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[Défi Échange] Le début d'une journée de galères ~ | Esther

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Rappeltou
Statut de Sang : Née Moldu
Baguette: Bois de cerisier, ventricule de coeur de dragon, 27,5 cm, très souple.

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MessageSujet: [Défi Échange] Le début d'une journée de galères ~ | Esther Mar 18 Sep - 20:08
Quelle bonne idée il avait eue là !
Les cheveux étalés dans l'herbe fraîche, Séraphine guette les nuages qui passent au dessus de sa tête. Elle est tranquille, détendue, écoutant la voix grave et profonde qui lui fait la lecture. Un après-midi de rêve, quelque part en France, où ils avaient étendu la nappe dans un coin de verdure, et avaient mangé copieusement avant de laisser la digestion les emporter.
Un cadre romantique, dites-vous ? Oui sans doute. Mais dans le pays des songes tout est permis, et le manque fait remonter certains souvenirs, les plus agréables, les plus tranquilles. Il les attrape, les remodèle, les perfectionne. Le subconscient ajoute certains détails, plus ou moins corrects, et qui ont plus ou moins leur place sur un forum tous publics. Il s'amuse aussi à tout distordre, pour rendre la nuit plus sereine et détendre l'esprit.
Pour le moment du moins.
Les yeux de la jeune fille se ferment quand la grande main se perd dans ses boucles, sans arrêter sa lecture. Et elle de se laisser porter par la voix suave, si appréciable, la laissant couler comme du miel sur sa peau. Hmm... Soleil, lecture et Nioclàs. Que demander de plus ?

Pour une jeune fille roulée en boule dans son lit, au sein de son dortoir, cette simple scène relevait déjà du fantasme...
Un sourire vient même s'étirer sur son visage quand la lecture s'interrompt, une seconde ou deux, et qu'un baiser vient cueillir ses lèvres. Douce consécration... Elle en rouvre les yeux pour voir le visage qui lui manque tant. Elle admire alors l'éclat de ses yeux, la chaleur de son regard, la beauté de son sourire, et veut lever une main pour la passer sur cette joue mal rasée, comme souvent lors de ces jours où il ne devait pas la quitter.
Mais...
Le temps que sa main ne parvienne aux traits de l'homme, ceux-ci deviennent flou et s'emmêlent. Le geste s'interrompt. Les yeux de la vipère s'écarquillent, et la voici qui se redresse, s'échappant ainsi de ce qui s'apparentait désormais à une menace. Et à peine s'est-elle écartée que la main de l'homme se lève vers elle.
La carrure de Nioclàs fond littéralement, sous ses yeux. Ses mains s'affinent, ses traits se creusent. Ses cheveux se font plus clairsemés, et s'éclaircissent. Quant à elle ? Elle perd brusquement ses couleurs et se lève, sans remettre ses chaussures, pour fuir dans l'herbe fraîche. Sans se retourner. Pas un instant, pas un seul. Elle sait ce qui l'attend si elle se retourne... Ou même si elle trébuche.
C'est pourtant ce qui arrive. Une pierre, aux allures de cube, se place sur son passage et précipite sa chute, la forçant à faire face à son agresseur. Ses lèvres grimaces alors qu'elle le voit foncer sur elle, comme un rapace fond sur sa proie. Et un cri franchit alors ses lèvres, son coeur se soulève.

Que ça s'arrête ! Que ça finisse ! En proie à une véritable terreur nocturne, la jeune fille se redresse dans son lit dans un cri à glacer le sang ; mais ses camarades de dortoir ont l'habitude et, les oreilles bouchées par les boules quiès, n'en sont guère dérangées. Les yeux ouverts, Séraphine est pourtant toujours plongée dans le sommeil, sans bras rassurants pour la calmer et lui permettre de s'extraire de cette terreur.
La main se lève sur elle. Frappe une première fois. Puis une seconde. Et les coups s'arrêtent quand il lève à nouveau sa patte. Un briquet à la main. Cette fois, incapable de bouger, elle se contente de fixer la petite flamme... Jusqu'à ce qu'il la lâche, et la laisse se répandre sur son corps.

Cette fois, le réveil s'empare de la jeune fille qui couine, ressentant la douleur des flammes léchant sa peau. Elle se recroqueville sur elle-même, les larmes coulant sans qu'elle ne puisse les retenir. La peur au ventre, elle se laisse secouer par les sanglots, ressentant plus cruellement encore que les premières nuits à Poudlard le manque de la présence rassurante de Nioclàs.
Comment avait-elle pu s'en passer pendant tout ce temps ?
Comment avait-il pu se montrer aussi indispensable en si peu de temps ?
Les doigts se serrent dans ses cheveux. Et lorsqu'enfin elle se redresse dans l'obscurité du dortoir, c'est pour laisser la solitude l'opresser plus que jamais. Ses pieds nus effleurent le sol alors qu'elle attrape la chemise qu'elle avait piqué à son amant et qu'elle avait gardée, s'enroule dedans – elle y flotte allégrement d'ailleurs – et la voici qui s'éclipse du dortoir.
Quelle heure est-il ? Aucune idée. Elle s'en fout. Il fait encore nuit, tout le monde dort – sauf une première année, réveillée par ses cris, qui a l'audace de lui demander ce qu'il s'était passé... Et qui se fit superbement ignorer – et... La voici qui se prépare à aller, pour la deuxième nuit en moins d'une semaine, flirter avec le règlement et la fraîcheur des couloirs.
Qu'importe. Elle perdra peut-être des points.
Et peut-être pas. Là, elle avait juste besoin de prendre l'air, de se vider la tête, et de chasser de son esprit toutes ces idées qui y tournaient.
Il me manque ; un peu. Beaucoup. Passionnément. À la folie...

Son ombre glisse dans les couloirs. Il doit être cinq heures, car son chemin ne croise celui d'aucun professeur – sans doute allés se coucher – sans qu'elle ne fasse particulièrement attention. Ou peut-être est-elle tout simplement chanceuse... Qu'importe. Elle parvient à se glisser dans les couloirs, dans les escaliers, passe devant un elfe de maison qu'elle remarque autant qu'une plante verte, et continue sa promenade, comme ça, jusqu'au septième étage.
La tour d'Astronomie ? Encore ? Non. Elle se contente de se laisser tomber dans un coin, vers une fenêtre, observant le clair de lune en songeant combien son Nounours lui manquait.
Ouh, tout cela dégouline... Oui. Mais Séraphine, derrière son armure d'impassibilité, de provocation et d'insolence, reste une adolescente, et ne peut s'empêcher de se poser des questions à son sujet. Lui manquait-elle, elle aussi ? Que faisait-il, en son absence ? Sans doute devait-il travailler plus que de raison, le connaissant. Elle l'imaginait très bien à son bureau, avec sa boite de truffes – probablement vidée depuis quatre jours qu'elle était partie – en train de grignoter tout en griffonnant sur son parchemin, plume à la main. Elle l'entendait grogner alors qu'elle raillait l'inexactitude d'un terme, elle l'entendait râler sur telle ou telle personnalité qu'il devait côtoyer, elle l'entendait grommeler dans sa barbe à un sujet ou un autre. Grognements qu'il ne tenait qu'à elle de faire taire en glissant ses bras autour de sa taille, ou en venant se glisser contre lui.
Tu deviens sentimentale ma vieille, songe-t-elle en observant les rayons de la lune jouer avec ceux du soleil.
Soleil ?
Déjà ?
La jeune fille se redresse sur ses pieds nus et s'approche de la fenêtre. Elle avait passé plus de temps qu'elle ne l'aurait cru à zoner dans les couloirs et à ressasser dans son coin. Sans doute devrait-elle retourner dans sa salle commune, se laver, et travailler. Parce que les profs avaient déjà commencé à donner des devoirs... Hey, dernière année, on ne rigolait plus. C'était bientôt la fin, et elle devait se défoncer plus que jamais.

Elle passe une main dans ses cheveux et se détourne de la fenêtre. Elle entend du bruit dans les couloirs. Dimanche matin, certains élèves se levaient tôt, parfois. C'était encore le début de l'année, les élèves sont reposés. Elle se meut dans le corridor, se dirigeant vers l'escalier pour échapper au gros des troupes. D'un pas assez lent, pour un esprit pas encore tout là, elle s'avance, descendant les escaliers... Jusqu'au palier du premier étage. Où un objet retient son attention, caché dans un coin.
Qu'est-ce ? Se demande-t-elle en se penchant pour le ramasser, sans pensée au Gryffondor de septième année qui vient de passer et de mater son popotin par la même occasion. Une petite boite. Non. Pas une boite. Une petite cassette, plus exactement. La jeune fille fronce les sourcils et la tourne entre ses mains, son esprit sortant des brumes pour se mettre en branle.
C'était quoi au juste ? Un coffret perdu ? Ou une mauvaise blague ? L'avait-on ensorcelé pour faire une...
Hm. Sans doute. Méfiante, Séraphine ne l'ouvre pas et reprend sa route.

Au moment même où une certaine Gryffondor arrive aussi. Et dans les escaliers, le choc est brutal. Et la cassette s'ouvre, laissant une lumière éblouissante envelopper les deux jeunes femmes avant de tomber sur le sol dans un bruit sourd.
Quand Séraphine rouvre les yeux, elle a l'impression de voir le monde d'un peu plus haut que d'habitude. Elle se sent toute... Chamboulée.
Elle secoue la tête, et arrête son mouvement presque dans la foulée. Quelque chose cloche. Ses boucles d'ébènes, si semblables à de la soie, aux cheveux épais mais très bien entretenus, ne font pas le même mouvement que d'habitude. Même quand elle est mal réveillée et pas coiffée.
Quant aux vêtements... Elle n'a plus la légèreté de la chemise. Elle n'a plus l'odeur du mâle.
Et le corps... Elle a l'impression d'être plus menue encore, avec une poitrine plus légère, des hanches plus étroites...
Et enfin, ses yeux bleus se lèvent pour essayer de croiser ceux d'Esther.
Et là, elle blêmit brusquement.

« Sainte Marie Mère de Dieu... »

Pour que Séraphine jure en de tels termes, c'est qu'il y a de quoi s'inquièter. Et pour cause. Elle se voit. Comme dans un miroir. Mais... Elle ne devrait pas. Baissant les yeux sur ses mains, plus dures que les siennes – à cause du tir à l'arc – puis sur le reste de son corps, elle ne tarde pas à coincer sa main dans les noeuds de ses cheveux, puis sur sa peau moins blanche qu'à l'accoutumée.
Non.
Non !
C'état un cauchemar ! Elle ne pouvait pas être dans ce corps détestable, dans ces fringues détestables, sous ces cheveux détestables ! Par tous les saints, mais... Non !

« Putain de bordel de troll de merde, Nott ! » Ouh, qu'elle n'aime pas cette voix ! Elle ne sonne tellement pas comme la sienne... « Qu'est-ce que t'as encore foutu ? Arrange ça ! MAINTENANT ! » tonne-t-elle, furieuse.
Ah ça... Y'a de quoi l'être...

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MessageSujet: Re: [Défi Échange] Le début d'une journée de galères ~ | Esther Ven 21 Sep - 16:47
Esther était perturbée. Non, elle n'avait pas de maladie psychologique la rendant incohérente et étrange, ou encore complètement folle. Elle se trouvait simplement dans cet état à cause du début de l'année. Et plus précisément du festin de la rentrée, auquel le ministre lui-même avait assisté. Elle avait cherché, évidemment, à analyser son discours, le retournant dans tous les sens, lisant également l'article de la Gazette du Sorcier. Quand bien même ce dernier n'était pas forcément des plus objectifs, il restait une base de travail importante, surtout concernant l'impact de l'intervention sur le monde magique. Il résumait donc plutôt bien la situation actuelle. Pour sa part, elle pensait que l'intervention du grand homme, bien que pertinente étant donné l'évolution que connaissait les événements, rendait les choses encore plus précaires qu'elles ne l'étaient déjà et fissurait davantage le marbre de la société sorcière telle qu'elle était connue aujourd'hui. Une base qui avait fait ses preuves plus d'une fois, en se maintenant en place malgré les conflits qui auraient pu la balayer d'un geste. Plus qu'une base, elle était aussi un symbole. Même si comme tout système, elle connaissait ses failles. Mais cela signifiait-il nécessairement qu'il était défaillant ?
Après tout, seules les utopies pouvaient se targuer d'avoir un fonctionnement sans bavure et sans reproche, mais comme l'indiquait leur nom, elles n'étaient jamais que les factices représentations des désirs de perfection humaine. Et tant que celui-ci ne changerait pas, ça serait encore le cas aujourd'hui et demain, et après-demain. Rien ne changerait. Alors autant s'amuser à aller faire rouler un cube. Ou essayer de compter jusqu'à l'infini. Ca n'avait pas de sens. M'enfin, assez d'exemples pour le moment. Le fait était qu'elle savait au moins une chose pour le moment sur ce qui les attendait. Si jamais le mouvement d'ouverture parvenait à s'imposer, ils sauraient ce qu'ils perdraient, mais pas ce qu'ils gagneraient. Et le pire était à craindre, très sincèrement. Ce n'était pas tant le fait qu'elle ne croyait pas en les moldus, ceux-ci étaient fait de chair et de sang comme n'importe quel sorcier. Mais vivant dans un univers loin de la magie, où seule la rationalité avait sa place et où le merveilleux était absent de la plupart des esprits, ou du moins de ceux ayant le pouvoir, elle craignait pour l'avenir de la société sorcière. Ils étaient tout de même à l'origine de plusieurs conflits plus que meurtriers, qui avaient engendrés des pertes phénoménales, à l'aide d'armes de mort sans rien pouvoir réparer derrière. Et si chez les sorciers, une bataille ayant causé la perte d'une ou deux centaines de membres de la communauté sorcière était une terrible perte, inutile de dire que les ravages que les moldus pourraient provoquer étaient immense. Esther doutait que la communauté sorcière puisse survivre à de nouveaux Procès de Salem.

Mais aussi perturbée était-elle par ces événements, ça ne l'empêchait en rien de dormir sur ses deux oreilles, il fallait bien l'avouer. Elle était un vrai loir. Et encore plus à Poudlard, où elle se sentait – et à juste titre en théorie – en sécurité et n'avait pas grand chose à craindre. Pas du monde extérieur, du moins. Les élèves restaient, normalement, plutôt neutres, et de toute façon, ils n'étaient pas du genre à s'en prendre à elle. Il y avait bien trop de risques. Car comme chacun le savait, elle fréquentait Ty, Duncan et Ann. Et si pris individuellement, ils n'étaient pas non plus si terrible, réunis sous la bannière du Crew, ils faisaient des ravages. Ty, le terrible ravageur de nappes, Duncan, le Dompteur de Dragons et Ann, la Troll des Couloirs étaient de bien terribles adversaires pour tout étudiant de ce collèges. Et ça garantissait la tranquillité d'Esther, qui elle-même était un personnage retord et pouvait parfaitement faire regretter à quiconque tentait de la piétiner sans vergogne. Oui, ce n'était pas un groupe à embêter, définitivement pas. Et puis c'était sans compter les innombrables liens qu'entretenait la Gryffondor à travers l'école, même chez les Serpentard, avec par exemple Samara Sherman, plus connu sous le nom de la Sorcière Grise comme le Koala ! Et... Ah, le catch ce n'est pas ici ? Pardon, je rend le micro à la narratrice alors...
Comme je disais donc, elle n'avait en théorie rien à craindre.

C'est ainsi qu'en cette belle matinée, alors que les oiseaux chantaient tranquillement, elle s'étalait dans son lit, dans des positions fortement improbables mais néanmoins réalisable, prouvant là sa souplesse naturelle, occupant tout l'espace de son lit sans vergogne, laissant le pauvre Fenrir au bout de celui-ci, et mettant à mal son élégance naturelle, ses membres pris dans une étreinte avec ses draps. Elle dormait ainsi du sommeil du juste. Jusqu'au moment où le destin décida qu'il était temps pour elle de se réveiller, et que dans un ultime roulement (non pas de tambour), elle se retrouva le nez sur le sol, rappelant grandement à cet instant un de ses cousins qui avait connu un sort similaire durant les vacances. Son chat, alors fort heureux de cette déconvenue matinale, vint se frotter à elle en ronronnant joyeusement et en réclamant son dû, de la nourriture. Elle entreprit alors de se relever, bataillant avec les vils objets de son enchaînement. Fenrir en profita pour aller faire ses griffes sur la plante d'une camarade de dortoir qui dormait encore, Esther balançant un coussin à travers la pièce pour l'en chasser. Prenez donc un chat, qu'ils disaient. M'enfin, en dehors de ça, c'était une bête fidèle, et prête à sévir en cas d'attaque sur sa maîtresse.
De son imposante stature, il défierait quiconque s'approcherait trop d'elle avec pour intention de la lui voler. C'est que c'est possessif, ces bêtes là.
Ceci étant dit, elle parvint finalement à se redresser convenablement, et presque sans grogner (presque). Puis, les yeux encore mis-clos, elle se dirigea grâce à son radar, acquis au fil des âges à se repérer au travers de sa tignasse, jusqu'à la salle d'eau adjacente au dortoir, pour prendre ses affaires pour aller se doucher. Elle ne se rendait pas encore compte de l'heure matinale qu'il était, mais si elle avait vu, nul doute qu'elle serait retournée se coucher en grommelant qu'il était bien trop tôt pour se heurter dès le matin à la dur vie. Ou en tout cas au dur sol.

Ses affaires de toilette en main, elle se dirigea tranquillement vers les douches, et y passa un certain temps. Celui nécessaire à une bonne douche pour sentir bon la Esther propre et pour arranger ses cheveux qui semblaient avoir décidé qu'aujourd'hui, ils seraient des rebelz. Bon. D'accord. A leur guise, elle ferait comme d'habitude et s'arrangerait pour que ça donne la forte impression qu'ils étaient arrangés pour être désordonnés. Et puis ça lui donnait un petit côté sauvage, en plus, et ça, les filles aimaient bien. Graouh quoi. Bref.

Sortant tranquillement de la salle de bain destinée plus à l'utilisation des Serdaigles et Gryffondor, elle s'orienta vers la salle commune pour aller reposer ses affaires. Et une fois fait, elle retourna dans les escaliers, alors que les couloirs étaient encore plutôt vides bien que les élèves matinaux pointaient le bout de leur nez. Elle descendit donc, passant les marches deux à deux plutôt rapidement, bien que de façon tout à fait contrôlé, ou presque. Car si elle s'attendait à ne croiser personne sortant d'un couloir... C'était évidemment sans compter sur les aléas de la vie, et surtout de celle de Poudlard. Arrivant au palier du premier étage, elle vit une silhouette entrer dans les escaliers, juste sur sa trajectoire, et là... elle n'y coupa pas. Et patatra (ça rime). Chute, flash, ce genre de chose... Flash ? En effet, un petit objet – une cassette ? - chute en même temps que les deux jeunes femmes, provoquant une lumière bien étrange, qui les aveugle, les forçant à fermer les yeux le temps de la chute. Et quand Esther les rouvre... Enfin, pas tout de suite.

D'abord, elle se frotte l'arrière du crâne, machinalement. Puis passe sa main devant son visage. Sa tête lui paraît plus légère. Elle aurait pas perdu un bout de cerveau ou quelque chose comme ça ? Puis elle éloigne sa main de son visage, alors qu'elle sent une légère fraîcheur sur ses jambes. Et si ce n'est pas désagréable, c'est plutôt étrange, dans la mesure où elle est censée être habillée. Et puis, c'est comme si son postérieur était posé à même la pierre fraîche du château. Sa main toujours dans son champs de vision, elle remarque quelque chose d'inhabituel. Des ongles. Longs. Car oui, il faut savoir qu'Esther les garde courts, pour des raisons diverses et variées, et pratiques, principalement. Bien sûr, elle pourrait tout à fait ne couper que ceux dont elle à besoin, pour le tir à l'arc par exemple, mais ça ne serait pas très esthétique. Alors elle les coupe tous. Et là ils sont subitement devenus longs.
Et puis sa main est... pas pareil, le poignet qui la tient semble plus fragile aussi, avec une peau blanche. Blanche à faire peur. Et là, elle fronce les sourcils. Et elle relève la tête, alors qu'elle prend petit à petit conscience de son corps. Des seins plus lourds, des vêtements plus légers. Qui sentent le mâle. Mais pas le mâle comme Duncan. Non, c'est différent. Et ses yeux semblent mieux tolérer la lumière diffuse du lieu. Et... bordel ! C'est quoi ce truc encore ! Pourquoi elle se voit en face d'elle-même ?! Elle aurait percuté Alissa ? Tout à fait possible, mais connaissant la bête... Elle devrait être dans son dortoir à dormir à cette heure-là, ou...
Attendez. Wait. Elle avale sa salive. Elle a l'impression qu'il lui manque un truc. Comme si... si son lien avait momentanément été étouffé avec sa sœur. Oulah. Non, c'était pas Alissa en face. Et d'ailleurs, la voix qui s'élève lui confirme. Non, ce n'était pas Alissa en face. Ce n'était pas les intonations de sa sœur jumelle. Pas le même langage. Pas du tout même.

Putain. Il se passait quoi là ?!

Elle se voit gesticuler. Et elle commence à comprendre. Elle pâlit, bien évidemment. Et ses yeux se baissent cette fois, alors qu'elle se relève. Bon, ses seins avaient grossis. Ou alors, ce n'était pas les siens. Et la logique lui disait que ce n'était pas les siens. Alors elle releva les yeux, sur les injectives que lui lançaient Séraphine. Et elle se fixa, comme ça. Puis laissant quelques secondes de silences s'échapper, tous gestes suspendus, elle finit par déclarer, gravement :

« J'suis grave canon en fait. » Bon. Calme. Il fallait rester calme. Et... Surtout, surtout, rester calme. « Et pourquoi t'es dans cette tenue, t'es vraiment une catin, et... » Oui, c'était sa façon de rester calme. Mais en voyant le regard bleu posé sur elle, elle comprit que le temps était aux réponses, et que le « maintenant » crié plus tôt n'était pas quelque chose de balancer en l'air comme ça.

« Et j'ai rien fait ! C'est toi qui es apparue comme une furie sortie de nulle part et qui m'a foncé dedans. Donc c'est à moi de te demander ce qui est arrivée plutôt ! Qu'est-ce que t'as encore foutu pour que ce truc arrive ? Sérieux ! T'es chiante à toujours faire la conne et que ça me retombe dessus. »

Oui, tout était la faute de Séraphine, évidemment. Et Esther croise les bras, comme pour se protéger, toujours les sourcils froncés, visiblement pas contente. Pis c'est vrai quoi, elle descendait tranquillement manger pis... Raaaaaah ! Ca y est, elle commençait déjà à l'énerver. Même si elle était beaucoup plus sympathique avec cette tête que son habituel air de sale garce.

« Alors toi, t'as intérêt d'arranger les choses. »

Non mais.

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« Les enfants commencent par aimer leurs parents ;
devenus grands, ils les jugent ;
quelquefois, ils leur pardonnent. »

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MessageSujet: Re: [Défi Échange] Le début d'une journée de galères ~ | Esther Ven 21 Sep - 17:39

The New Me
C'était un cauchemar. Un véritable cauchemar, et elle allait bientôt se réveiller en hurlant, comme souvent, en proie à ces terreurs qu'elle connaissait bien. Se retrouver hors de son corps avait quelque chose d'horrible, mais l'abandonner à Esther Nott pour récupérer le sien c'était juste... Abominable. Il n'y avait pas d'autres mots pour qualifier une telle chose. Elle ne pouvait avoir aucun contrôle sur la situation, et l'angoisse commence à la saisir, la faisant réagir sur le coup de la panique.
Inspire un bon coup, Raph. Ça va aller. Après tout, Esther n'aurait pas l'esprit assez tordu pour mater ton corps sous tous les angles, fouiller tes affaires, chercher l'origine de cette chemise ?
Chemise...
L'odeur du mâle l'a quittée et son effet apaisant aussi. Elle déteste cette situation. Et c'est avec une fureur certaine qu'elle pince les lèvres à la réaction de sa Némésis.

Une catin ? ELLE ?! Non mais pour qui elle se prenait ! Il n'y avait qu'une personne en ce bas monde qui avait le droit de la traiter de catin ou de rouée, et ce n'était certainement pas cette pétasse de sang-pur ! Et puis, qu'en savait-elle, elle n'avait pas idée du confort que pouvait représenter la tenue légère que représentait une chemise d'homme – bien trop large pour son petit corps.

« C'est toi qui a débarqué de nulle part, comme ça, sans regarder où tu allais, Morue ! Faut-il que tu sois gòrach pour ne pas faire attention où tu mets les pieds ! »
Allez, les deux filles sont parties pour une nouvelle joute dans les couloirs. Mérida, une jeune fille de Serdaigle, passe à côté d'elles sans piper mot, fronçant les sourcils en se demandant depuis quand Miss Nott parlait le gaélique.
« Tu veux que j'arrange les choses hein ? Tu vas voir ! » grogne-t-elle finalement en fouillant dans les poches du jean à tâtons, sans s'arrêter de grommeler de façon indistincte. Elle en sort le morceau de bois appartenant à Esther et la vise avec, avec un regard bleu qui ne présage rien de bon.
Séraphine sort son mode vindicatif, et se prépare à attaquer purement et simplement son adversaire, bien qu'elle la sache sans défense. Et elle tourne la baguette entre ses doigts, exécutant les informulés comme elle sait bien les faire, sauf que...
Sauf que la baguette ne répond pas.

« Putain ! Mais c'est quoi cette baguette de merde ! Et en plus t'es mal équipée Nott ! C'est du propre ! »
L'adolescente tape du pied sur le sol, sans réussir à relativiser et à se calmer. Le rouge du débardeur, le jean qui serre ses jambes sont tout autant d'éléments qui l'agacent davantage. Elle qui détestait les pantalons, qu'elle trouvait si peu féminins, et qui cachaient les plus beaux atouts des femmes...
Raaaah !
Mais quelle rentrée de merde putain !
La jeune fille pousse un long soupir rageur, avant de prendre un grande inspiration. Paix intérieure. Calme. Impassible. Froide. Indifférente. On s'en fout, il y a une solution, et ça n'est certainement pas en s'énervant qu'on la trouvera. Baguette marche pas ? Changement de corps ? Bien. Il faut s'adapter. Si elle devait être Nott... Gryffondor. Nouveau directeur : Lindgren.
Putain, non, pas Lindgren...
Bon, autre option. Bibliothèque. Mais avant tout... Elle devait se changer. Il était hors de question qu'elle garde un jean et un truc aussi... Rouge sur le dos. Et encore moins cet amas chevesque sur le haut du crâne. Les yeux bleus se posent sur la baguette, dans un éclair de lucidité. Elle attrape la masse de cheveux avec laquelle elle allait devoir faire, y glisse le bois, et, en trois tours de poignets, finit avec une coiffure à peu près décente et qui ne la gêne plus.
Bien. Une bonne chose de faite. Avec un peu d'imagination, la baguette de Nott pouvait se montrer utile, finalement.
La jeune fille pose les poings sur les hanches et observe sa Némésis des pieds à la tête. Comment allait-elle bien pouvoir faire pour éviter qu'elle découvre les marques qui zébraient son buste, et pour...

« Miss Mistaken, vous pourriez m'expliquer ce qu'est cette tenue? » Séraphine se raidit en entendant la voix dure du Professeur MacFusty et pince ses lèvres. Voilà pourquoi elle voulait retourner dans son dortoir. Bordel, Nott l'emmerdait... Enfin, pour une fois, ce n'était pas elle qu'il regardait. Enfin si. Enfin non. Enfin bref. Ses yeux bleus peuvent le sonder sans crainte de passer pour insolente, alors qu'il fixe Esther avec sévérité, l'air de l'homme qui n'a pas beaucoup dormi sur le visage. « Ne restez pas au milieu du chemin, Mesdemoiselles... Et remédiez rapidement à votre tenue, Miss Mistaken. » Conclut-il finalement en reprenant sa route vers la grande salle.
Hm.
Séraphine penche la tête sur le côté, le cerveau tournant à toute vitesse. Bien. Une solution. Vite. Sans baguette, sans magie... Ça allait être dur. Il leur fallait de l'aide extérieure. Rattraper MacFusty ? Non. Il serait capable de les punir par-dessus.
Non, le plus simple serait d'aviser une fois dans la salle commune des Gryffondors. Parce que ce serait déjà difficile d'y entrer...

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MessageSujet: Re: [Défi Échange] Le début d'une journée de galères ~ | Esther Ven 21 Sep - 19:14
Tu parles d'une situation pourrie. Se retrouver dans le corps de cette... cette... cette catin. Elle n'aurait pas pu rêver pire. Ou alors ça aurait été le pire cauchemar possible. Pourquoi elle ? Sérieusement. Elle se retrouvait toujours dans ce genre de situation totalement impossible à gérer, et elle ne savait jamais quoi faire pour s'en sortir. La poisse. Sérieusement, LA POISSE ! PUTAIN ! Raaaaah. En plus, elle ne savait même pas ce qui avait provoqué ce truc, et donc elle ne savait même pas par où commencer pour chercher une solution. C'était juste trop la misère et... Raaaah, c'était nul quoi. A la limite, voir ça depuis l'extérieur, ça aurait pu être drôle, mais le vivre, c'était juste insupportable. Et puis... Séraphine quoi. Pourquoi elle ? Pourquoi une fille qui se balade dans Poudlard dans une chemise trois fois trop grande pour elle et qui sent le mec. Odeur qui avait tendance à déplaire à Esther. Parce qu'elle était trop... trop... trop masculine. Elle préférait l'odeur sucrée et fraîche d'une jeune femme, ou d'une femme tout court, d'ailleurs. Et.... Bordel, comment elle osait l'insulter, là ?!

Ah, la garce. Ah, la morue. Ah, la catin. Aaaaaaah !
Oui, remarquez le répondant de la jeune femme qui n'a même pas le temps d'en placer une face à la célérité de son adversaire. C'était sans doute dû au fait qu'elle était exercé à utiliser trop souvent sa bouche. Forcément, ça l'avait musclé et... Ouais mais non, elle était pas dans le bon corps pour ça. Pis elle ne pouvait pas l'insulter, elle était dans son corps, ça aurait été s'insulter soi-même. Et ça aurait été stupide. Donc du coup, elle sert le poing, prête à lui en coller une. Et elle n'hésiterait pas. Elle sent d'ailleurs ses ongles s'enfoncer dans sa paume, et sa mâchoire se serrer. Et là elle la voit. Sortir la baguette ! Ah ! Putain ! Elle cherche à son tour, mais étant à moitié nue, inutile de dire qu'il y avait peu de chance qu'elle trouve une baguette sur elle. Peut-être dans elle à la limite, mais ça ne serait pas fort pratique. Et puis elle l'aurait senti, en prime. Bref, je m'égare un peu beaucoup là. Mais sans baguette, elle se retrouve sans défense, en dehors de sa voix. Enfin, celle de Raph.

« Espèce de garce, y pense même pas ! »

Par réflexe, elle met ses bras, trop frêle à son goût, devant son visage et se met de profil, pour réduire la zone de touche. Et... rien. Rien du tout. Et là, elle se tourne vers Séraphine, tend le doigt en avant, et lâche un « AH AH ! » sonore. Bien fait. Sa baguette ne marche pas. Attendez... Comment ça se fait, qu'elle marche pas ? Ah oui, parce qu'il ne s'agit pas de sa propriétaire, sans doute. Enfin, c'était sa propriétaire, sans être elle... Vous avez saisit quoi.

« Et ma baguette marche très bien, c'est juste toi qui ne sait pas t'en servir, elle est trop subtile pour toi. »

Ouais, trop subtile. Sérieusement, elle abusait quoi. Comme si elle n'était fautive de rien. C'était elle qui s'est pointé et qui lui est rentrée dedans, et elle l'engueule. C'était l'hôpital qui se foutait de la charité. Mais en attendant, il faut trouver une solution et... Et... Mais c'était quoi ça. Elle venait de se servir de sa baguette comment... Mais... Mais ! Aaaaaaah, la garce !

« Hey, ma baguette s'uti- »

Mais elle fut interrompu lorsqu'une silhouette qu'elle connaissait bien arriva et s'adressa à Séraphine. Miss Mistaken. Evidemment, elle ne réagit absolument pas au nom et met deux bonnes secondes avant de se rendre compte qu'il lui parle, tournant son regard vers lui. Ce que c'est que cette tenue... Elle baisse les yeux vers la tenue en question. Ouais, bonne question, c'est quoi cette tenue ? Elle marmonne vaguement une réponse totalement incompréhensible alors qu'il poursuit. Bloquer le chemin, toussa. Evidemment. Elle se pousse sagement pour le laisser passer, sans protester, lançant des regards meurtriers à Séraphine qui se trouvait dans son corps avant de revenir à lui qui finissait.

« Bien m'sieur. »

Elle attend qu'il s'éloigne et se tourne ensuite vers Raph, qui la tête penchée, semble réfléchir. Pour Esther, la situation doit être moins étrange tout de même que pour la Serpentard, puisqu'elle a l'habitude de se voir. Ou du moins de voir quelqu'un lui ressemblant comme deux gouttes d'eux lui parler. En fait, elle ne serait pas dans le corps de cette crétine, ça serait simplement comme si elle avait une triplée. Bon, en tout cas, maintenant elles faisaient quoi ? Bon, elle, elle devait commencer par se changer. Sinon elle se ferait encore engueuler et perdrait sans doute des points. Perdre des points de Serpentard. Mais en voilà une bonne idée... Oui, non, elle devait éviter. Bon. Donc, pour ça, elle devait se rendre dans la salle commune des Serpentard. Et... Elle observe Séraphine.

« J'ai besoin du mot de passe des Serpentard. Et de l'emplacement. »

Ouais, trop de sympathie, toussa. Non, amis fallait pas abuser. Les bras croisés sur sa poitrine qui a pris du volume, elle attend le mot de passe. Elle allait pas rester à moitié à poil comme ça non plus !

« Je dois me changer, et après il faudra qu'on trouve ce qu'il s'est passé.

Oui, on. Hors de question de la laisser s'occuper de ça comme ça. Elle serait capable de tout faire foirer. Exprès, en plus. Donc elles collaboreraient. Même si ça voulait dire passer du temps avec elle. La poisse.

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MessageSujet: Re: [Défi Échange] Le début d'une journée de galères ~ | Esther Sam 22 Sep - 10:56
Le regard noir que Séraphine lance à Esther vaut toutes les réponses du monde. L'idée de lui donner l'emplacement de sa salle commune ne lui plaisait pas. Du tout. C'était lui permettre d'aller, en toute légitimité, fouiller dans ses affaires. Hors de question. Mais dans le même temps, entre Samara et sa jumelle, elle n'aurait pas trop de mal à accéder à cette salle. Elle par contre, du côté Gryffondor, aurait sans doute plus de mal.
Il serait donc largement à son avantage de faire tourner l'info. Pinçant les lèvres, réprimant visiblement la colère qui grondait dans sa poitrine, la jeune fille pose ses poings sur les hanches, dans une attitude qui ne collait absolument pas au corps dans lequel elle se trouvait.

« Emplacement et mot de passe de la tienne d'abord. Et je te le dirai. » Elle devait se changer aussi. En priant pour que cette morue ait autre chose que des jeans dans sa valise. Parce qu'il était hors de question qu'elle reste ainsi. C'était d'un... D'un peu pratique, si peu féminin, si... Pouah !
Sinon, bah elle se débrouillerait bien. Même avec une baguette qui ne fonctionnait pas, elle devrait s'en sortir. Née moldue, elle savait faire preuve d'imagination quand la magie lui faisait défaut. L'avantage d'avoir grandi loin des sorciers ~
Enfin bref. Visiblement décidée à ne pas lâcher le morceau sans avoir la réponse d'Esther – de toute façon, il faudrait bien qu'elles coopèrent, puisqu'elles ne pouvaient, ni l'un ni l'autre, utiliser la magie dans l'immédiat – elle attend, le dos appuyé contre la rembarde des escaliers. Encore quelques mots sont échangés, purement pratiques, à base d'emplacements et de mots de passe, et Séraphine se redresse, dans son attitude habituelle, loin de la décontraction de sa némésis.

« Rendez-vous dans une heure. Deux max. À la bibliothèque. » finit-elle par trancher. Une chose était à reconnaître : elles se détestaient certes, mais l'une comme l'autre avait les talents nécessaires pour se sortir de là. Peut-être l'effet n'était-il que temporaire et passerait seul, mais elle n'avait aucune envie de se lancer dans ce pari.
Allez voir un prof ? Oh ce serait sans doute la solution de la dernière chance. Ces deux jeunes filles étaient sans doute trop indépendantes pour accepter de l'aide extérieure – du moins était-ce le cas de Séraphine qui s'était toujours et préférait se débrouiller seule.
Forte des informations délivrées par Esther, elle retourne monter les escaliers, boudant, comme souvent, le petit déjeuner. Si chaussures la Gryffondor portait, elle ne mettra pas trois marches à les enlever pour les garder à la main, sans accorder un seul regard aux gens qui la croisaient, qu'ils lui lancent des regards noirs ou qu'ils la saluent. Elle s'en foutait totalement ; et puis, ce n'était pas ses amis, elle n'avait pas à se soucier d'eux après tout.
Ce n'était pas son problème.

Quelle rentrée de merde, n'empêche... Entre les insomnies, l'absence de son cher et tendre malgré les attentions qu'il continuait d'avoir à distance – nomnomnom pâtisseries au miel – et ça... Pff. Heureusement que c'était la dernière année. Jamais, sans doute, n'avait-elle été aussi impatiente de quitter l'école. Il faut dire qu'avant cet été, Poudlard avait été son refuge, et elle ne l'aurait quitté pour rien au monde – si elle avait pu y rester l'été, elle l'aurait fait sans hésiter, soyez-en sûrs.
Maintenant...
Hm. Elle secoue la tête, grommelle en ne sentant pas ses boucles brunes effleurer ses épaules – monde de merde – et continue son avancée dans les couloirs. Direction la salle commune des Gryffondors.
Monde inconnu, territoire hostile. Et le serpent se jetait dans la gueule du lion.

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[Défi Échange] Le début d'une journée de galères ~ | Esther

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