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I've hurt myself ~ | Matthew

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Rappeltou
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MessageSujet: I've hurt myself ~ | Matthew Dim 11 Nov - 18:55
Un pop retentit et deux silhouettes apparaissent devant les grilles de Poudlard. La nuit est tombée déjà, et, s'il en croit les lumières qui émanent du château, c'est encore l'heure du repas. Il passe la grille, s'avance en silence dans le parc, jusqu'à la porte du hall. Il pousse la porte mais retient Duncan par l'épaule, le jaugeant d'un regard indescriptible. Bien qu'il essaie de rester neutre et imperturbable, et de ne surtout pas laisser voir son inquiètude à son fils, il ne parvient pas à dissimuler totalement ses états d'âme.
Il est incroyablement inquiet. Pour Leelou, oui. Les nouvelles étaient plus que mauvaises, pour le coup. Et il était tout aussi préoccupé pour son fils. Comment prenait-il la nouvelle ? Les yeux sur le jeune garçon, il met deux bonnes secondes à laisser sa voix sortir de sa gorge, la contrôlant encore suffisamment pour qu'elle ne laisse pas transparaître toute la crainte qui l'avait saisi.
« … Ça va aller bonhomme? » demande-t-il alors, brisant le silence de la nuit. Et l'adolescent de le rassurer. Optimiste. Il gardait l'espoir. Incapable de s'attendrir pour autant, Alexandre se contente de hocher la tête et de laisser son fils repartir seul vers la Grande Salle, pour prendre son repas avec ses amis. Il reste un instant immobile dans le hall, refermant la grande porte. Ses yeux suivent la silhouette qui arrive sur les lieux du repas, et disparaît en entrant dans la salle.
Et un soupir de passer ses lèvres. Il ne savait pas si l'optimisme de Duncan était une bonne chose. Le médicomage avait pourtant été clair, si clair qu'il avait été difficile pour lui de rester de marbre face à la nouvelle. Même la réaction de Simon l'avait touché, et il s'était alors vu incapable de le haïr. Leelou avait très peu de chances de s'en sortir. Une maladie rare, ne touchant que les sorciers, et qui ne pardonnait pas. Une maladie mortelle dans neuf cas sur dix. Et une possibilité, même si elle était infime, pour que la jeune mère ne reprenne pas connaissance dans le processus.
Plus touché qu'il ne le laissait paraître, l'écossais se détourne, ne suivant pas son fils comme cela avait tout d'abord été son intention. Il n'avait pas faim. Il n'avait envie de voir personne.
Si Leelou ne se relevait pas...
Outre les dégâts que ça aurait sur lui, il s'inquiètait des conséquences sur Duncan. À espérer ainsi, il n'en serait que plus détruit de devoir enterrer sa mère. L'homme continue sa route dans les couloirs déserts, et, arrivé au cinquième étage, s'enfonce dans le couloir menant aux appartements du personnel. Le sien étant un des premiers, il ne passe pas devant celui de son ex-femme, mais reste tout de même une minute ou deux devant sa porte, à fixer le fond du corridor.
Et si jamais plus il ne voyait Leelou le traverser en tonnant son nom ?
Pour le coup, il regretterait jusqu'à leurs disputes régulières...
Sans doute était-ce en ces instants qu'on se rendait compte que lorsqu'on avait réellement aimé quelqu'un, qu'on avait vécu avec cette personne et que des liens très forts s'étaient construits, jamais alors ne pouvait-on s'en défaire. Et que, toute sa vie, on éprouverait quelque chose pour cette personne.

Il donne un coup de baguette sur la porte et entre dans son appartement, fermant calmement derrière lui. Étrangement, il ne ressent aucune colère, fait rare chez lui. Aucun agacement contre l'injustice que cela représentait, aucune révolte contre le destin qui était sur le point de lui prendre un être cher. Secouant la tête, il se détache du panneau de bois sur lequel il s'était appuyé et se dirige vers sa salle d'eau, pour en passer sur son visage.
À la lumière des bougies, il jauge son reflet, remarquant la pâleur extrême qui marque ses traits. Il se passe la main sur le visage, ferme les yeux un instant, avant de souffler sur la bougie, pour l'éteindre. Il fallait qu'il se reprenne. Lou n'était pas encore dans la tombe. Sans doute ne l'y serait-elle pas avant de nombreuses années... Peut-être devrait-il prendre exemple sur son fils et ne pas sombrer ainsi dans le pessimisme.
Sans vraiment réfléchir, il va dans son petit salon, enjambe une chemise qui traine par terre, et ouvre un placard, duquel il sort une bouteille au hasard. Réserve personnelle de whisky. Ensorcelée pour que seule sa main puisse en sortir les bouteilles – sait-on jamais que Duncan ait la bonne idée de venir fouiller, comme lui l'avait fait avec la cave de son paternel (il se souvenait encore de la punition qu'il avait prise, pour le coup). L'homme referme le placard, fait apparaître un verre, le remplit d'un tour de main.
Se réfugier dans l'alcool n'était pas une bonne idée, il le savait pertinemment. Peut-être était-ce ce sursaut de raison qui l'encouragea à ranger la bouteille juste après, pour ne pas finir saoul. Et la raison ne fut pas la seule à intervenir. À peine eut-il pris le verre dans sa main qu'on frappait à sa porte.

Alexandre fronce les sourcils, hésitant. Il n'avait envie de voir personne. Vraiment. Mais si la nouvelle était remonté à ses collègues, sans doute Shayan, Matthew, ou les deux seraient-ils venus le voir pour manifester leur soutien. Ou pour l'empêcher de sombrer dans son plus gros défaut.
Hm.
Il prend le temps d'avaler son verre d'une traite – et ça lui fait mal, pour le coup, un douze ans d'âge... – et de le reposer avant de se diriger vers la porte. Qu'il ouvre, sourcils froncés.
Matthew. Sans surprise. La nouvelle était donc remontée ? Ou bien avait-il su qu'il avait emmené Duncan à Ste Mangouste, et avait-il remarqué que l'adolescent était revenu seul dans la Grande Salle ? Bof, il s'en foutait un peu, en fait.
« Bonsoir. » fait-il sobrement, avant de s'écarter pour le laisser entrer, fermant derrière lui avant de le suivre dans l'appartement. « Je te sers quelque chose? »
Et qu'il ne lui demande pas du thé. Alexandre n'en avait pas, il n'en avait jamais, il n'aimait pas ça...
Par contre, du gin...

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MessageSujet: Re: I've hurt myself ~ | Matthew Ven 16 Nov - 2:12
[HRP : Tu vas devoir trouver où est le RP 8D]
[HRP Alex : Easy mode, tu oublies que j'ai le pouvoir de l'édition ~]

Matthew avançait dans le couloir, le sourire aux lèvres. Un sourire candide, qui semblait tellement... honnête en un sens. Difficile d'imaginer ce qu'il pouvait se passer dans son esprit à ce moment précis, en dehors d'un vide intersidérale empli de joie et de bonheur. Bref, les choses habituelles quand on parlait du Poufsouffle. Mais évidemment, c'était loin d'être le cas. Et malgré cet air qu'il affichait, une inquiétude inexplicable grandissait en lui. Oh, ce n'était pas une inquiétude comme on pourrait voir chez un professeur, et plus encore, directeur de maison, en temps normal, au sujet d'un élève un peu dépressif, ou encore d'autres choses qui pourraient le perturber. Non parce que ce n'était pas vraiment ça qui pouvait l'atteindre le bonhomme. A vrai dire, il y avait bien peu de choses qui pouvaient le toucher et lui faire se ronger les sangs. Mais là pour le coup, depuis que la nouvelle était venue à ses oreilles, il avait un peu de mal à visualiser comment les choses allaient se passer. Sans même parler des informations qu'il n'avait pas et qui ne pouvaient que l'inquiéter d'autant plus.
Leelou Donhogue serait absente pour une durée indéterminée, elle avait été transférée à Ste Mangouste. Voilà tout ce qu'il savait à l'heure actuelle. Et s'il ne connaissait pas la femme plus que ça, malgré les années passées côte à côte en tant que collègues, ce n'était pas son état qui le mettait dans cet état. C'était plutôt les conséquences d'un tel état. Et oui, c'était égoïste de penser de cette façon mais... mais il aurait d'autres occasions pour les états d'âmes, parce que pour le moment, elle n'était pas encore morte, et il espérait qu'elle pourrait se remettre. Même si l'absence d'information l'empêchait de savoir de quoi il retournait plus précisément. Et c'était assez agaçant à vrai dire. Son esprit travaillait à plein régime, faisant diverses hypothèses. Gagnant finalement son bureau, il se posa sur son fauteuil derrière celui-ci, passant une main dans ses cheveux en poussant un soupir. Il tourna son visage vers la pendule posée sur une étagère. Il était encore tôt, trop pour qu'Alexandre soit déjà rentré. De toute façon, dès que ça sera le cas, il le saurait. Comment, vous demandez-vous sans doute, cher lecteur ? Eh bien... L'instinct de l'homme sauvage qu'était notre cher Anglais ! Il ne savait pas trop quoi faire pour aider son ami en tout cas à mieux encaisser ce qu'il se passait. Surtout connaissant l'Ecossais, ça ne serait pas simple. Matthew se laissa aller au fond de son fauteuil et donna une impulsion pour le faire tourner sur lui-même. Il fit quelques tours comme ça avant de s'arrêter et de venir poser son coude sur son bureau, le visage gagnant la paume de sa main alors que l'autre allait attraper son crayon de papier pour le faire tourner entre ses doigts. Maintenant qu'il avait quitté les couloirs, son expression se faisait plus soucieuse.
Il plaça son crayon entre son nez et sa bouche pour le faire tenir en avançant ses lèvres. Mais il tomba sur le bureau, attirant le regard du caméléon du brun qui s'approcha, curieux.

« Alors Mr. Bob... On vient me tenir compagnie ? » Il fit un sourire à l'animal qui se contenta de le fixer en tirant la langue. Finalement le début de soirée arriva, et Matthew se rendit dans la Grande Salle pour le repas. Il se doutait que les rumeurs iraient bon train une fois l'absence de Leelou constatée, et le lien avec le départ précipité de Duncan et d'Alex plus tôt dans la journée. Il s'installa à côté de Shaton, avec qui il avait d'ailleurs échangé plus tôt dans la journée au sujet de ce qu'il se passait, et il n'avait pas plus d'information que lui. Quand soudainement le jaune et noir se redressa, sentant qu'Alexandre était revenu, et l'impression se confirmant lorsqu'il vit entrer dans la salle son fils. Mais pas l'adulte. Bon... Ca s'annonçait mal. Glissant quelques mots à Shaton, ils se mirent d'accord. Matthew irait voir Alex et lui s'occuperait de surveiller Duncan de loin. Quittant ainsi le repas, le professeur de métamorphose se dirigea vers les appartements des professeurs, non sans s'arrêter par le sien. Il avait deux trois choses à y faire pour le coup. Il prit le temps de préparer plusieurs choses avant de gagner la porte de son collègue à laquelle il frappa quelques coups. Et lorsque la porte s'ouvrit...

Par Merlin, Alexandre avait une mine affreuse ! Pâle comme un mort, et puis... il sentait l'alcool. Pas très fort encore, mais son haleine laissait deviner qu'un verre avait déjà pu y passer. Heureusement qu'il était là. Les questions posées, l'homme fit un sourire au Serdaigle et lui montra une thermos qu'il brandit presque fièrement. « Non, ça ira, j'ai amené ma propre boisson que je te ferai volontiers partager ! Et pas de protestation, ça sera bien meilleur pour toi que tout ce que tu pourrais avaler d'autres ! »

Il ne demande pas si ça va. Il connaît la réponse. Il la connaît très bien, et il ne peut que se sentir désolé pour son ami, alors qu'il entre sans attendre de réponse de la part d'Alexandre, s'invitant tranquillement chez lui. Il voit le verre posé et retient un soupire et un froncement de sourcil avant de se tourner à nouveau vers l'homme. « Mais si tu veux je t'ai apporté du café, aussi. Du vrai, pour une fois. » Il savait déjà qu'il ne dormirait sans doute pas de la nuit, peu importe qu'il passe une soirée saine. Donc inutile d'apporter du décaféiné, même s'il aurait sans doute préféré. On sait jamais, après tout, Alexandre aurait tout à fait pu dormir. Mais ça aurait beaucoup étonné Matthew en tout cas... Il s'installe sans plus de cérémonie, laissant au Serdaigle la joie de s'habituer à l'idée qu'il aurait de la compagnie ce soir. Il sortie la thermos de café de son sac aux couleurs douteuses et la posa sur la table. Il mettait au défi Alexandre de boire autre chose ce soir après sa venue tiens. Il prend tout ce même un air plus sérieux finalement, fixant l'autre homme.

« Alors, Alexandre... Ca donne quoi ? »

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de toutes les tailles, de toutes les formes, de toutes les statures, des plus
ou moins voyants, t'en as qui peuvent t'empoisonner, d'autres te faire
planer, te rendre joyeux. Ils peuvent être surprenant aussi. Bref, les
champignons, c'est cool. Et les gens aussi. »

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MessageSujet: Re: I've hurt myself ~ | Matthew Dim 18 Nov - 17:39
Méfiant, Alexandre pose les yeux sur le thermos embarqué. Outre l'incongruité d'un objet pareil dans le monde sorcier – bien qu'il soit très pratique – son contenu ne rassurait absolument pas l'écossais, qui imaginait déjà son vieux comparse forcé l'accès à sa gorge pour y verser de son imbuvable eau chaude. Pouah ! La faim, la soif, la torture, le doloris, tout cela lui était connu, et aucun ne lui semblait pire que l'ingurgiation de cette horreur que les anglais – évidemment, qui d'autre aurait pu faire un truc pareil ?! – avaient ramené d'Inde.
L'Angleterre et l'Inde. Si ça, ça ne résumait pas Matthew...
Alors qu'il souligne qu'il comptait non seulement partager mais qu'en plus il avait l'intention de l'empêcher de boire quoi que ce soit d'autre n'était pas pour lui plaire. Il n'ignorait pas le sous-entendu de la phrase de son ami, et comprenait bien qu'il avait anticipé son mauvais réflexe comme sentit son haleine fraîchement revitaillée. Pour autant, il préférait mourir de soif que d'avaler une telle horreur. Même au plus mal, même au plus bas, il ne boirait pas de thé.
Jamais.
Et là, il n'était certes pas au plus bas, mais il avait l'air de ne pas en être loin. Le teint blafard, l'haleine alcoolisée, l'homme s'était complètement fermé, au point où même ses yeux ne laissaient plus entrapercevoir le reflet de son âme ; le regard vide de toute émotion, il se détourne alors que Matthew s'installe... Comme s'il était chez lui. Mais pas de cérémonie, entre eux. De toute façon, Alexandre faisait la même chose... Ce qui lui avait malheureusement valu de découvrir – en tandem avec Shaton ou non – cet excentrique dans des tenues et des positions variées qu'il avait, pour la plupart, tenté d'effacer de sa mémoire.
Ah, il avait amené du café. Du vrai, précisait-il. Bonne nouvelle, au moins n'essaierait-il pas de le gaver avec sa merde sans caféine. L'écossais se laisse tomber à côté de Matthew sur le canapé, et pose les pieds sur sa table basse sans plus se casser la tête ou se poser de question sur l'acceptabilité d'une telle attitude.

« Merci. » ponctue-t-il simplement l'arrivée du thermos de café, agitant un instant sa baguette pour faire venir deux tasses jusqu'à eux. Et hop, il pose sa plus fidèle compagne, se servant du breuvage tout en laissant son comparse se débrouiller avec le sien. Il ne jette même pas un regard au sac bariolé, ni ne fait de remarque narquoise à ce sujet. Pas de pique sur le point auquel le thé était une boisson détestable, qu'il mettait au même rang que le café décaféiné – ce qui en dit long sur l'opinion qu'a Alexandre du déca.
De toute façon, ce n'était pas comme s'il allait dormir cette nuit... Autant s'empoisonner sciemment. Ça lui éviterait de s'ennivrer plus que de raison et d'avoir quand même une activité pour lui occuper les mains – boire du café, rien d'autre, bande de petits pervers – et l'esprit.
Conscient que Matthew n'était pas prêt de lui lâcher la patte ce soir, il n'essaie même pas d'éluder ou d'éviter la question qu'il lui pose. Il lui lance quand même un regard las, comme si cela lui semblait évident, et porte le café chaud à ses lèvres, prenant le temps de le boire avant de répondre.

« Ça donne que les nouvelles ne sont pas bonnes. » fait-il alors que l'amertume du café lui brûle encore la gorge. « Le médicomage s'est montré très pessimiste. Elle était toujours inconsciente quand on est reparti avec Duncan, et ils ne sont même pas sûrs qu'elle reprenne connaissance... »
Un long soupir lui échappe et à nouveau il avale une rasade de café. « Et le gosse reste optimiste. Je ne sais pas si c'est une bonne chose et si je devrais prendre exemple, ou si ça va empirer les choses si sa mère... »
La voix de l'homme s'étrangle et il ne parvient pas à terminer sa phrase. Il grimace mais, estimant que tout le monde, même le dernier des imbéciles, pouvait comprendre l'éventualité qu'il n'osait formuler, il ne prend pas la peine de faire un autre essai. Finalement, comme s'il s'agissait d'un verre d'alcool fort, Alexandre avale le reste de sa tasse d'un seul coup ; il aurait vidé un verre de vodka qu'il ne s'y serait pas pris autrement, pour être franche.
Ah ça, il n'avait pas l'air glorieux, pour sûr...

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Rappeltou
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MessageSujet: Re: I've hurt myself ~ | Matthew Jeu 20 Déc - 17:33
Bien sûr que la réponse était évidente. Elle était terriblement évidente. Ca se voyait à l'allure d'Alexandre. Un œil non avisé ne l'aurait peut-être pas remarqué mais... on parlait de Matthew. Alors il ne pouvait pas passer à côté des indices qu'il pouvait voir. L'haleine de son ami, le regard vide, l'absence au repas... Et puis l'état même de son fils. Ca lui semblait tellement... visible que pour lui seul un idiot serait passé à côté de tout ça. Et Merlin sait que Matthew n'est pas un idiot. Une bizarrerie de la nature, certes, mais pas un idiot. Pas quand il s'agissait de son meilleur ami tout du moins, qu'il connaissait bien trop pour ne pas remarquer tout ça. Alors oui, il savait que les nouvelles pour Leelou ne devaient pas être bonnes. Pas bonnes du tout même. Et il aurait préféré ne pas aborder le sujet d'ailleurs. Il aurait préféré pouvoir simplement rester avec Alex dans le silence. Et il aurait pu mais lui-même voulait savoir comment pouvait aller la femme. Il ne la connaissait pas vraiment, mais il avait cette tendance à s'inquiéter pour tout le monde, proche ou lointain, ami ou ennemi et... il espérait que parler pourrait peut-être aider un peu Alexandre. Et puis après tout, rien n'était perdu... Pas pour le moment, même si étant donné le comportement d'Alex il doutait que les choses s'améliorent. Elles risquaient même d'aller de mal en pis. Il avait une sorte de pressentiment à ce sujet.
L'homme se posa ainsi face à Alex, sortant le thermos de café, tandis que son ami apportait des tasses pour qu'ils puissent verser leurs boissons respectives. Il se servit, alors que l'Ecossais faisait de même de son côté. Il prit sa tasse entre ses mains et se laissa aller en arrière dans le confort du canapé.

Il prend la parole. Matthew se retient de grincer des dents. Mais sa mâchoire se contracte. Les nouvelles n'étaient pas bonnes... Son cœur se serre pour son ami qui allait avoir à subir la suite des événements. Bon sang... Comment personne n'avait pu voir venir ça ? L'amertume de l'annonce est difficile à avaler, et il remarque à peine la brûlure dans sa gorge du thé, suivit du goût subtile sur son palais. Il retient un nouveau soupir et laisse son ami poursuivre. Que les médicomages soient pessimistes n'était pas bon signe. Il existait de nombreuses maladies chez les sorciers, mortelles, mais il était tout de même rare que les médicomages soient pessimistes. Souvent, elles pouvaient se soigner si elles étaient prises en charge à temps. Il se demanda vaguement depuis combien de temps la femme connaissait son état, et si son actuel mari était au courant. Si c'était le cas... il ne comprendrait pas pourquoi elle n'en avait pas parlé à Alexandre. A vrai dire, il ne comprenait même pas qu'elle ne l'ait pas informé à l'origine. Sauf s'il s'agissait d'une maladie fulgurante, la situation était alors différente. Il aurait aimé que ça soit le cas. Il aurait aimé que ça n'arrive pas en fait. Car s'il n'avait pas été là au moment du divorce entre son meilleur ami et la plantureuse femme, il avait entendu parler de la façon dont ça s'était passé. Ca avait été quelque chose qui était venu naturellement à l'un comme pour l'autre, leur flamme s'était éteinte. Et tout ce que l'ancien auror avait réellement regretté de cette séparation avait été la « perte » de son fils. Mais là...
Il n'y était pas préparé. Il ne l'avait pas vu venir. Et... Bordel. Matthew ignorait totalement ce qui allait se passer. Et il ne savait pas quoi dire à son ami qui achevait de parler. Duncan restait optimiste. Non, ce n'était pas une bonne chose, clairement. Ca ne ferait que rendre la perte plus violente, plus douloureuse. L'optimisme était une arme à double tranchant. Et une telle blessure ne serait probablement pas simple à soigner.

Matthew ne sait pas quoi dire, alors que son regard reste fixé devant lui. Il voit dans son champs périphérique Alexandre qui vide d'une traite sa tasse de café comme il le ferait avec un verre d'alcool. Et il ne sait pas franchement quoi faire pour le coup. Quoi dire serait plus juste. Il n'aurait rien pu faire à part rester là. Il pourrait l'emmener loin, c'est vrai. Au sommet d'une montagne. Où il pourrait peut-être se sentir plus rassuré. C'était son environnement après tout. Mais ça n'aurait rien changé. Et puis ils étaient à Poudlard, il aurait fallu le traîner hors de son appartement, lui faire traverser les couloirs, le parc, puis finalement transplaner. Et il n'était pas vraiment en état. Il ferma un instant les yeux avant de les rouvrir, sans pour autant tourner son regard vers l'homme à ses côtés.

« Je ne saurais pas te dire. » Il se penche en avant, posa sa tasse de thé, puis pose ses coudes sur ses genoux, joignant ses mains pour les placer devant son visage, qu'il baisse un instant avant de le relever. Il était très rare de voir l'homme être si sérieux. « Je ne pense pas qu'il y ait une bonne façon de réagir... Même si je ne pense pas qu'il soit bon pour Duncan de se réfugier dans l'optimisme... »

Logique et rationnelle. C'était la voix qu'il avait choisi d'adopter. Mais ça ne lui convenait pas. Et il se voyait mal dire quelque chose comme « je suis désolé pour toi ». Elle n'était pas encore morte. Pas encore. … Il respire profondément. Il se doutait que ça ne devait pas être quelque chose de joyeux, mais là... Il ne s'était pas attendu à ça non plus. Pas du tout même. Il avait eu l'espoir bête pendant un instant que ça n'était pas si grave, et qu'il était juste sous le choc. Qu'il se remettrait. Mais si les médicomages se montraient pessimistes... Il faudrait un sacré coup de pouce du destin pour qu'elle s'en sorte. Réellement.
Merlin vienne en aide à ces pauvres âmes.

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MessageSujet: Re: I've hurt myself ~ | Matthew Sam 22 Déc - 12:40
Noir.
Un peu comme le café.
Alexandre broie déjà du noir, le regard songeur, un peu vide tant il essaie de ne montrer aucun de ses états d'âme, sans vraiment se rendre compte que ce renfermement complet en dit plus long que s'il s'était littéralement effondré. Mais il reste lui-même, un homme qui refuse de se laisser abattre et qui restera chêne jusqu'au bout, quitte à se faire déraciner par une tempête trop violente pour lui.
La voix de Matthew confirme avec gravité ce que lui-même pensait. Cette situation était horriblement étouffante, alors qu'il s'inquiétait à la fois pour cette femme qui avait été d'une importance essentielle dans sa vie, et aussi pour son fils, qu'il avait peur de voir s'effondrer comme un château de cartes s'il ne commençait pas à se préparer au pire. L'optimisme, une qualité dangereuse qui pourrait causer leur perte à tous les deux. Parce qu'Alexandre avait déjà bien du mal à encaisser la nouvelle, aurait du mal à encaisser la perte, et voir son fils, la chair de sa chair, tomber à son tour à cause du chagrin... Ce serait sans doute l'une des épreuves les plus difficiles qu'il aurait eu à affronter. Ce qui n'était pas peu dire. Et tout ce qu'il pourrait alors faire pour Duncan serait de rester à ses côtés, un appui solide et prenant autant soin de lui que possible, l'aidant à remonter la pente.
Il n'y avait malheureusement aucune magie pour les aider à surmonter pareille épreuve... Oh, oui, il y avait bien ce fameux sortilège d'allégresse qui pouvait les libérer de leur peine mutuelle l'espace de quelques heures, mais le piège serait de ne plus pouvoir s'en passer. La rumeur voulait que ce soit déjà arrivé à certains sorciers, qui finissait par l'utiliser comme une drogue, incapables d'avancer sans cette aide providentielle. Et ça les menait vers une existence misérable, sans inquiétude d'aucune sorte, pas même celle qui était bienfaisante. Non, décidément, ça n'était pas mieux que de se réfugier dans l'alcool...
Alexandre se surprend à avoir le regard qui a dévié vers son placard où il rangeait ses bouteilles, grommelle quelque chose d'incompréhensible, et se sert une nouvelle tasse de café. Il lui faudrait quelque chose de plus fort, là, pas ce vulgaire breuvage qui allait juste l'aider à rester éveillé ! Il n'avait pas besoin de ça, il était insomniaque, anyway !

Le regard plongé dans le café, il soupire lourdement et porte la tasse plus calmement à ses lèvres. Il aurait eu envie de hurler, de faire quelque chose, mais certainement pas de rester ainsi inactif, enfermé à l'intérieur. Une montagne ? Peut-être pas, mais il se sentait emprisonné pour le coup, alors qu'il avait besoin d'air. Mais il savait aussi que ce sentiment le poursuivrait où qu'il aille. Il était enchaîné par sa vie, par les liens qu'il avait construits au fur et à mesure des années. Enchainé à cette femme qui l'entrainerait possiblement au fond du trou si elle devait disparaître. Les entrainer, même, lui et l'enfant qu'elle avait mis en monde.
« Ptain, et j'peux rien faire... » souffle-t-il finalement en secouant la tête. Cette impuissance, en plus d'être désagréable, était horriblement frustrante. Savoir ce qu'il se passait, voir venir les conséquences de tout cela et, au final, être parfaitement incapable d'aider à ce que ça aille mieux... « Ni pour elle, ni pour le gosse. Je ne peux rien faire. » Sa tête se secoue à nouveau et gloup ! Le café disparaît d'un coup dans son gosier.
« Ptain y m'emmerde ton café. Tu vas pas me laisser boire plus fort, j'parie? » grogne-t-il finalement en passant du coq à l'âne, posant son regard aiguisé sur Matthew. « Et ne me dis pas que ton eau chaude est plus forte. » anticipe-t-il au dernier moment, voyant l'anglais venir à plusieurs kilomètres avec sa rhétorique à quatre noises deux mornilles.
Grmbl.

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MessageSujet: Re: I've hurt myself ~ | Matthew Mar 1 Jan - 14:29
Matthew savait qu'Alexandre était un homme fort, qui n'avait besoin de personne pour rester droit malgré la pression, malgré ce qui pouvait peser sur ses épaules. Mais malgré ça, il restait humain. Et il atteindrait ses limites à un moment. Il avait déjà traversé les guerres, les combats, la mort. Mais ce n'était pas pareil aujourd'hui. C'était une ombre différente qui planait sur sa vie. La perte d'une femme qu'il avait aimé pendant des années, qui lui avait donné un fils, qui avait été là, toujours, à ses côtés, même une fois qu'ils avaient divorcés. C'était une partie intégrante de sa vie. Et il allait la perdre. Et ça allait tout changer. Et ça, Matthew en avait une conscience terriblement aiguë. Dans quelques temps, quelques semaines, quand la ligne de non-retour serait franchit...
Par Merlin...
Il ne voulait pas y penser.

Les mains entourant toujours sa tasse, l'anglais portait son regard dans le vide, alors que son ami grommelait quelque chose d'incompréhensible. La nouvelle avait sonné sonné le professeur de métamorphose. Lui aussi avait traversé des peines, des douleurs. Lui aussi avait connu des batailles et des pertes. Au final, sans doute était-il l'un de ceux qui pouvait le mieux comprendre Alexandre, et peut-être était-ce pour ça qu'il ne savait pas. Il ignorait quoi penser et quoi faire. Et il n'osait pas penser à l'état dans lequel devait se trouver l'homme assis à côté de lui en cet instant.
L'impuissance le rongeait aussi sûrement que des termites infiltrant le bois. Et combien de temps faudrait-il avant que la structure ne cède face à ces parasites ? Matthew craignait le pire pour lui. Pour lui et pour son fils. Duncan n'irait sans doute pas mieux que l'homme une fois l'inévitable arrivé. Même si contrairement à ce que disait son ami, il pourrait faire quelque chose pour son fils. Il pourrait être là. Ils seraient là l'un pour l'autre. Et il faudrait qu'ils se serrent les coudes. Sinon ils ne s'en remettraient jamais. Bien qu'ils n'en avaient pas le choix. Il faudrait qu'ils avancent. Sinon ils causeraient leurs propres pertes. Et l'homme ne souhaitait ça pour rien au monde.
Bordel... Dire qu'Alexandre était, jusqu'à présent, heureux. Ou du moins n'avait-il pas grand chose dont il devait se soucier. Et là... Tout allait changer. En un instant. Tout avait changé, déjà.

« Non. Ca ne serait pas bon pour toi Alexandre. »

Sur le coup, l'anglais n'avait même pas songé ne serait-ce qu'à envoyer une répartie à son ami. Ce n'était pas franchement le moment. Pourtant, c'était tout à fait le genre de chose qu'il faisait en temps normal, même quand un ami allait mal. Parce qu'il se disait que s'apitoyer ne servait à rien. Que rien n'était jamais grave, que rien ne comptait vraiment dans une vie. Les erreurs, les échecs, ce n'était rien. Il suffisait simplement de tomber un peu, puis de se relever, de se redresser, et hop, tout irait tout de suite mieux. Mais là... Là non. Ce n'était plus si simple. Grandir était difficile, même à trente-trois ans.
On ne pouvait plus se le permettre, parfois.
Un sourire s'esquissa tout de même sur ses lèvres. Mais si, le thé l'aiderait sans doute mieux que l'alcool, pour le coup. Peut-être pas plus que le café, par contre. Bah.

« Mon eau chaude est la meilleure boisson de tous les temps. »

Quand même. Il fallait faire bonne mesure. Et puis éviter de trop se laisser aller à la tristesse. Elle n'était pas encore morte après tout.

Un voile de silence s'installe, enveloppe les deux compères. Sans doute ni l'un ni l'autre ne sait vraiment quoi dire. Et qu'y avait-il à dire après tout ? Chacun boit sa boisson, avec plus ou moins de calme, plus ou moins de précipitation. Matthew aurait aimé savoir quoi dire à Alexandre. Mais il n'y avait sans doute rien qui aurait vraiment pu être prononcé alors. Finalement, ne rien dire était sans doute la meilleure chose à faire. Simplement être là, à ses côté. C'était sans doute suffisant pour le moment.
Shayan arriva également, un peu plus tard, après s'être organisé avec les autres professeurs afin de pouvoir être présent. Pour son ami. Et les trois s'étaient retrouvé ainsi réunis dans l'appartement du professeur. Et toujours, le silence régnait. Et il régna encore durant les heures qui s'égrenaient. Rien ne serait plus pareil. Tout allait changer dans leur vie. A tous.
Et ils pouvaient n'en faire le deuil que dans un silence de mort.


RP Clos

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« Les gens, c'est comme les champignons. T'en as de toutes les couleurs,
de toutes les tailles, de toutes les formes, de toutes les statures, des plus
ou moins voyants, t'en as qui peuvent t'empoisonner, d'autres te faire
planer, te rendre joyeux. Ils peuvent être surprenant aussi. Bref, les
champignons, c'est cool. Et les gens aussi. »




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I've hurt myself ~ | Matthew

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