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Hero of War || Alexandre

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Rappeltou
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MessageSujet: Hero of War || Alexandre Sam 6 Oct - 12:55
Mardi 7 Septembre

Esther était bien heureuse que les choses aient finalement pu rentrer dans l'ordre. Elle craignait sincèrement de devoir rester pour toujours dans le corps de Séraphine, mais quand elle avait pu regagner son enveloppe corporel, le soulagement avait été sincère. Et elle avait pu retourner à ses activités habituelles. A savoir gambader dans les couloirs, draguer de la femelle fraîche et s'amuser avec le Crew. Et réviser. Quand même, fallait pas non plus trop pousser, si elle ne révisait pas, elle n'entretiendrait pas ses fabuleuses notes. Et elle ne pourrait pas devenir auror. Ce qui lui rappelait soit dit en passant que dimanche elle aurait dû voir Alexandre. Enfin, le professeur MacFusty quoi. Pour parler de ça, justement, de son orientation. Lindgren lui avait en effet conseillé de se diriger vers son collègue pour parler de ça, dans la mesure où il l'avait lui-même été. Et il avait bien raison. Elle aurait donc dû le voir dimanche, mais suite à quelques désagrément, elle avait dû l'avertir de son impossibilité à venir. En allant elle-même le trouver. Dans le corps de sa pire ennemie, oui. Et sans doute le pauvre professeur s'était-il alors interrogé sur une proche fin du monde, de voir la Serpentard rendre service ainsi à la Gryffondor. Le monde à l'envers. Ceci étant, le rendez-vous avait été déplacé au mardi, durant les heures de révisions. Ce qui allait parfaitement à la jeune femme qui n'avait de toute façon aucun travail en retard pour le moment et pouvait donc s'y rendre sans que ça ne pose le moindre problème.

Ceci étant, elle avait passé une matinée agréable en cours de sortilèges et enchantement, puis en cours de botanique. Et bien qu'elle n'aimait pas particulièrement s'occuper des plantes, au final, elle s'en sortait plutôt bien avec, et avait eu d'excellent résultats aux BUSEs. Comme pour les sortilèges et enchantements. Et la plupart de ses cours du tronc commun en fait. Là où elle pêchait le plus restant au final les matières optionnelles, ce qui n'avait pas de réelle importance dans le fond. Pas pour elle du moins, préférant se concentrer sur ce qui était essentiel pour ses projets d'avenir. C'est ainsi qu'après avoir mangé, souhaitant un bon courage à Duncan et Ann qui avaient tout deux un cours de soins aux créatures magiques dans l'immédiat. Quoiqu'elle n'était plus tout à fait sûr qu'Ann suive cette option, pour le coup. Mais peu importe. Finalement elle se leva à son tour pour arriver pile à l'heure au rendez-vous avec le professeur, rappelant bien évidemment à Ty de penser à réviser et de ne pas aller s'amuser avec son balai à la place. Il avait les entraînements de quidditch pour ça, qui devraient bien lui suffire. Et évidemment, ça l'avait fait râler. Mais ça...

Grimpant les marches, elle s'arrêta un instant en croisant une élève de première année perdue et en retard pour son cours de potions avec Summerton. La pauvre gosse, elle allait se faire taper sur les doigts. L'orientant, elle attendit de la voir disparaître en bas des escaliers avant de reprendre son propre chemin, en se disant qu'elle ferait mieux elle-même de ne pas être en retard. Ce n'était pas la peine de faire attendre Alexandre, surtout en ayant annulé le précédent rendez-vous. Il allait se demander si elle ne se fichait pas d'elle si elle faisait ça. Et ce n'était pas franchement la peine que ça soit le cas. En plus, elle détestait être en retard. Elle trouvait ça terriblement irrespectueux pour les gens. Elle ne l'était donc que lorsqu'elle voulait pourrir un professeur, au risque de se prendre quelques points en moins, qu'elle regagnerait dans l'heure en général. Quant à être en avance, elle n'aimait pas trop non plus. Elle préférait ne pas avoir à attendre. Elle l'était donc rarement, sauf en cas d'impatience toute particulière. Comme lorsqu'elle devait retrouver Samara, en général. Finalement, elle arriva devant la porte du bureau pile à temps. Frappant, elle entra dès qu'elle su qu'elle le pouvait.

« Bonjour m'sieur. Merci de me recevoir. »

Elle fit un sourire à l'homme, et referma la porte. Elle se dirigea ensuite d'un pas rapide vers une des chaises face au bureau, sachant que de toute façon il lui demanderait certainement de prendre place. Tous les professeurs le faisaient. Passant sa main derrière sa jupe pour qu'elle ne se plisse pas en s'asseyant, elle s'installa, posant son sac à côté d'elle.

« Alors... Je viens parce que m'sieur Lindgren m'a conseillé de m'adresser à vous au sujet de mon projet d'orientation. Comme j'aimerai devenir auror et que vous l'avez été, je pense que ça peut être une bonne idée. »

Après, elle ne savait pas vraiment de quoi ils allaient parler. Parce qu'il fallait bien avouer une chose : si elle savait en quoi consitait ce métier, de façon assez grossière, elle n'avait jamais vraiment parlé à un auror, ceux-ci restant le plus souvent retirés de la vie mondaine, puisque plus souvent sur le terrain, et une fois rentrés, pressés de retrouver leur famille plutôt que le feu des projecteurs.
Elle passa une main dans ses cheveux, souriant encore pour le moment. Oui, elle ne savait pas vraiment à quoi trop s'attendre de cette discussion, comme c'était souvent le cas lorsqu'un jeune venait parler de son orientation.

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MessageSujet: Re: Hero of War || Alexandre Sam 6 Oct - 13:37
Le dimanche précédent, Alexandre avait eu un avant-goût de ce qu'était la quatrième dimension. Alors qu'il revenait tranquillement des cuisines, café à la main, prêt à affronter le reste de ses copies et après une nuit plus qu'agréable, il avait croisé Miss Mistaken, devant la porte de sa classe. Ceci n'avait rien de bien extraordinare me direz-vous. Non pas vraiment, en effet. Elle se tenait étrangement, par rapport à ce à quoi il était habitué, mais il n'avait pas spécialement relevé.
Non, ce qui l'avait fait tiquer c'était que la Serpentard vienne le prévenir de l'annulation du rendez-vous qu'il avait avec Miss Nott, pour de raisons nébuleuses qu'il n'avait pas retenues, quand bien même lui furent-elles présentées. Il avait dardé la jeune fille d'un regard halluciné et s'était contenté de hocher la tête en lui disant qu'il était libre le mardi après-midi suivant. Puis, interdit devant la porte de sa classe, tasse de café fumant encore à la main, il avait observé ce petit bout de jeune fille s'éloigner avant de secouer la tête.
Un univers parallèle. C'était forcément ça. Un univers parallèle.

Le mardi suivant donc.
Le café fume sur le bureau dans lequel un ordre tout relatif règne. Le professeur finit de corriger les copies qu'il compte rendre ans les jours suivants. Il en avait fini avec les premières années, s'était arraché les cheveux sur les années moyennes, et maintenant soupirait de désespoir sur les dernières, touchant aux classes d'examen. Désespéré par la conclusion d'une certaine Miss Haldir, il grommelle en laissant exploser tout son sarcasme dans les commentaires dont il ponctue la copie. Et c'est au moment où la plume marque un superbe P à l'encre rouge qu'on frappe à la porte.
L'homme relève le nez, guette l'heure.
Miss Nott était ponctuelle, aujourd'hui, dirait-on.

« Entrez. » fait-il simplement, finissant d'écrire le commentaire sur la copie. « Bonjour. Installez vous Miss Nott. » lâche-t-il ensuite, roulant à nouveau le parchemin de son autre élève de Gryffondor pour qu'il aille rejoindre les autres déjà corrigés – parmi lesquels celui d'Esther, soigneusement roulé et qu'elle ne pourra pas consulter avant le prochain cours. Frustrant hein ?
Bref. Le professeur écarte les quelques parchemins qu'il doit finir de lire et corriger pour se consacrer à cette jeune fille que Shayan lui envoyait. Pour des raisons d'orientation, avait-il dit, il serait plus indiqué. Et ce simple constat ne mettait pas spécialement Alexandre à l'aise, comme s'il devinait sans mal les ambitions de cette petite Gryffondor.
Ses yeux bleus dardent la jeune fille, une très lointaine parente qu'il assimilait sans mal à un membre de son clan. Par extension, une personne à protéger. Et donc l'idée qu'elle veuille s'engager dans une telle carrière ne lui plaisait pas. Du tout. Là où d'autres professeurs auraient salué cette ambition, fiers de savoir qu'un de leurs élèves puisse être un de ces êtres de prestige, lui ne voyait là que des enfants qui seraient tôt ou tard détruits par une telle carrière.
Des adolescents qui seraient envoyé dans un monde auquel rien ne pourrait les préparer. Et qui n'avaient pas idée de ce qu'ils pourraient affronter.

« Pourquoi ce choix, Miss Nott? » fit-il calmement, dans une première approche qui lui permettrait de tâter le terrain. Il se doutait qu'elle n'allait pas là-bas pour le prestige, ni par pression familial – il ne l'appréciait pas vraiment, mais il devait reconnaître que Théodore n'était pas non plus assez idiot pour envoyer ses filles de sang-pur en des contrées où la mort les attendrait à chaque tournant.
« Ce n'est pas une décision anodine que vous prendriez en faisant ce choix de carrière. » ajoute-t-il. « Qu'attendez-vous de moi, pour venir m'en parler ? »
Après tout, ce serait bon de le savoir. Voulait-elle connaître les démarches à suivre ? Les conseils ? La réalité du terrain ?
Et lui... Il était curieux comme une élève aussi brillante, qui pourrait parvenir à beaucoup de choses, s'orientait dans cette direction. Pourquoi ne pas essayer une carrière au ministère, au Département des Mystères, ou comme son frère, chez les Oubliators ?

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MessageSujet: Re: Hero of War || Alexandre Sam 6 Oct - 21:08
Tiens, il était en train de corriger des copies ? Voilà qui était intéressant... Il y avait peut-être la sienne dans le tas, qui l'attendait tranquillement. Esther se mordit la lèvre inférieur une brève seconde pour ne pas l'interroger à ce sujet, puisque ce n'était pas pour ça qu'elle était là, s'installant d'ailleurs et expliquant la raison de sa venue. Le métier d'auror. Voilà, c'était ce pourquoi elle se trouvait dans ce bureau en cette belle journée écossaise. Autant dire qu'il pleuvrait sans doute un petit crachin avant la fin de la journée, mais c'était aussi ce qui faisait le charme de ce beau pays, sa pluie constante et ses forêts verdoyantes. Mais je m'égare. La jeune femme avança donc les raisons de sa présence en ces lieux, plus ou moins bien rangé, dans un ordre tout particuliers propre à son propriétaire. Connaissant son professeur, nul doute que ce bureau finirait d'ici une semaine à ressembler au champ de bataille de Culloden fait de montagnes de livres plus que de cadavres, et des plumes comme autant d'armes érigés en l'honneur de ces pauvres soldats tombés au champ d'honneur. Ceci étant dit, elle soutint le regard de son professeur lorsque celui-ci la darda ainsi. Pour avoir côtoyé cet homme en dehors de Poudlard, elle pouvait bien affirmer une chose : il était surprenant de voir à quel point il pouvait se montrer différent en tant que professeur et en tant qu'adulte libre de ses mouvements. Elle l'avait trouvé bien plus détendu sur ses îles que le reste de l'année scolaire où elle pouvait le voir. Il faut dire, il n'avait alors pas à veiller sur toute une bande de gamins surexcités et ayant une énergie débordante.

Bref. Laissant ses mains croisées sur ses jambes, faisant jouer ses doigts entre eux, peut-être un peu plus nerveusement qu'elle n'aurait été en mesure de l'admettre, son regard se portait sur l'homme qui, calme, l'interrogea sur son choix, ce qui fit légèrement froncer les sourcils de la brune. Pourquoi ? Bah... Parce qu'elle voulait se battre pour les gens, pour protéger la paix et aider les autres. C'était un peu idéaliste, mais c'était aussi simple que ça. Elle voulait sauver les gens, et pour ça rien de tel que d'aller directement sur le terrain. Pour se battre pour son pays et ses valeurs. Parce que c'était ce en quoi elle croyait, même si à l'heure actuelle la situation laissait à désirer, elle croyait dur comme fer que ce n'était qu'une passade et que ça ne tarderait pas à s'améliorer. D'ailleurs il n'y avait pas de raison que ça ne s'améliore pas, avec un homme comme Maximilian à la tête du gouvernement, et ce malgré les quelques écervelés qui croyaient dur comme fer en l'idée d'ouvrir le monde sorcier aux moldus. Néanmoins, elle prit tout de même le temps de réfléchir à la question, alors qu'il continuait. Il y avait donc ces premières raisons, mais pas que, évidemment. Elle voulait aussi pouvoir voir le monde de ses propres yeux. En découvrir ses aspects, peut-être pas de la meilleure façon qui soit, ni de la plus objective, mais c'était le meilleur moyen qu'elle avait trouvé pour concilier ses idéaux et un choix de vie loin d'être casanier, et qui l'attirait tout particulièrement, n'ayant au final que très peu voyagé. En tout cas jamais vraiment loin de l'Angleterre. Elle était bien allée en France une ou deux fois, ou en Irlance et autre, mais rarement plus loin. Autant dire que ça limitait bien les choses.

Finalement, sa main vint caresser son menton, alors qu'elle levait les yeux au ciel dans un geste de réflexion, choisissant ses mots pour répondre à l'homme. Ses idées avaient l'avantage d'être assez claires sur la question, dans le fond.

« Hé bien je pense qu'il est important que des gens acceptent de se battre pour leur pays, et pour amener la liberté et la paix ailleurs. Les aurors sont tout ce qui représente le sorcier venu se battre pour protéger les autres, leur liberté. J'aime mon pays, et les gens qui y vivent, et si je veux pouvoir les protéger, il faut permettre autant que possible au monde de se pacifier, en combattant le mal, en m'engageant en tant qu'auror, c'est la façon la plus direct que j'aurais de le faire. » Elle se sentait un peu bête pour le coup. Dit comme ça, ça faisait simplet, presque. Et si elle ne savait pas tout à fait comment nuancer son propos, elle prit une pause, tout de même, avant d'essayer de le faire. « Je ne prétends évidemment pas pouvoir y arriver à moi toute seule, ou en me disant qu'aller me battre est le meilleur moyen d'amener la paix, mais c'est toujours mieux que de rester derrière un bureau à faire de beaux discours pour ne pas faire grand chose dans le fond. J'imagine que vous voyez de quoi je parle. »

Elle passa une main dans ses cheveux un peu nerveusement. Elle ne savait pas franchement si elle rendait bien sa pensée, mais tant pis. Maintenant que c'était dit, impossible de reculer. Finalement, elle s'attaquer à la seconde question.

«  Du reste, je suppose que je voudrais savoir en quoi consiste la formation, et ce que concrètement on fait, sur le terrain. Parce que je sais que même si cette carrière vend du rêve, en un sens, la réalité ne doit pas être si simple. Je suppose. »

Oui, autant être réaliste, elle savait que se battre sur le terrain, ce n'était pas comme les pauvres petits duels de sorciers qu'elle faisait avec Séraphine. Ca devait être même terriblement différent. Et d'une horrible façon. Mais elle savait que ça ne la ferait pas changer d'avis, en aucun cas. Elle avait ses objectifs, ses idéaux, et pour rien au monde elle ne s'en détournerait. La mort elle-même ne le pourrait pas, je le crains.

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MessageSujet: Re: Hero of War || Alexandre Dim 7 Oct - 18:15
L'idéalisme, ce fléau. Alexandre le connaissait bien, ce vieil ami, qui l'avait lâchement abandonné quelque part au Moyen Orient, le laissant seul face à la mort. Il n'était pas dupe et savait bien que, parmi les élèves qui poussaient la porte de son bureau en quête d'informations sur cette formation qui avait été la sienne, on pouvait compter trois genres différents : ceux attirés par l'argent et le prestige qui accompagnaient la formation d'auror ; ceux séduits par une vie sans attache, faite d'aventures qu'ils imaginaient extraordinaires et exaltantes ; et enfin, ceux croyant dur comme fer au bien fondé de leurs actes, et qui pensaient que la seule façon de changer les choses était de passer par là.
Pour lui, Esther appartenait aux deux dernières catégories ; il aurait presque plus penché pour la deuxième, connaissant le côté casse-cou de sa lointaine cousine, et sa propension à se tirer de situations inextricables. Mais il pressentait, quelque part, son idéalisme. Une jeune fille confrontée aussi tôt à diverses situations politiques de par son ascendance, forcée de prendre parti dans une période de conflits politiques, ne pouvait qu'avoir des rêves plein la tête.
Quelque part, la naïveté de l'enfance perçait encore dans ses yeux. Et quand il la percevait en croisant son regard, il ne pouvait que vouloir la préserver le plus longtemps possible. Pour que cette étincelle de malice ne s'éteigne pas en découvrant brutalement la réalité du monde, un dur retour de flamme auquel rien ne pourrait jamais assez la préparer.

Aussi la réponse de la jeune fille ne le surprend-t-elle pas tant que cela. Il se serait certes attendu à ce qu'elle parle de voyages en contrées inconnues, d'aide aux populations locale, d'aventures excitantes.
Hm. Evidemment que non. Sinon, elle serait allée voir Matthew pour savoir comment échapper à la mafia chinoise en cas de problème. Amadan.
Il écoute attentivement la jeune fille. Lorsqu'elle dit imaginait qu'il comprenait ce dont elle parlait, il se contenta de hocher la tête silencieusement.
Et brusquement son visage s'assombrit alors qu'il entend l'expression vendre du rêve. Comme si une ombre avait décidé de passer sur ses traits, pour ne plus s'en aller. Loin était l'adolescent frivole et insouciant enchaînant les conquêtes. Loin était le père calme et détendu escaladant les falaises à mains nues et veillant sur les dragons. Loin était même le professeur dur et sévère, punissant les élèves à tour de bras.
Une nouvelle face du polyèdre complexe qu'il était se dévoilait à la jeune fille. Mais saurait-elle, dans cette expression quasi-indéchiffrable, voir l'homme torturé et hanté par un passé qu'il ne saurait jamais oublier ? Lui à qui on donnait un âge inférieur au sien semblait subitement plus vieux, avec les iris lourdes d'expériences dont il ne désirait absolument pas parler. Ses rides semblaient se creuser, notamment celle du lion qui se souligne alors qu'il fronce les sourcils.
Du rêve. Ça non, la réalité n'était pas si simple. Loin s'en fallait. Même sans grand mage noir à poursuivre, même loin d'une période sombre comme celle de Voldemort, rien dans une telle carrière ne saurait relever du rêve. Ce constat n'était que l'idée populaire d'un métier dont on ne savait absolument rien.
Il s'humecte brièvement les lèvres, se redressant sur son fauteuil en semblant chercher les mots appropriés, le ton adéquat. Quelque chose qui ne la braquerait pas, qui répondrait à sa question, sans non plus lui faire peur. Mais les pensées dépassent ses lèvres avant qu'il ne s'en rende vraiment compte.

« On tue, Esther. Voilà ce qu'on fait, concrètement, sur le terrain. » souffle-t-il d'une voix plus dure et plus grave qu'il ne l'aurait voulu, mais dans un murmure qu'il ne mesure à aucun moment.
Ah ça, pour le tact et la subtilité, on repassera, on est d'accord. Prenant une longue inspiration, il joint ses mains, et se reprend. Le masque du professeur revient, balayant le fugace aperçu que son âme avait pu inscrire dans ses traits, et il redevient l'homme neutre, solide, charismatique. Un homme bien décidé à faire changer d'avis cette jeune fille qui n'avait rien à faire dans une carrière pareille. Non pas à cause de ses capacités – au contraire, il ne doutait pas qu'elle serait excellente dans ce métier – mais... Mais.
Son esprit n'arrivait pas à formuler la raison pour laquelle il l'empêcherait autant que possible d'aller dans cette direction.
« Il vous faut, avant toute chose, décrocher cinq ASPICs, dont la Défense Contre les Forces du Mal, bien sûr, les Sortilèges, la Métamorphose et les Potions. Et je conseillerais à quiconque voudrait s'embarquer là-dedans d'avoir les meilleurs résultats possibles dans ces matières. » Regard lourd de sens. Il savait le niveau de son élève en potions, et ses difficultés dans le domaine. Il savait aussi qu'elle pourrait décrocher sans mal des cours particuliers auprès d'une ancienne élève particulièrement brillante armée d'un chaudron. « Une fois cette étape franchie, votre candidature sera ou non retenue par le ministère en fonction de vos résultats. Vous aurez à passer une sélection, au cours de laquelle on attendra de vous de montrer d'excellents réflexes et une capacité de réaction en situation d'urgence, votre persévérance, votre abnégation. Et enfin, vous aurez un profil psychologique d'établi, pour qu'ils s'assurent de votre résistance et de votre stabilité. »
Autant dire que ça n'était pas de la tarte.
« Commencent ensuite trois années de formation. Qui ne se font pas sur les bancs de l'école. Vous alternerez votre formation entre entrainements au corps à corps, apprentissage de sorts avancés pour tout ce qui touche au combat et à la défense, et autres choses du genre, et missions sur le terrain. » Missions qui pouvaient aller de la poursuite d'un mini-mage un peu fou, d'un assassin dangereux à l'expulsion de géants ou encore au maintien de la paix dans des zones de guerre moldues où des sorciers venaient semer la pagaille. Des exemples, il en avait à la pelle.

Alexandre s'appuie contre le dossier de son siège, darde de ses yeux bleus la jeune fille, sans ciller un instant. Avec ce regard qui avait fait s'interroger ses élèves – serait-il un legilimens ? – et donnant l'impression d'être passé aux rayons X. Un peu intimidant, somme toute.
« Vous n'avez absolument aucune idée de ce en quoi consiste ce métier, Miss Nott. » tranche-t-il calmement. « Comme vous le disiez, si vis pacem, para bellum ; préparez vous sérieusement à ce que vous pourriez rencontrer alors. Vos idéaux ne vous protègeront pas contre le retour à la réalité. »

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MessageSujet: Re: Hero of War || Alexandre Dim 7 Oct - 19:22
Esther déglutit. Cette réponse, elle ne s'y était pas attendu. Bien sûr, elle se doutait que le métier d'auror nécessitait de tuer. C'était presque une évidence. Mais personne n'en parlait jamais. Personne ne disait, au moment de choisir sa carrière, que devenir auror, combattre pour la liberté, avait un prix. Celui de son innocence. Celui de sa pureté. Parce qu'on tuait. Et en tuant, on perdait toute chance de pouvoir un jour revenir à l'aveuglement que la plupart des adultes connaissaient.
On apprenait le prix de la vie, souvent en risquant la sienne, on apprenait à offrir à certaines choses des valeurs que personne ne pourrait peut-être comprendre au final. On savait alors, de façon profonde et inaliénable, qu'il fallait aimer la vie sous tous ses aspects, et profiter de chaque instant de tranquillité, que ça soit avec ses enfants, dans les bras d'une femme ou bien à lire un bon livre, dans le calme absolu. Et que finalement, quand on nous disait de vivre chaque instant comme si c'était le dernier, ce n'était pas juste pour la forme, pas juste pour faire joli, mais réellement parce que la mort était là, constance, à chaque instant, dans l'ombre de son propre corps, et que l'oublier pouvait être fatal. Quand on était auror, on ne pouvait pas l'oublier.
C'était apprendre à se souvenir de la nature mortel de sa vie, s'engager dans cette voix.
Et ça, Esther le sentait à travers ces mots. Ceux qui s'étaient échappés, sans qu'il ne le veuille vraiment, francs et clairs, alors que son regard la fixait, ces deux prunelles glaciales, qui se souvenaient de tout ce qu'il avait vu et lui rappelait sans doute à cet instant. Et là, la Gryffondor regrettait presque d'être venue ici. Parce qu'il allait falloir sans doute qu'elle ouvre les yeux sur plusieurs choses, en se présentant ainsi, en écoutant les réponses des questions qu'elle posait. Aussi, elle le fixe, alors que dans son esprit les mots se tournent et se retournent dans tous les sens, sous tous les aspects possibles. Ils étaient terribles. Mais surtout terriblement vrais. Et ça... elle ne pourrait rien y changer. Néanmoins elle resta silencieuse. Mais elle était légèrement plus nerveuse, et ça se sentait, surtout dans sa façon de venir serrer de ses mains le tissu de sa jupe. En fait, les mots l'avaient assez troublés pour qu'elle ne remarque pas l'utilisation de son prénom. Mais ça... Elle finit par baisser le regard l'espace d'un instant, celui qu'il reprenne. Elle fixa à nouveau le visage dur du professeur, qui vint exposer le déroulement de la formation.

D'abord des séries de test, évidemment, avec déjà les ASPICs, où il fallait obtenir des notes plus qu'excellentes dans cinq matières. Dont les Potions malheureusement, Esther péchant beaucoup dans cette matière. Raison pour laquelle elle comptait sur Duncan et Frédérique pour la booster autant que faire ce peut à ce niveau là. Elle en aurait réellement besoin, surtout que, n'aimant guère Simon, elle avait facilement tendance à se distraire durant ses cours. Du reste, il y avait ensuite des épreuves à passer, physiques, principalement ; il fallait bien tester le potentiel des recrus, pour voir si la personne est prête à devenir auror, si elle en a les capacités. Et puis il y avait surtout un test psychologique. Elle fronça les sourcils, plutôt perplexe. Elle se doutait qu'ils voulaient connaître la stabilité des éléments qu'ils engageaient, néanmoins... Quel genre de test pouvaient-ils bien faire passer ? Un test de Rorschach ?

Elle garda sa question dans un coin de la tête, alors qu'il poursuivait. Il y aurait ensuite une formation de trois ans. Ca, elle le savait déjà. Des entraînements et des missions. Oui, ça lui semblait logique. Le ministère avait toujours préféré les formations en alternances pour permettre de meilleurs résultats, et de vraiment voir la progression des aurors dans leur formation. C'était une meilleure façon de faire le tri dans les prétendants au titre, en un sens. Elle réfléchit un instant à ce que peuvent être les missions d'un auror en formation. Ca ne doit être rien de bien compliqué, en un sens. Mais ça restait des missions officielles. Son regard parti sur le côté, il revint à Alexandre lorsqu'elle sentit que celui-ci la fixait. Ah, elle n'aimait pas ce regard là. Elle savait que ça voulait dire qu'il allait sortir quelque chose de déplaisant. Et elle ne s'y était pas trompé.

Ce qu'il dit fit grincer des dents Esther. En partie parce qu'elle savait qu'il avait raison. Oui, elle ne savait pas en quoi consistait le métier d'auror. Parce que la plupart des gens ne connaissaient que le côté rayonnant de la chose, celui dont on parlait le plus, parce qu'il était le plus simple à admettre dans le fond. Celui qui ne tâchait pas. Mais malgré ça, la volonté de la jeune femme ne flancha pas. Quand bien même le regard que portait le professeur sur elle n'était pas des plus rassurant en cet instant, la mettant un poil mal à l'aise. Elle le soutint tout de même du mieux qu'elle le pu, pour répondre.

« Je ne demande pas à mes idéaux de me protéger, plus de me guider. Je leur demande de devenir une réalité possible. Pas forcément alors que je suis encore là, mais un jour. Et je compte bien y contribuer. »

Elle se redressa quelque peu sur son siège, séparant ses mains l'espace d'un instant pour s'appuyer sur le bord, pour ne pas le faire reculer pendant sa manœuvre. Bon... Elle avait bien quelques questions encore, aussi elle s'éclaircit la gorge. « Et oui, je n'en ai aucune idée, de ce en quoi consiste ce métier, à part comme tout le monde les à priori qui existent dessus. C'est pour ça que je suis là d'ailleurs. Pour que vous m'éclairiez sur le sujet. » Son ton avait été plus sec qu'elle ne l'aurait voulu. Elle n'aimait pas avoir l'impression qu'on la prenait pour une gamine qui ne savait rien. Même si ce n'était sans doute pas ce que voulait Alexandre. D'ailleurs nul doute que si ça avait été le cas, il se serait adressé à elle de façon moins franche. Mais elle se reprit bien rapidement. « D'ailleurs... En quoi consiste le test psychologique qu'on doit passer ? Et les missions accordées aux trainee ? »

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MessageSujet: Re: Hero of War || Alexandre Mar 9 Oct - 12:03
Profiter de chaque instant. Quand on avait compris cela, on comprenait beaucoup mieux l'homme qui se cachait derrière Alexandre. Pourquoi il réagissait excessivement face à certaines situations, pourquoi il pouvait se mettre dans de rares fureurs quand on mettait bêtement sa vie en danger. Pourquoi il supportait très difficilement de voir ses élèves aller se promener dans la Forêt Interdite l'air de rien.
Mais aussi la raison pour laquelle il cherchait l'insouciance ou l'absence d'attache. Peut-être était-ce même là ce qui avait donné le coup de grâce à son mariage. On n'avait pas le temps pour ce genre de choses, pour se priver d'instants magiques que la vie pouvait offrir. Et c'était quelque chose qu'il essayait d'inculquer à son fils, tentant d'osciller entre le Carpe Diem et la prudence. Vivre sa vie à fond... Oui. Il y avait toujours cru à cela, s'était calmé un temps pour finalement revenir à ses premières amours.
Le professeur s'humecte les lèvres en écartant les pensées moroses qui viennent l'assaillir. Il essaie d'occulter les souvenirs, ne désirant absolument pas ouvrir la Boite de Pandore – AHA ! Tu l'avais oubliée celle là ! – qui les renfermait. Parce qu'une fois ouverte, elle laissait s'échapper tous les maux, et l'Espérance elle-même ne savait plus que faire pour ramener l'homme vers un monde plus léger. Alors il se concentre sur son élève, qui tente tout de même d'affronter son regard – brave petite – et l'écoute avec toute l'attention nécessaire.

Contribuer à rendre le monde meilleur, hein. C'était agréable, quelque part, d'entendre la naïveté de l'enfant qui veut la paix dans le monde. Face à un homme aussi désillusionné, ça ne pouvait être que bénéfique. Sans doute était-ce aussi cela qui l'avait sauvé, dans sa carrière, qui lui avait permis de ne pas sombrer comme nombre de ses collègues avaient pu le faire : avoir un fils qui lui expliquait, avec ses mots d'enfants, sa perception du monde. Et la bonne humeur de Duncan, sa façon d'appréhender le monde, son sourire et sa ténacité, tout cela avait eu un effet incroyablement bénéfique sur le père. Ça lui avait permi de conserver sa stabilité d'esprit et d'être le père présent et attentif qu'il avait toujours été.
On sait que les parents donnent beaucoup à leurs enfants. On oublie parfois ce qu'eux, inconsciemment, leur apportent en retour.
Mais passons, je divague.
D'un ton sec, l'adolescente poursuit. Déterminée. Bon point pour elle. Silencieux, l'homme observe les signes de nervosité légère que montre la jeune fille, parfaitement conscient de ce qui l'a réveillée. Et la voici qui le questionne à nouveau, sur des détails plus immédiats. Bien sûr. À quel autre sujet aurait-elle pu le questionner, très sincèrement ? Haussant les épaules, il ne la quitte pas des yeux, reprenant ses réponses d'un ton calme et mesuré, le ton du professeur donnant son cours :

« Cela dépend. En général, c'est un tout, mais ça peut changer d'une recrue à l'autre. Parfois ça passe par les tests d'aptitudes, où on vérifie votre condition physique et où on vous pousse au bout de vos limites. » C'était ainsi que ça s'était passé pour lui, par exemple. Mais il avait eu d'autres échos. Nul doute que tous les candidats ne passaient pas tous les mêmes tests, pour que les informations ne soient pas trop communiquées... Et qu'ainsi, les candidats ne puissent pas vraiment s'y préparer. Après tout, ils voulaient mesurer leurs capacités en situations réelles, pas en situation d'examen.
« Quant aux missions, c'est la même chose. Ça dépend de la situation du pays à ce moment là, du besoin de bras, … Les trainees sont des aurors comme les autres. Les missions sont les mêmes, à la nuance près qu'elles sont moins fréquentes, et que les déplacements sont souvent moins longs. »
Son regard se détourne une seconde, accrochant le journal du matin même, et il reprend, toujours avec ce calme un peu dérangeant : « Vu la situation du pays en ce moment, je ne pense pas que vous auriez beaucoup à voyager pendant votre formation. Il y aura bien assez à faire ici. » Ses yeux reviennent sur la jeune fille. « L'alternance entre missions et formation sur place se fera au gré de la situation du pays et des besoins. Ce ne sont pas des données fixes, je ne peux pas être plus précis. Par contre, vous aurez un tuteur, si vous êtes acceptée dans la formation, qui vous apprendra tout ce que vous aurez à savoir. Ce sera à lui que vous aurez à répondre, puisqu'il sera votre supérieur direct. »

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MessageSujet: Re: Hero of War || Alexandre Jeu 11 Oct - 21:08
Oui, je l'avais oublié. A moitié. Mais toujours est-il qu'Esther reste curieuse, et surtout, partagée pour le moment. A vrai dire, si elle s'interrogeait beaucoup de ce qu'elle avait pu entrapercevoir sur le visage du professeur, elle n'en restait pas moins respectueuse envers lui et ne se voyait par conséquent pas vraiment l'interroger au sujet de ce qu'il avait vécu, en tant qu'auror. Pourtant, elle savait que c'était aussi en partie pour ça que le professeur Lindgren l'avait envoyé là. Parce qu'il savait que son ami avait l'expérience nécessaire pour lui donner une idée de ce qu'était s'engager dans cette fois, comment concrètement on pouvait le vivre. Elle ne connaissait personne d'autre dans son entourage capable de le faire, et pourtant elle aurait voulu en savoir plus, sur ce que c'était, pour s'assurer qu'elle ne se trompait pas, qu'elle choisissait la bonne voix. Même si rien au monde n'aurait pu la faire changer d'avis, à vrai dire. Alors elle écoute attentivement les réponses. Et étrangement, bien qu'elle soit contente d'apprendre ce genre de chose, elle trouve ça particulièrement creux. Comme si ça n'avait au final que bien peu de substance ou de valeur, de savoir ça. Bon, visiblement ça variait d'un postulant à l'autre, le test psychologique. Ouais, normal. Sinon ça aurait été trop simple. Malheureusement. Quoique la difficulté n'effrayait pas Esther, loin de là. Elle savait très bien que pour former l'élite du pays, il fallait se montrait un minimum difficile sur la formation à donner.
La jeune femme montra un peu de déception sur le fait qu'il signale qu'il était probable qu'elle voyagerait peu pour le moment, étant donné la situation du pays, mais bon. Ce n'était pas l'important, après tout. Et puis commencé près de chez soi... il n'y avait rien de tel. Accessoirement, elle espérait bien que dans deux ans les conflits seraient terminés ici. Mais bon, ça... seul l'avenir nous le dira, et pour le moment il se ne présentait pas sous les meilleurs hospices. Bref.

L'histoire du tuteur lui fit légèrement froncé le sourcils. Ah ça, elle ne l'avait pas vu venir. Même si au final ça semblait plutôt logique. Ca serait visiblement un peu comme avoir un professeur référent. Il aurait à la gérer, et elle aurait à lui rendre des comptes si jamais elle échouait une mission ou bien réussissait, ou bien dans toutes les situations possibles et imaginables. C'était un point intéressant. Et ça signifiait que plus tard dans sa carrière elle aurait peut-être elle aussi à devenir tutrice. A s'occuper de quelqu'un. Arf. Non. Pitié, pas ça. Elle ne voulait surtout pas avoir à enseigner à quelqu'un, ou avoir à s'en occuper. Sans parler du fait que ça serait avoir sous son aile quelqu'un qui risquait sa vie à tout instant. Non, ça serait... Ouais, non. C'était trop. Enfin... A l'heure actuelle. Et c'était là tout le problème de la chose en fait, elle se rendait compte. C'était que le danger dans ce métier était constant, et que les pertes arrivaient. Et ça demandait d'avoir un mental d'acier. Et si elle en avait conscience quelque part, elle l'avait refusé jusqu'à présent. Elle l'avait caché à ses propre yeux pour ne pas avoir à se dire tout de suite que la mort deviendrait peut-être, si elle choisissait cette voix, une constance de sa vie. Mais là, elle se retrouvait devant les faits. Et tout ça à cause d'une simple phrase, au final.

Après les derniers mots du professeur, un silence plana quelques instants. Ce n'était pas particulièrement un silence gêné ou quoi, mais elle hésitait, se mordillant la lèvre inférieur un instant, le visage baissé. Elle ne voulait vraiment pas poser cette question, pour le coup. Il fallait être franc, elle n'en avait pas envie. Mais ça la taraudait. Elle finit tout de même par ouvrir la bouche, relevant la tête vers Alexandre.

« Est-ce que... on est obligés de devenir tuteur ? » Et hop, esquive ! Bon, ça se sentait clairement que ce n'était pas la question qu'elle voulait poser. Mais... Non. Elle devait la poser. Elle secoua la tête, pour se reprendre finalement, bien qu'hésitant légèrement.« Enfin, je veux dire... Est-ce qu'on peut s'en remettre ? De ce qu'on peut voir ? Et surtout de ce qu'on peut être amené à faire... ? »

A vrai dire, elle connaissait déjà la réponse à la question. Elle savait que ce n'était pas le genre de chose dont on se remettait un jour. Ca nous changeait de façon profonde, et indéniable. Quand on allait se battre pour d'autre, on en ressortait changé. Et tous ne réagissaient pas de la même façon à se traumatisme. L'homme, une fois arrivé à l'âge adulte, n'était pas fait pour changer ainsi. C'était comme essayer de reformer une poterie déjà cuite. Ca ne pouvait que la briser. Mais malgré ça... Il fallait en parler. C'était le meilleur moyen de savoir si au fond sa volonté était bien inébranlable. Et si elle ne le faisait pas maintenant, elle le découvrirait bien assez tôt. Et le choc serait d'autant plus rude que la perte serait violente. Le savoir était un pouvoir incommensurable, encore plus lorsqu'il s'agissait de se connaître soi-même et ce à quoi on devait se préparer.

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MessageSujet: Re: Hero of War || Alexandre Ven 12 Oct - 11:19
Pour Alexandre, c'est presque un silence de mort qui s'installe. Il n'a jamais été dérangé par l'absence de bruit, le savourant autant que possible, car connaissant sa véritable valeur. Pourtant, il n'a pas moins conscience de sa pésanteur, alors que la jeune fille ne réagit pas immédiatement à ses informations. Comme si elle réfléchissait à quelque chose ; la prochaine question ? Peut-être. Peut-être pas. Les informations qu'il lui donnait faisaient sans doute leur esprit dans la tête de la jeune fille, que ce soit celles lâchées consciemment ou celles lui ayant échappé.
Oh ça, il ne regrettait rien de ce qu'il avait pu dire. Ce n'était pas comme s'il s'était confié non plus. Oh non, une adolescente ne serait certainement pas la personne vers laquelle il se tournerait pour cela. Il n'avait pas lâché un mot à qui que ce soit, ses amis, sa famille ou même sa femme, alors bon... Même la psy chargée de s'occuper des recrues de retour de mission n'avait pas réussi à lui faire décrocher un seul mot sur le sujet. C'est que c'est têtu, un Écossais...
Enfin, une question est posée. Avec une petite hésitation, et ce ton qui marquait clairement qu'elle ne posait pas la question qui la taraudait. D'où le fait qu'il ne déride pas ni ne bronche pas, qu'il ne réponde pas immédiatement. Au contraire, il guette la jeune fille avec un regard neutre, comme s'il cherchait à deviner ce qu'elle s'apprêtait à dire. Il y avait tant de quetions à poser... Et pas forcément des questions très agréables.

Les lèvres de l'homme se pincent en entendant la question, et la naïveté qu'il perçoit derrière. Elle espérait que la réponse soit affirmative, évidemment. Et il ne comptait, à aucun moment, lui mentir. Simplement, il marqua une pause, brève, le temps de réfléchir un moment à la façon dont il pourrait amener ça ; mais ce silence, si bref soit-il, était des plus éloquents.
« Je ne pense pas. » finit-il par trancher, avec un calme particulièrement dérangeant. « J'ai appris à vivre avec. »
C'était la simple vérité, au final, et l'édulcorer se montrait plus difficile que prévu. Il ne savait pas si certaines personnes avaient pu s'en remettre, ou ne serait-ce qu'oublier. Lui avait essayé. Il avait essayé de toutes ses forces d'enfouir ces souvenirs dans son esprit. Mais il n'avait pas réussi. Il se doutait que la plupart d'entre eux devaient être dans sa situation ; il savait que certains, au bout de dix ans, vingt ans de carrière, perdaient parfois l'esprit. Ceux là, on n'en parlait jamais, pas même entre aurors ou anciens aurors. Jamais. C'était des personnes trop instables psychologiquement, pas assez solides, et qui avaient craqué.
C'était humain. Et ça hantait chacun d'entre eux.
« On apprend tous à vivre avec ; mais je pense qu'espérer pouvoir oublier ou s'en remettre est somme toute assez naïf. » En d'autres termes : il ne fallait pas qu'elle se fasse de fausses idées. La désillusion n'en serait que plus violente. Souvent, les adolescents ne se rendaient pas vraiment compte. Il suffisait d'entendre les récits, de les écouter parler du héro Potter, pour comprendre qu'ils ne se rendaient pas compte. Potter avait tué. De nombreuses personnes avaient tué et été tuées dans cette guerre. Mais ne subsistait que l'euphorie, et rien ne semblait vouloir montrer la réalité qui se cachait derrière cela. Pour beaucoup, la mort restait quelque chose d'abstrait, et le fait de tuer également. Jusqu'au jour où le sang s'étalait sur leurs propres mains, et où la réalité les frappait de plein fouet.
Et jamais n'était-on plus capable d'oublier cela. Et plus jamais ne pouvait-on alors se complaire dans la douceur de l'ignorance et la quiétude de la naïveté.

« Vous savez, Miss Nott, il est très fortement déconseillé de s'engager dans cette direction sans y être mentalement préparé. Les plus naïfs sont les premiers à décrocher et à se laisser emporter par la désillusion. Être auror n'est pas un métier facile, et pas seulement à cause de pré-requis ou de la condition physique que l'on demande. »
Les mains se rejoignent sur le bureau, mais outre cela, il n'a pas bougé d'un pouce. Ses yeux bleus fixent toujours la jeune femme, avec ce calme olympien si caractéristique, et cet éclat grave dans le regard.
« Et non, on n'est pas obligé d'être tuteur. Mais ça apporte beaucoup, autant à la jeune recrue qu'à soi-même. » conclut-il finalement.

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MessageSujet: Re: Hero of War || Alexandre Dim 14 Oct - 14:52
Evidemment qu'elle espérait une réponse affirmative, malgré le fait qu'elle savait pertinemment que ce n'était pas possible. L'homme vivait dans la linéarité du temps, de son histoire, il ne pouvait revenir en arrière, et les dégâts commis sur lui n'étaient pas toujours réparables, qu'il s'agisse de blessures physiques ou psychologique. Mais elle avait quand même ce fol espoir quelque part. Celui de pouvoir traverser l'adversité sans en être touché. Et même s'il s'agissait de quelque chose de tout à fait inconscient, elle attendait la réponse avec avidité pour les confirmer. Et ce fut une confirmation qui ne vint jamais, malheureusement. Non, il ne pensait pas qu'on puisse se remettre réellement. Vivre avec, sans doute, mais c'était tout. On ne pouvait oublier ce qui marquait nos esprit, c'est vrai. Ou alors, il fallait l'enfouir, mais ça ne changeait rien. Même dans les tréfonds de notre conscience, il s'agissait d'événements marquants, qui continuaient de conditionner nos vies de façon plus ou moins forte. Elle se doutait bien que certains étaient conduits aux portes de la folies par ce qu'ils faisaient, par ce qu'ils vivaient. On n'en parlait jamais, de ces oubliés de la guerre, on mettait de côté l'horreur vécue pour ne voir que le bon côté des choses. Les vies sauvées, les héros naissant sur les cendres fumantes de la guerre. Voilà, c'était ça qu'on regardait. La lumière aveuglante à la sortie de la caverne était parfois plus trompeuse que les ténèbres qui l'habitaient.

Il y avait bien des gens, pour ne pas oublier les victimes, pour exercer un devoir de mémoire. Les familles de ceux qui ont perdu les leurs. Les événements pour leur rendre hommage. Mais en dehors de ça, personne ne voulait prendre sur ses épaules le poids de la mort et de la folie meurtrière des hommes. Personne ne voulait l'accepter, l'admettre. L'être humain est sans doute une des seules créature à être si meurtrière entre elle. Et n'était-ce pas se voiler la face qui conduisait à toutes ces guerres, justement ? Ne pas voir qu'elles engendraient souvent plus de perte, pour au final presque rien ? La plupart du temps, ceux qui se battaient le faisaient pour des gens qui se fichaient de leur existence, et qui ne le faisaient pas pour des valeurs qu'ils prônaient. Les dirigeants étaient rarement préoccupés par ce qu'ils avançaient lorsqu'il fallait aller se battre, et les mots comme liberté ou encore démocratie étaient de simples excuses. Car lorsqu'un peuple en avait vraiment besoin, il trouvait le chemin l'y guidant. Ou il périssait. Et personne n'avait le droit de s'en mêler sans y être invité par les concernés. Enfin... Elle comprenais que ses valeurs utopiques n'étaient pas réalisables. Mais elle voulait le voir de ses propres yeux et s'assurer de la sécurité de ce qu'elle considérait comme chez elle. Et pour ça, il fallait la paix. Sans doute un jour comprendrait-elle qu'après tout, il n'y avait pas d'ennemi plus dangereux que ses propres alliés, et que c'était de ce même pays qu'elle désirait protéger dont il fallait se méfier. Mais ça...

Esther hocha donc la tête lorsqu'elle eut sa réponse. Elle s'en doutait vraiment, de ce qu'il dirait, mais l'entendre était différent que de simplement le penser. Surtout venant de la bouche de quelqu'un qu'elle croyait vraiment. Il appuya à nouveau ses propos, avançant qu'une vision naïve des choses pourrait lui être fatal. Oh, il ne le disait pas ainsi, évidemment. Mais elle le pressentait comme un avertissement. Il semblait penser qu'elle restait peut-être trop naïve pour le moment. Et oui, sans doute. Elle devait encore grandir. Elle n'avait que seize ans, et manquait de maturité. Mais elle y arriverait bien. Mais si un jour elle devait se retrouver désillusionné par la vie, en affrontant la mort, alors elle-même ferait mieux de trembler face à l'adversaire qu'elle aurait. Mais l'avenir incertain n'a pas sa place ici. Pour l'heure, elle préféra accueillir les réponses de l'homme avec le silence. Et il le lui permit, revenant sur le sujet du tuteur. Néanmoins, il pouvait voir que ses mots faisaient leur chemin, dans le très léger froncement de sourcil de la jeune femme. Au rythme où ça allait, elle finirait avec une ride du lion avant l'heure.

« Vous avez été tuteur, vous ? Enfin, vous avez eu le temps ? » Oui, elle était curieuse de savoir. C'était normal, après tout. Même si sur le coup, elle se disait que ça relevait plus de la question personnelle qu'autre chose. Hum... Elle devrait peut-être plutôt recadrer ses questions. Même si bon, maintenant que c'était posé... « Je suppose aussi qu'être auror peut amener à beaucoup voyage. En général on intervient plus dans quelle partie du monde ? » Ah, voilà, sa bougeotte ressortait. Car oui, elle n'avait jamais voulu exercer un métier de bureau, la jeune femme. Elle n'était pas assez casanière pour ça, rêvant plutôt d'aventure que vraiment autre chose. Et si elle savait que les auror pouvait se rendre dans d'autres pays pour combattre les Mages Noirs, elle ne savait pas jusqu'où ils étaient autorisés à aller. « En général on peut aller un peu n'importe où non ? »

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Dernière édition par Esther A. Nott le Mar 23 Oct - 17:19, édité 1 fois

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MessageSujet: Re: Hero of War || Alexandre Mar 16 Oct - 18:16
Revenir au sujet du tuteur était un moyen de détourner la conversation, autant pour elle que pour lui. Car si ce sujet la rendait nerveuse et mal à l'aise, lui ne tenait pas à s'y éterniser. Il faut dire que c'était un sujet relativement sensible et que ça remuait pas mal de choses en lui. Autant ne pas trop en parler.
De toute façon, il n'en dirait pas vraiment plus. Déjà, il en avait lâché beaucoup, trouvait-il, pour le coup. Et il était hors de question de rentrer dans les détails... Même si l'adolescente était avide de savoirs sur le sujet. Il aurait été un temps où il aurait simplement refusé de la recevoir pour parler de la carrière d'auror – et il l'avait fait, à de nombreuses reprises, même quand les élèves avaient été envoyés à lui par leur directeur de maison ; il se souvenait par ailleurs avait sèchement rétorqué qu'il y avait des silences plus qu'éloquents. Ces souvenirs étaient-ils suffisamment lointains pour qu'il accepte de dévoiler une partie de ce qu'il savait ? Disons plutôt qu'ils n'étaient plus assez vivaces. Ça me semble plus exact, pour le coup.

Et Esther suit le mouvement qu'il dicte, imposant la suite de l'entretien désormais, comme le chef d'orchestre dirige sa clique d'un mouvement de baguette. S'il avait été tuteur ? Un petit sourire, sans doute forcé, vient s'inscrire dans les traits creusés.
« Oui, je suis depuis bientôt dix ans tuteur d'environ trois cents adolescents. Et ce n'est pas simple tous les jours, croyez-moi. » commente-t-il, non sans humour. Un humour particulier, rare, et qui ne transparaissait qu'en des instants rigoureusement choisi quand il endossait le rôle de professeur. Délecte toi, jeune fille, de ce privilège qui t'est fait ! Ça ne se réitérera pas de si tôt !
En tout cas, on ne reste pas longtemps sur le sujet, et un autre est amené. Ah. Les voyages. Ça, ça faisait partie des questions incontournables qu'on posait quand on voulait s'embarquer dans ce métier. Les aventuriers voulaient voir du pays, découvrir de nouvelles cultures, et qui était-il pour les en blâmer ?

« Ça dépend de tellement de choses... » souffle-t-il d'abord, avant de reprendre, avec un ton plus assuré. « Ça dépend tout d'abord de la situation politique du pays, et du monde. Comme je vous l'ai dit, dans les prochaines années, je ne pense pas que les aurors seront beaucoup amenés à bouger, il y a bien assez à balayer devant notre porte. Mais oui, globalement on peut aller n'importe où... Surtout dans les pays du Commonwealth, bien sûr. Beaucoup en Afrique, et ces vingt dernières années, il y a eu beaucoup de missions au Moyen-Orient. »
Ah ça, c'était des destinations exotiques ! Mais loin étaient les cocotiers, la mer, les paysages de rêve... Oui, il avait découvert d'autres cultures, il avait fait des rencontres pour le moins extraordinaires, vécu des choses qu'il n'oublierait pas – la générosité de cette famille qui leur avait apporté de l'eau, le sourire de ces enfants alors qu'ils les aidaient dans les travaux du village – mais ça ne contrebalançait pas les horreurs qu'il avait pu voir ou faire.
« Après, voyager fait partie du boulot, mais ce n'est pas non plus le... But final. À ce sujet, un atout considérable dans la manche, c'est de parler d'autres langues et de ne pas se limiter à l'anglais. Le français est utile, étant donné que la France a beaucoup colonisé également, l'arabe éventuellement, et des langues magiques, comme le dialecte des géants ou des êtres de l'eau. »
Facile à dire quand, comme lui, on a le truc pour les langues... Lui qui était trilingue et baragouinait plusieurs dialectes – un dialecte d'afrique où il devait pouvoir faire trois phrases, le dialecte des géants où il arrivait vaguement à s'exprimer (très très vaguement) et d'autres petites langues où il savait dire ce que tout le monde sait toujours dire dans toutes les langues.

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MessageSujet: Re: Hero of War || Alexandre Mar 23 Oct - 23:50
Esther ne pu retenir un petit sourire à la blague du professeur. C'est vrai qu'il était professeur aujourd'hui. Mais bon, être tuteur devait être bien différent. Ca demandait de s'occuper d'une seule personne à la fois, et de la guider peut-être bien plus qu'un simple professeur. Même si en tant que directeur adjoint et de maison, son travail devait s'en rapprocher un peu plus. Il avait ce devoir qui consistait à orienter les élèves vers leur avenir du mieux qu'il le pouvait, comme chaque directeur de maison. Même si les méthodes pouvaient différer de l'un à l'autre. Même si s'occuper d'une ribambelle d'enfant devait être bien moins simple que d'avoir à gérer une seule personne, qui était déjà censée être adulte et responsable. A son sens, le tutorat était peut-être plus un support, pour permettre de stabiliser plus simplement les auror face à ce qu'ils pouvaient voir tous les jours, leur permettre d'avoir une personne auprès d'eux à qui ils pourraient se confier, et qui pourrait les comprendre, puisqu'ils auraient vécu les même choses sans doute. En tout cas, le professeur avait sans doute raison. Etre tuteur apportait sans doute autant, voire plus, d'expérience que de simplement faire son travail d'auror. Mais comme elle n'y était pas encore, elle n'y pensait pas vraiment, à l'être. Mais plus tard, sans doute de nombreuses recrus passeraient entre ses mains.

Ceci étant dit, elle se concentra plus sur la réponse à sa précédente question. Les voyages du métier. Bon, comme il l'avait déjà dit, en général on intervenait plus là où il était nécessaire de se pointer. Aka, là où y'avait du conflit. Ouais, ça semblait logique. Du coup, Esther revit rapidement dans sa tête les endroits où il y avait eu des guerres ces dernières années, et Alexandre lui confirma ce qu'elle pensait. Le Moyen-Orient, principalement, et l'Afrique. Hum. Des pays chauds, et considérés comme peu développés. Mais surtout, une culture profondément différente de ce qu'elle connaissait. Elle aurait été curieuse d'en apprendre plus sur le sujet, en tout cas. Puis évidemment, dans le Commonwealth en général. Mais ça... Bref. Il attaqua alors le sujet des langues. Ce qui fit hausser les sourcils à Esther. Oui, forcément, si on parlait plusieurs langues, ça facilitait tout de suite les choses. Mais notre Gryffondor avait déjà bien du mal à baragouiner quelques trucs en Français, alors vous pensez bien qu'en Arabe ou en langue magique, elle ne cassait pas trois pattes à un canard. Quoiqu'elle lisait aisément les Runes et les langues anciennes, en général. Bref, toutes ces langues inutiles dans la vie courante et qui n'intéressaient pas grand monde. Elle nota donc dans un coin de sa tête qu'essayer de renforcer sa linguistique étrangère pourrait être une bonne idée.

« Oui, ça me semble logique, en effet. » Elle fit le tour des questions qu'elle pourrait encore avoir dans sa tête, et si elle n'en trouva aucune pour le moment, elle se dit qu'elle aurait, de toute façon, d'autres occasions pour en reposer. Il était donc bien temps de conclure cet entretien qui, bien qu'il fut court, se montra particulièrement instructif. « Bon hé bien... Merci d'avoir accepté d répondre à mes questions, m'sieur MacFusty. Je pense que si j'ai d'autres questions je viendrais vous les poser, si ça ne vous gêne pas, une autre fois. Et... » Elle marqua une pause, hésitant quelque peu. Mais elle lui devait des remerciements pour autre chose. « Je voudrais aussi vous remercier de la franchise dont vous avez fait preuve. J'apprécie réellement. »

Oui, elle appréciait qu'il ne lui ait pas caché la réalité du métier. Même si ses mots avaient plus ressemblés à un avertissement qui ne lui avait pas forcément plus, elle ne pouvait pas lui reprocher de lui avoir caché des choses au moins. Loin de là même. Se levant de sa chaise, elle récupéra son sac et le jeta sur son épaule. Elle salua une dernière fois son professeur avant de quitter son bureau, où elle avait pu apprendre quelques informations supplémentaires sur le métier qu'elle désirait faire plus tard. Et les hésitations qu'elle pouvait en éprouver, maintenant qu'elle savait pertinemment qu'être auror était loin d'être rose. Mais même en sachant ça, elle ne pouvait en avoir pleinement conscience.
Seul le Tourmenté savait.

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MessageSujet: Re: Hero of War || Alexandre

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