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[Défi OneShot - Validé] Et l'on n'y peut rien ~

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MessageSujet: [Défi OneShot - Validé] Et l'on n'y peut rien ~ Lun 26 Nov - 16:55
Et l'On n'y Peut RienJean-Jacques Goldman

Comme un fil entre l'autre et l'un
Invisible, il pose ses liens
Dans les méandres des inconscients
Il se promène impunément


Le sourire dessiné sur le visage d'une petite blonde, alors qu'elle entre dans sa salle commune, a quelque chose de surnaturel. Pourtant absent quelques minutes plus tôt, le simple souvenir de l'après-midi avait suffit pour que l'adolescente acquiert cet air ingénu et terriblement dérangeant pour quiconque la connaissait. Elle se souvenait encore du sentiment de détresse qui l'avait saisie quand sa main avait du quitter la patte de l'Ours, quand elle avait pincé les lèvres, lui jetant un ultime regard avant de se détourner pour rejoindre la prison qui les séparait.
Le coeur gros.
Alors comment avait-elle fait pour retrouver une soudaine bonne humeur, comment la félicité avait-elle pu remplacer le désespoir en son coeur ? Ah ça, l'endorphine y est sans doute pour quelque chose, couplée à l'ivresse amoureuse qui la possédait toute entière. Après de longues journées d'absence – une dizaine, ce qui peut vous paraître fort ridicule, mais qui reste, reconnaissez-le, un énorme lasps de temps pour deux personnes qui, depuis leur rencontre, ne se sont pas quittées plus de quelques heures – retrouver les bras protecteurs de Nioclàs n'avait été que délectation et douce euphorie. Sentir ses mains impatientes sur sa peau, goûter à la saveur de ses lèvres, écouter le son de sa voix, se perdre dan l'océan de ses yeux, s'ennivrer de l'odeur sauvage qu'il dégageait...
Tant de choses qui lui avaient manqué et qu'elle avait retrouvé avec une joie non-dissimulée, et qui avait pu effacer tous ses récents soucis – parmi lesquels elle comptait, oui, sa toute nouvelle couleur de cheveux. Et c'était avec plaisir – plaisir partagé, évidemment – qu'elle s'était livrée toute entière à Eros, superbement dissimulé derrière les crocs acérés d'Asmodée...
Comment, ne vous l'ai-je pas dit ? Une trace rougeâtre, qui deviendrait sans doute bleue, marquait l'adolescente à l'épaule, savamment dissimulée par le foulard vert qu'elle avait eu la présence d'esprit de nouer autour de son cou le matin-même.
Et donc, malgré la séparation, elle semblait être toujours accrochée à lui par des liens invisibles, comme un pantin habilement dirigé par le marionnettiste de l'Amour.

Et tout un peu tremble
Et le reste s'éteint
Juste dans nos ventres
Un nœud, une faim


Maintenant, il lui restait plus qu'un souvenir à chérir, des sensations à recouvrer, pour que ses sentiments puissent continuer à la parcourir jusqu'au bout des ongles. Le reste n'importait plus vraiment, et, alors qu'elle jette joyeusement ses chaussures sur le côté de son lit, Séraphine ne garde plus que cette douce sensation au creux de son ventre, comme des papillons s'éparpillant en tous sens.
Ah, l'Amour... Il peut vous changer les gens, les métamorphoser plus sûrement qu'un sortilège ~
Du coup, en plus du sourire, la jeune fille semblait possédée par le démon de l'enthousiasme, virevoltant plus qu'elle ne marchait sur ses pieds nus, la robe noire qui l'enveloppait se soulevant au rythme de ses pas. Ah ça, ça n'aurait surpris personne qu'elle esquisse un pas de danse pour entamer une belle farandole, le coeur allégé par la simple présence d'un homme dans sa vie.
Enfin, ça n'aurait surpris personne... Si, justement. Ça aurait pu surprendre beaucoup de monde, en fait. Une Miss Mistaken adoptant un comportement pareil, ça tenait presque de l'Imperium, au final. Ah mais n'était-ce pas le cas ? N'avait-on pas lancé ce Sortlège Impardonnable sur son coeur, pour le livrer, organe fragile, aux mains d'un pauvre homme qui ne l'avait pas demandé ? Et n'avait-on pas confié à la jeune fille le palpitant instrument de l'Irlandais, pour qu'elle en prenne grand soin ?
Et ainsi n'étaient-ils pas devenus esclaves l'un de l'autre ? Esclaves d'une fatalité qu'aucun d'eux n'avait vue venir, pour laquelle ils se damneraient volontiers tant qu'ils pouvaient rester liés.

Il fait roi l'esclave
Et peut damner les saints
L'honnête ou le sage
Et l'on n'y peut rien

Et l'on résiste on bâtit des murs
Des bonheurs, photos bien rangées
Terroriste, il fend les armures,
Un instant tout est balayé


Comme on ne voit rien venir, on ne demande rien... Et l'on n'y peut rien. Vivre avec était la seule option envisageable, et ce sans songer à la possibilité de voir tout s'effondrer un jour. Mais qui bâtit son avenir en songeant à sa possible destruction ? Certainement pas Séraphine, qui s'était, non sans réserve, lancée dans cette aventure et aujourd'hui n'envisageait plus qu'elle cessât un jour. Pourrait-elle seulement continuer à avancer sans l'aide providentielle qu'il lui apportait, sans ce réconfort, sans cette protection qu'il lui prodiguait ?
Se faufilant gracieusement entre ses camarades de dortoir, l'adolescente sort de la salle commune, tournoyant parfois sur elle-même pour éviter de toucher quelqu'un, ses cheveux blonds suivant la cadence dans de grâcieux mouvements donnant un air vaporeux à la jeune silhouette. Et elle s'élance dans les couloirs, monte les escaliers comme si des ailes avaient soudainement poussé dans son dos.
Qu'importe les regards étonnés, elle ne s'en souciait guère plus que les regards haineux qu'elle récoltait chaque jours. Qu'importe les tableaux et leurs discussions soudainement interrompues par l'arrivée d'une adolescente dansant presque dans les couloirs déserts. Rien de tout cela n'avait d'important alors que la félicité l'étreignait avec douceur.
Quelques mois ne seraient pas si longs, n'est-ce pas, tant qu'elle pouvait garder cette chaleur en elle – et ne voyez-là aucun jeu de mots pervers je vous prie – tant qu'elle gardait en elle cette fleur de l'Amour et la laissait s'épanouir sans jamais la laisser se fâner.

Tu rampes et tu guettes
Et tu mendies des mots
Tu lis ses poètes
Aimes ses tableaux


Silencieuse, la voici qui bondit entre les étages, sans but réel. Ce n'était pas comme si un pari avait été fait et la tirait jusqu'ici, dans le simple but de la ridiculiser, elle ou d'autres, au travers d'un défi stupide. Non, elle n'était que volupté en quête d'accalmie... Mais sans la désirer toutefois. Pourtant n'arriverait-elle pas un jour ? Alors devrait-elle s'emparer d'un livre envoyé par son amant, pour se replonger dans l'univers de mots que lui-même aurait parcouru, alors devrait-elle s'enfouir dans une de ces chemises trop grandes pour elle dans l'espoir de ressentir un peu de sa présence, alors devrait-elle jongler avec les mots pour lui communiquer ce qu'elle ressentait, dans l'attente d'une réponse taillée du bout de la plume.
Oh !
Une idée la saisit soudainement, et elle s'arrête dans le couloir du cinquième étage, s'interrogeant sur la possibilité de faire une photographie pour cet homme, pour qu'il puisse avoir un peu d'elle auprès de lui. Après tout, par quel moyen pouvait-il accéder à sa présence, outre les parchemins qu'elle lui envoyait ?
Ah ma petite, si tu savais quelle tête profite de ton oreiller, en ton absence...
L'idée fait son chemin, mais Séraphine se dit que finalement, elle ferait mieux de faire ça seule, dans son dortoir, à une heure où personne ne serait là, plutôt qu'au milieu d'un coulor alors que l'euphorie est toujours présente en son âme. Alors reprend-t-elle son chemin, joyeusement, esquisse-t-elle un pas de danse au coin de couloir, virevoltant de plus belle jusqu'à atteindre les étages supérieures.

Et tu cherches à la croiser
T'as quinze ans soudain
Tout change de base
Et l'on n'y peut rien


Alors qu'elle arrive au septième étage, son regard est attiré par une silhouette large d'épaules. Ses sourcils se froncent, et dans un nouveau mouvement vaporeux, elle se retourne pour capturer des yeux ce que son esprit ennivré veut lui faire voir.
Oui, il avait aussi foulé les dalles du sol de l'école. Il avait mangé les mêmes patates servies par les elfes de maison au moins une fois toutes les deux semaines. Les choses auraient-elles été différentes s'il avait été ici avec elle, s'ils avaient eu quinze ans tous les deux, deux adolescents idiots se tournant autour en refusant d'être complices, en refusant leurs sentiments, mais en les vivant de façon toute aussi, sinon plus poignante que deux adultes consentants ? À un tel âge où les hormones fourmillent, la passion les liant n'aurait-elle pas été plus absolue, jusqu'à s'adoucir avec le temps et devenir tendresse et complicité avec les années passées ?
Ah qu'il est bon de fantasmer ses désirs, même en les sachant impossibles à réaliser. Qu'il est bon de se dire que même dans ces circonstances ô combien différentes ils auraient pu se découvrir, se lier, s'ennivrer, simplement s'aimer.

Il s'invite quand on ne l'attend pas
Quand on y croit, il s'enfuit déjà
Frère qui un jour y goûta
Jamais plus tu ne guériras


Il faut dire que dès lors qu'elle avait mis le pied dans cette douce fatalité, elle y avait pris goût et ne désirait guère s'en séparer. Quelle personne saine d'esprit voudrait se séparer d'un tel sentiment, guérir d'une si tendre maladie ?Qu'il l'emporte donc, ce mal du bonheur, ce mâle de bien-être ! Elle s'offrait à lui volontiers, et à la nuit qu'ils pourraient goûter ensemble, sans se soucier d'autre chose.
Main dans la main... Ou dans autre chose.
Ahem.

Les yeux noisettes scrutent l'obscurité extérieure, surplombée par la nuit et par un concert d'étoiles brillant toutes plus les unes que les autres. L'adolescente se plait alors à se laisser aller, une fois encore, à l'allégresse de son coeur, son regard se perdant dans la contemplation des yeux.
Et son imagination laissant apercevoir, dessiné dans les astres, le visage d'un homme qui la comblait plus qu'il ne saurait l'imaginer.

Il nous laisse vide
Et plus mort que vivant
C'est lui qui décide
On ne fait que semblant
Lui, choisit ses tours
Et ses va et ses vient
Ainsi fait l'amour
Et l'on n'y peut rien


1445 mots ~ Sans les paroles ~

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