'en crois mon amie narratrice, il n'a alors pas spécialement envie de tout savoir et d'emboîter les différentes pièces du puzzle. Et on le comprend, il s'agit là d'expériences sombres... Et auxquelles on n'a pas envie d'être confronté. De près comme de loin.

Les humeurs de Nioclàs se ressentent et elle évite de poser son regard sur lui. Il a lu la Bible, à l'école. C'est loin sans doute, peut-être ne se remettra-t-il pas le passage. Mais elle ne dit rien à ce sujet, espérant presque qu'il ne comprenne pas. Et qu'il la laisse car maintenant qu'elle avait lâché quelque chose, elle pourrait se murer dans un silence obstiné. Le temps qu'il cherche, elle aurait la paix, et ensuite, elle pourrait faire l'idiote et passer à autre chose.
Car ça ne lui plaisait absolument pas d'aborder ainsi le sujet.
Quand elle l'entend répéter la phrase, elle lutte pour ne pas lever les mains et les plaquer sur les oreilles. Qu'il se taise ! Elle ne voulait pas entendre ça. C'était tout, elle ne dirait rien d'autre. Rien. Du moins, pas aujourd'hui, il ne fallait pas trop en espérer. C'est qu'un gros morceau avait franchi la barrière de ses lèvres. Elle regrettait déjà de l'avoir laissé passer. Visage baissé, elle l'entend se mouvoir et rentre la tête dans les épaules, comme par peur qu'il s'approche d'elle trop brusquement. Ou qu'il ne la croit pas ?
Oh gosh, que ferait-elle s'il disait que ses parents avaient raison ? Elle n'y avait pas songé, mais parfois les similitudes et opinions se cachaient là où on ne les attendait pas... Elle cille lentement, les minutes passant l'opressant un peu plus à chaque fois.
Petite chose fragile qui ne sait plus où se mettre et se balancerait presque sur ses pieds pour se donner un sentiment de réconfort, comme font les enfants qui ont fait une bêtise. Elle craint la réaction du Nounours dont elle sait le tempéramment colérique, et on la comprend. Il fallait qu'elle se mette en tête pour de bon qu'il y avait très peu de chances pour que cette colère se retourne contre elle et lui fasse voir des misères.
Mais non, rien de tout cela n'arrivera.

Elle entend son prénom et relève timidement les yeux vers le grand homme qui s'approche d'elle. Elle n'a pas de mouvement de recul, cette fois, les yeux dans les siens quand elle perçoit l'émotion dans sa voix. Les bras l'entourent alors et elle se laisse lentement aller contre son torse, sa joue s'y écrasant avant qu'elle ne l'entoure de ses petits bras. Ses yeux se ferment, finalement, et un vague soupir lui échappe.
Elle se sentait bien, là. En sécurité. C'était quelque chose qu'elle n'avait connu qu'avec lui et c'était la première chose qui l'avait attirée chez lui : ce sentiment de sécurité quand elle était dans ses bras, comme si rien ne pourrait lui arriver. Combien de fois s'était-elle moquée de petites Poufsouffles couinant qu'elles rêvaient de ce Prince Charmant, cet homme qu'elle reconnaîtrait au confort de ses bras ? Ah, ça, qu'elle pouvait se sentir niaise, parfois... Mais en même temps, elle ne pouvait pas nier que ce genre d'étreintes était des plus agréables.
Et les mots qu'il prononce... Ce ne sont peut-être que paroles faites pour la réconforter – bien qu'elle ne les ressente pas ainsi – mais elle lui font un bien fou. Nioclàs serait là. Il la protègerait, elle avait foi en ça. Son ours, rien qu'à elle. Alors elle se détend enfin, et oublie toute trace de colère qui ait pu l'habiter auparavant. Son esprit se vide et se calme.

« Je t'aime, Nioclàs. » souffle-t-elle d'une toute petite voix en enfouissant son visage contre lui. Était-ce la première fois qu'elle lui disait cela ? Sans doute. D'autant plus que c'était des mots qui n'avaient pas du franchir ses lèvres très souvent. Peut-être quand enfant elle voulait faire savoir à ses parents qu'elle était gentille et capable d'amour. Oui, là peut-être.
Autant dire que le poids de ces mots était lourd et témoignait du sentiment de sécurité que l'Irlandais avait fait naître en elle. Elle aurait voulu rester dans ses bras, pour profiter de leur confort. Sans forcément s'adoner à leur loisir favori. Juste... Être contre lui, là où rien ne pouvait lui arriver.
Au milieu de ces pwals et de cette odeur sauvage.
Finalement, elle les aimait bien ses poils. Que la vie serait morne, sans eux...

C'est tout doucement qu'elle se décolle et lève les yeux sur le visage dur, aux mâchoires serrées ne trompant pas sur ce qu'il pouvait ressentir. La jeune fille pince les lèvres en comprenant qu'il a fait les liens bien plus vite qu'elle ne l'aurait cru, et lève une main douce vers le papier de verre qui sert de joue au mâle non-rasé. Son pouce caresse le haut de sa joue avec une douceur – et une mièvrerie dégoulinante – qui est d'une nette rareté, de sa part comme de celle du couple en général.
Chasser les mauvaises ondes, les mauvaises idées. Elle ne veut pas en parler, n'a jamais voulu en parler. Elle ne veut plus y penser non plus. Eloigner cela d'eux. Parce qu'elle ne veut pas lui paraître comme une chose fragile, ni comme un être ayant besoin de lui pour tenir. Rien de tout cela, même si une grosse part de vrai y gisait.
Alors elle lui fait un petit sourire digne des plus beaux films à l'eau de rose, plisse les yeux... Mais aucun baiser ne vient. Au contraire. La jeune fille laisse ses lèvres s'ourler en quelque chose de plus taquin et tapote de la main sur la joue de son Nounours, mutine. Ses yeux s'éclairent à nouveau de cette flamme espiègle alors qu'elle s'échappe.

« Alors, tes farcis alah neessoiz... » fait-elle en ramassant une courgette oubliée sur le sol. Elle la caresse gentiment, non sans savoir l'ambiguité du geste, pour en ôter la poussière du sol. « … C'est quoi tes trucs, alors ? C'est musulman ? Alah, c'est pas pour la viande normalement? »
Tendre jeune fille qui ignore tout de certaines coutumes, trop baignée dans un carcan fermé. Ah, ils sont mignons...

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MessageSujet: Re: Couteau de Cuisine | Nioclàs & Séraphine Jeu 16 Aoû - 23:05
En serrant Séraphine contre lui, Nioclàs sent sa colère s'évacuer doucement. La prendre entre ses bras lui donne l'impression qu'il pourra empêcher tous les maux de l'atteindre, et ça le rassure. Il lui caresse les cheveux, profitant des bienfaits de cette étreinte sans en attendre plus. Révolté parce ce qu'il devine du passé de l'Écossaise, il savoure son contact pour ne pas penser au reste, laisser la douceur balayer les brûlures.

Et soudain, quatre mots viennent chanter à ses oreilles, qui réagissent immédiatement et virent au cramoisi, seule marque de son émoi. Peu expansif, toujours en garde quant à ce qu'il laisse apparaître, il ne déride pas malgré la joie qui résonne en son cœur. Ces quelques mots, Séraphine ne les lui avaient encore jamais dit, tout comme ils n'avaient franchi ses lèvres à lui. Non pas que ses sentiments soient mitigés, mais il ne les livrait jamais comme ça, sans raison. Son amour, s'il devait être dit par des mots, ne devait l'être qu'en de rares occasions ; que dans les cas où, incapable d'exprimer autrement ses émotions, il était obligé de les formuler sous cette forme.
Or, ses sentiments, Nioclàs les a déjà exprimés un instant plus tôt, autrement, mais avec la même franchise que celle dont vient faire preuve Séraphine, et qui ne laisse pas l'Ours Grognon indifférent.

À regret, l'Irlandais laisse sa maîtresse quitter la chaleur de ses bras, toujours incapable de se départir d'un reste de colère sourde. Il imagine un instant cette frêle jeune femme entre les mains de ses bourreaux, ses propres géniteurs, lorsque la main fraîche de Séraphine vient rencontrer sa joue.
Un contact simple, mais tellement rare, et ô combien précieux !
Le manque d'habitude d'une telle délicatesse donne à chacun des gestes de Séraphine une dimension toute autre, et les oreilles de Nounours recommencent à chauffer alors que le pouce balaie sans mal les reliquats de sa rage.
Séraphine.
Sa Séraphine, qui le mettait en émoi, et soufflait en un geste la tempête agitant son esprit. Elle n'a été que rarement aussi aimable, aussi désirable, à tel point que l'Ours est achevé par une flèche en plein cœur lorsque la belle Mérida lui accorde un de ses si rares sourires.
Oh, Nounours, elle va te rendre fou ~
Tu l'attends, le baiser de ta promise, toi qui t'es fait son champion ~


Mais voilà que la belle décide de laisser languir le chevalier, va même jusqu'à le provoquer avec des caresses que l'homme espère désespérément.
Les mots se font entendre sans prendre sens dans l'esprit de Nioclàs, obnubilé par les mains de Séraphine. Ses mains, il préférerait les sentir sur son corps que de les voir s'animer sur le légume qu'elles manipulent. Incapable d'en détacher son regard, l'homme ne répond pas immédiatement à la question qui lui est adressée, son esprit s'en désintéressant totalement.
« À la niçoise, ma tendresse... C'est français. » La réponse vient enfin, automatique, mais Nioclàs est distrait. Français, oui. Parce qu'il a appris beaucoup de choses, en France. Il débarrasse Séraphine du légume entre ses mains, le laisse tomber au sol, totalement désintéressé par la cuisine. « J'ai appris quelques plats en France... Et d'autres choses. Plus intéressantes. ».
Eh oui, je vous rappelle que le french kiss, c'est de chez nous. Accompagnant le geste à la parole, Nioclàs glisse une main sur la nuque de Séraphine pour l'empêcher de se dérober et vient capturer ses lèvres avec une délicatesse inhabituelle. La fraîcheur de ses lèvres, la douceur de son parfum l'enivrent, et il en oublie les farcis pour la pomme de la tentation.

A l'instar d'une scène précédemment jouée, la seconde main de Nioclàs passe sous les fesses de Séraphine pour la soulever, plus solidement cette fois. Pas de précipitation, pas de renversement sur une table ; aucune violence passionnelle ne l'anime cette fois. Elle ne pèse presque rien dans ses bras, et il préfère traverser quelques mètres pour atteindre le canapé.
Oh, ce canapé, combien de leurs étreintes a-t-il pu subir depuis leur rencontre ?
Quel meilleur endroit pour lui faire savoir tout son amour ~ ?

Sur le canapé, elle est à sa merci, et il se détache de la pulpe de ses lèvres le temps de l'admirer, inconscient du sourire qui vient illuminer son propre visage.
Malgré son désir pressant, il ne brusque rien ; il l'embrasse juste sous l'oreille, pour descendre d'abord le long de sa mâchoire, puis dans son cou blanc, si attirant. D'un bras, il se maintient au dessus d'elle de sorte à ne pas l'écraser, tandis que son autre main s'aventure librement sous le haut de Séraphine, sans remonter toutefois jusqu'à sa poitrine.
Pas encore.
Pas trop vite.

Impatient, certes, mais résolu à répondre à la déclaration d'amour de la jeune fille de la plus belle manière dont il soit capable.
De la façon la plus plaisante ~

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MessageSujet: Re: Couteau de Cuisine | Nioclàs & Séraphine Ven 17 Aoû - 8:27
Les mains, maîtresses de désir et objet de nombreuses convoitises, instrument de l'érotisme par l'excellence... Un instrument que Séraphine manie bien dans certains domaines, d'autant plus lorsque l'on parle d'amour. La douceur avec laquelle elle s'occupe de son légume avant d'envisager de le poser est aussi inhabituelle que le sourire qu'elle a offert à son amant un instant plus tôt. Ses sourires ne sont pas très rares, du moins pas en ces lieux, tant que l'on compte les etits sourires mauvais, ceux débordant de mesquinerie ou encore les autres, plus taquins voire mutins, qu'elle réserve à leurs ébats. Il était certain, toutefois, que ses lèvres ne s'ourlaient que très rarement avec une franchise telle, ou même avec une douceur aussi peu coutumière.
Séraphine n'était pas être de douceur. Ou plutôt elle ne voulait pas l'être. La douceur était signe de faiblesse et la faiblesse signifiait la mort, dans n'importe quel règne animal. Proie volontaire d'un orus en rut permanent – n'osez pas dire le contraire – elle pouvait se permettre quelques rares instants de relâchement en ses bras, lui confiant alors son âme et la lourde tâche de les protéger du monde. Mais il ne fallait guère longtemps pour que son indépendance reprenne le dessus et qu'elle ne veuille se reprendre en main, refusant encore de s'abandonner totalement. Cela arriverait-il seulement un jour ?
Sans doute, oui. Quand la stabilité aura eu raison d'elle et qu'enfin elle aura pu faire confiance, s'ouvrir et qu'enfin elle accepterait sa nature véritable. Qu'elle cesserait de vouloir s'imposer à tout prix. Mais il était encore bien trop tôt pour cela. Beaucoup trop tôt.

Elle lève les yeux et voit ceux de Nioclàs, bloqués sur ses mains, alors qu'il s'empare de la courgette – symbole hautement érotique, ce qui est inattendu, c'est gros une courgette quand même – en lui expliquant qu'on ne disait pas alah neessoiz avec un accent écossais qui déformait totalement le sens du mot. Il n'empêchait que même en sachant que c'était français, elle était incapable de le prononcer correctement. Ce qui était tout à fait normal, pour quelqu'un n'ayant jamais appris cette langue. Hey, elle parlait déjà gaélique, ce qui n'était pas si mal, compte tenu des règles de prononciation improbables de cette langue.
Et voici que notre symbole phallique rencontre le sol sans que l'homme ne se sourit de son bien-être. Eh bien Nioclàs, qu'est-ce donc là que ces manières ? On ne laisse pas un légume à terre ! Surtout une pauvre petite courgette chouchoutée par ces mains délicates et...
Hm, je m'égare. D'autant plus que l'esprit de Séraphine divague dans une toute autre direction. Son Nounours a décidé de lui apprendre autre chose de bien français. Eh bien, pensait-il qu'elle ne connaissait rien à leur culture ? Surtout dans ce domaine, voyons, elle est loin d'être en terrain inconnu...
Main sur sa nuque, elle le sent qui s'approche et presse ses lèvres contre les siennes, approfondissant leur french kiss sans attendre. Que voulez-vous qu'elle fasse en pareille situation ? Bien sûr qu'elle y répond et qu'elle s'avance dans ses bras, les yeux se fermant lentement en accord avec ce que dictent ses pulsions – et ses sentiments, car il y en a quand même, un peu.
Hey, vous ne pensez tout de même pas qu'un demi-aveu allait changer notre couple, quand même ? Si là ils ne sont que tendresse, croyez en l'expérience de la rôliste que je suis qui vous assure que tout cela sera rapidement balayé. Mais l'heure est présentement à la douceur et à la métaphore sucrée, il vous faudra donc attendre encore un peu pour les ébats débordant de sauvagerie et éclatant la perversité des ces deux êtres plein de vices.

Et une nouvelle fois, la jeune fille se sent soulevée, et s'accroche à l'homme, ayant encore en tête le mauvais souvenir d'une maladresse lui ayant valu une douloureuse chute sur la table. Mais non, rien de tout cela, car lèvres encore scellées par leur amour, les voici qui arrivent jusqu'au Canapé, lieu de leurs premières étreintes et de leur amour naissant ; endroit hautement symbolique s'il en est, et il n'y avait meilleur endroit dans cette maison pour qu'ils puissent se livrer l'un à l'autre et s'exprimer pleinement au travers du seul langage qui leur permettait d'étendre leurs sentiments sans honte ni gêne.
Le dos enfin livré au confort, elle rouvre les yeux lorsqu'il se détache, son espièglerie voyant rapidement le sourire que le mâle arbore alors. Spontanément elle y répond, tentant d'atteindre à nouveau ses lèvres, sans y parvenir toutefois. Non, monsieur a décidé que la brûlante passion ne viendrait pas les consumer comme elle le faisait de coutume ; au contraire, elle viendrait les réchauffer, avant de se répandre toute entière, prenant des détours pour mieux leur faire savourer les arômes du fruit défendu.
Et elle soupire en sentant qu'il s'aventure dans ces coins stratégiques de la peau de toute femme, cambrant légèrement son corps en rejettant son visage en arrière. Elle n'est alors plus que victime offrant librement sa gorge à son tendre bourreau, sans crainte qu'il n'y plante ses crocs. Mor'Du s'en est déjà allé, son Ours en Peluche refait lentement surface, avec son pelage doux comme de la soie, comme un doudou de bébé. Alors que craindre des crocs de l'ours, s'il n'est plus que douceur et tendresse ?
Les yeux de la jeune fille se ferment pour lui permettre de mieux savourer le contact. Une main s'égare dans les cheveux courts de Nioclàs, se raccrochant presque à lui dans une demande silencieuse de ne pas la laisser. La seconde vient jouer contre son torse, dessinant ces contours qu'elle commençait à bien connaître, entre muscles rassurants et moelleux confortable.

Pas encore ?
Pas trop vite ?
Comptait-il la faire languir longtemps sous ses mains et ses lèvres, pour cueillir la fraîcheur de sa jeunesse et la douceur de son coeur ? Car elle sentait déjà la passion la saisir, réchauffant son corps sans le brûler. La tendresse était toujours là, et la délicatesse était de rigueur. Rien ne les pressait, et ils n'avaient, ni l'un ni l'autre, envie de se brusquer à une ambiance qui casserait totalement avec ce qu'ils voulaient communiquer par l'alliance de leurs corps.
La jeune fille se cambre un peu plus à chaque passage de son amant sur des points sensibles de sa peau, ponctuant le tout de petits soupirs plus ou moins lascifs, mais toujours spontanés. Et elle se redresse sur un coude, pour qu'il ne puisse lui échapper, redressant prudemment le visage – un incident à base de têtes cognées était si vite arrivé – avant de capturer ses lèvres dans un nouveau baiser.
Et une jambe se lève, libre sous sa robe de coton, pour s'enrouler souplement autour de la taille du mâle, et le forcer ainsi à venir contre elle. Sans impatience toutefois, car elle recherche plus la tiédeur de ses caresses et le confort de ses bras que le plaisir en lui-même, dans l'immadiat.
Mais cette volonté n'empêchera en rien leurs âmes de se retrouver et de se lier, après le temps qu'il faudra, quand la langueur et l'attente seront trop fortes pour qu'ils puissent se retenir de s'aimer.

***

Les souvenirs hantent son esprit. Elle ne peut pas s'empêcher de faire le lien avec ces évènements, pourtant survenus il y a peu. Nue, allongée sur un homme d'une carrure largement supérieure à la sienne, la joue écrasée contre son torse vélu, la jeune fille rouvre un regard un peu fièvreux. Son souffle est encore légèrement court, mais la quiètude est alors seule maîtresse en son coeur.
Un beau matin de juillet, alors qu'elle avait pensé passer une nuit de plus sous un pont, elle s'était réveillée ainsi, dans les bras d'un homme avec qui elle avait passé la nuit. La douceur de cette étreinte durant laquelle ils s'étaient connus une première fois trouvait véritablement son écho dans l'amour qu'ils venaient de partager. La scène était similaire. Ne s'était-elle pas alors réveillée de la même manière, allongée sur son moelleux confortable, les yeux s'ouvrant à la lumière du jour ?
À la différence près que la lumière du jour commence alors lentement à décliner. Le dîner n'est pas préparé, mais c'est étrangement le cadet de ses soucis. Elle n'est pas en appétit. Parfaitement rassasiée dans les bras d'un homme qui savait déjà, après seulement deux mois passés ensemble, comment la contenter.
Ses lèvres s'étirent en un sourire inconscient qui représente bien le bonheur qui éclate en son coeur – et pour s'éclater, il s'éclate, c'est la nouba là dedans, si elle en croit ses battements affolés qui lentement se calment en écho avec celui de son amant.

Elle n'ose pas bouger dans un premier temps, bien trop à l'aise dans cette position. Elle pourrait aisément s'endormir ainsi. Ils le pourraient sans doute tous les deux par ailleurs. Serait-ce raisonnable, alors que les légumes coupés plus tôt n'attendaient que d'être farci, comme la jeune fille l'a été plus tôt ?
Amis de la métaphore dégueulasse, bonjour \o/
Il fallait bien casser toute cette mièvrerie, vous auriez fini par nous faire une indisgestion avec tous ces sentiments sucrés.
Séraphine, à contre-coeur, se redresse. Ses longs cheveux noirs se sont emmêlés et ses boucles retombent anarchiquement de son épaule, essayant de couvrir un sein avec pudeur, sans y parvenir. Elle vole un rapide baiser à l'homme avant de se dégager, telle Ève s'éloignant du Serpent l'ayant conduite au péché.
Hop, deuxième métaphore dégueulasse. Avouez que vous n'en avez jamais assez, petits coquinous.
Ses cheveux retombent aléatoirement, parfois sur sa gorge, ou entre ses omoplates, ou alors en couvrant mollement ses épaules. Ils ne sont pas assez longs pour dissimuler la grande cicatrice qui barre son corps, ni les petites traces de brûlures qui s'échappent ça et là, d'une manière disgrâcieuse contrastant avec la grâce qui émanait de sa stature. La jeune fille sonde le sol, récupère un sous-vêtement, un deuxième, les glisse silencieusement sur sa peau, avant d'amener sa robe à couler de nouveau sur elle pour mouler ses formes.

« Allez Moelleux, du nerf ! » fait-elle gaiment, de ce ton taquin qui lui allait si bien. « Ton moelleux ne va pas s'entretenir tout seul ! »
Elle chantonne presque, riant brièvement avant de s'éclipser dans la cuisine d'un pas qui devait sembler aérien tant elle était de bonne humeur.
Oubliée la colère.
Oubliés les évènements de son passé.
Plus rien n'existait désormais. Juste eux deux, et ces fichus légumes qui n'étaient pas prêts d'être farcis.

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MessageSujet: Re: Couteau de Cuisine | Nioclàs & Séraphine Dim 19 Aoû - 14:06
Cette chair, comme Nioclàs la savoure ! Il se délecte de sa peau et son parfum le grise, transformant sa passion en un désir oppressant. Un désir qu’il réprime, préférant donner que prendre. Progressivement, sa main s’aventure vers les zones les plus sensibles, se fait plus insistante, guidée par les soupirs de Séraphine, chacun redonnant davantage d’ardeur à l’irlandais qui peine à se contrôler.

L’empêcher de s’échapper ?
En serait-il au moins capable ?

La chaleur du corps pressé contre le sien, le plaisir montant, le désir enivrant, finissent par avoir raison de la modération de Nioclàs. Les vêtements sont arrachés, abolissant les dernières barrières qui retenaient sa passion. Pourtant, loin de la laisser éclater avec sa violence coutumière, l’Irlandais la laisse s’exprimer tendrement.

Bientôt, grognements et soupirs se font échos, tandis que les amants se perdent dans les plaisirs de la luxure.

***

Un bras retenant Séraphine contre lui, l’autre pendant mollement dans le vide, Nioclàs savoure un repos mérité. Yeux clos, il ne voit pas le jour déclinant et ne s’en soucie guère. Pris dans une aura de quiétude, il pourrait aisément sombrer dans le sommeil, bercé par le souffle de son amante. Sa respiration se fait plus profonde à mesure que la somnolence s’instille dans son esprit.
La pression sur son torse lui fait relever une paupière et lui arrache un grognement mécontent. La tentation de la retenir contre sa toison est grande, mais il n’a pas l’énergie de lier la pensée à l’acte et, impuissant, il assiste au rhabillage de Séraphine avec un regard sinon lubrique, tout du moins appréciateur.
Loin de le pousser à l’imiter, l’attitude de la jeune femme incite Nioclàs à s’enfoncer davantage dans son canapé. Un nouveau grognement répond à la taquinerie de Séraphine, plus convaincu cette fois. La perspective de quitter le lieu d’échange de leurs sentiments ne l’enthousiaste guère.

Le pas léger de Séraphine repart vers la cuisine, et enfin, l’homme se fait violence et récupère ses vêtements qu’il remet pesamment. En restant dans le canapé contre la volonté de la petite Ecossaise, il craint qu’elle n’ait quelque geste peu agréable pour le faire réagir, ce qui mettrait un terme à l’euphorie qui l’habite.
Hop.
Maintenant, il va devoir se réveiller. Il traîne les pieds jusqu’à la cuisine et reste un instant planté comme un piquet devant la table. Faire le repas dans son état actuel ne lui dit rien qui vaille, et il s’imagine mal laissant la main à Séraphine. Pour avoir bénéficié de quelques unes de ses expériences culinaires, il connaît le risque encouru. Sans compter que son estomac commence à gronder sourdement, désormais que la somnolence fait marche arrière.

« Tu viens ? » La question qui n’en est pas une est accompagnée d’une main tendue vers la jeune femme. Non, définitivement non. Il n’a pas la patience de préparer les farcis et d’attendre qu’ils cuisent. Il attend que les doigts de Séraphine rencontrent les siens et…

Pop.

L’air marin n’a pas changé, mais la température est nettement plus élevée. Un galet roule sous le pied de Nioclàs qui retient la main de Séraphine contre la sienne, au cas où elle ait été déséquilibrée. Il s’assure d’un regard qu’elle va bien, avant de remonter la plage niçoise, pour regagner la célèbre baie des anges. Rapidement, ils rejoignent les touristes qui flânent sur la Promenade des Anglais.

« Bienvenue à Nice. »
Les locaux et les touristes profitent du soleil déclinant pour se promener en famille ou en amoureux. Nioclàs lâche enfin la main de Séraphine, maintenant qu’ils sont sur un sol plus solide, et il la mène jusqu’à un restaurant proche qu’il avait eu l’occasion d’expérimenter pendant son séjour ici quelques années plus tôt.

Un serveur les salue aussitôt la porte passée, et le propose une table un peu trop exposé au goût de Nioclàs, qui leur demande une table dans un coin plus « intime » dans un français approximatif. Il n’a plus vraiment d’idées lubriques, mais tient à préserver leur cocon en toutes circonstances. Il apprécie l’indifférence du serveur en voyant leur différence d’âge, preuve du professionnalisme à toute épreuve de celui-ci, et le couple s’installe, et plongent le nez dans la carte qu’on leur présente.
Et bien entendu, Séraphine a droit au menu sans prix, ce qu’elle ne manque pas de remarquer compte tenu de ses jeux de langues – sans jeu de mot- qui arrachent un sourire moqueur à Nioclàs.

« Un problème, mon lutin ? Tu veux ma carte peut-être ? » Accompagnant le geste à la parole, il lui tend la carte – sans la moindre intention de la céder à Séraphine ! – par pure provocation.

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MessageSujet: Re: Couteau de Cuisine | Nioclàs & Séraphine Lun 20 Aoû - 19:08
Oh qu'il est grognon ce Nounours ! Il faudrait qu'il arrête de ne s'exprimer que par ce biais, montrant ainsi son incapacité la plus totale à parler. Il faut dire que la grâce divine ne les a pas doté de ce don, et qu'ils communiquent pour le moins différemment, en tous points. Mais les grognements, s'ils étaient une part entière de Nioclàs, l'attendrissaient souvent plus qu'autre chose... Quand ils ne sortaient pas de rage et soulevaient ainsi toute la peur enfouie de la jeune fille.
Mais nul peur alors qu'elle parle d'entretenir la légère couche de gras sur son ventre, ou ses adorables poignées d'amour. Il a beau grogner, elle se contente de sourire de plus belle, glissant son regard adouci par la tendresse qu'ils viennent de partager sur les formes masculines de son dos, tombant jusqu'à la chute de ses reins.
Hmmm... Pwal.
Finalement, elle se détourne, ses pieds nus rencontrant le sol froid, et retourne dans la cuisine pour se demander concrètement à quoi allaient leur servir ces légumes coupés en deux. Elle ramasse la courgette, une fois de plus, et la pose sur la table, avant d'attraper le couteau et de la trancher calmement. Elle est tranquille et apaisée, encore étourdie du plaisir qui parcourait ses veines quelques secondes plus tôt à peine. Elle a du mal à réfléchir, et encore plus quand il s'agit de cuisine.
Si on la laissait faire, bientôt une courgette mutante viendrait ramper sur la table en réclamant la vie.
Un grondement sourd lui fait relever la tête vers l'Irlandais mal réveillé et surtout affamé. Spontanément et sans pouvoir s'en empêcher, elle lui offre un de ses beaux sourires, les yeux se plissant gentiment. Et la main se tend vers elle, suivie d'une propositon limpide : il l'invitait au restaurant. Elle prend alors le temps d'attraper ce qui lui sert de sac à main, prenant la main de Nioclàs sans penser un seul instant qu'ils transplaneraient immédiatement. Sa main serre alors brutalement la sienne, et si elle perd l'équilibre en arrivant, ce n'est qu'à cause de la surprise.

« … Mes chaussures... » couine-t-elle finalement, guettant autour d'eux avant de sortir sa baguette, métamorphosant deux galets en escarpins qui tiendront le temps qu'ils tiendront. Elle prend le temps de les enfiler, avant de ranger la branche de bois et de suivre le mâle sur la plage, vers la Baie des Anges.
La chaleur l'étouffe brusquement, et elle entend Nioclàs prononcer le nom de la ville ; Nice ? Cette ville dans le... le... l'ouest ? Le sud ? … cette ville française réputée pour ses farcis alah neessoiz. Bien... Bon, au moins, s'ils mangeaient français, ils mangeraient forcément bien.
Prenant le bras de l'homme dès lors qu'il a lâché sa main, dans le souci de le garder près d'elle, elle se laisse entrainer jusqu'à un restaurant, ne comprenant strictement aucun mot de l'échange entre les deux hommes. Frustrée, elle en lâche le bras de Nioclàs pour observer son environnement et ignorer superbement les paroles qui lui échappent, jusqu'à devoir suivre le mouvement dans un endroit un peu plus reculé.
Plus... intime.
Et quand le menu passe dans ses mains, la jeune fille l'ouvre et...
Pince immédiatement les lèvres, en claquant humidement de la langue d'un air agacé. C'était quoi ce machisme ? Elle n'avait pas le droit de voir les prix, c'est ça ? Non mais quelle bande de... !
Mais Nioclàs l'interrompt dans sa diatribe intérieure. Avec cette moquerie qui lui vaut un regard noir et... Un coup de carte sur la tête.
« Amadàn ! » ponctue-t-elle d'un ton sec en le fusillant du regard. Et la voici qui se mure dans son silence obstiné, guettant la carte et se permettant des folies qu'elle ne se permettait pas en temps normal ; parmi lesquelles un verre de vin rouge de provence pour manger avec ses farcis. Non mais oh. Et elle referme le tout avec humeur, donnant vaguement sa commande à son mâle pour qu'il puisse la passer et...
Et c'est le silence qui s'installe. Les deux amants, guère plus bavards l'un que l'autre, se contentent d'échanger des regards, peut-être des sourires, pendant le repas. Sans doute un bout de pied viendra-t-il s'échapper de l'escarpin pour se glisser contre une jambe, caché par la nappe de la table, pour réveiller les ardeurs calmées par un long moment de tendresse. Mais rien de plus, juste des étincelles dans les yeux, des joues légèrement échauffées par le vin, des oreilles virant peut-être au cramoisi.
Allez savoir. Ce moment de repas en silence n'appartient-il pas qu'à eux deux, eux seuls et personne d'autre ? Il serait indiscret de venir y mettre notre nez – haha – alors qu'ils ont réclamé de l'intimité.

Reprenons les alors – owi reprends-moi toute – à leur sortie du restaurant, après que, bien évidemment, la note ait été cachée à la jeune fille qui en aura boudé de plus belle. Qu'attendre d'autre d'elle ? Mais qu'importe, elle a bien mangé, ses joues sont échauffées par le pauvre verre de vin qu'elle a avalé, et sa main trouve sans mal le chemin de celle du mâle – hahaha – pour l'entrainer dans leur promenade digestive, petit rituel qu'il les liait l'un à l'autre – entre autres.
Le vent souffle, soulevant les pans de la robe et les cheveux de la jeune fille, permettant aux deux de mieux supporter la chaleur. Finalement, Séraphine se sent bien là, repue d'amour et de gourmandise, les yeux se plissant au gré du vent. C'est sans compter sur l'agent des forces de police moldues qui les voit arriver et les suit du regard au loin, en fronçant les sourcils. Les talons hauts, le rouge à lèvres soulignant les lèvres, la différence d'âge, il tique clairement, alors que la jeune fille, toute à l'alcool qui la désinhibe, laisse un petit rire cristallin s'échapper de ses lèvres, un rire adorable et d'une rareté inouïe, sans doute suite à une remarque de Nioclàs, graveleuse ou non.
La soirée allait commencer, lentement, à tourner à la catastrophe.

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MessageSujet: Re: Couteau de Cuisine | Nioclàs & Séraphine Lun 20 Aoû - 23:18
« Aïe! »
Surpris, Nioclàs rentre la tête entre les épaules sous le coup de carte de Séraphine, néanmoins content de sa bêtise. La commande est passée et plus aucune parole, sinon quelques mots brefs, ne sont échangés entre le couple. Enfermés dans leur bulle, rien ne vient perturber la quiétude de ce repas qu'ils partagent, aucun éclat ne venant perturber leur bonheur.
Pas de parole inutile, pas de questions insensées, pas de banalités, juste des échanges de regard, quelques contacts pour s'exprimer leur affection, quelques provocations également ; rien de choquant en ces lieux, et le repas se déroule dans un calme rare pour ceux deux là. Leur tendre échange aurait-il calmé leurs ardeurs pour quelques temps ?
Aha, pas d'inquiétude, ce n'est jamais que le calme avant la tempête ~

Tempête qui n'arrivera pas dans si longtemps, même si pour l'instant, le couple n'est qu'euphorie. La main de Séraphine au creux de la sienne et son rire cristallin réjouissent Nioclàs à tel point qu'un demi-sourire flotte sur ses lèvres, réceptif à la bonne humeur de la demoiselle. Les lumières des réverbères hâlent les bâtiments le long de la Promenade des Anglais, et le journaliste attire sa fraîche compagne dans les ruelles du vieux Nice, inconscient du regard pesant sur eux.
Il n'y a qu'eux et leur promenade apaisante. Les joues rougies par l'alcool de Séraphine attirent les lèvres de Nioclàs qui se penche vers, et se redresse pour voir deux hommes en uniforme bleu, matraque à la hanche, les alpaguer en français.

Ouh, je connais deux tourtereaux qui feraient mieux de s'enfuir à tir d'aile ~

« Un instant, Mademoiselle, Monsieur. » D'un ton sec, l'un des deux s'adresse à eux, tandis que l'autre les évalue du regard, l'air accusateur. Accusateur de quoi ? Nioclàs se tend légèrement en prenant conscience de l’ambiguïté que peut présenter sa relation avec Séraphine. Ses oreilles reprennent leur couleur ordinaire, tandis que ses mâchoires se contractent discrètement alors qu'il prend conscience de l'insulte implicite pour Séraphine. « Vous parlez français ? »

Un regard en coulisse à Séraphine, et Nioclàs secoue la tête de droite à gauche en signe de dénégation, avant de répondre en anglais qu'ils étaient des touristes de passage. L'erreur à ne pas faire, évidemment, puisque déjà, le second agent leur demande avec un accent à couper au couteau de leur présenter leurs cartes d'identité. Nioclàs hésite un instant avant de tendre son passeport, imité par Séraphine, lorsque la remarque de celui qui parlait anglais l'assomme.
« Et l'autorisation de séjour pour la jeune fille ? Elle est mineure, et vous ne semblez pas être son tuteur légal. »

Mineure ? À 17 ans ?

Bien sûr.
Le sorcier qu'il est a oublié que les âges ne concordent pas entre le monde magique et le monde moldu. Sans compter que Séraphine a bu un verre de vin, et que Nioclàs ne connaît pas le seuil de tolérance des autorités publiques à ce genre de choses en France, il commence à se sentir mal à l'aise. Il faut qu'il trouve une excuse, un prétexte ou une anecdote quelconque pouvant justifier la situation.
« J'ai dû l'oublier à l'hôtel. » Il passe un bras protecteur autour des épaules de Séraphine tandis que les regards des deux policiers se font plus perçants. L'un des deux s'éloigne pour rejoindre leur voiture stationnée non loin, pendant que l'autre les garde sous sa surveillance. Ils vérifient probablement l'exactitude des documents, vérifient que Nioclàs n'est pas un bandit quelconque ou que Séraphine n'est pas une prostituée déjà repérée par les autorités. Un contrôle de routine, qui leur permettra peut-être de passer au travers de problèmes importants avec la police française...
Sauf que Nioclàs ne se doute pas de ce à quoi le nom « Séraphine Mistaken » est rattaché, et il attend sereinement, donnant une fausse description de l'hôtel où ils seraient, Séraphine et lui, logés. L'utilisation de la magie serait plus simple, mais il devrait ensuite se justifier auprès des Ministères Français et Britanniques, et il ne tient pas à devoir se dépatouiller avec les deux administrations.
« On a un problème. Il y a un avis de recherche au nom de la fille. Elle a été déclarée disparue. »
Nioclàs fronce les sourcils, comprenant les paroles du français et se tourne vers Séraphine.
« Il y a un avis de recherche à ton nom? » Il l'interroge en gaélique afin de ne pas se faire comprendre par les deux Français. Séraphine n'a que le temps de répondre avant que les deux hommes leur demandent de les suivre au poste de police.

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MessageSujet: Re: Couteau de Cuisine | Nioclàs & Séraphine Mar 21 Aoû - 10:16
Elle n'est plus que bonne humeur. La main dans celle de son amant, la jeune fille est euphorique et rit avec légèreté à la moindre remarque, même pas spécialement drôle. Elle est bien, dans les ruelles fraîches de la nuit de Nice, en bonne compagnie, et est habitée par une insouciance peu coutumière. Insouciance qui sera sans doute de courte durée, mais elle ne s'en soucie pas pour le moment, car les lèvres de Nioclàs viennent rejoindre tendrement la peau de sa joue, les berçant un peu plus dans un bonheur simple et ô combien appréciable.
Séraphine hausse les sourcils, rendue plus expressive par l'alcool, lorsque deux policiers les hèlent dans cette langue qu'elle ne maîtrise absolument pas. Elle comprend les titres qui leur sont donnés mais guère plus et pose les yeux sur l'Irlandais, ne comprenant absolument pas pourquoi on les dérange ; ont-ils fait quelque chose de mal ?
Tendre jeune fille qui ignore tout du monde français, et qui ne sait pas que dans ce pays, on peut spontanément leur demander de présenter leurs papiers, surtout si quelque chose de suspect apparaît dans leur comportement.
Heureusement pour elle, son compagnon nie parler français. Si elle comprend que c'est l'ambiguité de leur relation qui les a fait venir, et l'insulte que cela sous-entend ? Probablement, quelque part, loin dans son nébuleux esprit. Mais elle ne s'y arrête pas, ne ressentant encore aucune émotion permettant à l'alcool de redescendre.
Par chance, elle ne rit pas. C'est déjà ça.

La jeune fille laisse son journaliste gérer la situation, haussant les sourcils lorsqu'on leur demande les papiers. Heureusement qu'elle a pensé à son sac à main... Plongeant la main dans ses papiers moldus, elle repousse la baguette pour ne pas qu'elle dépasse et sort maladroitement son passeport officiel, sans penser un seul instant qu'elle n'est pas majeure dans le monde moldu, le cerveau trop embrumé par l'alcool.
Puis l'autorisation de séjour.
Mince.
Séraphine pince les lèvres, plus expressive qu'elle n'aurait du l'être, beaucoup trop, et elle allait sans doute, par son incapacité à cacher les choses, les mettre dans l'embarras. Ils n'ont pas cette autorisation, pourquoi l'auraient-ils ? Ah ces moldus...
Elle entend ce qu'il se passe, mais a du mal à se concentrer. Le bras autour de ses épaules, protecteur, la rassure quelque peu, mais elle comprend vite que ce même bras pourrait leur attirer davantage d'ennuis. Pourtant, elle ne peut se résoudre à s'en échapper, dans un besoin soudain de se sentir protégée. Elle a un mauvais pressentiment : montrer son identité à ce monde moldu qu'elle essayait de fuir ne lui disait rien qui vaille. Vraiment pas.
Silencieuse, et commençant à être nerveuse, elle n'écoute Nioclàs et sa description de l'hôtel, guettant les autres flics plus loin. Elle avait peur de ce à quoi son nom pouvait renvoyer. Serait-ce son père et sa sortie de prison, ou les faits divers dont elle avait été victime dix ans plus tôt ?
Loin de se douter qu'un avis de disparition lui trottait au dessus de la tête – elle n'avait pas pensé que ses parents auraient pu faire ça pour se protéger judiciairement – elle se tend un peu plus avec les secondes qui s'écoulent, devenant franchement nerveuse. Une nouvelle phrase, en français, leur parvient, et quand elle remarque l'expression de Nioclàs, elle comprend immédiatement que quelque chose cloche.
L'utilisation du gaélique le souligne également. Il ne veut pas qu'on comprenne leurs échanges. Seulement, le gaélique irlandais et l'écossais ne fonctionnent pas exactement de la même façon, aussi fronce-t-elle les sourcils à son tour, tentant de décrypter. Entre le français recherche proche de l'anglais, qu'elle a pu relever, et Nioclàs qui lui parle d'un avis, elle parvient à recouper et comprend assez facilement de quoi il retourne.
Une avis de recherche.
Une notification de disparition.
La jeune fille perd brutalement toutes ses couleurs.

« Dìolain... » souffle-t-elle alors, prenant conscience en ce juron de toute la sournoiserie de ses parents. De cette façon, ils se protégeaient... Et lui coupaient tout retour dans le monde moldu. Car sitôt là-bas, on la renverrait à ses parents, sans se poser de question.
Elle était mineure. On avait signalé sa disparition. Et elle était avec un homme plus âgé qui n'avait rien à voir avec sa famille, et ils se promenaient tranquillement ici... Ses lèvres se pincent alors qu'elle prend conscience de la délicatesse de la situation. Nioclàs pouvait légalement être accusé de kidnapping et de détournement de mineur. Elle ? On allait l'assimiler à une fugueuse qui profitait de l'ignorance d'un homme plus âgé et de la fraîcheur de sa jeunesse pour soutirer de l'argent, ce qu'on pourrait assimiler à de la prostitution.
… Et pire encore : ils pourraient très bien la renvoyer directement à Édimbourg, dans sa cité dortoir, auprès d'une famille qui pourrait encore l'empêcher de mener sa vie. Elle ignorait totalement si elle aurait de nouveau le courage de se dresser face à son père, baguette en main.
Baguette en main...
Si les flics les arrêtaient, ils leur prendraient leur baguette, et elle serait complètement désarmée face à toute cette situation.
Oui, au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, la jeune fille est littéralement en train de paniquer, sans se dire qu'il fallait les devancer et utiliser la magie avant qu'on ne les en empêche. Mais auront-ils le temps de le faire ?

Sans s'en rendre compte, la jeune fille s'est serrée contre Nioclàs, accentuant leur ambiguité, et recherchant littéralement sa protection, quelque chose qui pourrait la rassurer. L'alcool n'aide pas, et si l'euphorie est retombée, c'est pour prendre un chemin totalement inverse, exacerbant ses émotions en un bad trip comme on les déteste. Les deux flics se tournent l'un vers l'autre, échangeant encore quelques mots avant de revenir vers les touristes, sans se douter qu'ils avaient parfaitement compris le noeud du problème.

« Je vais vous demander de nous suivre jusqu'au bureau de police, messieurs dame. Nous avons quelques questions à vous poser. » fait-il simplement en désignant la voiture, sans leur rendre leurs papiers ni donner plus d'explications.
Et là, la jeune fille se sent complètement démunie, tentant presque de se planquer dans les grands bras de son Nounours, toute menue contre lui. Rendue trop expressive, elle ne pense pas du tout à s'éloigner pour ne pas les enfoncer dans l'ambiguité. Et ce n'est clairement pas l'attitude de l'adolescente envers un membre de sa famille qu'elle a alors.

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MessageSujet: Re: Couteau de Cuisine | Nioclàs & Séraphine Ven 24 Aoû - 9:34
Le juron de Séraphine vaut n’importe quelle approbation. La nouvelle n’est pas des moindres puisqu’elle les enfonce davantage dans ce bourbier, mais Nioclàs garde un parfait sang-froid. Ses mâchoires se contractent, seul signe de sa tension pendant que son esprit réfléchit à une solution. Chassée, l’euphorie des instants précédents ; il va devoir utiliser sa tête pour les sortir de là habilement.
Il sent sa compagne se serrer contre lui et resserre son étreinte, la maintient fermement contre lui tant pour la rassurer que pour empêcher quiconque de la lui arracher. Il ne l’avait pas sortie de sous un pont pour qu’elle y retourne aussi facilement !
Un avis de disparition, et puis quoi, encore ?
Il l’avait trouvé roulée en boule, sous un pont, un bleu violacé sur la pommette. Il avait découvert sur son corps dénudé des brûlures qu’aucun jeune sorcier ne serait sensé avoir ! Et on veut lui faire croire que les personnes responsables de l’état de détresse de la petite Séraphine désirent la retrouver ?

Jamais, en un mois et demi de vie commune, Nioclàs n’a vu Séraphine montrer des signes de nostalgies, ou une envie de retourner à sa vie d’avant. Il s’est posé la question à plusieurs reprises, bien sûr ! Il a même cru, à un moment, qu’elle transplanait en journée, pendant qu’il travaillait, pour aller rejoindre les personnes qu’elle aime.
A force de la côtoyer, de la voir l’accompagner dans toutes ses activités, y compris le Quidditch et ce malgré son désintérêt pour le sport sorcier, il en a déduis qu’elle n’a pas d’attachement, d’aucune sorte. Peut-être a-t-elle des amis à Poudlard, mais il sait que les relations au sein de l’école de sorcellerie n’ont bien souvent pas de suite pendant les vacances estivales ; les élèves préfèrent renouer avec le monde extérieur pendant ces deux mois.
Dans tous les cas, il ne retient pas Séraphine de force, et ses multiples disparitions dans la nature, toujours marquées par un retour volontaire de la jeune femme, prouvent bien aux yeux de l’Irlandais qu’elle n’est resté avec lui que de son plein gré.

« Y aurait-il un problème, Monsieur l’agent ? » Jouer celui qui n’a pas compris et l’innocent reste la meilleure option à ce stade. La voix reste neutre, mais un second bras vient entourer Séraphine ; l’attitude protectrice de Nioclàs dénote sa méfiance, sinon son inquiétude. « Si nous rentrons trop tard, l’accueil de l’hôtel risque d’être fermé… » Une main rassurante caresse la chevelure brune de l’écossaise dont il remarque bien l’inquiétude, en même temps qu’il reste dans une attitude aussi naturelle que possible.
« Je ne vous demande pas de discuter mais de nous suivre. »
Aha.
Un policier autoritaire et mal aimable, comme ils le sont souvent dans cette partie de la France où les problèmes sont foison. Inutile d’essayer d’en tirer quoi que ce soit, il ne les laissera pas se défiler, encore moins s’expliquer et rentrer chez eux. Nioclàs se sent prêt à basculer dans une attitude belliqueuse mais la présence de Séraphine le dérange. Sa panique la rend imprévisible, et s’il n’a pas envie de la voir repartir en Ecosse, il ne tient pas non plus à ce qu’elle l’imite et utilise la magie, se mettant alors dans l’embarras vis-à-vis des autorités magiques.

Pourquoi diable n’est-elle qu’une élève ?
Et pourquoi diable faut-il que ce maudit Mouvement d’Ouverture soit en place ? Un sortilège, et il serait tout de suite alpagué, accusé d’avoir tenté de faire exhibition du monde magique.
Il refuse de bouger, et le second policier commence à s’énerver, portant la main à sa ceinture. Penserait-il à les faire avancer de force ? L’idée avait quelque chose de comique pour le joueur de hurling qui n’aurait aucun mal à les assommer l’un et l’autre s’il le voulait. L’option n’est toutefois pas envisageable ici, pour la simple et bonne raison que Nioclàs ne cherche pas les ennuis avec la police moldue.
Maintenant que son identité et celle de Séraphine ont été enregistrées, ils risquent l’un comme l’autre d’être poursuivi jusqu’à ce que le Ministère ne fasse le ménage derrière eux.

« Inutile de s’énerver, nous vous suivons. Je pensais Nice plus accueillante. » Il accompagne la phrase d’un mouvement de la main évasif, tandis que de l’autre, il saisit sa baguette sans que les hommes ne s’en rendent compte. Informulé, le sortilège de confusion vient frapper l’un, puis l’autre, qui perdent un instant leurs repères.
« Nos papiers ? Ils sont en règle, puis-je les récupérer ? » demande-t-il sèchement, main tendue vers celui qui les leur avait pris. Il ne tique pas sur le fait que son interlocuteur s’est exprimé en français, et tend les documents par réflexe plus que par effort de conscience. Aimablement, Nioclàs le remercie, entraine Séraphine avec lui, et aussitôt arrivés dans un coin plus calme, un « pop » retentit.
Les deux britanniques s’évanouissent dans la nuit.

***

L’Irlandais s’assoit sur son canapé et attire Séraphine contre lui, posant une joue sur sa chevelure. Elle sent certainement les tremblements de l’homme dont les nerfs flanchent enfin, alors qu’il l’enlace comme s’il craignait qu’on ne vienne la lui arracher. Sa fureur se sent dans ses membres, dans sa respiration.
La peur ne l’a pas effleuré une seconde. A moins que Séraphine ne décide de le quitter – et cette idée lui est tant incongrue qu’il ne la formule même pas – il n’autoriserait personne à la séparer de lui ; mais la seule idée qu’on essaye de le priver d’elle l’ulcère. Dans une inspiration, le parfum de Séraphine vient apaiser sa colère, lui rappelant qu’elle est là, tout contre lui.
« Je n’aurais pas dû t’amener là-bas, ma Séraphine. Je ne pensais pas que cela nous causerait des problèmes. Ne m’en veux pas. » Il ne s’excuse pas non plus, n’étant pas vraiment responsable du mauvais concours de circonstances, mais se force à dire quelque chose pour ne pas se murer dans un silence qui, cette fois, pourrait vite devenir pesant.

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MessageSujet: Re: Couteau de Cuisine | Nioclàs & Séraphine Ven 24 Aoû - 14:07
Stupeur et Tremblements.
Ce n'est certainement pas la petite brise rafraichissante qui caressant les ruelles niçoises qui en sont responsables. Si la jeune fille commence ainsi à trembler, ce n'est pas non plus à cause de sa colère, mécanisme de défense qu'elle a pourtant tendance à déclencher très facilement. Non, face à cette menace qui lui semble pour le moins réelle, la jeune fille tremble de peur.
Que pourrait-il arriver si ces policiers les emmenaient et la renvoyait chez ses parents ? Pourrait-elle revoir Nioclàs ? Viendrait-il l'aider à s'enfuir de nouveau, là où elle en serait incapable sans sa baguette ? Terrifiée à l'idée de retourner dans cet univers qu'elle avait quitté, elle n'arrive plus à penser de manière rationnelle, ni à se dire que les agents auront tôt faits de voir qu'elle réagissait trop rapidement pour être blanche comme neige.
C'était une fugueuse, aux yeux de la loi moldue. Une adolescente fugueuse. Elle n'aurait donc jamais son mot à dire de quelque manière que ce soit. Et elle n'était pas certaine d'avoir deux fois le courage de se dresser face à ses geoliers. Si elle l'avait pu, au début de l'été, c'était parce qu'elle n'avait jamais rien connu d'autre que l'espoir de jours meilleurs. Aujourd'hui que ces jours étaient arrivés, aurait-elle le courage de se battre pour les retrouver, ou se lamenterait-elle d'un bonheur passé ?
Oh tu te sous-estimes, Séraphine ~
Bien sûr que tu auras cette volonté ; tu l'auras d'autant plus que tu sauras qu'un homme t'attend, quelque part, de l'autre côté de cette solide barrière qui sépare les deux mondes.

Stupeur et Tremblements.
Elle sent bien que Nioclàs resserre l'étreinte, lui accordant cette protection qu'elle réclamait en silence. Elle aimerait disparaître dans ses bras, complètement, et y parvient presque, toute petite contre le grand homme. Elle le sent aussi se contracter, sans doute par la colère, mais au lieu d'en avoir peur comme cela peut arriver, elle ne s'en sent que plus rassurée. Car ce sentiment n'était pas dirigé contre elle, mais bien contre les deux représentants de l'autorité et ce fichu avis de disparition. Et donc par extension contre ceux qui disaient la rechercher sans avoir aucune envie de la retrouver.
En même temps, la petite écossaise avait toujours inspiré la peur à ses parents. Sa mère, dans son adolescence, disait voir la présence du démon dans son regard ; son père, quand elle s'était définitivement retournée contre lui, avait lâché sur son passage qu'elle n'était plus que folle succube, prête à rejoindre Lucifer.
La peur. C'était la seule chose qui soudait cette famille de fous. La peur de l'enfer, comme dans une religion de l'ancien temps, où cette peur était devenue plus forte – et instrumentalisée aussi, mais c'est une autre histoire – que la béatitude d'accéder aux cieux. Et elle était devenue l'enfer sous leur toit.
Et ce même toit était devenu son enfer à elle.
Elle n'avait retrouvé un goût de paradis que dans les bras de l'Irlande, loin de cette patrie qu'elle aimait tant. Un mal pour un bien, sans doute. Mais même l'ennui dans une maison vide – enfin, y'avait un chat, mais il était si mou que... – même le désintérêt total pour le Quidditch, rien de tout cela n'avait pu ramener l'amertume en son coeur. Elle s'était même montrée curieuse de cet univers qu'elle ne connaissait pas, ou encore particulièrement à l'aise dans un univers moldu entièrement masculin.
Une vie bien différente en somme.
Une vie à laquelle elle ne voulait absolument pas renoncer.

Stupeur et Tremblements.
La voix de Nioclàs se fait à nouveau entendre, alors qu'il fait celui qui ne comprend pas le français, comme précédemment. Un second bras l'entoure, et elle laisse ses yeux se fermer. Il fait chaud, pourtant la chaleur que Nioclàs dégage ne la gêne pas. Il la protège. C'est tout ce qui comptait. Il essaie de se dérober, mais l'accent haché du français leur répond sèchement.
Réaction ?
Contrairement à ce que Nioclàs craint, à aucun instant la jeune fille ne songe à sortir sa baguette. Elle a peur qu'on lui prenne sa seule défense contre la Folie, mais ne pense pas à s'en servir. L'esprit trop embrumé par la panique et l'alcool, que voulez-vous... Elle s'en remet à l'intelligence et au sang-froid du sorcier. Sorcier qui a visiblement décidé de ne pas bouger et de ne pas les suivre sans opposer de résistance.
Brave petit.
La jeune fille risque un oeil sur les deux policiers et couine sans pouvoir s'en empêcher en voyant l'un d'eux mettre la main à sa ceinture. Sans doute un mauvais souvenir lié à ce geste... Sans doute. Et elle ne voit pas le ridicule que cela a, de la part de ces deux demi-portions, de vouloir s'attaquer à Nounours, joueur de tout un tas de sports pas super choupi. Elle ne voit rien.
Elle n'est plus que stupeur et tremblements.
Elle le sent qui bouge. Elle l'entend qui parle. Mais elle n'écoute plus. Ses yeux sont restés fixés sur le policier qui essaie de rouler des mécaniques, et dans son regard ne subsiste que la peur. Cette attitude, cette volonté de se montrer autoritaire et supérieur...
Ce n'est pas la baguette de Séraphine qu'il faut surveiller. C'est sa propension à transplaner. Qu'elle ne s'échappe pas, purement et simplement, sous le coup de la panique.
Mais non, parce que l'homme prend les choses en main – ahem : un coup de baguette, un petit éclair de lumière, et elle entend à nouveau sa voix... Mais sans possibilité de comprendre cette fois. La jeune fille cille ; le policier a tout perdu de son attitude menaçante. Au contraire, il a l'air perdu, complètement désorienté, quand il leur tend leurs papiers. La jeune fille tend timidement la main pour récupérer son passeport, mais refuse résolument de quitter les bras rassurants, même lorsqu'ils s'éloignent pour la ruelle la plus proche.
Anyway, la laisserait-il s'échapper ?

Stupeur et Tremblements.
La sensation du transplanage l'a saisie pour la ramener dans ce foyer si chaleureux, malgré l'orage qui gronde, où seul un chat sommeille dans son coin – obèse le chat, évidemment. Elle se laisse entrainer contre lui, s'assied ou plutôt s'effondre sur ses genoux pour se blottir tout contre lui. Elle sent la joue mal rasée – enfin, non-rasée – contre ses boucles d'ébènes, les tremblements des mains sur sa peau blanche, alors que son visage repose contre son épaule. Ses lèvres carmines viennent embrasser, une seconde seulement, la peau de l'Irlandais, suffisamment pour sentir le pouls affolé de l'homme.
Il est en colère et en tremble alors que ses nerfs flanchent, comme les siens ont commencé plus tôt.
La panique redescend. Elle est en sécurité dans ses bras. La voix apaisante revient à ses oreilles alors qu'elle prend conscience, enfin, que tout risque est écarté. Tout retombe, et ses lèvres se tordent en une grimace alors que son masque de poupée de porcelaine se fend totalement. Et finalement il éclate en mille morceaux alors qu'un sanglot remonte sa gorge.
Elle le réprime, d'instinct. Et finalement, c'est silencieusement qu'elle laisse la vague de soulagement l'étreindre, serrant ses petits bras autour du grand Irlandais, mouillant la chemise de ses larmes. Elle avait eu peur, si peur... Une peur déraisonnée, sans doute, sans voir qu'elle ne risquait rien au final. Parce qu'il la protégeait, et que ces moldus n'auraient jamais pu avoir l'avantage sur eux. Jamais un moldu ne pourrait la forcer à retourner en enfer.
Jamais.
Et certainement pas tant qu'elle aurait le plus tentateur des démons à ses côtés ~

Stupeur et Tremblements.
Elle est toujours secouée par quelques sanglots silencieux, mais ses larmes se tarissent lentement, comme les tremblements de son corps. Comment pourrait-il penser un seul instant qu'elle pourrait lui en vouloir ?
Son esprit se délie, doucement, et ressort de la brume de l'alcool. Elle n'est plus émêchée, et même si son maquillage a coulé de ses yeux, que ses lèvres ont laissé des traces sur la belle chemise de son mâle, elle réussit enfin à comprendre tous les tenants et les aboutissants de cette histoire.
Quelle idiote elle avait été, se laisser ainsi déborder pour un événement aussi... Anodin. Bien évidemment que ces français n'auraient rien pu contre eux. Bien sûr. Ils étaient des sorciers, de bons sorciers en plus.
Pour autant, elle sent la rage gronder en elle, quelque part au fond de son être. Ses parents avaient osé signaler sa disparition. Ainsi, elle ne pouvait plus faire un pas dans le monde moldu sans avoir la peur au ventre, celle de se faire attraper et ramener à la maison.

Un nouvel éclair zèbre le ciel, l'orage tonne. La jeune fille se serre, d'instinct, contre Nioclàs, même si elle est déjà tout contre lui. La joue écrasée contre sa chemise – la pauvre, entre le mascara, les larmes et le rouge à lèvres, elle a pris cher... – elle ne bouge plus, toute à l'être qui la retient dans ses bras.
« Je suis désolée. » souffle-t-elle, finalement, d'une voix cassée par les sanglots. « Je n'aurais pas du paniquer comme ça... »
Tous ces bons sentiments l'agacent subitement. Elle se redresse, rejette sa longue chevelure en arrière, et place une jambe de chaque côté des cuisses de Nioclàs, pour mieux lui faire face. « Comment peux-tu penser un seul instant que je t'en veuille, mon Moelleux, hm? » Petite phrase ponctuée d'un petit pincement dans le confortable gras qui couvre le ventre du mâle, non sans un côté mutin.
Elle se cache, une fois encore, et se dérobe. Et essaie d'oublier l'orage, qui tonne, au dehors, toujours plus fort – comme le roquefort ! Et elle essaie d'ouvrir le jeu avec son amant, un jeu innocent pour une fois. Elle n'a pas la tête à tomber une fois encore dans la luxure ; non, elle veut se contenter d'oublier tout cela, plus sûrement qu'avec l'alcool. De passer du temps avec lui, peut-être juste pour se taquiner, pour se faire la lecture, ou tout simplement pour profiter de ses bras en attendant la fin du terrifiant orage qui sévissait dehors.
« Merci. » souffle-t-elle finalement, avec un air un peu plus sérieux, et en évitant le regard de l'homme, les yeux baissés sur ce moelleux avec lequel elle jouait.
Loin de la Stupeur et des Tremblements.

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MessageSujet: Re: Couteau de Cuisine | Nioclàs & Séraphine Mar 4 Sep - 23:20
L’étreinte de Nioclàs se ressert quand il sent les premiers sanglots de Séraphine, et il se détend lentement en même temps que la demoiselle évacue sa panique. En cet instant, il voue une haine sans borne à ces êtres éloignés qui, après avoir torturer leur fille, continuent à la martyriser à distance. Il caresse les boucles d’ébène et attend que les pleurs de la petite écossaise ne se calment, se contentant de lui apporter la chaleur réconfortante de ses bras, comme il pouvait le faire lors de ses terreurs nocturnes. Par deux fois déjà, il l’avait vue s’effondrer de la sorte, en pleine nuit, après l’avoir réveillé dans un hurlement.
Ces rares évènements lui avaient déjà mis la puce à l’oreille ; il voit bien que les accès de colère de Séraphine ne sont jamais que l’expression d’une fragilité qu’elle refoule et rejette. Après tout, on ne se retrouve pas sous un pont à dix-sept ans lorsqu’on a une vie facile, Nioclàs ne pouvait pas s’attendre à tomber sur une jeune fille à l’existence et au caractère banals.
Heureusement pour Séraphine, sa propre vie avait été suffisamment équilibrée pour qu’il puisse l’appuyer comme il se doit. Peu importe le nombre de chemises qu’elle colorera avec son maquillage, en la récupérant au début du mois de juillet, il répondait à un besoin de la protéger qui n’a fait que croître avec ses sentiments.
Ne pleure pas, Séraphine.
Elle n’aura plus à affronter seule ses démons tant que l’irlandais sera là.
Et c’est avec une patience d’ange qu’il attend qu’elle se reprenne.

Il ne la retient pas lorsqu’elle change de position pour chevaucher ses jambes et sursaute lorsqu’elle pince son moelleux.
Hey !
Est-ce une façon de remercier Nounours de l’avoir sortie de ce mauvais pas ? Grunt, alors !
« Laisse donc mon moelleux, au lieu de t’excuser. Je risquerais d’avoir envie de faire de même avec le tien. » Il accompagne le geste à la parole et pince doucement l’une des cuisses de Séraphine – ouais, la cuisse c’est pas super moelleux mais c’le seul truc rembourré et décent chez Raph… - alors que le coin de ses lèvres est marqué par une fossette espiègle.
Si elle veut jouer, elle ne sera pas en reste. Il ne relève pas plus les remerciements que les excuses, non pas par incivilité, mais seulement parce qu’il voit bien que Séraphine essaye de noyer le poisson, et il se doute qu’une réponse sérieuse la mettrait davantage dans l’embarras. Eh puis, après une si belle soirée, il préfère essayer de revenir à une atmosphère bon enfant, pour rejoindre les bras de Morphée l’esprit détendu. « Séraphine. Un moelleux, ça s'entretient, » plaisante-t-il alors, l'air faussement sévère. Il n'a pas grand chose à se mettre sous la dent, le pauvre, comprenez le.

Le tonnerre gronde à l'extérieur sans qu'il ne s'en émeuve, mais il voit bien qu'il est bien le seul à y être insensible dans cette pièce. Depuis sa cage, Thor bat nerveusement des ailes tandis que White se terre sous le canapé, et Séraphine ne paye guère plus de mine.
Saint Nioclàs, il est temps pour toi de prendre les choses en main.
« Si tu arrêtes de jouer avec mon moelleux, je veux bien jouer avec la douceur de ton dos, » ajoute-t-il finalement, avant de voler à la jeune femme un fugace baiser. Bien évidemment, la perspective du massage conquiert l'écossaise qui se laisse porter jusqu'à la chambre du couple – bawi Nio fait ça comme un Prince attendez ! - où sa robe lui sera retirée, et où elle pourra, en toute sérénité, savourer le contact des mains de Nioclàs qui dénoueront son dos et sa nuque tendue, goûtant de temps à autre la peau de la jeune femme sans déraper cette fois. Cette journée a eu assez de dérapages comme ceci, et pour une fois, le couple vivra une soirée paisible.
Nioclàs attendra de sentir l'apaisement de Séraphine pour cesser son massage et l'attirer contre lui, avant de profiter d'un repos plus que mérité après toute l'agitation de cette journée.

Eh.
Le premier orgasme de Raph, quoi !



~ RP Clos ~




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Couteau de Cuisine | Nioclàs & Séraphine

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