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Charité Chrétienne | Edimbourg, 2 Septembre | Nioclàs

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MessageSujet: Charité Chrétienne | Edimbourg, 2 Septembre | Nioclàs Mar 4 Sep - 22:50
Dans ce rp, vous trouverez :


Nathan Mistaken
42 ans

Aileen Mistaken
39 ans

Erwan Mistaken
16 ans

Une journée comme une autre dans la ville d'Edimbourg. Le temps est relativement dégagé, chose suffisamment notable pour être soulignée ; on aperçoit le ciel entre les nuages et aucune goutte de pluie ne vient troubler cette journée. Le quartier de Craigmillar n'échappe pas à la règle. En ce jour de rentrée, les jeunes gens vont et viennent. Au début de la matinée, du côté des immeubles, des dizaines d'adolescents sont sortis dans la brume pour rejoindre leurs camarades et se rendre dans leur établissement. Les plus jeunes sont accompagnés de leurs parents, les plus âgés de leurs amis.
La porte du 200 Peffermill Road s'ouvre, et un adolescent à l'allure déguingandée en sort, sac sur le dos. Erwan Mistaken ajuste les bretelles de son sac à dos et laisse ses yeux bleus scruter la rue pour guetter l'arrivée du bus. Aujourd'hui, il retourne en High School, et rentre en Sixth Form, où il étudiera l'anglais et la théologie en vue de ses A-levels.
Ses sourcils se froncent quand il aperçoit un homme, sur le trottoir d'en face, plutôt grand, plutôt massif, qui semble attendre quelque chose. Le jeune homme, silencieux, s'avance en évitant de le regarder – il ne faut pas fixer les gens – et se dirige jusqu'à l'arrêt de bus pour aller à son école, au centre-ville. Il se force à regarder ses chaussures et, une fois devant l'arrêt, consulte les horaires, avant de faire le piquet en attendant. Et entre temps, il constate que, sur le trottoir d'en face, cet homme étrange a trouvé une chaise sur laquelle s'asseoir.
What the... ? Elle sortait d'où cette chaise ?
Le jeune garçon cille, intrigué par cette chaise. Il ne sait pas que sa mère, depuis la porte-fenêtre, a aussi remarqué cet étrange énergumène, et guette en se demandant s'il ne s'agirait pas d'un pédophile guettant les allées et venues des enfants en ce jour de rentrée.

Le bus arrive, Erwan monte. Et une fois installé, il guette cet homme, jusqu'à ce qu'il soit hors de son champ de vision. Un peu plus haut, dans l'appartement des Mistaken, situé au deuxième étage de l'immeuble, on tire brusquement les rideaux. Aislin n'est pas rassurée par cette présence. Son époux travaille de matin, cette semaine, et ne sera pas là avant quatorze heures... ce qui ne la rassure pas davantage.
Qui était donc cet homme à l'allure si étrange, habillé de façon aussi sombre, et qui ne bougeait pas ? On aurait dit un commercial, mais... Mais son attitude ne collait pas.
Mais la mère de famille décide de passer outre. Elle termine de débarrasser la table du petit déjeuner et embraye sur sa journée habituelle, faite de ménage, de poussière et de prière. Lorsqu'un rayon de soleil vient frapper son balcon, elle ouvre la porte-fenêtre et quelques fenêtres, pour aérer l'appartement dans lequel vit sa famille. Et elle sort pour s'occuper de ses plantes, notamment les jardinières de géranium qui...
Alors que le vent secoue les boucles d'ébène, les yeux noisette scrutent la ruelle. La matinée avançait. Pourtant, l'homme était toujours là, toujours au même endroit, toujours sur la même chaise. Il semblait s'occuper gentiment, avec un livre ou un carnet de notes, elle n'aurait su dire. Elle croise fugacement son regard, mais fait mine de ne pas l'avoir vu et s'occupe de ses fleurs avec le stress au ventre. Elle avait l'impression d'être celle qu'il observait. Elle avait horreur de ça. Horreur de se sentir ainsi observée, alors qu'elle était seule... Femme sans défense !
Elle retourne à l'intérieur, sans un mot, sans qu'un son, même une mélodie, ne s'échappe de chez elle. Rien. Et, laissant ainsi les fenêtres ouvertes, elle retourne à ses occupations.
Le soulagement la saisit quand, vers midi, l'homme-piquet disparaît. Mais le stress revient lorsqu'il réapparaît sur sa chaise, se restaurant. Elle pince ses lèvres rouges, passe une main nerveuse sur son visage de porcelaine. Plus qu'une heure. Et son époux serait à nouveau là. En attendant, elle s'en remettait au Seigneur pour la protéger du démon qu'elle sentait chez ce type.

Quatorze heures. Une voiture s'engage dans l'avenue. Une Kya© noire s'avance, passe devant l'homme-piquet sans le voir, et va s'enfoncer dans les parkings qui entourent les immeubles. Un homme de grande taille, à la même allure déguingandée qu'Erwan, mais avec une attitude beaucoup plus droite, fière et arrogante, en sort, et entre immédiatement à l'intérieur.
Aislin se redresse en entendant son époux passer la porte et va immédiatement à sa rencontre. Quelques mots, quelques banalités sont échangées entre les deux époux. Il se passe encore quelques minutes avant que le visage dur de Nathan Mistaken ne se fasse voir depuis une des fenêtres donnant sur la rue. Il scrute Nioclàs, sans sourciller, intrigué. Il n'aime pas cela, mais se refuse à laisser la menace envahir sa demeure. Il aperçoit une petite boite, de laquelle l'homme sort une truffe en chocolat et grimace.
Dur péché que celui de la Gourmandise... songe-t-il en fermant brutalement les rideaux et retournant près de sa femme. Il ne la rassurera pas, et se contentera d'un appel aux Cieux en se signant devant un crucifix avant de retourner à ses occupations.

La journée continue de s'écouler...
Peu après quinze heures trente, les bus recommencent à venir, déchargeant leur lot d'élèves. Un premier bus passe devant l'Irlandais. Puis un second. Puis encore un autre. Ce dernier s'arrête quelques mètres avant l'endroit où il est installé, et déverse son flot d'adolescents bruyants. Erwan, affublé de deux jeunes hommes de son âge, en descend, les traits tirés par la fatigue de ce premier jour d'école. Silencieux, le regard un peu vague, il laisse ses deux compères parler sans tout de suite s'apercevoir que l'homme est toujours là.
Sa mère, quant à elle, a remarqué le retour de son fils, et veut le voir rentrer depuis son balcon, mais Nathan la tient à l'intérieur, sortant pour veiller au grain. Les lèvres pincées, il guette alors que le bus repart. Et il ne dit rien, ne pouvant pas entendre la conversation des jeunes hommes ; il ne quitte toutefois pas l'étranger du regard.
« ...rop bonne, j'te jure !
- Hey, en parlant de trop bonne, Erwan, des nouvelles de ta frangine ?
- Ah ouais, c'est vrai, j'ai entendu dire qu'elle a disparu, d'après la vieille Johnson !
- 'Paraît qu'elle a fugué, c'est vrai ? »
Erwan fronce les sourcils et pince les lèvres dans une expression de visage rappelant tout particulièrement celle de Séraphine lorsque quelque chose commence sérieusement à l'agacer. Les deux compères n'insistent pas plus, l'un contournant le siège de Nioclàs sans rien dire, l'autre le jaugeant en fronçant les sourcils.
« Hey les mecs, vous avez vu ce t-...
- Non mais c'est dommage quoi, l'était canon ta frangine. J'l'aurais bien chopée derrière les chardons moi, si tu vois c'que j'veux dire ! » conclut l'adolescent en riant grassement.

Mais sa pique tombe dans l'oreille d'un sourd. Erwan ne l'écoute plus. Là où ses deux amis sont passé devant l'Irlandais sans presque le voir, lui s'est arrêté un pas ou deux plus loin, et s'est tourné vers ce dernier. Ça sent le chocolat. Mais pas que. Cet homme dégageait quelque chose de familier. Une odeur familière. Comme un parfum de vanille, une odeur entêtante, souvent utilisée par les jeunes filles de son âge...
Surtout une en particulier.
« Erwan ? »
Nathan fronce les sourcils depuis son balcon, se redressant. Que faisait son fils ? À dire vrai, Erwan ne le savait pas lui-même, se contentant de fixer bêtement cet homme de près de quinze ans son aîné.
Était-il possible que... ?

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MessageSujet: Re: Charité Chrétienne | Edimbourg, 2 Septembre | Nioclàs Mer 5 Sep - 15:47
Ce matin, le café est particulièrement amer. L’Irlandais le sirote doucement, happé par sa revue de presse. Dehors, le ciel ne s’est pas encore départi de son bleu marine nocturne ; il ne doit être cinq heure, six tout au plus. A peine quelques fenêtres sont-elles déjà éclairées dans le village de Kenmare, à l’indifférence de Nioclàs. Ses yeux bleus suivent les phrases rédigées par un journaliste de seconde zone sept ans plus tôt, s'arrêtent quelques secondes sur le gros titre :

Un père immole sa fille par le feu !


La flamme de la chandelle ne parvient pas à chasser l’ombre qui s’est installée sur le visage du journaliste. La plupart des journaux locaux parlent de l’événement : une enfant de dix ans avaient été trouvée, la nuit du 11 juillet, enfermée dans une cabane en feu. Le témoignage de la fillette avait mené la police à l’arrestation de son père, qui n’avait pas réfuté les accusations. Certains journaux prenaient la peine de détailler cette famille au mode de vie peu coutumier, d’autres rapportaient les témoignages de voisins ou de leurs fréquentations de la paroisse. Rien de réellement utile pour les recherches de Nioclàs qui avait déjà deviné la plupart des éléments rapportés. Une famille excessivement pieuse, dont personne ne sait grand chose ; le genre de familles auquel on ne prête pas attention, et à laquelle on s’intéresse soudainement à cause d’un événement inattendu de leur part, mais guère surprenant.
Les feuilles de choux se contentent de rapporter l’événement, les papiers plus sérieux se permettaient une analyse sur le fanatisme religieux, sur la question de l’éducation, ou sur les défauts de surveillance de la criminalité. L’homme ne prend pas le temps de les lire, se contentant de cibler les informations qui viennent compléter l’aveu partiel de Séraphine. Il avale la dernière gorgée de son café, abandonne la tasse sur la table, et va enfiler sa veste et ses chaussures, les mains légèrement tremblantes.
Il retourne à son bureau pour écrire un parchemin à son collègue photographe et annuler leur rendez-vous de la journée. Ils devaient se voir pour mettre en place l’article sur la venue du Ministre à la rentrée de Poudlard, et Nioclàs ne compte pas lui faire faux bond, comme il a fait faux bond à son rendez-vous de la veille – pour une cause autrement plus noble. Une fois la lettre confiée à Thor, l’Irlandais attrape la boite posée sur son bureau et vérifie que les truffes préparées par Séraphine deux jours plus tôt y sont toujours, avant de l’enfoncer dans la poche sans fond de sa veste, avec ses notes de la veille au soir, un calepin vierge et le livre qu’il a commencé à lire.
Même en restant toute une journée devant la maison ou l’immeuble des Mistaken, il ne perdra pas son temps. Il vérifie une dernière fois l’adresse qu’il a récupérée dans l’annuaire deux semaines plus tôt, alors qu’il démarrait ses recherches sur la famille de sa jeune compagne, et transplane à Edimbourg.


Les rues sont encore désertes. Le soleil, à peine levant à Kenmare, brille déjà dans le ciel écossais. Dans un bâillement, Nioclàs se met en marche et rejoint l’immeuble des Mistaken. Il profite de l’absence de passants pour chercher sur les boites aux lettres l’appartement qu’il veut viser, repère la fenêtre à laquelle il correspond, et se met en vigie dans la rue avec une patience qui n’a rien de naturel chez lui.
Les premiers signes de vie chez les Mistaken se manifestent déjà sous le regard inquisiteur du journaliste, bien décidé à étudier l’ennemi qu’il s’apprête à affronter. Parfaitement droit, parfaitement immobile, les seuls signes de vie dont il fait preuve sont ses bâillements récurrents – il n’a que peu dormi en raison de l’absence de sa Belle – et l’animation de son regard, attiré par tous les mouvements dans la rue et revenant sans cesse à la fenêtre du deuxième étage. Quelques personnes intriguées le fixent en passant, l’évaluent du regard quelques secondes, avant de poursuivre leur route sans oser s’adresser à cet individu. Son attitude inquisitrice et austère ne donne guère envie de l’approcher. Tant mieux, au moins, il n’a pas à se préoccuper de ces cloportes et peu consacrer toute son attention aux Mistaken.

Enfin, la porte s’ouvre devant un adolescent de seize ans que Nioclàs suit des yeux.
Le frère de Séraphine ?
Un adolescent quelconque ?
Incapable de trancher à son seul aspect physique et à son attitude d’évitement, il ne prête pas plus longtemps attention à ce jeune homme, et décide de faire apparaître une chaise dans le vide, conscient qu’il risquait d’attendre encore plusieurs heures. Il est temps pour lui de se mettre à son aise et de s’occuper un peu. Il ne sait pas vraiment ce qu’il guette ainsi. Peut-être le moment opportun, peut-être la certitude que ce sont bien eux, à moins qu’il ne cherche à mieux les connaître avant de s’approcher d’eux.
En tout cas, il sort son calepin de sa poche et ses notes de la veille, et commence la rédaction de son article, piochant de temps à autres dans sa boite à truffe. Il lève parfois le nez pour voir les boucles d’ébène, si familières, passer sur le balcon ou dans le cadre de la fenêtre, soupire en pensant à sa petite vipère qui lui manque déjà, pour reprendre ensuite sa tache.
Il ne quitte sa chaise qu’à l’heure du repas lorsque, tenaillé par la faim, il décide d’aller s’acheter un sandwich chez un commerçant du coin, et revient peu après, délaissant son article pour son livre. Il prend des notes, prépare quelques commentaires, avance avec une lenteur d’escargot et, toujours, garde un œil sur le 2ème étage sans se préoccuper du chien qui vient renifler sa chaussure, de la mère de famille qui peine à le contourner avec sa poussette, ou des voitures qui ralentissent devant lui.

Et le bus scolaire revient, déposant les adolescents après leur première journée de cours. La première journée de Séraphine s’est-elle d’ailleurs bien passée ? Nioclàs déconnecte un instant de son environnement, repense aux derniers mots qu’il a glissé dans l’oreille de la petite écossaise, alors que les rires gras des garçons qui s’approchent de lui le ramènent à la réalité.
Trop bonne ? Frangine ? Disparue ?
Oh ?
Oho.
Cet adolescent réservé est donc bel et bien le cadet de la vive Séraphine. Pour une surprise… En y regardant de plus près, Nioclàs reconnaît d’ailleurs les mimiques si souvent adoptées par son amante. Cette fois-ci, le doute n’est plus permis. Il jette un nouveau coup d’œil vers le balcon du second niveau et note que ce n’est plus la mère Mistaken, mais le père qui le surveille. Un froncement de sourcil imperceptible marque l’espace d’une seconde le visage irlandais, pour disparaître aussitôt au profit de l’expression froide qu’il avait depuis le début de journée. Erwan – puisque tel est son nom – s’immobilise, et Nioclàs sort enfin de sa léthargie, comme s’il s’agissait du signe qu’il attendait pour agir.

Il quitte son siège pour se dresser de toute sa hauteur et toiser les adolescents qui lui font face. Avec mépris, il s’adresse d’abord au camarade du jeune Mistaken ayant fait référence aux chardons : « Je ne suis pas sûr qu’un gosse tel que toi soit au goût de Séraphine. » Il le regarde de la tête aux pieds, avant d’ajouter : « Elle ne sentirait sans doute même pas ton passage. » Namého. On ne parle pas de sa Séraphine dans de tels termes sans qu’il ne réagisse ! Surtout lorsque ces propos insultants sont dits avec un si vilain accent. S’il reste imperturbable, Nioclàs sent de nouveau la rage monter en lui. « Maintenant, fichez-moi le camp, tous les deux. Mistaken Junior et moi devons parler. »
La voix de l’Irlandais se fait tranchante, et il est évident qu’il n’acceptera aucune protestation de la part des deux adolescents. Poings serrés et mâchoire contractée, il n’hésitera pas à leur mettre un ou deux coups de pieds au derrière si cela les fait partir plus vite.

Grmbl.
Super Grognon in da place.

Il sent les regards des deux parents peser sur ses épaules, ce qui lui déplaît fortement. Voilà donc le type de personnes que sont les Mistaken… Des rats terrifiés, qui se réfugient dans la religion pour justifier leur inaction, et s’en prennent à plus faible qu’eux parce qu’ils sont trop étroits d’esprit pour voir tous les dons de leur fille.
« Inutile de me fixer comme ça, gamin. Si tu as quelque chose à dire, dis-le. Je ne vais pas deviner ce qu’il se passe sous ta tignasse d’adolescent pubère. » Frère de Séraphine ou non, ce jeune homme n’est ni plus ni moins qu’un membre de cette famille qui a nui à celle qu’il aime, et Nioclàs ne compte pas se montrer plus doux avec lui à cause de son âge. Il ne quitte donc pas son attitude froide et cassante, pour couper toute possibilité de fuite à Erwan, comme il le fait si souvent avec son aînée.

Qui sait, peut-être les parents réagiront-ils enfin en voyant cet effrayant inconnu entre en contact avec leur cadet…

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MessageSujet: Re: Charité Chrétienne | Edimbourg, 2 Septembre | Nioclàs Mer 5 Sep - 17:45
Erwan se sent bien incapable de bouger. Le regard immobile, il fixe l'Irlandais et son échine est parcourue d'un long frisson lorsqu'il le voit se lever. Ce type est immense. Pour Erwan qui fait à peine un mètre soixante-dix, dépassant ainsi à peine sa soeur – la poussée de croissance le guette toutefois – voir cet homme, qui dépasserait sans doute son père en taille comme en largeur d'épaules, n'avait absolument rien de rassurant. Mais quelque chose l'empêchait de bouger.
Ce parfum... Cette touche de vanille provocante lui évoquait immédiatement son aînée, son sourire en coin, ou encore son regard assassin. Le déhanché provocateur sur lequel bavaient tous ses potes. Sa façon de se remaquiller en permanence. Bref, en un mot comme en cent : Séraphine.
S'il y avait bien une seule personne à vraiment désirer la retrouver au sein de la famille Mistaken, c'était bien le jeune Erwan. Sinon, il ne se serait pas immobilisé ici – au contraire, il aurait pris ses jambes à son cou. D'ailleurs, à cet instant précis, tout son être lui hurlait de le faire. Ah ça, si sa soeur était une vipère pure et dure, lui avait tout du jeune blaireaux...
Et la grosse voix bourrue se fait entendre ; l'adolescent perd immédiatement toutes ses couleurs. Pour un peu, et il se serait fait dessus. Ce type connaissait sa soeur, plus aucun doute, vu comme il remballait ses deux copains de cours. Et la suite ne ferait que le confirmer... Mais nous n'y sommes guère encore. Pour le moment, il n'y avait rien que ce type, qui était à la fois la preuve que sa soeur allait bien – du moins il priait Dieu pour ça – et la plus grosse menace sur Terre après l'Apocalypse, le Diable en personne, et son père. Une claque de ce géant, et il mourrait sur le coup, c'était sûr !
Oh, mon petit, tu es un trouillard. Sois un homme, aies des balls un peu !
Des quoi ?

En tout cas, son ami, celui-là même qui avait parlé d'attraper son aînée, gonfle le torse comme pour dire quelque chose, fier et plein de testostéronne qu'il est, mais le deuxième pnj de cet illustre rp lui donne un brusque coup de coude dans les côtes pour le calmer. Une plainte de douleur plus tard, les deux adolescents n'insistent pas, et salue Erwan qui n'a toujours pas bougé ni quitté Nioclàs du regard. Il se posait un millier de questions. Il voulait lui dire un million de choses. Mais trop impressionné par cet ours, il était incapable de faire, pour le moment, le premier pas.
Et son père qui fronçait les sourcils d'un air plus sévère, au loin, mécontent, très mécontent, de voir qu'on s'en prenait à son fils. La mère le rejoint malgré l'interdiction et se mord nerveusement l'intérieur de la joue, replaçant une mèche bouclée derrière son oreille.

« ... Comment vous savez mon nom? » est la première chose qui enfin franchi les lèvres de l'adolescent. Question idiote, il s'en rend bien compte. Mais il n'a pas le self-control de sa soeur ou de son père, ni l'habitude de vraiment peser ses mots avant de parler. Ça se voit. Ses mains se joignent alors qu'il essaie de rester droit et d'affronter le regard de l'Irlandais.
En vain, sa tête se baisse presque aussitôt.
« Comment va ma soeur? » ajoute-t-il rapidement, quand les idées se font enfin dans son esprit. Et c'est le flot continu de paroles qui va être déversé ; comme s'il avait conscience du manque de temps qu'il aurait pour communiquer avec cet homme, seule chance qu'il avait aujourd'hui pour avoir des nouvelles de la sorcière de la famille. « Qui êtes vous ? D'où vous sortez ? Est-ce que vous êtes un... Enfin... Comme elle? »
Ses lèvres qui s'ouvrent, et son regard fuyant montre sa hâte. Mais sa crainte aussi. Il sait qu'on les observe. Il sait que, même s'il fait la fierté de son père de par ses ambitions, il ne lui pardonnera pas de gros écarts de conduite comme celui dans lequel il plongeait tête la première. Et finalement, les mots de la question suivante meurent dans sa gorge, lorsqu'une voix forte tonne, depuis le balcon, de l'autre côté de la route :
« 
Erwan ! Rentre sur le champ ! »
Ouuuuuh, quand Papa tonnait ainsi... Maman allait sans doute lui rappeler qu'on ne parlait pas aux étrangers et qu'elle aurait espéré qu'il en soit conscient, à son âge, tout de même ! Le garçon rentre la tête dans les épaules, et abandonne la possibilité d'une réponse en préférant obéir. Il tourne alors les talons, prêt à fuir et...
Est retenu par le col. Ses sourcils se froncent alors qu'il blêmit un peu plus. Ce type lui fiche les j'tons. Et cette fois, c'est Aislin qui grimace, se tournant vers son mari. Ne devraient-ils pas plutôt appeler les autorités compétentes ?
Non. Nathan n'est pas d'accord et fronce les sourcils davantage – il va finir par se creuser de nouvelles rides – en fusillant Nioclàs du regard, le sommant silencieusement de lâcher l'adolescent. Et le voir se déplacer en retenant Erwan et en s'avançant jusque chez eux lui déplait plus encore.
Qui était cet homme ? Que venait-il faire ici ?
Il n'était pas idiot ; il se doutait que ce devait avoir un lien avec la succube qui portait ses gênes. Alors, il retourne à l'intérieur de l'appartement et... va s'asseoir dans le salon de lecture. Il ne voulait pas que cet homme sache qu'il avait pu avoir le moindre petit effet sur lui. Rien du tout, oui. Ce n'était pas le cas d'Aislin, par contre, qui était allée se poster dans l'entrée, avait ouvert la porte et attendait son enfant sur le palier.
Inquiète.
Et très mal à l'aise.

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MessageSujet: Re: Charité Chrétienne | Edimbourg, 2 Septembre | Nioclàs Dim 16 Sep - 22:01
Nioclàs n'est plus que mépris face au jeune Mistaken. Ses bafouillages l'exaspère presque autant que le regard des parents, malgré l'intérêt que marque Erwan pour sa sœur. Un intérêt suffisamment spontané pour que l'Irlandais en soit rasséréné, trop fugace pour chasser la colère froide qui l'anime depuis le début de la matinée. Il peut aisément écraser ce moucheron sous une de ses pattes, et l'envie s'en fait fortement sentir. Regardez donc ce rat terrifié, qui craint que la peste ne s'abatte sur lui alors qu'il la porte déjà, pire, la répand ! Et il fuit à la première menace, couard ! Non, non, mon petit, tu ne t'échapperas pas comme ça.
Quand Nioclàs décide de ne pas laisser de retraite, il le fait en bonne et due forme ; ses doigts agrippent le sol du jeune écossais et le retiennent à ses côtés avant qu'il n'ait le temps d'aller se cacher dans les jupes de sa mère ou dans le kilt de son père. Père qui essaye de faire une démonstration d'autorité, à laquelle Nioclàs ne cédera pas. Le duel de mâle est lancé !
Un « comme elle », hein ? Même la véritable nature de Séraphine est un tabou. À croire que de nommer la sorcellerie attirerait sur cette honorable famille les foudres de Dieu et les flammes du Diable en personne.

Sa prise sur le vêtement d'Erwan se raffermit, et il ramène le gamin vers lui, plus austère que jamais. « Ne pars pas si vite. Si ton père veut te voir rentrer, il n'a qu'à venir te chercher plutôt que se terrer dans son salon. » Il lève les yeux en faisant cette remarque et affronte du regard le père de Séraphine, son principal ennemi aujourd'hui, et avance jusqu'au porche de l'immeuble d'un pas mesuré, afin de bien faire comprendre aux Mistakens qu'il ne les laisserait pas tranquilles comme ça, juste parce qu'un ancien prisonnier lui fait les gros yeux.
Franchement, il avait vu pire sur les terrains de hurling ! « Cad a taeghlach, » souffle-t-il avec exaspération, à voix basse, avant de reprendre plus haut, en anglais. « Pour te répondre, oui, je suis également un sorcier. Je n'hésiterai d'ailleurs pas à transformer tous les membres de cette famille en veracrasse si vous veniez à m'importuner. » Parce que Nounours n'est vraiment pas content, alors il devient menaçant. Il laisse l'adolescent ouvrir la porte, et le suit dans l'entrée, toujours sans le lâcher, avant de l'y retenir quelques instants.
« Quant à Séraphine, elle se porte bien. Très bien, » insiste-t-il posément, alors que le souvenir d'un tendre échange vient adoucir quelque peu son expression. Il n'est pas certain de la véracité de ses propos, n'ayant pu vérifier de lui-même depuis une longue journée – Nioclàs serait-il déjà dépendant ? - ce qu'il en était, mais dans tous les cas, Poudlard ne pouvait être pire qu'un miteux appartement d’Édimbourg pour son bien être.
Il marque une pause, comme s'il désirait ajouter quelque chose, mais se retient et pousse le jeune homme vers l'avant pour qu'il le conduise au bon palier. Il aurait pu développer sur le fait qu'elle avait eu un été agréable, qu'elle était en bonne santé, qu'elle avait trouvé un homme pour s'occuper d'elle comme il se devait, qu'elle avait fait le tour de l'Europe de l'Ouest... À quoi bon ? Ça n'intéresserait guère un adolescent de seize ans, incapable de se rebeller contre l'autorité parentale.

L'Irlandais aperçoit la mère, sur le pas de la porte, et sent un pincement au cœur en voyant de plus près ses boucles d'ébène. Ces boucles qui appellent ses doigts à se glisser entre elles, comme pour s'assurer qu'elles sont aussi soyeuses au toucher que d'aspect. Ces boucles qui ont immédiatement retenu son attention, ont appelé ses instincts les plus primaires et ont permis à un homme de trente ans de conquérir une demoiselle de dix-sept.
Allons, Nioclàs ! Reprends-toi ! Une nuit sans Séraphine, et voilà que tu fais une obsession. La ressemblance n'est que physique. Tu vois bien qu'elle n'a pas la fière allure de ta tendresse ! Elle n'a ni son port altier, ni cette lueur provocatrice dans le regard ! Encore moins ce sourire provocateur qui flotte, en permanence, sur ses lèvres.
La mère n'est jamais qu'une pâle copie de la fille, d'une fadeur inattendue. Enfin, la main desserre son étreinte et le jeune lapereau peut regagner son terrier. L'Ours s'avance pour pénétrer à son tour la tanière et, à sa grande surprise, se retrouve face à la petite femme brune qui lui barre le passage. L'instinct maternel a ce don d'insuffler du courage aux moins téméraires, malheureusement, que vaut le courage sans force ? Un rictus dédaigneux défigure Nioclàs qui la repousse sur le côté du dos de la main, et s'avance, cherchant le père d'abord dans la cuisine, puis dans le salon de lecture.

Aha.

Môsieur attendait gentiment.
On veut jouer les pachas.
On veut jouer les rois.

Qu'à cela ne tienne, Nioclàs n'est plus un gamin impressionné par les gros yeux d'un adulte un peu trop sûr de lui. Impassible, il contourne le fauteuil faisant face au chef de la famille Mistaken et s'assied sans gêne. Il est chez sa belle-famille, après tout ; c'est un peu comme chez lui, ici.

Il n'a plus qu'à attendre la réaction de l'adversaire, qui ne saura tarder à débuter le duel.

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MessageSujet: Re: Charité Chrétienne | Edimbourg, 2 Septembre | Nioclàs Lun 17 Sep - 7:08
Ver à crasse ?
C'était quoi ces machins là ? S'interroge Erwan, pas rassuré le moins du monde à l'idée de devenir ce qu'il pensait être une limace produisant de la crasse comme les vers produisent la soie. Glps. Non, il ne voulait pas être transformé en l'une de ces choses ! Et il se fait pousser vers l'immeuble, comprenant alors que ce sorcier est bien là pour eux... Et qu'en effet, il connait Séraphine. Et qu'il a quelque chose contre eux.
Enfin surtout contre son père, apparemment. L'adolescent a l'idiotie de se demander un instant ce qu'ils ont fait de mal, mais a au moins la vivacité d'esprit de ne pas le faire remarquer.
Il entre dans le hall de l'immeuble, essaie à nouveau de se dégager – wah, jamais il n'avait du faire preuve de tant de témérité le petit ! – en vain évidemment. On le retient toujours à son insu. Et ça n'arrange pas la peur qui l'habite, qui serre ses entrailles, avec ce regard qui semble supplier qu'on le laisse tranquille. Mais ça n'est pas encore dans les intentions de l'Ours, qui le garde pour répondre à sa question.
Sa soeur allait bien.
Le jeune homme sembla se demander un instant comment il savait ça, puisque l'homme ne lui avait pas dit qui il était, mais en resta là. Trop heureux qu'on le lâche enfin, il fila à la vitesse de la lumière, plus rapidement encore qu'une Raph' en colère ne lance des objets, une fois en haut des escaliers, passa devant sa mère et alla se réfugier dans sa chambre.
Quant à Aislin, elle le regarda passer, silencieuse, avant de se dresser dans l'entrée, toisant l'Animal d'un regard dur. Un regard sévère et déterminé, comme si elle avait eu un sursaut pour empêcher cet homme de s'en prendre à son fils. Elle avait perdu une fille en la mettant au monde et, inconsciente de leur ressemblance alors qu'elle se dressait, telle Boucle d'Ébène face à Papa Ours, comptait bien prévenir tout mal qui pourrait être fait à la chair de sa chair, ce don du ciel accordé par le Seigneur.
Le rictus ne la met pas en confiance, bien au contraire. Elle blêmit, comme ayant peur de ce que ce type pourrait lui faire, et n'a pas la force de l'empêcher d'entrer. Elle le regarde alors passer, impuissante, sur le pas de la porte, et examiner l'intérieur, comme s'il cherchait quelque chose.
Ou quelqu'un.

Aislin referme la porte, comprenant que faire sortir cette Brute ne sera pas chose aisée ; dans ce cas, mieux valait laver le linge sale en famille, et ne pas permettre à l'extérieur de venir s'en mêler. Du reste... Son époux serait bien avisé de s'occuper de cet importun. Elle ? Toujours murée dans un silence obstiné, elle va se glisser dans sa petite cuisine, s'isolant comme son fils l'a fait plus tôt. Nathan saurait les protéger. Finie l'époque où elle devait gérer seule cette famille de fous.
Cette fille folle, surtout.
Nathan qui ne relève pas les yeux de son ouvrage lorsque Nioclàs pénètre dans son intérieur. Il l'entend s'asseoir, sans gêne, et sent l'indignation gonfler dans sa poitrine. De quel droit... ?! De quel droit cet homme s'imposait-il chez eux, bousculant sa femme et s'en prenant à son fils ? C'était de la violation de domicile, oui madame. Pourtant... Appeler les autorités compétentes n'était pas une option.
Plus intelligent que son fils, le père de famille a vite fait les liens. Un homme venu de nul part, lui avait dit Aislin, qui les avait surveillé toute la journée. Un homme qui s'en prend à Erwan parmi tout un flot d'adolescent, capable de l'identifier comme membre de leur famille. Il n'y avait qu'à voir la façon dont il avait répondu à son regard, la façon dont il s'était comporté face à eux.
Oh non, le père Mistaken n'a pas besoin de poser les questions pour se douter que ce type est en lien avec une succube qu'il ne connaissait que trop bien. Il a vu la boite dans laquelle l'Ours piochait disparaître dans sa veste qui pourtant ne devrait pas avoir la place de la contenir. Il a vu son attitude. Il a vu le comportement d'Erwan. Et ça en faisait un danger certain autant qu'un ennemi.
Était-il venu lui parler d'elle ? Bah tiens. Il ne voulait pas savoir.
Alors après une longue minute d'un silence opressant où on entendait juste le bruit léger de la ménagère qui devait écouter en faisant ses affaires, et de l'adolescent déballant ses cahiers pour faire ses devoirs, le père referme enfin son livre dont il marque soigneusement la page.
Et toujours avec lenteur et feinte indifférence, il lève les yeux sur l'intrus, gardant l'ouvrage sur ses genoux.

« Vous n'avez rien à faire ici sans mon consentement. Ceci est une violation de domicile, je vous prierais de bien vouloir sortir. » tranche-t-il finalement. « Et votre comportement s'apparente à du harcèlement. Votre... Condition ne vous place pas au dessus des lois, monsieur. »

Que de dédain, que de mépris en si peu de mots ! On voit de qui l'adolescente tient son éloquence, ou du moins sa façon de parler avec une voix chargée d'insolence et de mésestime. L'art d'agresser quelqu'un en quelques secondes est finalement bien tenu de quelque part.
La grosse différence tient sans doute dans l'attitude. Car là où la fille aurait un air collant parfaitement avec ses mots, souligné par une condescendance certaine, le père se contente d'un sourire poli, presque avenant. Il aurait demandé à un vieil ami comment se portait sa grand-mère malade qu'il n'aurait sans doute pas employé un ton différent.
Les jambes croisées, Nathan ne bronche pas davantage et soutient le regard bleu de son adversaire, le sondant en silence, finalement. Il cherche à évaluer son âge, et par là, le lien qu'il peut avoir avec le Démon qui se cachait sous les traits de sa fille.
Un ami ? Trop vieux. Un amant ? Idem, bien qu'il ne serait pas étonné de l'apprendre, la perversion et l'immoralité de sa fille n'ayant aucune limite. Un Mentor ? Un protecteur ?
Un professeur ? Peu de chance. Pourquoi aurait-il attendu qu'elle ait fugué pour se manifester, au juste ? Et ce type n'avait pas l'attitude d'un professeur... Ça se voyait rien que dans le harcèlement que sa présence avait représenté toute la journée.
Alors quoi ? Nathan l'ignore. Peut-être ne veut-il pas le savoir finalement.

« Dehors. » conclut-il finalement en désignant la porte du petit salon d'un geste de la main.
Le plus tôt cette Brute serait sortie, le mieux ce serait.
Pour lui... Et pour sa famille.
Dieu les protège, songe alors Aislin en se signant face à un crucifix, l'oreille tendue sur la réaction de Nioclàs.

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MessageSujet: Re: Charité Chrétienne | Edimbourg, 2 Septembre | Nioclàs Dim 11 Nov - 18:03
Calé dans le fauteuil, Nioclàs attend patiemment que le premier coup soit tiré par l'adversaire. Il n'est guère surpris du ton avec lequel Mr. Mistaken s'adresse à lui puisqu'il y reconnaît aussitôt l'éloquence de celle qui, depuis deux mois, partage sa vie. Le masque de froide politesse ne l'émeut pas davantage, l'ayant bien souvent aperçu sur le visage des politiciens qu'il côtoie quotidiennement. Heureusement pour lui, d'ailleurs, sans quoi il aurait pu se laisser désarçonner par l'assurance calme dont fait preuve son « beau-père ». Si Séraphine est une vipère, son père est un véritable cobra. Une apparence posée, qui n'est effacée que le court instant de l'attaque.
Violation de domicile, harcèlement... Il s'attend presque à recevoir la menace d'un appel à la police. Une agressivité qui prouve pourtant que l'écossais a compris que le journaliste n'est pas ici avec de bonnes intentions. Alors que la main lui désigne la sortie, Nioclàs quitte des yeux son interlocuteur pour étudier avec minutie le salon. Il s'attarde sur les livres, sur le crucifix au mur, et sur l'autel. Un intérieur de chrétiens convaincus ; guère étonnant qu'ils n'aient pas accepté la naissance d'une sorcière au sein de leur foyer.
Et guère étonnant que la petite ait des attitudes aussi irrationnelles.

« Non, en effet, ma condition ne me place pas au dessus des lois. Pas plus que la votre, » rétorque-t-il enfin, ramenant son regard sur le faciès antipathique. Venant d'un homme ayant tenté d’immoler sa fille, la réflexion est des plus mal venues. Elle a toutefois le mérite de donner l'occasion à Nioclàs de montrer à Nathan qu'il est fasse à une personne renseignée. « J'ai toutefois un avantage sur vous dont je saurais user si nécessaire, et il est tout à votre profit de m'écouter plutôt que d'essayer de me mettre à la porte. » L'irlandais ne prend pas même la précaution de voiler sa menace. De ce qu'il devine, cet homme n'est pas des plus impressionnables, et il ne peut se permettre le luxe de la diplomatie et des allusions ambiguës.
Il a conscience de s'engager dans un bras de fer, où le moindre pouce de terrain cédé pourrait lui être ensuite fatal. Contrairement à Nathan, d'ailleurs, Nioclàs ne joue pas la politesse aimable. Son visage reste résolument fermé à toute émotion, plus austère que jamais. Cette discussion ne lui plaît pas. Cette famille ne lui plaît pas. Plus tôt il aura quitté les lieux, mieux ce sera pour lui.
Il croise les mains sur ses jambes, jauge quelques secondes la réaction du père de sa Tendresse, avant de reprendre : « Je n'ai nullement envie de m'éterniser ici. Je ne suis venu que pour vous demander de retirer l'avis de recherche de votre fille. Vous savez qu'elle est désormais majeure, dans le monde sorcier ; et vous savez qu'elle est retournée hier à Poudlard. Les recherches sont aussi vaines que futiles. Vous lui épargnerez des mésaventures, et vous permettrez aux enquêteurs de se consacrer à des affaires qui nécessitent bel et bien leur intervention. »

Nioclàs se mure alors de nouveau dans le silence, dans l'attente d'une réponse à sa demande, reportant son regard sur cet autel qui l'intrigue. Quelques photographies, dont une du père, et une d'une femme ressemblant à la mère et à la fille, les cheveux blanchis. La grand-mère de Séraphine ? Quelle logique dans ce choix... ? Les yeux bleu accrochent alors l'écriteau : Aux âmes rappelées. Ses sourcils se froncent alors qu'il réalise l'absence d'un portrait qui, pourtant, devrait s'y trouver. Chargé de haine, il reporte son attention sur cet homme qui ne mérite pas l'appellation de père.

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MessageSujet: Re: Charité Chrétienne | Edimbourg, 2 Septembre | Nioclàs Dim 11 Nov - 20:13
C'est avec une calme arrogance que Nathan toise le sorcier venu s'imposer en son domicile. Le geste suspendu quelques secondes, il laisse ensuite son bras revenir à lui, sans quitter Nioclàs des yeux. Il a tout autant conscience que l'Irlandais de la joute qui s'installe. Et lui, simple ouvrier, ancien prisonnier, n'a guère plus l'habitude de se retrouver face à un adversaire à sa mesure ; aussi est-il parfaitement lucide sur la situation et sur le désavantage qu'il a – outre le facteur magie que l'homme lui indique clairement.
Ce n'est pas la seule chose qu'il lui indique clairement, par ailleurs. Ça, l'écossais n'aime pas vraiment le sous-entendu qui se dissimule à peine derrière les mots, ni les accusations que ces derniers portent. Et la menace lui déplait tout autant sinon davantage. Comment osait-il ici s'employer à de telles méthodes sous son toit ? De quel droit s'enhardissait-il à évoquer la solution de la violence dans ce domicile dont il était étranger et qui se voulait sous la protection du Seigneur ? Voici bien un discours que seul un paria peut tenir.
Quant à sa place de père et ce qu'il avait pu faire pour maintenir l'ordre sous son toit... Voilà qui ne regardait que lui et sa famille. Et ce type ne faisait pas partie de sa famille.
Jamais.
Là où Nioclàs voit juste, c'est qu'en effet, Nathan, s'il s'offusque, n'en laisse rien paraître et ne laisse pas plus destabiliser qu'impressionner. Nullement désarçonné, il continue de le toiser avec ce masque d'une politesse parfaitement maîtrisée, et l'écoute poursuivre son discours, ou argumenter dans ses paroles.

« À vous de m'écouter, monsieur. J'ignore qui vous êtes ni ce qui vous fait croire que vous pouvez me parler de la sorte. » Il a haussé d'un ton par rapport à précédemment, comme pour marquer son autorité et la fermeté de sa tirade. Il ne perdra pas son sang-froid ni ne se laissera faire par cet homme, soyez-en assurés. « Et en cela je refuse résolument d'accéder à telle exigence. Les lois de ce monde misérable ne m'importe guère. Tant qu'elle n'aura pas dix-huit ans, selon les lois du Royaume Uni et de la Nation écossaise, elle reste sous ma responsabilité légale. En outre, vous qui semblez si bien informé, vous devez sans nul doute savoir que ce n'est pas tant la retrouver qui m'intéresse. »

Les voici dans le vif du sujet. Nathan semble se tendre de manière imperceptible. Évoquer l'être qui avait semé la discorde dans sa famille le révulsait au plus haut point. Et comme son adversaire refusait de dissimuler ses menaces, lui ne cachait pas le rejet qu'il éprouvait envers cette créature des enfers ; il ne désirait absolument pas la voir revenir sous son toit, et l'absence de toute présence de l'adolescente dans la maison le marquait clairement.
Les yeux du père suivent alors le regard qu'il a tantôt capté de la part de l'intrus. L'autel. S'attendait-il à y trouver une place pour la succube qu'il était venu défendre ? Quel sacrilège cela aurait-il été ! L'écriteau était pourtant clair : aux âmes rappelées. Un démon était dépourvu d'une âme, autant que les sorciers, c'était en cela qu'ils étaient corrompus. Et c'était ce qui avait été son erreur, le jour où il avait voulu la purifier : il n'avait alors pas compris que les flammes ne pouvaient dévorer la créature – la preuve en était qu'elle en était sortie en vie – et aucune purification n'aurait été possible, puisqu'il n'y avait aucune âme à sauver en son être.

« Les recherches de personnes disparues ne sont guère plus poursuivies après une semaine, délai après lequel elle est considérée comme décédée. Cet avis n'est pas tant un moyen de la revoir que de protéger ma famille d'accusations dont elle pourrait faire l'objet. Vous apprendrez qu'ainsi, nous ne mobilisons aucune recherche, et que nous sommes à l'abri des soupçons des autorités. »
Il ne manquerait plus que cela ! Qu'on les accuse de s'en être pris à l'adolescente, alors qu'elle est partie d'elle-même, dans la violence – Nathan oublie là qu'il l'avait lui-même frappée avant qu'elle ne le menace – et l'agressivité ? Non monsieur, il était hors de question que cela arrive.
« Je me vois donc dans l'impossibilité d'accéder à votre demande malvenue autant qu'impolie. Je vous prie donc, à nouveau, monsieur, de bien vouloir nous laisser en paix. »

Étonnamment, à la suite de cette phrase, le silence total tombe, plus lourd que jamais. On n'entend plus Erwan, qui doit écouter attentivement et craintivement, ni la mère, dont on devine la présence à l'ombre qui se dessine dans le couloir. La famille entière semble sur ses gardes, comme si elle avait conscience de la menace qui pesait sur eux. Ceci dit, que pourrait-elle faire face à Nioclàs, de manière concrète ? Rien, sans doute, mais cela n'empêcherait pas le père de ne céder aucun pouce de terrain.
Ne pas céder face à la menace.
Jamais.
Surtout pas venant de cet homme qui avait vraisemblablement pris Séraphine sous son aile.
Séraphine... Un nom d'ange, qu'elle ne méritait pas de porter.

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MessageSujet: Re: Charité Chrétienne | Edimbourg, 2 Septembre | Nioclàs Jeu 13 Déc - 23:44
Répugnant.
Cet homme est répugnant.
La noirceur de son âme et la sécheresse de son cœur sont au delà de ce que Nioclàs s'était figuré avant de se présenter en bas de cet immeuble. Il écoute les paroles de l'écossais, en apparence extrêmement concentré sur les propos qui lui sont adressés. En réalité ? Sa tête, légèrement inclinée, ou ses mains platement posées sur ses jambes, l'une sur l'autre, ne sont que la preuve de la rage latente qu'il tente de contenir et de la répulsion qu'il peut éprouver pour cet individu.
L'homme qui siège face à lui... l'eut-il rencontré plus tôt, il n'aurait pas hésité un instant à lui envoyer un coup de crosse dans le nez pour briser cette figure de glace. Un tel désintérêt pour son enfant, pour la fille qu'il avait élevée, pendant dix longues années, lui semble parfaitement inhumain.
Comment Nioclàs a-t-il pu espérer, un instant, que cet entretien mènerait quelque part ?

A-t-il au moins envisagé que cela puisse se passer bien ?
Non, bien sûr que non. Tout ce qu'il veut, c'est défier cet homme qui s'en est pris à la personne qui lui est le plus chère. Tout ce qu'il veut, c'est affronter, a posteriori, celui qui est venu briser quelque chose en Séraphine, faisant d'elle la créature fragile que l'irlandais a pris sous son aile.
En a-t-il conscience ?
Certes pas. Il sait juste qu'il veut être là, ne pas céder un pouce de terrain, et arracher une victoire, de quelque forme que ce soit, au cours de cet entretien.

Un objectif qu'il s'est inconsciemment fixé, et auquel il travaille avec tout le contrôle dont il est capable. Il pourrait parfaitement sortir sa baguette de Sycomore, jeter un incendio sur le chef de la famille Mistaken, et lui faire subir le même supplice que sa fille ; la victoire resterait amère. En écrasant Nathan à armes égales, il aurait, en plus de la satisfaction de savoir Séraphine débarrassée de cette dernière pression, le plaisir de savoir l'ancien prisonnier blessé dans sa fierté.

Aussi se contient-il, sans que son attitude ne trahisse les sentiments qui bouillent en lui. Sa voix seule est plus grave que de coutume, légèrement rauque, retenue par une gorge nouée de colère, et vient rompre la chape de plomb qui couvre désormais l'appartement.
« Vous ne mobilisez certes aucune recherche, mais vous poursuivez votre persécution contre une enfant dont le seule crime fut de naître. » Les yeux bleus glissent quelques secondes sur le côté et captent l'ombre de celle qui écoute dans leur dos. « Vous la poursuivez tous deux. En pleine consciente de votre immunité, puisque Séraphine est en parfaite sécurité dans les murs de Poudlard, que cela fait déjà six ans qu'elle disparaît en septembre, chaque année, pour se rendre dans un établissement scolaire loin de chez vous, et dont vous avez certainement parlé à vos proches ; tous pourront en témoigner, je suppose. »

Il s'interrompt quelques secondes, laissant le silence renforcer le poids de ses mots sans deviner que la dureté de sa voix s'est effritée, que la rudesse de son regard s'est adoucie, le temps des trois syllabes mentionnant l'adolescente. Un changement aussi léger que bref, mais qui pourrait retenir l'attention d'un observateur attentif à ces détails.
« À cela, les autorités savent que votre fille est en vie. » Nioclàs se penche alors en avance pour s'appuyer sur ses couds et quitter l'attitude nonchalante qu'il a adopté en s'asseyant. « Elle a été appréhendée par les forces de l'ordre dans le Sud de la France. Retirez votre avis de recherche, expliquez que ce n'était qu'une fugue et qu'elle est retournée dans son pensionnat pour l'année ; je n'aurai plus qu'à contacter la directrice de l'école, et nous nous chargerons de mettre fin à cette plaisanterie. »
Le silence retombe, perturbé par le son étouffé d'une chaise raclant sur un parquet, au plafond. Un son que les deux hommes n'entendent certainement pas, trop occupés à lutter l'un contre l'autre. Après quelques secondes de réflexion, Nioclàs se lève finalement de son fauteuil, poings serrés, et se campe sur ses jambes solides pour toiser son adversaire.

Il ne manifeste aucun signe indiquant qu'il veut partir.
Par contre, sa posture est clairement hostile, et Nathan Mistaken ne peut pas douter qu'il s'agit d'un avertissement de l'irlandais : à moins que l'écossais ne cède à sa requête, Nioclàs risque de trouver des arguments plus... marquants.

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MessageSujet: Re: Charité Chrétienne | Edimbourg, 2 Septembre | Nioclàs Dim 16 Déc - 0:26
Une plaisanterie.
« N'est-ce donc que cela pour vous ? Une vaste plaisanterie? » rétorque calmement le père de famille, sans broncher davantage, une fois que le silence eût été suffisamment savouré à son goût. Ses yeux ont suivi le mouvement du large corps de l'Irlandais, mais à aucun moment ne manifeste-t-il l'intention de se lever pour se confronter à lui. Il ne lui donnerait pas cette satisfaction. En aucune façon.
Ne pas céder un pouce de terrain.
Et pas sur ce terrain là. Il était chez lui, et resterait digne, sans en venir aux mains. On n'en vient aux mains que lorsque les mots ne suffisent plus. En venir aux mains serait accepter la défaite. Ce qui était une chose absolument inenvisageable, évidemment.
Aussi préfère-t-il en rester à ce masque de froide politesse, et de condescendance obséquieuse. Il avait foi en sa capacité à garder cette apparence jusqu'au bout, et pensait sincèrement qu'il vaincrait sans mal Nioclàs, dont l'impassibilité finirait par s'éfriter. De colère, de vexation, d'indignation, peu lui importait. Mais si cette expression sans âme s'envolait, alors la victoire serait sienne. Et après une telle intrusion dans son quotidien et son intimité, il était hors de question qu'il accède à sa demande.
Surtout qu'il ne savait toujours pas qui il était. Car, trop centré sur lui-même et son but, il était bien incapable de voir la douceur du regard de Nioclàs, les quelques millisecondes durant lesquelles le prénom de sa fille avait roulé sur sa langue.

« Que savez-vous de cette créature, au juste ? Depuis quand la connaissez-vous pour oser tenter de m'apprendre qui elle est et juger de ses actes mieux que je ne peux le faire? » La voix claque comme un fouet – encore un trait partagé avec celle à qui il avait transmis une partie de ses gênes – plutôt que de rester aussi monotone qu'à la base. Il se montre aussi agressif que lors des précédents propos, comme à chaque attaque, mais toujours avec ce contrôle mesuré.
« Vous estimez que son seul crime fut de naître et c'est la seule preuve que vous ne savez ni n'être en mesure de comprendre quoi que ce soit de nos croyances. »
Les mots sont autant de lames que Nathan lance avec une habileté certaine, et ce malgré la menace que l'homme face à lui représente. Il ne compte pas se laisser faire, même s'il n'est certes pas dans une position très avantageuse, ni en force. Il ne savait pas vraiment ce que cet homme pouvait lui faire, finalement. Avait-il peur ? Sans doute, oui, et cette agressivité ne serait alors que le reflet de sa crainte – encore un trait partagé avec son aînée. Ce n'était qu'un mélange de peur et de fierté mal placée.

« Je n'ai aucun ordre à recevoir de vous ou de votre communauté. J'estime qu'il est nécessaire qu'on me la ramène si on la retrouve, voilà tout ; voyez cela comme de la persécution si vous le désirez, mais ce n'est là que punition pour parfaire une éducation chaotique que sa mère, seule, a eu du mal à maintenir. Tout ce que nous faisons et avons fait depuis des années n'était que dans l'optique de lui montrer le droit chemin. »
Le fait qu'elle lui fuit autant que faire se peut ? Peu lui importait. La retrouver ? Peu lui importait.
Son âme ? Pareil. Il avait abandonné, et l'hypocrisie dont il faisait preuve suintait de chacun de ses pores. Il refusait d'avoir tort, refusait de céder, au nom de Dieu et de sa fierté. Peut-être y avait-il cette idée de vengeance quelque part, derrière tout ce discours endoctriné, la vengeance envers un être qui, par sa différence, l'avait mené à l'erreur jusqu'à le diriger au plus bas. Là où un homme aussi droit que lui ne devrait jamais finir.
Et il n'arrivait pas à pardonner.
Il n'arrivait pas à offrir son pardon à cette créature démoniaque.

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MessageSujet: Re: Charité Chrétienne | Edimbourg, 2 Septembre | Nioclàs Jeu 3 Jan - 0:17
Se lever était une erreur ? Sans doute. Là, debout, face à cet adversaire, Nioclàs se sent davantage tenté de franchir les quelques mètres les séparant pour écraser ce nez autoritaire sous son poing aux jointures blanchies. Aussi, dès qu'il s'en rend compte, desserre-t-il les poings et glisse les mains dans ses poches de pantalon. Le menton légèrement relevé, il relève chaque mot, chaque intonation employés par Nathan, pesant chacun afin d'en évaluer la mauvaise foi ou l'honnêteté, de saisir les éventuels faiblesses, les erreurs de raisonnement, les éléments pouvant émouvoir davantage le père de Séraphine que les autres.
Il se dissimule encore derrière ses croyances. Des croyances abusives, qui le transforment en dément et en malade mental, plus qu'elles ne font de lui un homme bon et charitable, tel que les textes le voudraient. Nioclàs ne peut comprendre leurs croyances ? C'est bien certain. Le mépris se peint clairement sur son visage, de façon parfaitement calculée, à ces mots. Ces croyances-ci n'ont rien à voir avec le catholicisme évoqué par ses concitoyens irlandais. Et, malheureusement pour lui, il en avait entendu parlé plus qu'il n'aurait voulu. D'ailleurs, le sorcier porte un nouveau regard sur le crucifix contre le mur, avant de revenir à l'autel, puis à Nathan qu'il évalue quelques secondes.
Des croyances...
Des croyances qui auraient pu tuer Séraphine.
Nioclàs serre davantage les dents, et fait quelques pas jusqu'à la croix accrochée au mur. Les paroles sur l'éducation et le droit chemin lui parviennent clairement. Très clairement. Trop, peut-être. Des brûlures, un hématome aperçu lors de leur premier soir, une attitude craintive, sur la défensive... autant d'éléments qui en disent longs dans le comportement de Séraphine sur cette éducation supposée corriger une nature sorcière. Au fond, ce père chrétien avait été effrayé par un pouvoir trop grand pour lui et qu'il n'était pas en mesure de comprendre. Il ne le comprend sans doute pas encore ; et ne le comprendra jamais. Tout comme il ne comprendra pas sa fille.

Conscient de la colère qui l'habite, Nioclàs inspire profondément et sort les mains de ses poches. L'une passe dans sa veste, à la recherche du contact du bois de Sycomore ; l'autre se saisit du crucifix et le décroche. Une remarque lui sera peut-être adressée, auquel cas il l'ignorera totalement. En même temps, il sort de sa poche sa baguette magique, s'assurant que Nathan Mistaken l'a bien en vue et peut facilement l'identifier. Au moindre signe de menace, l'Irlandais n'hésitera pas à la pointer sur lui, plutôt que sur l'autre objet de bois entre ses doigts.
« Suis-je incapable de comprendre vos croyances ? Je l'espère bien, ce serait m'avouer aussi dément que vous. » Il agite légèrement son arme magique, et le haut de la croix prend feu, les flammes rongeant lentement le bois du haut vers le bas. La réaction en face ne se fait pas attendre, mains Nioclàs prévient toute tentative d'attaque en tournant sa baguette crépitante d'impatience vers son adversaire. « Je peux vous faire subir le même sort. Vous vous insurgé pour... une breloque. Mais pour Séraphine... » Les doigts de Nioclàs lâchent le crucifix qui chute et heurte le sol, illustrant la fin de la phrase. « Vous ne savez pas qui je suis, Mr. Mistaken, mais vous savez ce que je veux, et ce dont je suis capable. Je ne réitèrerai pas une fois de plus ma demande, pas plus que ma menace. Mais je ne partirai pas tant que je n'aurai pas gain de cause. »
Sur ces mots, Nioclàs range sa baguette, conscient que ce geste peut être celui qui provoquera l'affrontement. Cela lui importe-t-il ? Pas vraiment. La magie à ceci de frustrant qu'on ne ressent pas dans sa chaire la souffrance provoquée chez l'autre.
Et à l'heure actuelle, l'Irlandais meurt d'envie de faire subir à Nathan Mistaken sa colère.

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MessageSujet: Re: Charité Chrétienne | Edimbourg, 2 Septembre | Nioclàs Jeu 3 Jan - 23:47
Le péché.
Chacun son fardeau, chacun ses travers. Séraphine subit les tourments de la colère, de la luxure et parfois de l'orgueil, mais se définit par la Gourmandise, faille nourricière qui la berce contre son sein en l'abreuvant du vice. Aileen, la mère, combat la Paresse avec toutes ses maigres forces, mais y succomberait volontiers ; elle tente de s'en cacher en restant sans cesse affairée, mais la besogne lui semble bien trop pénible pour le résultat obtenu. Erwan, quant à lui, peut de loin sembler le plus sage, touché par aucun défaut autre que la timidité et la couardise ; pourtant le venin circule en ses veines, diffusant l'Envie au coeur de son être. Que ne donnerait-il pas, lapereaux peureux, pour faire montre d'une fougue similaire à celle de son aînée, pour empoigner l'Épée du Courage et la brandir face au Livre Tortionnaire ?
Rien de tout cela, cependant, n'est comparable au péché du père de famille, habité d'une rage aussi sourde qu'inexpliquée ; la Colère, mes amis, la Colère gronde en lui, et ne demande qu'à s'exprimer. Aussi la fait-il passer dans des comportements impropres qu'il dissimule grâce à d'habiles jeux d'esprits et à l'aide de manipulations mentales tout à fait surprenantes.
Et c'est bien là ce qu'il tente de faire face à cet homme qui, contrairement à la population qu'il côtoie d'ordinaire, ne se laisse nullement berner. Ah cela est certain, il n'est pas face à un ressortissant d'une classe sociale ouvrière, mais à un homme plus cultivé, plus aisé dans le jeu de marrionnettes auquel il tente de le soumettre. Mais l'Irlandais ne se laisse transformer en pantin, défait les ficelles que l'Écossais tente de nouer autour de ses poignets. Ce dernier comprend bien qu'il est face à esprit bien plus complexe que d'ordinaire, plus opaque encore que celui de cette jeune fille qu'il connaissait bien ; si bien qu'il pouvait passer ses barrières les unes derrière les autres, si coriace soit-elle. En cela, son adversaire marquait lentement son avantage.
Ceci dit, pour l'heure, l'attitude qu'il avait, ainsi debout face à lui, le mettait en position de réelle faiblesse. Physiquement, il avait sans doute l'avantage, mais l'attitude dont il faisait preuve prouvait qu'il avait pu passer un de ses remparts.
Ainsi était-ce là sa faiblesse, la première clef qui lui permettrait d'ouvrir le coffre-fort, et de le métamorphoser en vulgaire poupée de bois : attaquer la seule absente, celle qui a donc tort. C'était l'évidence même, puisque cet homme avait fait tout ce déplacement rien que pour elle. Voici qui était intéressant. Fort intéressant. Et étrangement, constater cela, s'en faire plus puissante arme, conforte Nathan dans sa position.

La position physique violente de son adversaire s'affirme. Nathan se raidit en voyant la baguette, ses lèvres se pincent imperceptiblement, et ses yeux refusent de quitter cet objet, menaçant pour lui et les siens... Démoniaque pour toute une paroisse, pour tout un troupeau.
Le loup est lâché dans la bergerie. Mais lui, fier bouc, ne le laissera pas dévorer ses comparses.
Il voit la main qui s'empare de l'objet religieux, et se redresse sur son assise. Ses yeux lancent des éclairs, comme mettant l'autre homme au défi de commettre l'irréparable. Ses mains se posent sur les accoudoirs, assurant sa prise pour lui permettre de se lever rapidement s'il estime nécessaire. Pourtant, à aucun moment fait-il preuve de panique ou de perte de contrôle.
Pas encore.
Autant dire que lorsque la baguette enflamme le crucifix, dans un geste symbolique hautement provocateur, la réaction du père de famille ne se fait pas attendre. Un cri de surprise retentit dans le salon, en provenance du pas de la porte, où les Boucles d'Ébène se tiennent. Nathan, sans poser les yeux sur sa femme, pas même un instant, se lève d'un bond. Dans son regard, la flamme d'une colère brûlante luit, dans la tension de son corps, le venin de la rage se déverse. Il n'est retenu que par la seule présence de ce diabolique objet.
Et gronde, de frustration, d'indignation.
Il est entièrement tendu, comme attendant un signal, un simple signal qui lui indiquera que la supériorité peut lui revenir. Les commentaires de Nioclàs lui passent largement au dessus. Séraphine ? Elle n'était qu'une âme – ou un non-âme, désormais – parmi tant d'autres, qu'était-elle face au Seigneur et à Son fils ?
Les lèvres se pincent davantage ; il ne voit pas Aileen, derrière son adversaire, qui voit fébrilement la scène, qui en ressent chaque tension, et s'en ronge les sangs.
Savait-il ce dont il était capable ? Il venait de lui en faire la démonstration, n'est-ce pas ? Mais cela ne l'effrayait pas. Celui qui vit du feu périra par le feu. Si l'Irlandais voulait en venir à cette extrêmité, alors il lui ferait connaître les affres de l'Enfer en l'entrainant dans ses propres flammes.
La menace retentit à nouveau, claire, sans être prononcée de nouveau pour autant. Ce n'est toutefois pas ce que Nathan note. Non, en premier lieu, il constate le mouvement de bras, pour ranger la véritable menace.

Est-il fou ?
N'a-t-il pas conscience de la carrure de cet homme, et de ce qu'il pourrait lui faire subir ?
Celui qui dit que l'Amour rend aveugle s'est fourvoyé ; il n'y a que la Rage, sourde et violente, qui peut faire perdre toute once de raison. La voix de la mère ne parvient pas aux tympans de Nathan, qui est déjà assourdi par le bourdonnement de fureur qui retentit dans son être. Il a agi avec une vitesse surprenante, compte tenu de la forme physique qu'il affiche, mais simple à anticiper quand on connait ses antécédents.
Le poing rencontre le nez, et un craquement sinistre l'accompagne.
La machine est lancée. Le cercle vicieux s'enclenche, et c'est le langage des corps qui se met en branle.
Hé !
Tel père, telle fille. Les chiens ne font pas des chats.

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MessageSujet: Re: Charité Chrétienne | Edimbourg, 2 Septembre | Nioclàs Dim 20 Jan - 16:55
Nioclàs ne voit-il pas le coup venir, pour le recevoir ainsi en plein visage ?
Peut-être, peut-être pas.
La vitesse à laquelle son propre poing remonte et percute le menton de son ennemi indique que, s’il a encaissé l’attaque, il n’a pas été pris de court. Un nez cassé, qu’est-ce pour un joueur de hurling, sorcier qui plus est ? Un sortilège, et ce sera soigné.
La douleur ?
Qu’a-t-il à faire de la douleur alors que, à l’instar du Cobra qu’il affronte, il n’est plus que Rage. Au fond, l’issue était courue. Tous deux savaient, dès le début, que la situation finirait ainsi. Ni l’un ni l’autre n’était disposé à céder une once de terrain. Et ils ne le sont toujours pas.
Les coups s’enchaînent, un genou rencontre un estomac, un poing heurte une tempe. Le premier est déstabilisé, titube en arrière ; le second en profite, tente de le renverser.
En vain.
Reçu par un coup d’une violence suffisante pour le repousser.

Finalement, ce sera au premier qui posera le genou à terre, à moins qu’ils ne finissent tous les deux au sol. Ah, oui. Ils finissent tous les deux au sol. Nioclàs précipite Nathan contre l’autel, renverse les photos placées dessus, et celui-ci contre-attaque et voici les deux hommes qui roulent à terre, tous les deux aveuglés par la Rage et le sang.
Deux animaux.
Ils ne sont plus que deux animaux, et il semble difficile de savoir ce qui, désormais, les calmera.

Les coups s’enchaînent et pleuvent dans une sauvagerie bestiale. Soudain, une voix se brise dans la salle, sonnant de manière étrangement familière aux oreilles de Nioclàs. Il suspend son mouvement, un instant, comme s’il pouvait s’agir vraiment de Séraphine qui venait de crier. En face, Nathan s’est également immobilisé, la voix de sa femme étant parvenue, manifestement, à atteindre le peu de raison qu’il lui restait.
L’un et l’autre se dépêtrent de son adversaire, et les deux hommes se relèvent. D’un revers de main, Nioclàs essuie le sang qui coule sur son visage, réajuste vaguement ses vêtements et toise froidement les deux parents Mistaken.

Ajoutera-t-il quelque chose ?
Il en a envie. Il en a envie, mais ne sait pas vraiment quelles paroles sonneraient le plus juste. Il pourrait, aisément, insister, appuyer sa réclamation de la magie. Au fond, il n’a cure de l’obstination de Nathan, de l’avis de recherche et de tout le reste. Sa seule motivation, même s’il ne le reconnaîtra pas, était d’arriver à cette ultime limite ; faire payer à cet homme pour les fautes commises à l’encontre de sa fille aînée, lui faire subir, l’espace d’un instant, la douleur que Séraphine avait pu ressentir pendant des années.
Sans prêter attention aux deux autres personnes dans la pièce, il sort sa baguette et fait aussitôt apparaître un Ours spectral, argenté, qui traverse les murs au pas de course, traversant Aisleen en passant.

Il pose un regard noir sur le couple Mistaken et ouvre la bouche, un instant, pour dire quelque chose, avant de se raviser. Inutile de gaspiller sa salive avec ces gens-là : ils sont incapables de comprendre quoi que ce soit, pas même leur absurde croyance. Du coin de l’œil, il vérifie si, au bout du couloir, Erwan n’a pas sorti son nez de son terrier, avant de disparaître dans le coutumier pop.

* *
*

« Nioclàs ! Mais qu’est-ce que tu as fait, encore ? Tu aurais pu me prévenir de… de ça, dans ton patronus ! »
Inquiète, la mère de Nioclàs pousse son fils jusqu’à la chaise la plus proche, l’empêchant de se cogner contre les murs, tout occupé qu’il est à garder la tête levée et à empêcher le sang de ruisseler sur le parquet de ses parents. Et Aobh, médicomage de son état, soigne son petit de quelques sorts bien ajustés, tout en le sermonnant gracieusement concernant le fait que, à trente ans, ce n’était plus un âge pour se mettre dans de tels états.
Et d’ailleurs, que lui est-il arrivé, exactement ?
Pourquoi s’est-il retrouvé en train de se battre et de se faire casser le nez, à la moldu, alors qu’il est supposé travailler dans le monde sorcier ?

… Ah, Nioclàs. Ce n’est pas aujourd’hui que tu réconcilieras ta mère avec l’idée d’avoir une belle-fille de dix-sept ans.

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MessageSujet: Re: Charité Chrétienne | Edimbourg, 2 Septembre | Nioclàs Mar 22 Jan - 8:15
C'est en étant repoussé dans ses derniers retranchements que Nathan finit par dévoiler sa véritable nature d'homme violent. Il encaisse les coups, à l'instar de son adversaire, et les enchaîne sans plus penser à rien d'autre qu'à l'idée de faire mal. Blesser cet homme qui est venu s'introduire dans leur maison, venu les déranger dans leur quotidien, pour réveiller un passé dont ils ne voulaient pas entendre parler.
Au début, il tente de se dérober, d'esquiver, avant de se rendre compte que l'Irlandais est trop rapide pour un combat de ce genre. Il se revoit dans ses premières semaines en prison, il revit ces situations quotidiennes de bataille, où il fallait s'imposer à tout prix pour survivre – ou du moins pour avoir la paix, mais avouez que, stylistiquement, ça claque moins.
Dans la rage, Nathan ne remarque plus le monde autour de lui. Il bascule à terre avec son adversaire, frappe, encore et encore, finit contre l'autel aux disparus, retourne la situation, fait percuter le dos de Nioclàs contre le pied d'un fauteuil.
Tout est confus dans cette scène, plus encore vécue de l'intérieur que de l'extérieur.
Pourtant, ce déchaînement de violence finit par percer dans l'esprit de la dernière personne sensée de cette pièce.

« Arrêtez ! »
Pour la première fois depuis l'arrivée du sorcier dans le foyer, la voix de Madame Mistaken claque. Elle n'a pas l'intonation claire, presque autoritaire, de sa fille, mais le timbre est incroyablement similaire. Et le cri qu'elle vient de pousser dans l'espoir de séparer ces deux animaux résonne de l'énergie du désespoir et de la peur.
Peur pour Nathan ? Pour elle ? Pour eux tous ? Allez savoir.
En tout cas, et contre toute attente, cela fonctionne. L'époux se raidit, et son regard semble retrouver un éclat de raison. Il fixe l'Irlandais qui a lui aussi suspendu son mouvement, avant de se dégager d'un même mouvement que ce dernier. Il essuie du revers de la manche le sang qui coule de son arcade, le visage dur, le regard sévère, le dos droit, retrouvant l'attitude qu'il avait tenu au début de leur... conversation.
Autant dire qu'il ne cille ni ne baisse le regard face à Nioclàs, contrairement à sa femme qui s'empresse de venir vers lui pour constater les dégâts et jauger s'il valait mieux ou non l'amener à l'hôpital.
Elle suspend toutefois son inspection en voyant la baguette magique, l'observant comme s'il s'agissait de la pire abomination du monde, et de la pire menace, la peur transparaissant clairement dans ses yeux. Nathan, lui, la jauge avec méfiance et mépris, sans rien dire.
Et un gémissement terrifié franchit les lèvres de la frêle femme quand le patronus la traverse, alors qu'elle tente de se réfugier auprès de son mari qui n'a pourtant pas de signe d'affection ou d'apaisement envers elle. Il se contente de son attitude froide et hostile vis à vis de son adversaire. Il attend les mots qui ne viendront jamais de sa part, ne bronche pas.

Et quand Nioclàs transplane, une tête est bel et bien présente au bout du couloir, dépassant d'une embrasure de porte. Erwan n'est toutefois pas assez courageux pour mettre plus que le nez hors de sa chambre et, quand il croise le regard du grand homme, il déglutit, et l'observe disparaître avec un certain soulagement.
Un soulagement qui se répand sur toute l'appartement. La menace s'en est allée, ils peuvent reprendre leur vie... Comme si de rien n'était. Aileen propose bien, timidement, de s'exécuter vis à vis des menaces de l'Irlandais et de retirer l'avis de recherche, mais Nathan s'y oppose farouchement.
Et pendant ce temps, Erwan, lui, décide d'agir à la source de tout cela, et attrape un stylo-bille pour écrire à son aînée.


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Charité Chrétienne | Edimbourg, 2 Septembre | Nioclàs

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