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S'oublier | Evangeline

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Rappeltou
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MessageSujet: S'oublier | Evangeline Ven 21 Déc - 12:36
Samedi 18 Septembre
Les chaussures martèlent sèchement les rues pavées ruisselant de pluie. Le cuir de dragon sur son dos attire les regards de jeunes filles en fleur, mais il n'y prête pas attention une seule seconde. Pas plus qu'au reste du décor, ni au temps, ; tout ce qui retient sa concentration sont les autres téméraires se promenant sous l'averse londonnienne, qu'il évite en se mettant de profil de temps à autres, d'un rapide coup d'épaules dans le vide. Ses grandes enjambées le font passer sans mal pour un citadin des plus pressés et le fondent parfaitement dans le décor. Pourtant, les sourcils légèrement froncés, le dos droit et le maintien sûr, Alexandre n'a décidément rien d'un londonnien. Et tous le sauraient s'il ouvrait la bouche, peu importe les mots qui passeraient ses lèvres.
Qu'importe ?
De ruelle en ruelle, depuis qu'il a quitté Poudlard, l'homme n'hésite pas un instant, comme s'il avait fait ce chemin toute sa vie. Et ce jusqu'à arriver au pied d'un bâtiment bien connu, dans lequel il aurait pu transplaner directement – ce qu'il n'avait pas fait pour être certain de pouvoir garder contenance : l'hôpital Ste Mangouste.
Il jette un regard autour de lui, s'adresse au mannequin de la vitrine et finalement passe la barrière magique... Pour se faire immédiatement alpaguer par ce qui ressemble à une soigneuse. Une minuscule soigneuse aux longs cheveux blonds, lequels sont relevés pour des questions d'hygiène. Les mots dégoûtant, environnement sain et inadmissible parviennent à franchir la barrière de froideur que l'homme entretient depuis quelques jours, et il comprend rapidement le problème.
Si son blouson de cuir avait protégé son buste de l'eau, il n'en était de même pour le reste de son corps. D'un geste las, il ouvre la veste, plonge la main droite à l'intérieur, en sort sa baguette et, en un tour de main, sèche l'intégralité de sa personne, de la tête aux pieds. La soigneuse semble satisfaite et Alexandre n'a alors plus qu'à parcourir les couloirs jusqu'à trouver Leelou. Une main passe rapidement dans ses cheveux, par habitude, avant qu'il ne frappe à la porte et ne l'entrouvre.

Qu'entends-je ?
Non, il n'a pas emmené Duncan. Si son fils est tenu informé de la situation, il a préféré venir seul, cette fois, confiant l'adolescent à des amis qui sauront sans doute mieux lui changer les idées que l'inquiétude d'un père.
La porte s'ouvre et son regard sonde immédiatement la pièce. Simon n'est pas là. Est-il à l'école, retenu par des obligations, ou parti se chercher un café au dernier étage ? Qu'importe, une fois encore. Il ferme derrière lui pour s'approcher du corps endormi – ou inconscient ? Difficile de dire – et s'installer à son chevet. Elle a l'air paisible, paupières ainsi closes. Si loin de son visage déformé par la colère, de ses mines mutines, de son sourire... Il s'humecte brièvement les lèvres, quand une pensée un peu incongrue lui traverse l'esprit... Et le surprend en passant ses lèvres.
« Ça faisait longtemps qu'on ne s'était pas ainsi retrouvés en tête à tête... » lâche-t-il dans un souffle nostalgique. Oui, longtemps. Et peut-être cela n'arriverait-il plus de si tôt.
Et il reste ainsi à son chevet pendant un certain temps. Arrivé en tout début d'après-midi, il ne fait mine de partir que lorsque la porte s'ouvre à nouveau pour laisser passer son rival de toujours. Ne désirant pas partager cette peine avec lui, il se contente d'un signe de tête rapide avant de passer la relève, sans un mot. Et c'est en silence qu'il sort, dans un lourd soupir. Il ne traine pas dans ce lieu maudit, et ressort bien vite, retrouvant les pluies diluviennes qui se déversent sur la ville.
Son visage se lève vers le ciel, ruisselant de l'averse. Le coeur gros. Et il reste ainsi immobile sur le trottoir, indifférent à la foule, les pensées se bousculant les unes les autres dans son esprit.

Et puis, ses sourcils se froncent brièvement.
Une idée incongrue mais qui lui semble pleine de sens vient de faire son entrée dans sa petite tête. Ses yeux se ferment un instant, durant lequel il prend la peine de refermer sa veste – c'est toujours utile – avant de fendre la foule flegmatique cachée sous des parapluies de toutes les couleurs. Et il reprend son parcours chaotique dans les rues de Londres, mais sait pertinemment qu'il n'en a pas pour long. Si sa mémoire était bonne – et sa mémoire est toujours bonne – elle habitait dans le quartier, pas très loin de la Tamise.
Alors le voici qui traverse les avenues à grands pas, jusqu'à s'engouffrer dans une rue adjacente, manquant de justesse de la rater, porté par la foule. Mais une fois qu'il y parvient, c'est dans un soupir de contentement. L'oppression des capitales lui était toujours aussi désagréable... À se demander comment on pouvait vivre entassés en un seul endroit. Il secoue la tête et reprend sa route, jusqu'à une petite rangée de maisons typiques, dissimulant derrière ces jolies façades des appartements de toutes tailles. Il sonde l'allée et finalement passe une petite barrière. Il pousse la porte de la résidence, se trouvant enfin au sec.
Ah qu'il est beau notre Alexandre ! Dégoulinant de pluie, les cheveux se collant au front et aux tempes, le bas de pantalon trempé d'une eau de ville qui n'a donc rien de bien propre. Pourtant il ne s'en soucie guère, se contente d'ouvrir sa veste qui lui tient bien trop chaud et s'avance dans le couloir sombre. Il grimpe les escaliers quatre à quatre, jusqu'à arriver à sa destination.
Sur la sonettre – c'est bien comme ça que disent les moldus ? – on lit un nom. Evangeline Hopkins. Une fois encore, sa mémoire ne lui avait pas fait défaut.

Bom, bom, bom.
Trois coups sourds, durs, retentissent alors qu'il frappe à la porte. Il entend bien vite de l'agitation à l'intérieur. Dérange-t-il ? Peut-être. Il faut dire qu'il n'était pas des plus corrects de venir ainsi chez quelqu'un sans prévenir, il en était conscient. Mais ça n'était pas plus prévu pour lui que pour elle, même si partager ainsi une partie de l'après-midi avec cette charmante jeune femme avait été une pensée posée comme une évidence.
Oublier. S'oublier.
Même pour quelques minutes, tout était bon à prendre. Et puisqu'on avait décidé de lui couper les vivres – comprenez par là que l'alcool lui était interdit depuis quelques jours – il fallait bien qu'il trouve une parade. Ce n'était pas très glorieux pour la petite Evangeline, il faut bien le reconnaître... Mais bon, Alexandre a-t-il meilleur place dans sa vie ? Probablement pas.
Quand deux adultes consentants se retrouvent régulièrement pour s'unir dans le stupre et rien d'autre... Qu'attendre de plus ?

« Bonjour, Eva. » souffle-t-il de la voix rauque de celui qui n'a pas beaucoup parlé ces dernières heures. Avisant le regard de la jeune femme, il fronce un instant les sourcils, avant de se rappeler de son état d'homme détrempé, et ressort sa baguette pour remédier à cela avant de poursuivre. « Je suis désolé de passer à l'improviste... Tu fais quelque chose, cet après-midi? »
Non ? Ce serait une réponse parfaite. Parce qu'ainsi, elle aurait quelque chose de tout nouveau qui viendrait se mettre en place sur son emploi du temps.

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MessageSujet: Re: S'oublier | Evangeline Ven 21 Déc - 16:42
Samedi 18 Septembre

Installée à la table de son séjour, Evangeline était assise sur une chaise de bien étrange façon. Une de ses jambes ramenée contre elle, l'autre venait toujours toucher le sol. Elle était légèrement penchée en avant, le nez dans un livre, portant des lunettes pour l'aider dans sa lecture. Armée d'un stylo, elle prenait des notes à côté. Des runes, dessinées avec une certaine précision. Simplement habillée, elle portait sur son dos un long châle dans lequel elle s'était enroulée. Il faut dire, dans l'appartement qu'elle occupait, il ne faisait pas particulièrement chaud. Difficile à dire si c'était à cause de la pluie qui tombait dru à l'extérieur ou du fait qu'elle venait à peine de rentrer de son travail. Elle avait enfin réussi à obtenir un week-end. Ca faisait maintenant quelques jours qu'elle n'avait pas pu se reposer, travaillant sans vraiment s'arrêter. Il faut dire que les récents événements ne prêtaient pas vraiment aux loisirs. Un attentat contre la famille Weasley avait eu lieu, et tout le pays était encore sous le choc. Même si après une semaine, la vie avait largement eu le temps de reprendre son cours.
Elle-même ne comprenait pas comment ce genre d'événement avait pu se produire. Alors à Ste-Mangouste au moment où c'était arrivé, elle avait été réquisitionnée pour aider à soigner les blessés. Et ça n'avait pas été très beau à voir. En tout ca, si le Mouvement d'Ouverture était vraiment derrière tout ça, ils avaient trouvé le meilleur moyen possible pour se faire de la mauvaise pub. Elle avait tout de même du mal à croire que ce soit eux qui aient fait ça. Elle ne les croyait pas assez bête pour aller si loin.

Poussant un soupir, elle nota une nouvelle rune sur son parchemin, après avoir revérifié dans le livre devant elle sa justesse. Bien. Poursuivant sa lecture, elle nota quelques formules, quelques mots latins, et marqua la page qu'elle venait de lire avant de la tourner pour poursuivre sa lecture. Elle devrait normalement se reposer, dormir notamment, mais elle ne voulait pas décaler ses horaires. Surtout qu'en ayant du temps libre demain, elle irait sans doute voir Edmée. Aujourd'hui sa fille se trouvait à l'anniversaire d'une de ses amies. D'ailleurs, c'était celui de la petite bientôt. Dans deux mois environ. Elle devait réfléchir au cadeau qu'elle allait lui offrir. Ca lui ferait sept ans. Hum...
Mordillant le bout de son stylo, elle releva la tête et chercha du regard sa tasse de café qui se trouvait non loin. Elle posa ce qu'elle tenait, s'en saisit et bu une gorgée. Arg. Il était froid. Poussant un soupir, elle se leva et se dirigea jusque dans sa cuisine. Elle aurait pu le réchauffer d'un bête coup de baguette, évidemment. Mais elle avait gardé de nombreuses habitudes moldues, même en ayant passé la majeure partie de sa vie en dehors de celui-ci. Et c'était d'ailleurs une des raisons qui l'avaient poussé à s'installer hors du monde magique, à Londres. Elle n'avait pas envie d'avoir à refaire elle-même toutes les installations électriques, entre autre. C'est ainsi que sa tasse atterrie dans un micro-onde, pendant qu'elle ouvrait un placard pour en sortir deux spéculoos, dont un qu'elle commença à grignoter tranquillement tout en retournant dans le séjour. Elle s'arrêta un instant devant un tableau blanc accroché contre son mur. De nombreuses choses incompréhensibles y étaient inscrites, et alors qu'elle le parcourait des yeux, elle s'arrêta un instant et s'avança pour le modifier, effaçant deux nombres qu'elle s'apprêtait à remplacer lorsqu'elle entendit frapper à sa porte. Tiens, voilà qui était étrange. Elle n'attendait personne en cette magnifique journée. Haussant un sourcil, elle s'avança jusqu'à la table où elle se trouvait assise plus tôt, et prit sa baguette restée dans son manteau, posé sur la chaise où elle était juste avant, pour rendre invisible ce qui était inscrit sur son tableau. Elle ne prit pas le temps d'ôter ses lunettes.

Elle se dirige vers la porte, allumant la lumière de l'étroit vestibule et s'arrêtant pour se recoiffer un instant dans le petit miroir du couloir, puis s'arrête pour ouvrir. Son châle qu'elle ne retient désormais plus tombe un peu pour dévoiler un haut simple, et comme la moitié de ceux qu'elle possède permettant d'avoir un panorama fort intéressant sur la vallée de sa poitrine.
Alexandre. Ca, elle ne l'avait pas vu venir. Elle s'attendait éventuellement à un vendeur au porte à porte, peut-être un ami, ou elle ne savait pas, mais pas à lui.
« Alexandre... ? » Sa stupeur est visible. Elle reste interdite un instant, notamment en voyant sa tenue qu'il corrige rapidement, avant qu'il ne pose sa question. C'était rare qu'il se présente ici sans avoir prévenu à l'avance. Que ça soit en plein après-midi était un peu moins étrange après, dans la mesure où les horaires de la jeune femme les poussait parfois à se voir à des heures plutôt variables, mais là... Surtout qu'il semblait... différent de d'habitude, sans qu'elle sache vraiment de quoi il s'agissait.
Ce qu'elle fait cet après-midi ?

« C'est pas grave, je n'ai rien à faire de toute façon, pour répondre à ta question. Tu veux entrer prendre un café ? » C'est ça, si elle se souvient bien, qu'il boit. Ou de l'alcool, mais en plein après-midi, le café lui semble plus raisonnable. « Ou autre chose, j'ai ce que tu veux je pense. »

Elle lui offre un sourire, tout de même contente de le voir en un sens. Bien qu'elle aurait apprécié qu'il prévienne, qu'elle puisse ranger un peu. Ca aurait évité les grimoires qui traînent, ainsi que les livres plus conventionnels, moldus, dans le tas, éparpillés un peu partout dans la pièce à vivre. Au moins elle avait pris une douche en rentrant tout à l'heure, c'était déjà ça de gagner. Mais elle n'avait pas pris le temps de se parfumer, ou de vraiment se maquiller ensuite. Et... Et il y avait tout un tas de choses qui lui passaient par la tête en cet instant. Un tas de choses inutiles, puisque ce n'est sans doute pas à ça qu'Alexandre va faire attention.
Elle est prête à s'écarter pour le laisser passer.

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MessageSujet: Re: S'oublier | Evangeline Sam 22 Déc - 12:04
Qui est-ce qui doit se faire violence pour ne pas tomber tête la première dans le décolleté généreusement offert à son regard ?
Mais Alexandre est un homme plein de volonté et si son regard est irrémédiablement attiré par les lois de la gravité, il se ressaisit bien vite pour affronter les yeux de la jeune femme. Ses vrais yeux. Surprise de sa venue ? Bien évidemment. Il faut dire qu'il n'était pas dans les habitudes de l'écossais de se pointer à l'improviste chez qui que ce soit, sa correction le poussant d'ordinaire à prévenir, même si c'était au tout dernier moment. Sauf qu'il avait ici agi sur le coup de l'impulsion, voire de la pulsion la plus totale, et que quitte à se faire refouler à l'entrée – haha – il préférait que ce soit sur le vif, face to face.
Mais par chance, non, la demoiselle n'avait rien de prévu pour cet après-midi. L'homme retient de justesse un sourire carnassier, celui du prédateur qui sait que sa proie lui sera livrée comme il l'espérait, et se contente de hocher la tête. C'était parfait.
Un café ? Bonne mémoire, jeune fille, mais là, non. Il n'a absolument pas envie d'un café. Un verre de whisky ne serait pas de refus, mais encore une fois, ce n'était pas sa motivation première. Quitte à boire un whisky, d'ailleurs, il préférait aller en quête d'un bon breuvage dans sa réserve personnelle – qui ferait pâlir d'envie n'importe quel amateur – plutôt que d'en piquer à cette créature qui n'en avait peut-être pas, par ailleurs.
Et là, elle lui tend la perche la plus immense de la planète. Elle avait ce qu'il voulait ? Oho...

« Tu n'imagines pas à quel point. » se contente-t-il de répondre avant de s'avancer d'un pas et, sans aucune autre sorte de cérémonie, de glisser sa main contre la joue de la jeune fille, pour redresser à peine son visage et lui permettre d'accéder à ses lèvres.
Ah ça, les intentions du mâle étaient on ne peut plus claires. Oui, elle avait ce qu'il voulait, et c'était précisément la raison de sa visite. D'accord, en général, ils s'accordaient mieux que cela pour se voir, selon leurs envies communes et j'en passe, mais pour le coup, attendre de convenir d'une date et d'une heure n'était absolument pas envisageable pour lui. Et puis, elle était libre, n'avait rien de prévu cet après-midi, donc plutôt que de boire un café – ce qui leur aurait sans doute permis d'échanger un peu avant d'entrer dans le vif du sujet – ils pouvaient passer directement à bien plus constructif.
Et ne vous en faites pas qu'Alexandre passe à plus constructif, oh là là ! Il n'attend pas bien longtemps – juste celui qu'Evangeline puisse se remettre d'une possible surprise – pour s'avancer encore d'un pas, puis d'un autre, pour la faire reculer et entrer à l'intérieur – hahahah ! – ; il referme la porte sans ménagement derrière lui, d'un coup de pied, et pose les mains sur les frêles épaules qui s'offrent à lui, bien décidé à les dénuder et à profiter de leur chair.
Oh, oui, tendre chair à la merci du dragon, qui se fera un plaisir de mettre le feu à ce corps si désirable, pour le consumer de désir et de volupté ~

Oh, un mur !
Hop.
Alexandre pousse encore un peu la jeune femme jusqu'à appuyer son dos contre le mur, lui permettant de la coincer complètement, et d'être un peu plus libre. Hm ? Plus confortable qu'un mur ? Oh oui, je n'en doute pas et lui non plus. Mais ils ont encore le temps de progresser jusqu'à plus moelleux, ne vous en faites pas. Mais il s'est déjà pratiquement invité chez elle, il ne va pas non plus imposer d'aller jusqu'au canapé – ou jusqu'au lit, au choix – dans la foulée. Eva était bien assez grande pour le rappeler à l'ordre et lui dire qu'elle et son dos aimeraient bien un peu de douceur.
La douceur... Disons que pour une fois, il semblerait que l'écossais en soit dépourvu. Oh, il s'applique tout de même à laisser trainer ses lèvres dans le cou de la jeune fille pour en dévorer la chair, dévoile ses épaules avec application, et ses mains se font rapidement baladeuses – bah oui, on ne lui offre pas une vue pareille sans conséquence...
Il ne lui faut pas bien longtemps pour attraper les jambes de sa partenaire et la soulever sans mal, retrouvant le chemin de ses lèvres sans avoir à les chercher bien longtemps.
Et le temps s'égraine avec sa lenteur habituelle, loin de la considération des deux adultes qui se lient dans un consentement mutuel, et une allégresse partagée ~

***

« Accio cigarettes» grommelle Alexandre d'une voix rauque. Il n'a pas la moindre idée d'où est sa veste en cuir. Probablement quelque part dans le couloir. Par contre, va savoir pourquoi, il a sa baguette à portée de main. Il a du avoir le réflexe de l'embarquer avec lui, comme les capotes, même dans leur déplacement jusqu'au lit de la belle. Et c'est après l'avoir gentiment câlinée pour éviter de s'endormir mollement après l'amour qu'il s'empare du bois magique laissé sur le chevet pour faire venir à lui son sacro-saint paquet de clopes.
Un regard d'Evangeline lui fait comprendre qu'il oublie quelque chose et, toujours d'un mouvement de baguette, il ouvre la fenêtre de la chambre. Il attrape le paquet de poison d'un mouvement souple, en sort un petit tube de mort, le coince entre ses lèvres, l'allume avec sa magie avant d'enfin reposer le bâton du sorcier.
Raaah... Endorphine, nicotine. Rien de tel pour se détendre, même pour l'espace de quelques instants – quoi que les instants étaient longs, pour le coup, là. Encore couvert par un drap, le dos appuyé contre la tête de lit, il passe un bras autour du corps aux formes généreuses, gardant la jeune femme contre lui tout en tirant simplement sur sa clope.
Parler ? Il n'était déjà pas bavard, mais en plus c'était un homme, un vrai, de ceux qui ne parlent pas après l'amour. Il avait déjà fait l'effort de lutter contre le sommeil premier, alors...

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MessageSujet: Re: S'oublier | Evangeline Sam 22 Déc - 13:16
Elle comprend tout à fait le regard descendant de l'homme. Elle aussi si elle se trouvait face à un tel décolleté offert au regard elle ne se priverait pas. D'autant plus s'il s'agissait du sien. Pourquoi s'en priver après tout ? Néanmoins, elle apprécie tout de même l'effort qu'il exerce pour relever son regard vers elle. Un regard fascinant, qui n'avait pas manqué de la marquer déjà à leur première rencontre. Mais aujourd'hui il n'avait pas le même éclat que d'habitude. Et si la curiosité l'assaillait, ce ne serait bientôt plus la seule à le faire.
Elle le voit qui s'approche, sent sa joue sur sa main, et elle laisse son visage se relever sous sa pression, sachant pertinemment ce qu'il se passerait ensuite. Mais malgré tout, une certaine surprise accompagna ce geste. Elle n'était pas habitué à un traitement de leurs affaires si direct. Bah, pourquoi pas. Du bout des doigts, elle ferme la porte en la repoussant, entraînant dans ce même geste ses doigts qui s'invitèrent à se glisser dans la nuque d'Alexandre. Elle se glisse à peine sur la pointe des pieds, sentant comme un attrait irrésistible vers lui. Ou bien était-ce pour lui éviter de trop souffrir du dos par la suite ? Non, elle n'aurait pas pensé à ça en cet instant. Pas alors qu'ils reculaient vers l'intérieur, pour s'arrêter contre un mur solide. Et droit. D'ailleurs, il ne serait probablement bientôt plus le seul à l'être, si ça n'était pas déjà le cas.

Elle sent qu'il se montre plus rude qu'en temps normal, mais ne s'en soucis plus, la passion étant venue prendre la place qui lui était dû en cet instant, dévorant la curiosité d'une bouchée qui ne la rassasia même pas. Oh non, il lui faudrait autre chose pour se satisfaire, se nourrissant insidieusement des soubresauts d'un désir brûlant et dévorant. Et d'une satisfaction qui l'était tout autant.
Mais nous n'y étions pas encore. Et si Alexandre sollicitait déjà les formes de notre rouquine, celle-ci laissait ses mains se glisser sur la peau de l'homme, dessinant dans des caresses des contours qu'elle commençait à connaître. Du moins à peine eut-elle le temps de le faire, ou en tout cas pas assez à son goût, avide de contact charnelle maintenant que l'homme avait allumé en elle un brasier dévorant. Le vile. Il la souleva, elle passa ses jambes autour de lui, et vint l'emprisonner de ses bras, entourant sa nuque alors que leurs lèvres se retrouvaient à nouveau. Vous ici ? C'en était étonnant.
Les souffles se mêlent l'un à l'autre, et ce ne sont pas les seuls à être de la partie, car parfois ils laissent s'échapper, l'espace d'un instant de répit, des gémissement chez la jeune femme.

Enchaînés l'un à l'autre, la prison de la passion leur offrait leur courte liberté. Et voilà qui les occuperait encore pendant un temps. Un long temps.

***

Les vêtements ont été éparpillés un peu partout, sur le chemin jusqu'au lit. Et Evangeline serait bien incapable de se rappeler quoi a fini où. Il faut dire, la traversée jusqu'à la chambre avait été laborieuse en un sens. Mais ce n'était pas l'important. Elle passe une main dans ses cheveux, alors qu'il appelle ses cigarettes. Son regard dévie sur lui alors, dans un simple rappel. Il ouvre la fenêtre. Bien. Elle fait un sourire plus grand que celui qu'elle avait déjà sur les lèvres à l'homme. Bien. Lui aussi avait bonne mémoire.
Elle avait eu du mal à ne pas s'endormir après avoir pu abreuver ses désirs voluptueux. L'enivrement des sens était plaisant, et bien plus encore, mais particulièrement fatiguant. Ou étourdissant. On n'en ressortissait pas si simplement, en tout cas, et le corps avait besoin de récupérer. Mais elle se sentait tout de même bien.

Elle se colle contre lui et ramène un peu le drap à elle. Il fait frais dehors, et le courant d'air crée par l'ouverture de la fenêtre n'aide pas vraiment à la conservation de la chaleur. Être nue non plus. Elle laisse sa tête reposer sur le torse de l'homme, alors que sa main vient tracer les traits de ses muscles, machinalement, pour s'occuper.
Elle le sait silencieux, et ne sait pas si briser ce silence artificiel d'inexistence, rythmé par la pluie et l'expiration d'Alexandre, serait une bonne idée. Mais la passion disparu, et même remplacé par cette sensation de satiété, ne peut plus retenir la curiosité qui revient doucement l'envahir. Elle n'aime pas se montrer indiscrète, surtout après ce genre de moment. Elle ne veut pas les laisser s'envoler comme ça, ça serait si bête. Et puis sans doute Alexandre n'a pas envie de répondre à un interrogatoire.
Les caresses d'Evangeline s'arrêtent. Sa main vient lui voler un instant sa cigarette, et elle en tire une bouffée, avant de lui rendre. Ca lui arrivait de temps en temps. Sa main retourna se poser là où elle se trouvait peu de temps avant, sans pour autant reprendre ses gestes tendres, en grande – mais pas totale – opposition à ce qui venait de se passer dans ce lit. Et elle se maudit en cet instant.

« C'est drôle mais... Ce n'est pas dans tes habitudes. De venir comme ça, je veux dire. A l'improviste. » Ses mots sont maladroits, et sa voix moins contrôlée que d'habitude, laissant paraître son accent plus que de raison. L'interrogation était sous-jacente à ses paroles, mais elle savait l'homme assez intelligent pour la comprendre. Mais elle était aussi assez vague pour lui laisser l'occasion de l'éluder s'il le voulait. Elle se mordit l'intérieur de la joue. Elle ne voulait pas être celle qui s'occupait de ce qui ne la regardait pas. Mais elle ne pouvait pas non plus rester indifférente. Ca aurait été aller à l'encontre de ce en quoi elle croyait. A savoir, parler ne pouvait qu'aider. Et se confier à elle encore plus.

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MessageSujet: Re: S'oublier | Evangeline Sam 22 Déc - 14:14
Les yeux bleus sont vite attirés par la pluie qui continue de tomber dru, à l'extérieur. Le doux son des gouttes qui se heurtent aux toits, au sol, aux parapluies le berce lentement mais sûrement. Heureusement qu'il a sa cigarette pour le maintenir occupé. Parce que là, avec la douce chaleur du corps blotti contre lui, les hormones du plaisir le shootant encore un peu, il fallait bien qu'il ait l'esprit et le corps occupé pour ne pas s'endormir. Et si tout cela l'empoisonne, ça ne le dérange pas outre mesure.
On lui vole son tube de poison, l'espace d'une seconde et, s'il fronce alors les sourcils, il ne proteste pas – tant qu'il la récupère... - et tire à nouveau dessus pour sentir la fumée âcre tapisser son palais.
Silence. Nicotine. Belle créature aux formes généreuses. Que demander de plus ?
Oh, là, ne le lancez pas sur le sujet, il aurait des millions d'autres choses à demander. Mais dans le sens où il ne voulait que se vider l'esprit – ahem – et penser à autre chose qu'à sa visite à Ste Mangouste, c'était déjà pas mal. Et il se sentait redevable à la jeune femme de lui avoir offert pareil moment d'intimité alors qu'il était venu à un moment totalement imprévu et...
Qu'est-ce ? Oserait-on l'interrompre dans le flot continuel de ses pensées ? Oserait-on briser ce silence si appréciable alors qu'il savourait tranquille le goût de tabac sur ses papilles ? Moui, une partie de son instinct le plus primaire me souffle qu'avec des formes aussi généreuses, elle pouvait bien tout oser tant que lui pouvait poser ses sales pattes où il avait envie...
Ouais enfin tout oser... Il se serait bien passé de cette question sous-entendue. Non, ce n'était pas dans ses habitudes. Pas du tout même. Il termine tranquillement sa cigarette, notant l'accent qui ressort dans les paroles de la mannoise sans le relever outre mesure. Il prend le temps de faire disparaître le mégot d'un coup de baguette avant de raffermir sa prise autour de la taille de la jeune femme. Il la serre contre lui et...
Hop, les bascule sur le côté. Visiblement, Alexandre n'a absolument aucune envie de se confier. Pourquoi changer les habitudes ? Il ne se dévoile jamais ou avec une rareté exceptionnelle, alors imaginez, il ne va pas se confier à une jeune femme avec qui il a un lien un peu... Léger, dirons nous. Elle n'était pas une amie proche, elle n'était pas sa compagne... Il l'aimait bien, certes, il passait beaucoup de bon temps avec elle, mais voilà, ce n'était pas vraiment la personne à qui il irait spontanément se confier. Alors il détourne le sujet, avec son abileté habituelle, et vient chercher le jeu, le nez dans le cou de la jeune fille, sans aucune pudeur.

« Je passais dans le quartier et ton parfum m'a soufflé que tu étais chez toi... » souffle-t-il en embrassant la chair avec sa douceur coutumière – éloignée de la sauvagerie inhabituelle dont il avait précédemment fait preuve. « Et ce parfum m'a évoqué des formes délicieuses qui ne faisaient qu'appeler mes mains à chaque instant que je m'approchais de chez toi... Alors j'ai décidé de succomber à l'appel animal. » conclut-il enfin, laissant ses mains succomber une fois encore à la générosité des formes de la jeune fille.
Ah qu'il était bon d'avoir une femme près de soi... Une vraie femme, avec des formes moelleuses, où n'importe quel homme aime se perdre. La courbe d'un sein, la chair d'un ventre, la douceur d'une épaule, la tendresse d'une cuisse... Rah, paradis.
Et en détournant ainsi la question d'une bien vile façon, en noyant le poisson dans des compliments, il parvient à se détacher de son inquiétude un peu plus longtemps. Il fuit, pour ne pas avoir à continuer à broyer du noir de façon éternelle, pour pouvoir reposer son esprit en ne se laissant plus guider que par ses sens. Et il peut jouer un moment à ce jeu là, je te prie de me croire.

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MessageSujet: Re: S'oublier | Evangeline Dim 23 Déc - 12:51
Evangeline ne sait pas si Alexandre va répondre à sa question. Et très sincèrement, elle en doutait. Il avait toujours été quelqu'un de particulièrement secret. Bon, elle-même ne s'étendait jamais vraiment sur des questions d'ordre privé, mais tout de même. Elle avait connu des hommes très prompt à s’épancher sur leurs malheurs, aimant se faire plaindre afin de pouvoir plus facilement apitoyer les femmes et se faire passer pour des êtres sensibles. C'était exactement le genre de type qui ennuyait profondément notre rouquine, d'ailleurs.
Evidemment, il ne dit rien. Elle s'y était évidemment attendu, même si elle avait eu le petit espoir de savoir, au fond. Elle aimait bien savoir. Il faut dire, elle était d'une nature particulièrement curieuse, surtout quand il s'agissait des autres. Bah... Tant pis, elle n'allait pas en faire tout un plat. Elle se contenterait du bras qui se resserre autour d'elle, la poussant à venir se blottir un peu plus contre lui, ce qui n'était pas pour la déranger, alors qu'elle fermait tranquillement les yeux et... Et non, pas de répit pour la pauvre jeune femme qui sent le mouvement s'enclencher, alors qu'elle ne s'y attend pas vraiment.
Un petit cri de surprise plus tard, la voilà à nouveau sous le bel Alexandre, qui daigne finalement répondre. Si on pouvait appeler ça répondre puisqu'il élude plus la question qu'autre chose au final. Et Evangeline lève les yeux au ciel, secouant un peu la tête, ses joues prenant une jolie teinte rosée, alors qu'un sourire apparaît sur ses lèvres. Le vile manipulateur. Et le pire, c'est que ça marche. Elle se mordille la lèvre en sentant ses lèvres dans son cou. S'il continue comme ça, il va avoir gagné un nouveau tour de manège. Surtout avec ses mains qui se baladent en plus, et qui provoquent en elle un fourmillement familier. Et son souffle la trahit, tout aussi vil que l'homme qui la surplombe. Il faut dire, ce n'est plus le même type de contact que précédemment. Il est clairement plus doux, plus affectueux, en un sens, que précédemment. Et ça l'intrigue horriblement. Ce côté lunatique...

« Aaah, je comprends mieux à présent ~ »

Son regard s'égare sur Alexandre. Et sur ce qu'elle voit derrière lui. Aka la porte ouverte, donnant dans le séjour. Et sur le mur où se trouvait le tableau blanc. Et là sa mémoire décide de lui planter autre chose en tête. Car un doute l'assaillit l'espace d'un instant. Et ce qu'il s'était passé au moment de l'arrivée d'Alexandre commence à lui revenir à l'esprit. Il a sonné alors qu'elle était en train d'écrire quelque chose... Ah oui. Formules, chiffres... Tout ça. Et si elle ne s'en occupait pas maintenant, elle allait encore oublier, et à tous les coups elle allait passer des heures à retrouver ce qu'elle voulait noter. Mais en même temps... Il y avait Alexandre... Et les fourmillements. Qui risquaient fort de s'embraser à un moment s'il continuait ses bêtises et... Aaaah, dilemme ! Pauvre femme qu'elle était, simple mortelle déchirée entre deux tâches vitales qui pourraient conduire l'une comme l'autre à la félicité. Cruel destin qui la poussait à faire face à des choix, à prendre des décisions drastiques et irréversibles. Quoi, comment ça elle exagérait ? Non, pas du tout. Je vois pas de quoi vous parlez. D'ailleurs, elle tapote finalement sur l'épaule d'Alexandre. Allez, courage, tu pourras revenir après de toute façon !

« Alex... Tu veux bien juste... cinq secondes s'il te plaît ? Je reviens vite. »

Elle se débat un peu. Et malgré les protestations du mâle, elle finit par obtenir gain de cause et se lève. Et... ouch. Ah oui, quand même. Ca faisait longtemps ça. Elle pince les lèvres, alors qu'elle continue quand même d'avancer. Elle attrape au passage de quoi se couvrir. Une robe de chambre, bleu aux motif argentés, et elle s'avance. Avec un peu de mal au début, mais elle y arrive finalement sans trop avoir une démarche boiteuse.

Elle arriva devant le tableau blanc, et, prenant sa baguette restée sur la table, elle afficha les diverses choses inscrite dessus d'un simple mouvement. Prenant le feutre, elle se pencha un peu pour inscrire quelques petites choses, et en annota d'autres, pour ne pas oublier le pourquoi de ces modifications. Normalement, ça elle devrait le retenir, mais sachant qu'elle risquait de reprendre une activité fort différente peu après, elle avait aussi conscience qu'elle pourrait tout à fait avoir à retrouver ça. Et... Bref. Elle observe ce qu'elle a écrit un instant, réfléchit et... Et là c'est autre chose qui vient la frapper.
Il passait dans le coin ? Étrange. Il n'avait rien à faire ici, normalement... Surtout que de ce qu'elle devinait de lui, il n'était pas vraiment coutumier avec le monde moldu, et par conséquent, se balader là... Il n'en avait aucune raison. D'un nouveau coup de baguette, elle cache ce qui était inscrit sur le tableau, et se dirige à nouveau vers la chambre et le lit. Et là... Nouveau dilemme. Devait-elle poursuivre son investigation, ou bien se laisser entraîner dans les affres de la luxure avec ce bel apollon qui était, pour cet après-midi du moins, tout à elle. Ah... Franchement, quelle vie difficile elle avait. Ca devrait pas être permis, d'avoir ce genre de choix à faire. Venant se poser sur le bout du lit, les jambes sur l'extérieur et se tournant vers Alexandre, l'épaule en avant alors que le tissu retombait légèrement, pour la découvrir à moitié, elle lui lança un regard et un sourire mutin.

« Et qu'est-ce qu'un bel homme tel que vous faisais si loin de son château ? »

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MessageSujet: Re: S'oublier | Evangeline Dim 23 Déc - 14:39
Alexandre, vil manipulateur ?
Mais où a-t-elle vu cela ? Il n'est qu'homme ne désirant pas s'attarder sur ses sentiments, pas plus que sur des mots qui lui permettraient de les exprimer, voilà tout. Et puis, s'il était venu jusqu'à elle, c'était justement pour éviter d'avoir à penser à cela, il ne faut donc pas s'étonner qu'il réagisse de la sorte, éludant totalement la question pour la remplacer par quelque compliment lui assurant qu'on ne reviendrait pas sur cette interrogation. C'est qu'il commençait à connaître la petite demoiselle, et qu'il savait bien qu'en ramenant un certain sujet sur le tapis – elle-même et combien elle était merveilleuse, flatter son égo quoi – il se mettait à l'abri de son indiscrétion et de sa curiosité naturelles.
Et sa réaction lui confirme qu'il a fait le bon choix ; il s'évertue alors à lui faire oublier qu'il a détourné le sujet de la manière la plus fourbe possible, se cache dans son cou, se délecte de ses formes, comme s'il n'en avait pas encore eu assez.
Il faut dire qu'un corps pareil, il n'en avait jamais vraiment assez... Sa main se perd sur la courbe d'un sein, alors que ses lèvres s'abreuvent de l'odeur florale de sa peau, et un sourire vient se dessiner sur son visage, sans qu'il ne puisse s'en empêcher.
Le pouvoir du corps sur l'esprit était parfois extraordinaire...
Mais pas assez. On tapote sur son épaule, et, s'il redresse la tête d'un air interrogateur, il ne daigne pas bouger outre mesure. Hm ? Cinq secondes ? De quoi ? Mais pour quoi faire, Merlin ? Alexandre, pas très enclin à laisser s'échapper sa proie, gronde d'un son tout à fait viril qui s'échappe de sa gorge, essaie de la retenir, mais finalement bascule sur le côté dans un soupir un peu las. Il s'assied et observe attentivement le popotin qui se lève pour aller jusqu'à un... Tableau blanc ? Nyuh ?
D'une main qu'il lève pour se masser l'épaule endolorie – de laquelle le dragon s'est échappé, recroquevillé entre ses omoplates pour échapper aux ongles acérés de la jeune femme – il examine tactilement les dégâts qu'il a subi en se montrant peut-être un peu trop sauvage, pour le coup. Sans doute avait-ce été sa façon de le lui faire savoir, sans pour autant vraiment le déranger pendant l'acte.
En attendant, son tatouage se terrait bien à l'abri de cette menace féminine.

Menace féminine qui revient, sous le regard tout sauf innocent du mâle qui, sans pudeur, a laissé la couverture s'échapper de son torse en se mettant en position assise. Ses yeux suivent le trajet des petites mains, alors qu'elles dévoilent un morceau d'épaule qui n'est à lui seul qu'un appel à ce que ses dents viennent dévorer la chair tendre. Mais le dragon d'Écosse se contient, fidèle à lui-même et s'approche en posant ses mains avec douceur sur les épaules.
Et hop, voici qu'il fait couler le tissu le long des frêles épaules, approchant son visage pour pouvoir, depuis son dos, admirer la vue montagneuse qui s'offrait à ses yeux.
Vous ai-je déjà dit qu'Alexandre aimait tout particulièrement la montagne ? On se demande pourquoi, hein ?
« Oh mais je suis fort souvent loin de mon château, gente demoiselle... » souffle-t-il doucement, l'attirant à lui. Ah, il joue encore. Décidément, rien ne l'arrête, ce type. Tant qu'il serait dans ce lit, rien ne pourrait l'empêcher d'aller la chercher. D'aller à la conquête des monts et vallées de l'île de Man, pour faire son entrée en territoire ami et communier ainsi avec la nature la plus charnelle de leurs rapports.
Rah putain ! Elle était canon quand même. Et dans l'immédiat, elle était à lui. À sa merci. Et il n'avait pas besoin d'une armée pour l'envahir... Et du coup n'avait pas non plus à partager le délicieux butin qu'elle lui offrirait en signe d'armistice.
Moui, Alexandre est tout à fait prêt à repartir à l'attaque, si on en croit ses mains qui effleurent les rondeurs appréciables, qui se perdent sur la tendresse des cuisses, sur les baisers qu'il dissémine des tempes à la joue puis au cou ou aux épaules de la belle...
Mais en fait non.
Il se détache finalement, et se laisse tomber sur le matelas, s'allongeant avec le drap le couvrant jusqu'aux hanches. La couvant d'un regard fièvreux, il se refuse pourtant à aller la chercher de nouveau, silencieux jusqu'au bout. Loin des considérations précédentes, il attend calmement qu'elle revienne à lui, après cette provocation, et s'abandonne volontiers aux jeux des désirs enflammés.
Alors que la fenêtre est toujours ouverte, et que quelques passants, outrés, accélèrent le pas en entendant, de temps à autres, un son quelconque s'échappant de cette chambre.

Et finalement, après le réconfort... Un petit câlin tout tendre, histoire de bien terminer. Et puis, il se redresse, scanne la chambre du regard.
Hm.
L'homme passe une main dans ses cheveux, dédaigne le paquet de clopes qui se trouve sur la table de chevet. Il attrape sa baguette par contre, écarte les bras tout en lançant un sortilège d'attraction informulé. Il attrape le boxer revenu à lui d'un geste vif, se lève et l'enfile à nouveau pour couvrir sa nudité. Le dragon, dans son dos, s'amuse à aller et venir le long de sa colonne vertébrale, évitant soigneusement les marques de griffures... Qui disparaissent en un sort parfaitement exécuté.
Et puis, le voici qui se tourne vers la demoiselle, songeur.

« Je t'offre un verre quelque part en ville, ou tu m'offres un café ici? »

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MessageSujet: Re: S'oublier | Evangeline Mer 26 Déc - 2:30
Il était joueur, et elle le savait. Le soucis, c'était qu'elle aussi, était joueuse. Et le jeu pouvait rapidement devenir une addiction. Quoiqu'elle n'en n'était pas encore à ce stade là. Mais en tout cas, de sûr, elle était tout à fait partante pour recommencer une partie. Press start button.
Il s'approche donc d'elle, et achève de faire glisser le tissu le long de sa peau, dans un geste délicieux qui la fait frissonner. Ou bien peut-être était-ce la brise s'infiltrant toujours par la fenêtre ouverte. Hum... Il faudrait penser à la refermer. Mais pas maintenant, non. Maintenant il est temps de s'occuper d'autre chose. Le simulacre d'habit roule jusqu'au plus bas, s'échouant sur le lit alors que sa propriétaire s'en trouvait privée, pratiquement entièrement dénudée à nouveau, puisqu'il s'accrochait encore un peu sur ses jambes, révélant tout de même à l'homme à l'appétit d'ogre de quoi lui faire venir l'eau à la bouche. Et elle n'a aucune pudeur à se dévoiler ainsi, Evangeline. Ca aurait été bien hypocrite de sa part après tout ce que les murs de cette chambre avaient pu voir au cours des dernières heures.

La réponse la fait sourire, et émettre un pouffement étouffé. Ah, quel humour... Si seulement elle savait que ce n'en était pa. Enfin, ça n'avait pas vraiment d'importance, pour le moment, et si ça en avait eu, nul doute qu'Alexandre se serait déjà envolé bien loin d'ici après avoir profité de ses charmes une fois ou deux, pour ne peut-être plus revenir. Enfin... Elle n'en savait rien. Elle se laisse aller contre lui, appréciant la chaleur qu'il dégageait alors. Aaaah, que c'était agréable de se reposer ainsi contre quelqu'un, sans avoir à se soucier de rien. Elle avait compris qu'insister sur ses questionnements ne serviraient à rien, aussi ne le ferait-elle pas. S'il préférait conserver le silence, très bien. Elle n'avait pas à le forcer, puisqu'elle même n'accepterait sans doute pas ce même type d'investigation de sa part. Pas si ce n'était pas justifié. Quoique le fait qu'elle lui serve actuellement à oublier quelque chose pourrait bien le justifier, mais en le lui rappelant, cette même justification perdait toute valeur et...
Oh.
Des bisous dans le cou et des mains baladeuses. En voilà une surprise. Penchant la tête sur le côté, de façon plus ou moins consciente, Evangeline laissait les lèvres d'Alexandre circuler librement sur les hauteurs de son corps, ainsi que ses mains, se livrant sans plus de question au jeu de la sensualité qu'il lui proposait. Elle alla perdre sa main dans les cheveux de l'homme, et puis... Et puis il se retire. Hé ! Ce n'était pas prévu dans le contrat, ça ! Comment ça, il n'existait pas de contrat. Et bien... Zut. Voilà. Faisant la moue, elle le voit qui retourne s'installer en tête du lit, et hausse un sourcil, alors qu'un sourire né sur ses lèvres. Il le prenait comme ça ? Très bien... Il allait en avoir pour son argent, alors. Quoique pour le coup, elle le faisait gratuitement et de bonne grâce, très sincèrement. Il ne manquerait plus que ça ne soit pas le cas, tiens...

Elle se redresse et se glisse jusqu'à lui. Elle abandonne derrière elle ce qui la couvrait encore à peine. A mi-chemin, elle s'arrête. La rune gravée sous la peau de l'homme gagne un baiser. Avant qu'elle ne remonte jusqu'à lui, jusqu'à ses lèvres qui en avaient amplement mérité aussi.
C'était donc son tour d'imposer son rythme cette fois ? Bien... Très bien.
Elle le ferait, mais ça, Ô lecteur, ne sera point relaté ici.


Elle essayait de conserver les yeux ouverts. Néanmoins, elle lutait, pour pouvoir profiter de l'étreinte d'après bataille qu'il lui offrait. Elle aimait beaucoup ces instants là. Elle les trouvait précieux, plus encore que ceux passés précédemment. Bien que ça ne soit en rien comparable, il fallait clairement l'avouer.
Mais bien vite, cela se termine. Et il attrape sa baguette, appelant à lui de quoi couvrir sa nudité alors qu'il se levait. Ce qui n'empêcha absolument pas Eva d'avoir un grand sourire sur les lèvres l'instant précédant sa couverture. Et même après, remarquez. Ca restait une jolie vue. Je crois que de ce point de vue là, ils étaient aussi incorrigible l'un que l'autre, au final. Son regard remonte un instant sur le dragon, qui joue dans le dos d'Alexandre. Elle s'était toujours demandé pourquoi il s'était fait un tel tatouage. C'était tellement différent de l'autre qu'il portait... Beaucoup plus kitsch. M'enfin... Peut-être lui demanderait-elle un jour. Mais pas aujourd'hui. Elle retint une grimace en voyant les griffures qu'elle avait fait, sans s'en rendre compte. Il faut dire, il n'y était pas allé doucement non plus. Ce qui pouvait expliquer.
Il lui proposa alors deux options. Se retournant sur son ventre un instant, elle y réfléchit brièvement. Sortir ne pourrait pas lui faire de mal. Mais tant qu'à se taper un temps pourri (anglais, me diraient certains), autant aller dans un lieu qu'elle aimait plus particulièrement. Se levant, elle alla jusqu'à son armoire attraper des habits qu'elle mit en répondant.

« Je suis assez d'avis de sortir. Mais je vais t'amener ailleurs. Londres est une belle ville mais... J'ai envie de voir la mer, aujourd'hui. » Rien que ça. Allant attraper sa baguette, elle donna un petit coup pour déplacer ses habits qui traînaient dans un panier à linge et déplacer hors de la chambre ce qui devait en être déplacé. Et puis pour le lit... Elle allait probablement changer les draps ce soir, du coup, donc inutile de le refaire pour le moment. Elle établit un champ de protection magique sur la fenêtre et verrouilla sa porte. Elle s'approcha d'Alexandre et lui tendit la main. « Mais pas n'importe laquelle alors... C'est moi qui transplane aujourd'hui ! »

Elle attendit qu'il lui attrape la main pour pouvoir transplaner. Lorsque ce fut fait, elle ferma les yeux, visualisa l'endroit et ils disparurent de l'appartement comme s'ils n'avaient jamais été là. Pour arriver sur une plage. Le ciel était plus clair qu'à Londres, mais restait tout de même gris, ce qui arracha un sourire à la jolie rousse. Ils se trouvaient non loin de la ville de Peel. Une plage sorcière, cachée aux moldus pour que les enfants puissent y venir aussi sans risquer de violer la loi du secret magique. Il faut dire que Peel était un endroit particulièrement touristique pour les sorciers, puisqu'il était considéré comme un des possibles point de départ qui pourrait permettre de retrouver la tombe de Merlin. Eva pour sa part n'y croyait pas trop, même si elle adorait raconter ça à Edmée, notamment. Enfin bon... A cette époque de l'année, l'endroit était plutôt vide de touristes, Alexandre et elle seraient donc plutôt tranquille. Elle se tourna d'ailleurs vers lui, pour lui indiquer leur localisation.

« Nous sommes à un petit kilomètre de Peel, sur l'île de Man. Je ne sais pas si tu es déjà venu. C'est très sympa comme endroit. Et puis il y a un café absolument fabuleux, à peine à l'écart du port, perdu dans les rues de la ville. » Si on pouvait appeler ça une ville, avec sa population qui ne dépassait pas les trois-milles. « Il est top. Je me suis dit que ça serait plus sympa de venir ici, du coup. Tu viens ? »

Bah oui, parce que c'était bien mignon de poireauter sur la plage, mais bon... Le vent venu de la mer fouettait les deux amants, venant pour Evangeline mélanger ses cheveux de façon désordonner. Le bruit des vagues, l'odeur de l'iode... Aaaah, c'était si bon, si familier pour elle. Ca lui avait manqué. Elle n'avait plus trop eu le temps de passer dans les environs, les derniers temps. Ca lui faisait du bien, à notre fille des îles.
Elle se sentait à nouveau pleine d'énergie !

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MessageSujet: Re: S'oublier | Evangeline Mer 26 Déc - 16:08
Café.
C'était encore la solution la plus simple pour ne pas s'endormir complètement après autant d'efforts physiques. Ça, et rester actif, de façon à remettre son corps dans le bain de l'éveil. Il passe distraitement une main dans ses cheveux et passe la tête par l'encadrure de la porte pour estimer le trajet nécessaire pour récupérer ses fringues. Il soupire brièvement, tout en écoutant la jeune femme bavasser. Et c'est l'oreille attentive qu'il s'avance dans le couloir, récupère une chaussette, une chemise, un pantalon, une deuxième chaussette, le tout en enfilant les vêtements au fur et à mesure.
Alors comme ça, mademoiselle voulait voir la mer. Oh, bah ce n'était pas lui qui protesterait. Il connaissait justement le coin idéal pour une promenade, sur le litoral d'Inverness et...
Ah mais pas n'importe laquelle, entend-t-il en boutonnant sa chemise, tout en revenant pointer le bout de son nez dans la chambre – veste en cuir sur l'épaule. Et c'était elle qui transplanait, aujourd'hui. Hmpf. C'était lui, l'homme, hey ! Si on lui ôtait tous ses privilèges de mâle, qu'allait-il rester de lui ? Le dernier bouton trouve son trou, et il lève enfin le nez vers...
Ah non. Le nez s'arrête en cours de route, bloqué par l'incontournable loi de la gravité, qui refuse de le laisser monter plus haut. Il faut dire que c'est un bien beau décolleté que voilà et que, tout homme civilisé qu'il est, il reste pourvu d'un sens aigu de la reproduction, un besoin qui n'a pas encore été assez assouvi à son goût. En même temps, s'il pouvait l'assouvir tous les jours, il ne s'en priverait pas...
Oui, sur ce point, il est resté un grand adolescent.
Mais avec beaucoup de volonté il parvient à passer cette barrière, et accroche son regard. Puis enfin il attrape la main d'Evangeline et sent la sensation typique du transplanage le saisir aux tripes.
Pop.

Le vent s'engouffre immédiatement dans ses cheveux, si courts soient-ils, lui indiquant qu'ils sont arrivés en bord de mer. Il guette autour de lui, observant de ses yeux clairs les vagues qui se soulèvent sous l'effet du vent, pour aller se briser contre les rochers ou contre les falaises.
Falaises ?
Les pupilles de l'homme se rétrécissent légèrement. Il a complètement oublié le sable sous ses pieds ou la pluie qui menace d'arriver. Où étaient-ils ? Il ne connaissait pas ce coin, mais ça lui plaisait bien. Des roches, des collines, des falaises, la mer, un décolleté, un peu de vent...
Deux neurones se connectent dans la tête de cet homme qui, si si je vous l'assure, est tout de même enseignant. Posant les yeux sur la jeune femme, il prend conscience qu'il n'est peut-être pas très avisé de la laisser avoir froid en étant livrée à un vent pareil. La veste glisse de son épaule d'un simple mouvement et, une seconde plus tard, le voici qui, galant homme, la pose sur les frêles épaules de la Mannoise.
« Va pas prendre froid. » souffle-t-il, attentif, avant de se détourner et de regarder autour de lui. Eilean Mhanainn, ou l'Île de Man comme disent les sassenach. Non, il n'était jamais venu ici, mais ça ressemblait à chez lui : des falaises et de l'eau salée. Il aimait bien.
Et croyez moi que, pour le coup, tout curieux et en bonne compagnie, il ne pense plus trop à ses malheurs, même s'ils subsistent dans un coin de sa tête. « Aye. » répondit-il distraitement à la proposition de la jeune femme avant de tendre le bras à sa comparse. « Je te suis. »

Et finalement il se laisse emmener jusqu'à la ville, à dix minutes à pieds, loin des falaises qui avaient tout d'abord attiré son attention, en direction d'un bon café, bien noir, bien serré. Ça le réveillerait aussi sûrement que ce vent qui lui fouettait le visage. Il marche d'un bon pas, aussi silencieux que de coutume, sans vraiment chercher à faire la conversation. Sa curiosité est titillée, et il guette avec attention autour de lui vers ces paysages si lointains et si familiers à la fois.
Oh. Des moldus. Alexandre se tend de manière perceptible, méfiant, mal à l'aise. Il n'a rien contre eux mais s'en méfie, comme il sait que son ignorance de ce monde peut lui causer des ennuis. Oh, il n'est pas non plus totalement ignorant – hey, son ancienne belle-famille était moldue, après tout – mais ça ne changeait pas son malaise quand il était en minorité et devait être quelqu'un d'autre que lui-même pour se protéger... Et garder le secret magique.
En tout cas, il se montre encore moins bavard – aka il ne prend même pas la peine de relancer une conversation quelconque – jusqu'à ce qu'une clochette tinte à ses oreilles, marquant leur entrée dans un café.
Plouf.
Ahem.
Sondant les lieux du regard, il avise une table un peu à l'écart, et entraine la jeune femme à qui il tire la chaise, galamment toujours, pour la faire s'installer. Un peu vieux jeu, comme toujours, mais quand on a été éduqué de la sorte... Tante Huguette aurait hurlé si elle l'avait vu manqué de courtoisie envers une femme. Bref. Le temps de poser son propre séant sur une chaise et déjà un serveur se pointe. Il commande un café avec son accent à couper au couteau – et précise qu'il le veut très noir – laisse la demoiselle passer commande avant de voir le serveur s'éloigner.
Pfiou.
Seuls.
Hm, ça avait un petit quelque chose d'angoissant, pensé de la sorte. Il balaie donc cela de sa tête, très rapidement, pour ne pas s'encombrer davantage avec des idées noires – bientôt il allait repenser à Lou, et c'était tout ce qu'il voulait éviter.

« Comment tu en es venue à penser à ici ? Un souvenir de vacances? » fait-il calmement, les yeux se posant à nouveau sur son visage – oui, cette fois il n'a pas fait de pause dans son décolleté. Il faut dire qu'il n'a pas identifié cet accent comme étant celui de cette île ; il ressemble au sien, même si elle le combat énormément, mais après... Après, les îles britanniques regorgeaient de ce genre d'accents, donc bon... « C'est sympa, comme île. Je n'y avais encore pas mis les pieds, jusqu'à aujourd'hui. »

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MessageSujet: Re: S'oublier | Evangeline Mer 26 Déc - 17:28
Le vent frais rougissait ses joues, les colorant timidement. C'est qu'il faisait frais, sur les côtes britanniques. Elle n'avait pas pensé sur le coup qu'elle aurait besoin d'un manteau, et n'avait rien mis de vraiment chaud. Qu'elle pouvait être tête en l'air, par moment. Bah... Ca n'avait pas d'importance, puisque l'homme galant qui se tenait à ses côtés ôta s veste pour venir la poser sur ses épaules. Elle lui fait un sourire reconnaissant, et glissa un « Merci. » assez discret. La prochaine fois, elle ferait plus attention.
Elle prit le bras qu'il lui tendait, ayant remarqué plus ou moins qu'il semblait plus... moins... enfin... mieux, peut-être, elle n'aurait pas su le dire, mais en tout cas, 'lendroit avait, à première vue, l'air de lui plaire. Difficile à déchiffrer le visage d'un homme aussi expressif que Kristen Stewart. Bref, je disais donc qu'elle lui prit le bras, pour commencer à avancer le long de la plage, laissant derrière eux leurs empreintes sur le sable. Le mère grondait non loin, et Evangeline la laissait faire, sans venir la déranger. Car oui, la jeune femme savait se taire aussi, et apprécier un silence comme celui qui découlait de leur marche. Elle inspirait profondément l'air de sa terre natale, un sourire flottant sur son visage. Qu'elle pouvait aimer cet endroit. C'était chez elle. Bien plus que là où elle vivait actuellement. Peut-être un jour reviendrait-elle s'installer ici. Oh, elle aurait pu le faire bien avant, quand elle s'était réinstallée seule, mais elle n'avait pas voulu. Elle craignait peut-être de recroiser, au détour d'une rue, un de ses anciens petit camarade. Bah... Il était probable qu'aucun d'eux ne se souvienne d'elle, mais... on ne savait jamais. Et puis, qui l'aurait reconnu ? Elle avait tellement changé en plus de quinze ans. Enfin, c'était sans importance.

Ils finissent par atteindre le port, à force de longer la plage. C'était le moyen le plus simple de regagner la ville sans se perdre. Quoique se perdre ici révélait de l'exploit, mais mieux valait prévenir que guérir. Et puis, ça leur avait fait une bonne balade comme ça. Et elle avait pu voir la plage. Bref, Evangeline était contente en cet instant. La plage, la mer, les rochers... Tout ça était tellement vivifiant. Elle en oublierait presque les raisons qui l'avaient poussées à amener Alexandre ici.
Elle ne se soucie pas outre mesure de la présence des moldus. Plutôt à l'aise dans cet environnement, puisqu'elle y avait grandit, elle ne s'inquiète pas de ce qui l'entoure, insouciante qui avance au rythme de ses pensées. Elle essayait de se souvenir de l'endroit où se trouvait le café en question. Alors... Si elle ne se trompait pas, c'était par là. Et... Voilà. Elle guida Alexandre jusqu'à l'intérieur, et le laissa choisir la table, le remerciant à nouveau lorsqu'il lui tira sa chaise pour qu'elle puisse s'installer. Elle avait toujours beaucoup aimé son côté gentleman, il fallait bien l'avouer. Ca la changeait énormément de beaucoup de mâles qu'elle avait pu fréquenter.
Elle laisse Alexandre commander pour lui, et le fait à son tour. Un café aussi. Mais pas aussi fort que celui de l'homme. Sans arriver à masquer réellement son propre accent aussi, s'il vous plaît. Mais elle ne s'en soucie pas vraiment pour une fois, puisque par rapport à l'homme qui l'accompagnait, elle devait bien faire pâle figure, malgré les différences qui existaient entre les deux. Et de toute façon, elle s'en fichait, la moitié des gens ici parlaient comme elle. Au moins, elle ne détonnerait pas dans le paysage. Et toc.
Ceci dit, elle regarde le serveur s'éloigner, les laissant tous les deux. Son visage revient à Alexandre lorsque celui-ci prend la parole.

Ses dernières paroles décrochent un grand sourire sur les lèvres d'Evangeline. Ah ça... Elle était fière qu'il apprécie le lieu. Bah oui, elle aimait ses îles la mannoise. Mais ça j'crois que tout le monde l'avait compris.
« Oui, c'est un très bel endroit. Et je suis née ici, à vrai dire. Même si je n'ai pas eu le temps de vraiment venir, ces dernières années. J'avais trop à faire avec mes études, puis le travail. Et puis ma famille aussi. Comme il ne reste que ma tante sur les îles, c'est plus souvent elle qui vient nous voir à Londres que l'inverse.  » Elle joue avec ses mains sous la table du café, tout en parlant. Ah ça, pour faire la conversation toute seule, Evangeline était douée. Très douée. Elle avait des années d'expérience. Et encore, elle s'était beaucoup calmée avec les années. Elle se souvenait parfaitement (et sa narratrice aussi...) de ses jeunes années à Poudlard, lorsqu'elle était encore jeune et insouciante, du temps qu'elle pouvait passer à parler, parler, et encore parler. De maquillage, de fringue, de mec... C'était horrible. Une vraie torture. Comment ça je ne suis pas objective ?
Enfin bon, en tout cas, elle savait y faire pour parler comme ça. Ce qui était un avantage quand elle était avec Alexandre, puisque l'homme n'était pas quelqu'un de bavard.

« J'aime beaucoup ces îles. C'est vraiment un endroit où je me sens chez moi. Je crois que plus tard, quand j'aurais le temps, c'est à dire quand je serais vieille et croulante, je reviendrais m'installer ici. Sur le bord de mer, pas très loin d'une plage. Dans une maison et avec un chat. Oh, et une cheminée ! Je suis sûre que je ferai une super vieille. Le soir d'Halloween je rejoindrai la ville pour aller faire peur aux enfants. Ca sera drôle. » C'est qu'elle part loin en plus. Au rythme où ça allait, elle allait faire fuir le pauvre Alexandre. Surtout avec ce qu'elle disait. Mais elle avait le regard qui brillait un peu, entre l'amusement et le plaisir d'être là.
Le serveur revint d'ailleurs avec leurs commandes, les déposant devant eux, pour finalement repartir. Evangeline observa sa tasse, pour finalement revenir au beau brun qui se tenait face à elle. « Et toi, l'Ecosse, c'est ça ? » Ah ça, c'était difficile à manquer. « Au moins Poudlard ne doit pas trop te dépayser. Tu m'avais dit d'où tu venais plus précisément, déjà ? » Il ne lui semblait pas, mais on ne savait jamais.

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MessageSujet: Re: S'oublier | Evangeline Mer 26 Déc - 19:02
Ainsi, elle était née ici. Ça ne l'étonnait pas outre mesure, mais il s'abstint de faire un commentaire en voyant la réaction provoquée par sa question. Oh, il connaissait cette façon d'ouvrir les lèvres en prenant une bonne inspiration. Ooooh. Il faudrait qu'il la mette en présence de Duncan la prochaine fois : il avait la même expression quand il partait dans un long monologue. Alors Alexandre se cale imperceptiblement sur sa chaise, l'ombre vague d'un sourire flottant sur les lèvres, prêt à écouter, à boire les paroles de la jeune femme. Tant qu'il n'avait pas à faire la conversation, il était très bien.
Calme et attentif, il note mentalement ce qu'elle raconte avec un certain intérêt ; sans être passionné, il prête tout de même une oreille attentive, des fois que ce soit utile. Et la voici qui parle de son île, de sa tante, de son projet de s'installer là quand elle sera vieille et croulante, de terrifier les gamins et...
Oh !
Un sourire !
Elle a arraché un sourire à mon petit perso ! Eh bien, en voici un exploit. Un beau sourire en coin, qui plisse ses pattes d'oie, qui marque les rides d'expression et éclaire son regard. Il faut dire qu'il avait eu, un instant, l'image d'Evangeline, avec de longs cheveux blancs, bouclés, voûtée et effrayant les enfants s'approchant d'un peu trop près de sa maison sur la falaise. Avouez que ça vous a fait sourire, vous aussi.
Mais en attendant, sa description correspondait au rêve de beaucoup de personnes... Lui y compris ? Non, lui ce n'était pas un rêve. Il vivait en bord de mer, dans une maison qui reflétait totalement sa personnalité, des falaises, des dragons, … et un adolescent, d'ici peu.
En tout cas, on voyait que l'idée lui tenait à coeur, avec son regard brillant et son sourire ingénu. Elle était mignonne comme tout comme ça, cette petite jeune fille. Il n'avait presque plus envie de mater dans son décolleté, pour le coup. Son sourire éclatant était tout aussi appréciable.

Enfin, ça, c'est pour le moment. Le sarcasme lui brûle les lèvres quand elle parle de l'Écosse – ça ne s'entendait pas assez ? – mais, diplomate et peu enclin à se moquer de quelqu'un dont il n'est pas particulièrement proche – ça aurait été Matthew qu'il ne se serait pas privé – il ne dit rien et se contente de hocher la tête.
« L'archipel des Hébrides. » répond-t-il tranquillement, avant de remercier le serveur et de boire une courte gorgée de café... Et de grimacer. Pouah. Café dilué. Trop d'eau. Dégueulasse. Ptain... « C'est au nord-ouest de l'Écosse... tu connais sans doute l'île de Skye, qui est la plus grande de l'archipel ? Bah j'suis installé là-bas. Du coup si, Poudlard dépayse pas mal ; il n'y a pas la mer, aucune falaise, et les montagnes c'est assez moyen... J'ai fini avec une mare, une colline et un bois enchanté... » Ah, l'humour à l'Alex ! Ça faisait longtemps, tiens ! Il faut dire qu'entre le lac noir et la mer, une montagne et les collines de Poudlard, et on parle même pas de la Forêt Interdite... Rien de bien méchant quoi.
Au final, il hausse les épaules, tasse toujours à la main, et avec au coeur cette hésitation quant à continuer à boire ou non. Et attendez qu'il se rende compte que, bon sorcier, il n'avait pas d'argent moldu, et donc pas livres, pour payer... Ah ça, son égo va en prendre un coup à devoir se faire inviter par une femme ! Il se rattrapera sans doute, mais ne brûlons pas les étapes : il aura tout le temps de grogner plus tard.
« Du coup, un peu comme toi, je me sens plus à l'aise en bord de mer, avec des falaises, le bruit des vagues, le vent... » Les flammes, les dragons, l'escalade, la vie dangereuse, Duncan qui se barre, les spectres... La totale quoi. En tout cas, ça plairait à Eva. Peut-être qu'un jour il l'amènerait pour lui montrer un peu les paysages de l'extraordinaire Écosse. Dans des coins escarpés vierges de toute présence humaine.
Bon.
Prenant son courage à deux mains, il avale ce qu'il reste de jus de chaussette dans sa tasse, et la repose sur la table. « Après, j'ai plus de mal avec les paysages anglais, comme à Londres justement. Plat comme ça, je trouve ça horriblement monotone... »
Attention, prochaine étape : on parle de pluie et du beau temps.

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MessageSujet: Re: S'oublier | Evangeline Ven 28 Déc - 23:39
Les sourires d'Alexandre étaient rares. Et lorsqu'elle en provoquait un, Evangeline avait toujours cette petite pointe de fierté qui perçait sous sa poitrine, un peu comme si elle était parvenue à accomplir le plus grand miracle du siècle. Et c'était presque ça au final. Mais en tout cas, elle trouvait que le sourire lui donnait un air totalement différent, par rapport à d'habitude. Même simplement ce petit truc en coin, là, qu'elle avait, au final, à peine pu voir, ça donnait à ses traits un visage bien plus doux, bien plus avenant. Et à vrai dire le voir sourire lui donnait plus envie de l'embrasser que quand il faisait la gueule. Non parce que bon... mine de rien, quelqu'un de souriant était bien plus attirant que quelqu'un qui donnait l'impression qu'il allait mordre à chaque instant.
Et puis ça lui faisait plaisir à Eva, de voir qu'il semblait aller un peu mieux que tout à l'heure, quand il était arrivé chez elle. Au moins ça voulait dire qu'il était à peu près bien là, et qu'il arrivait à se changer les idées. Sa présence n'était pas inutile donc, et elle aimait bien ça. Même si elle ne faisait pas évidemment uniquement pour qu'on l'estime ou quoi. Surtout que sincèrement, qui saurait ce qu'elle fait pour l'homme ? Personne. Elle-même ne devait pas tout à fait s'en rendre compte, au final. Ell ene pouvait que constater certaines choses, sans vraiment faire de liens entre elles. Mais c'était déjà bien, à son niveau.

Elle appréciait en tout cas la patience dont il faisait preuve à son égard. Il l'écoutait parler, dire des choses insignifiantes au final, sans réelle importance. Parler de choses un peu de tous les jours. C'était comme ça à chaque fois qu'ils se voyaient, et qu'ils prenaient le temps de discuter un peu. Les conversations qui venaient traitaient de tout et de rien. Surtout de rien. Et au final, ils n'en savaient que très peu l'un de l'autre, mais ce n'était pas nécessaire d'en connaître plus. Ce n'était pas le but premier de leurs réunions. Même s'il était toujours agréable de passer un peu de temps l'un avec l'autre, ça ne comptait pas vraiment. Pas aux yeux d'Evangeline du moins. Ce n'était pas ce qu'elle recherchait après tout.
Ceci dit, il prit la parole à son tour, et il fallait bien avouer qu'il était rare de le voir parler autant sur un sujet qui ne touchait pas à la flagornerie éhonté. Et si elle ignorait exactement où se trouvaient les archipels dont il parlait, ça la fit sourire de constater qu'il venait aussi d'un ensemble d'îles. Bien que les siennes étaient peut-être plus grandes.

Elle remarqua la grimace qu'il fit. Et retint un froncement de sourcils. Ah. Bah... Il n'était pas mauvais pourtant le café. Enfin... Toutes les personnes qu'elle connaissait qui étaient venues ici lui avaient toujours dit avoir été satisfaites et... Arf. Là, pour le coup, Evangeline se sentait un peu déçue qu'il n'apprécie pas le lieu. Oh, pas déçu de lui, mais plutôt de ne pas avoir trouvé un endroit qui lui allait. Elle aimait bien quand les gens étaient satisfaits de ses choix. Question d’ego. Après, évidemment, elle n'en mourrait pas, mais bon...
Elle hésita un instant à relever, mais comme il prenait la parole, elle préféra l'écouter. Elle ne pu retenir un rire lorsqu'il en arriva à ses histoires de mare, de colline et de bois enchanté. Elle aurait été curieuse d'aller faire un tour là-bas, à vrai dire. Et encore, elle ne savait même pas qu'il y avait des dragons. Sinon il était fort probable qu'elle aurait déjà demandé à l'homme de l'y emmener. Bon, elle se serait contenté de les regarder de loin, parce qu'il ne faut pas rêver, elle n'est pas suicidaire, mais ça ne l'aurait pas empêché d'apprécier le spectacle.
Londres, c'est plat. Bravo. Joli Captain Obvious. Enfin... Tout le monde ne savait pas ça non plus.

« On s'y habitue, mais c'est vrai que la mer et les falaises manquent rapidement. Et puis il y a aussi beaucoup de monde, à Londres. J'ai plus l'habitude du calme, pour ma part. Et à t'entendre, je pense que c'est aussi ton cas. Elle sirote tranquillement son café. Ah ça, quand on ne se fréquentait pas pour vraiment autre chose que des jeux d'adultes, il était tout de suite plus difficile pour parler avec l'autre. Il fallait se cantonner à des sujets légers. Pour ne pas nouer de liens. Ca serait trop dangereux, ça causerait un déséquilibre, et ça, c'était à éviter. Même si parfois on aimerait. « Mais ça peut aussi avoir son charme. » Elle aimait beaucoup son appartement, pour sa part, par exemple. Pas loin de la Tamise, dans un coin plutôt tranquille au final... Ouais, c'était cool.

Elle porte sa tasse à ses lèvres, alors que la cloche du café sonne. Et qu'un couple d'une cinquantaine d'années entre. Machinalement, Evangeline porte son regard sur eux, bien qu'elle leur tourne le dos et... manque de recracher son café. Et sur Alexandre en plus, puisqu'elle a le réflexe de revenir vers lui, pour cacher son visage de façon particulièrement naturelle.
Bon sang... Elle sortait une fois tous les trente-six du mois, sans parler de la fréquence de sa venue sur les îles, mais elle réussissait à tomber sur les seuls personnes au monde qu'elle aurait voulu éviter à tout prix. Sans même parler du fait qu'aux dernières nouvelles, ils vivaient à Douglass. Karma is a fucking bitch ! Bon.
Reprendre un air naturel. Check. Faire un grand sourire à Alexandre. Check. Choisir de prendre la fuite. Check.

« Le temps a l'air de se couvrir. On devrait aller profiter encore un peu de la plage, avant qu'il ne pleuve. Et puis le café n'a pas eu l'air de t'enchanter, donc autant ne pas s'attarder. »

Le couple cherche une table où s'installer. Ne regardez pas par là... Pas par là... Bon sang... Evangeline n'avait pas la moindre envie de revoir sa première famille d'accueil.

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MessageSujet: Re: S'oublier | Evangeline Mar 1 Jan - 13:40
C'était la règle numéro un : on ne sait rien de son plan cul. On ne sait rien de sa vie, de son parcours, de ses affiliations. À peine sait-on son nom de famille pour l'avoir vu sur la sonnette, mais ça s'arrête là. On ne reste pas dormir, on ne partage rien d'autre que du plaisir ou, de temps en temps, un café. N'était-ce pas une erreur au final que de se déplacer autant pour échanger sur un peu plus que le temps qu'il faisait ?
Qu'importe. À l'heure actuelle, il ne ressentait que le besoin de se changer les idées, pour éviter de sombrer totalement et de perdre le contrôle d'une partie de lui-même. Et puis, ils ne faisaient qu'échanger un peu, au final. Leurs origines respectives s'entendaient largement à leur façon de parler – surtout lui, pour le coup – et n'étaient un secret pour personne. Et tout le monde ou presque savait ce que le nom de MacFusty impliquait dans le monde sorcier... Non ?
Quoi qu'il en soit, l'homme prête la même oreille attentive que précédemment, espérant que la jeune fille saurait parler toute seule encore un moment. Ce bourdonnement constant de mots avait un petit quelque chose de rassurant quand, comme lui, on est habitué à l'agitation des couloirs, d'un enfant qui essaie de fuir pour gagner sa liberté, les cris des hommes tentant de calmer un dragon, ou encore les pérénigrations des spectres résonnant contre les murs d'un château – et ce ne sont là qu'une poignée d'exemples, bien sûr.
Alexandre hoche simplement la tête aux commentaires qu'elle fait, jouant du bout du doigt avec sa tasse vide, sans piper mot un seul instant. S'il aimait le calme et savait toujours où le trouver – quitte à s'isoler sur les toits de l'école – il n'était en général pas dérangé par le bruit. Question d'éducation. Mais cela lui donnait encore plus envie de s'extraire à tout cela régulièrement... pour méditer. Chose qui en intriguait souvent certains, surtout les jeunes qui ne comprenaient pas toujours sur quoi on pouvait méditer...

Un son bref s'échappe de sa gorge, ce hmhm masculin accompagnant un hochement de tête pour signifier qu'il écoute, même s'il n'a rien à répondre. Un certain charme... Moui. Mais qui ne valait certainement pas celui de ses îles natales, le plus bel endroit du monde – évidemment.
La clochette du café vient les interrompre et Alexandre lève brièvement les yeux sur le couple qui vient d'entrer... Et un éclat de surprise traverse son regard quand il remarque que sa compère manque de recracher sa boisson sur lui. Eh bien ! En voilà de bien belles manières, tiens ! Impropre d'une jeune fille !

Pourquoi cette phrase avait-elle retenti dans son esprit avec la voix de la Tante Huguette ? Était-il autant traumatisé par cette éducation stricte et frenchy qui lui avait été dispensée de force ?
Bref.
Ses yeux retournent sur le couple, sa curiosité cherchant à identifier la source d'une telle réaction. Seconde erreur, jeune homme, ne tente pas d'en découvrir trop sur elle. Mais ce trait de caractère, bien caractéristique de sa maison, prend le dessus, et déjà son regard sonde les deux personnes de façon impudique, s'échappant des limites de la bienséance – sans pour autant se montrer pervers, voyons, Alexandre a toujours aimé les femmes plus jeunes que lui (haha). Mais la voix d'Evangeline se rappelle à lui, et il détache ses yeux inquisiteurs pour...
Ah. Gravité.
Hm. Le couple semble bien moins intéressant d'un coup.

« Hm? » fait-il, soudainement distrait. Il s'efforce d'arracher son regard à cette bien jolie vue et réussit à défier les ois de la physique masculine. « Oh. Oui, oui, bien sûr. »
Ce qu'elle avait proposé ?
Aucune idée.
Mais avec un sourire – et un décolleté – pareil, comment refuser quoi que ce soit ? Rah, son faible pour le charme féminin aura un jour raison de lui, je vous le dis moi ! En attendant, il l'imite et se lève, veille à ce qu'elle garde sa veste sur les épaules – son esprit de déduction lui souffle qu'ils vont sortir, bravo Captain Obvious – et...
Bug.
Alors qu'il fouille dans ses poches pour régler, deux neurones se connectent et une franche grimace déchire son visage. Ah la garce. Elle l'a bien eu. Café moldu, évidemment, et lui, bon sorcier bien ignorant de ce monde n'avait pas de quoi payer. Donc il ne pouvait pas son mâle galant et inviter la demoiselle.
Ô rage, ô désespoir, ô vieillesse ennemie ! N'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?
Oui il en fait un peu beaucoup. Mais un grondement sourd s'échappe tout de même de sa gorge face à l'air moqueur d'Evangeline alors qu'elle va régler. Oh il n'aime pas cette situation. Du tout. Du tout. Du tout. Grmbl. Hmpf. Alex pas content. Il grommelle quelque chose d'incompréhensible une fois la note règlée, et se dirige vers la sortie, tenant la porte à la jeune femme.
« … Je te revaudrai ça. » grogna-t-il plus qu'il ne le déclara, clairement frustré d'avoir manqué à une règle élémentaire de galanterie.

Le vent les agresse à peine le pied a-t-il été posé dehors, et il se redresse de toute sa hauteur, le dos droit, guette autour de lui. La plage ? Pff. Mettre les pieds dans l'eau ? Pfffff.
« Tu veux pas me montrer les falaises, plutôt que la plage? » propose-t-il calmement en posant les yeux sur elle. « On aura une plus belle vue en hauteur. »
Et puis, c'était plus à son goût ; mettre les pieds dans le vide plutôt que dans l'eau...

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MessageSujet: Re: S'oublier | Evangeline Mer 2 Jan - 21:14
Le conduire jusqu'ici avait probablement été une erreur. La première d'une longue, très longue liste. Mais ça n'en aurait sans doute pas été une si le Destin (Herm...) n'avait pas mené ce couple ici. La première famille d'accueil d'Evangeline. Enfin, la moitié de cette première famille d'accueil. Autant dire que la jeune femme n'était pas enchantée de les voir, sans mauvais jeu de mot. En tout cas, elle n'avait pas trop envie de rester ici, pour le coup. Et elle le fit rapidement savoir, profitant fort bien des deux atouts qu'elle possédait pour faire accepter sa proposition à l'homme. Parce que oui, aux dernières nouvelles, la rouquine n'était pas stupide, ni aveugle. Surtout pas aveugle. Et elle était tout à fait alerte aux signes d'attention des mâles. Peu importe le type d'attention dont il s'agissait. Et là, elle savait qu'elle aurait tout aussi bien pu lui proposer de boire le thé qu'il n'aurait probablement pas réagit autrement. Quoique... Ca aurait peut-être bien été un des seuls moyens de le distraire de son observation en règle.

Ceci dit, les deux adultes se lèvent et se dirigent vers le comptoir pour payer. Et là Evangeline réalise également l'erreur qu'elle avait fait en le conduisant ici. Elle allait devoir payer pour les deux cafés. Ah, la poisse ! Vu comme Alexandre semblait porter sur les manières et toutes les choses de ce genre, ça risquait de râler. Et évidemment, ça ne loupe pas. Elle se pince les lèvres, mais ne peut retenir un petit sourire au final. Vil destin qui les avait conduit à cette situation. Le pauvre mâle a l'air fort contrarié, et à vrai dire, ça doit bien être une des premières fois qu'elle le voit grogner. Enfin, en dehors du lit, s'entend. Il faut dire, ils ne sortaient pas très souvent de ce cadre, donc bon.
Mais je m'égare, je m'égare. A l'approche du bar, elle sort sa carte de crédit et la tend au serveur. Et elle paye. Et voilà, c'est réglé. Et maintenant, il fallait espérer qu'Alex n'aurait pas l'idée de vouloir démonter la dite carte pour chercher comment ça fonctionnait. Même s'il ne trouverait probablement pas en essayant. On ne pouvait pas vraiment démonter une carte, de toute façon.
Ils quittent donc le bar, et Evangeline se détend imperceptiblement, lâchant même un petit soupir. Elle ne savait pas si les deux vieux l'avaient repéré ou pas. Elle espérait que non. Il faut dire, elle avait tellement changé depuis le temps... Déjà, elle avait grandit, ses cheveux avaient poussé, et puis son visage s'était affiné, tout comme son corps, tout en conservant des formes. Pour faire simple, elle était devenue une femme. Et une magnifique femme, en plus, pour ne pas mentir.

Alexandre proposa alors de plutôt rejoindre les falaises. Hum... Bah, elle lui devait bien ça. Après tout, le pauvre devait ne pas se sentir très bien de l'avoir laissé payé, donc elle pouvait bien faire un effort. Même si la plage lui aurait sans doute plut d'avantage, ce n'était pas grave, elle pourrait y retourner. Ce n'était pas comme si elle pouvait transplaner, après tout.
Lui faisant un sourire, elle hoche la tête. « D'accord ! » Et elle lui reprend le bras qu'il lui tend, pour venir se caler contre lui. C'était agréable d'avoir quelqu'un à côté de qui se tenir, définitivement. Même si elle n'avait jamais trouvé ça réellement pratique pour marcher. Ca lui manquait souvent, tout de même.

Ils montèrent jusqu'aux falaises, quittant rapidement le village pour retrouver des chemins bordés par la nature, les guidant jusque là-haut. Le vent forçait toujours autant, et les cheveux de la jeune femme partaient un peu dans tous les sens, ce qui était loin d'être pratique. Mais ça ne la gênait pas plus que ça au final. Question d'habitude. Elle avait eu le droit à ça la moitié de son enfance.
Arrivée là-haut, elle lâcha le bras de l'homme, pour courir vers le bord de la falaise, pour voir la mère de plus près. On aurait presque dit une gosse. Elle ouvrit les bras en croix, sentant le vent s'engouffrer dans ses cheveux, lui fouetter les joues et soulever ses habits pour les tirer vers l'arrière. Son rire disparaissait dans les tourments des rafales, comme s'il n'avait jamais été là.
Elle se sentait libre.
Elle se tourna vers Alexandre, ramenant ses mains dans son dos dans un même mouvement, se penchant légèrement en avant, presque dans une révérence, pour l'attendre, lui qui venait plus doucement vers elle, plus calme et posé, sans doute. Elle lui offrit un grand sourire et vint le chercher quand il fut plus proche, pour le tirer jusque là-bas.

« Regarde, on voit la ville depuis ici ! » Un peu perdue dans le gris, mais visible tout de même, avec ses vieilles rues et son château. « C'est génial ! »

Elle respira un grand coup. Aaaah, elle était bien là. Elle avait l'impression de revivre ses premiers rendez-vous amoureux, tiens. Enfin, si on peut utiliser le terme « amoureux » pour les premiers rendez-vous de la jeune femme. Ou même si on pouvait parler de « rendez-vous » dans leur cas. On se serait presque attendu à la voir sautiller sur place, d'ailleurs. Dire que peu de temps avant elle était prête à s'endormir. Elle avait bien fait de ne pas le faire.
Elle lâcha à nouveau Alexandre et retourna tout au bord, où le vent se faisait sensiblement plus fort. « Regarde, je suis sûre que si je me penchais un peu, le vent m'empêcherait de tomber. » Ce qu'elle ne ferait pas, bien sûr. Elle n'était pas inconsciente à ce point. Même si gamine, elle pouvait le faire. Mais là, le poids ne serait pas le même. « Et au pire, tu me rattraperais bien. »
Petite étincelle dans le regard, sourire un peu en coin. Ca ressemblait presque à un défi.
Presque.
Elle revient vers lui en rigolant.
« N'est-ce pas ? »

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MessageSujet: Re: S'oublier | Evangeline Sam 5 Jan - 16:50
Le vent lui fouette le visage, ébourriffe ses cheveux, rosit ses joues. Et c'est avec bonheur qu'il le laisse faire, savourant l'air chargé d'iode autant que l'humidité qui vient saisir sa peau. Un plaisir délicat que seul un insulaire peut apprécier comme il se doit. Même ceux qui vivent sur le littoral ne devaient pas connaître la volupté de sentir le vent venir des quatre points, pour se croiser en un seul lieu et tourbillonner, encore et encore, siffler aux oreilles et emporter l'esprit loin des considérations du corps.
Il marche d'un bon pas, veillant toutefois à rester sur le rythme d'Evangeline. Ils se promènent, ils ne font pas la course. Il se laisse guider, bien qu'il ne cherche pas bien longtemps le chemin à suivre, jusqu'à arriver en hauteur, là où il peut admirer la mer, la côte, et le...
Popotin de la jeune femme, qui s'échappe pour s'approcher du bord. Lui s'est arrêté, observant autour de lui, avant de reprendre sa route d'un pas bien plus tranquille, celui de l'adulte maître de lui, et non de l'enfant émerveillé des miracles de la nature. Enfant qui se laisse envelopper par le vent, qui la pousse, toujours plus fort, pour l'empêcher de tomber, pour lui barrer la route menant l'eau, agitée et dangereuse.
Un grand sourire, une révérence l'accueillent, et Alexandre se contente de hocher sobrement la tête pour saluer cette Dame Improvisée. Et le voici qui se fait tirer jusqu'au bord, observant à nouveau, avec son regard acéré, le paysage, la vue, le panorama qui s'offrait aux deux amants.

On aurait dit un enfant qui voyait la mer pour la première fois.
La comparaison saisit l'écossais alors qu'une fois encore la jeune femme s'échappe, retourne près du bord, sautillant presque de joie, de bonheur ou d'excitation. Et lui s'avance encore un peu, écoutant ce qu'elle avait à dire. Hm ? Le vent, la retenir ? Si puissant soit-il, il n'aurait pas la force de retenir son corps dans la chute.
Pas ici. Pas maintenant. Aucune tempête n'était en vue, aucune ayant la force de soulever un corps de leur poids et de leur densité.
Sauf que le ton qui suit dans les paroles d'Evangeline ne tarde pas à percer la carapace d'Alexandre. Hm, serait-ce une mise au défi ? Osait-elle ? N'avait-elle donc aucune idée de ce dont il était capable, juste pour prouver qu'il en était capable ? Ignorait-elle que s'il existait une seule chose qui ne l'effrayait pas, c'était la hauteur, et la chute vertigineuse qui pouvait s'en suivre ?
Oh, douce demoiselle, as-tu conscience du pouvoir de tes propres mots ?
Il sourit en coin, de cet air un poil inquiétant, alors que d'un pas il s'approche d'elle. Et sa voix grave s'élève, calmement, non moins patibulaire que son sourire, n'est pas spécialement pour rassurer :
« Me mettrais-tu au défi, jeune fille? » questionne-t-il simplement, avec un sérieux incroyable compte tenu de la situation. Le jeu est amorcé, et il se prend complètement dans sa toile. La falaise est son terrain de prédilection, celui sur lequel on ne peut le battre.
Et une étincelle s'allume dans son regard amusé lorsqu'il la voit se plier aux conditions qu'elle a elle-même imposées. Se doute-t-elle qu'il ne la rattrapera pas de façon à l'empêcher de tomber, mais qu'une autre idée a fait son chemin dans son esprit de Serdaigle retors ? Sans doute pas.
Pourtant, quand il la voit écarter les bras et s'approcher du bord, il la suit, ne la quitte pas une seconde du regard. Tous ses sens sont en alerte ; il va en avoir besoin. Et puis, comme au ralenti, il la voit qui se laisser porter par le vent... Un quart de seconde, avant de tomber. Et lui, assez rapide, attrape le bras de la jeune fille, tire vers lui...
Mais se laisse tomber du haut de la falaise.

Le tout, au final, était de ne pas percuter la roche dans la chute, et il s'en assurait sans mal. Retenant fermement la jeune femme contre lui, il prend le temps, si court soit-il, de fermer les yeux pour sentir la sensation de liberté infinie de la chute libre.
Quel bonheur.
Quelle extase !
Plus rien pour le retenir, plus rien, plus de corps, juste un esprit et une âme qui semblaient enfin libérés de toutes contraintes.
Liberté.
Mais il ne perd pas pied pour autant, rouvre rapidement les yeux. Assez pour voir les rochers, en contre-bas, qui leur tendent les bras, tout en brisant les vagues. Son bras gauche resserre la prise sur le corps frêle, le bras droit la défait quant à lui.
Tout se passe en quelques secondes.
Quelques secondes, pour une éternité.

L'éclair de lumière pâle jaillit, et se réfléchit sur la surface aqueuse. La chute se ralentit jusqu'à s'arrêter totalement, à moins d'un mètre des roches. La tête à l'envers, Alexandre retient toujours fermement la mannoise contre lui, main droite dirigée vers le sol... Main qui tient sa baguette. Et, tout doucement, il les rapproche du sol jusqu'à ce qu'il puisse s'asseoir sur le rocher, tranquillement.
Loin de tout.
Près de la mer.
Et c'est un sourire un peu plus grand que précédemment qui éclaire son visage. Il avait comme une envie de rire, ou de hurler, il ne savait pas très bien. Mais quelque chose me dit que la créature retenue contre lui ne lui laisserait pas le temps de le faire, que ce soit de colère à faire subir, ou de craintes à apaiser.

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MessageSujet: Re: S'oublier | Evangeline Sam 12 Jan - 2:14
Oh oui, elle osait. La vile et sublime créature osait le mettre au défi. De façon tout à fait innocente. Ou pas tout à fait. Mais elle ne s'attend pas tout à fait à ce qu'il se passe ensuite. Le petit sourire en coin, la voix grave... C'est que monsieur était joueur, même hors du lit. Intéressant. Elle le pensait trop calme pour ça, mais visiblement, ce n'était peut-être pas tant le cas que ça. Ca a tout de même le don de provoquer en elle un agréable frisson. Prendre des risques n'était pas franchement dans ses habitudes, plus maintenant, mais en cet instant... Elle en avait bien envie. Et puis ça la changerait un peu de sa routine, et ça la détendrait. En plus de la maintenir éveillée pour les heures à venir, plus sûrement qu'un café. Après tout, l'adrénaline est sans doute le meilleur moyen de se sentir en pleine forme. Vivant. Alors autant tenter sa chance.
« Moi ? Peut-être bien. »
Elle lui fit un sourire, avant de commencer à reculer jusqu'au rebord de la falaise, d'abord en reculant, faisant un sourire à Alexandre, puis en lui faisant face. C'était haut. Si elle devait tomber sans se rattraper, elle se ferait mal, sans le moindre doute, toute sorcière qu'elle soit. Bon, elle s'en sortirait peut-être mieux qu'une simple moldu mais très sincèrement, ce n'était pas sûr non plus. Au pire, elle tenterait un transplanage d'urgence sur une surface molle et extensible, et puis voilà. Bref, elle avait quelques solutions pour s'en sortir.
Ceci pensé, elle écarta les bras, arrivée assez proche du bord et continua d'avancer, avant de s'arrêter juste à la limite. Hésitant un instant, elle finit par faire pencher son poids vers l'avant, sur la pointe des pieds, après avoir pris une longue inspiration.

Pendant moins d'une seconde, elle sentit la graviter s'annuler, alors que le vent soufflait.
Et elle y cru.
Moins d'une seconde.

Car après ça, elle sentit son centre de gravité l'entraîner vers le bas pour tomber. Jusqu'à ce qu'elle sente la main d'Alexandre pour la retenir. Ah, elle avait eu raison de...
Wait. What ?
Son cœur rata un battement quand elle se sentit à nouveau chuter. Mais... Pourquoi est-ce que... elle tombait ? Elle ne comprit pas tout de suite ce qu'il se passait, et lorsque ce fut le cas, une soudaine peur s’empara d'elle, alors qu'elle ouvrait la bouche dans un cri muet, en fermant les yeux. Sans doute pour ne pas voir le sol arriver. Et ne pas sentir l'impact qui serait sans doute très douloureux. Un nombre incalculable de pensées traversaient son esprit en cet instant précis, alors qu'elle sentait la vitesse qui augmentait, jusqu'à ce que...
Rien.

Il ne se passa rien. Ils ralentirent brusquement, elle le sentit, et... ils se posèrent, alors qu'elle rouvrait les yeux. Et lorsqu'elle pu à nouveau s'appuyer sur de la terre ferme, son premier réflexe fut de relever les yeux vers Alexandre. Et de lui coller une gifle. « [color:a4ec=cc9955]Espèce de... de... de crétin ! » Hé beh, c'était violent tout ça. Ah mais, elle n'avait pas fini, attendez. Elle avait pris un peu de recule, et lui tapait désormais sur l'épaule à chaque mot qu'elle prononçait. « Tu n'es qu'un idiot. You are a fucking cunt ! Tu aurais pu nous tuer si tu ne... si tu ne nous avait pas rattrapé à temps ! On aurait eu l'air fin ! Et... et... »

Raaaaah !
Son cœur cognait contre sa poitrine. Elle avait vraiment eu horriblement peur. Tout ça parce que monsieur avait décidé que se jeter dans le vide était la meilleure idée du monde ! Comment ça, c'était elle qui avait commencé ? Non, pas du tout, il était censé la rattraper ! Pas les faire plonger dans le vide. C'est dingue ça, il fallait toujours qu'il en fasse trop !
Allez, il faut se calmer maintenant, et arrêter de le frapper. Elle baissa la tête, toujours énervée. Sans trop y faire attention, elle avait des larmes qui étaient monté jusqu'à ses yeux. Elle aurait fait quoi si elle s'était blessé, hein ? Ou pire... Ca aurait été horrible. Elle ne voulait pas y penser. C'est ainsi que l'air toujours en colère, elle choisit de se jeter dans les bras d'Alexandre. Et de le serrer fort, attendant qu'il fasse de même. Et il avait plutôt intérêt s'il ne voulait pas énerver plus que ça la jeune mannoise qui n'en revenait toujours pas de l'inconscience de ses actes.
Et c'était prof à Poudlard.

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MessageSujet: Re: S'oublier | Evangeline Sam 12 Jan - 18:25
Il se sentait horriblement bien.
Comme si tous ses soucis s'étaient envolés dans la chute, ou mieux qu'ils s'étaient fracassés sur les rochers là où leur chute à eux n'avait pas abouti. Il se sentait libéré, infiniment calme et serein. Hm. S'il avait su, il se serait jeté du haut d'une falaise bien plus tôt. Parce que là, la seule chose qu'il avait encore envie de faire, c'était de hurler à pleins poumons pour faire sortir ce qui restait encore en lui, rien d'autre.
Sauf que cette idée ne put rien faire d'autre que traverser son esprit. Parce qu'autre chose que le vent vient frapper son visage. Une belle gifle vient rencontrer sa joue, et l'homme ne peut que tourner son visage sur le côté, encaissant le choc. Ouch. Boh. Ça valait le coup. Au moins, il l'avait surprise. C'était toujours bien, de surprendre une jeune femme. Il faut dire que ce n'était pas tout le monde qui oserait se laisser tomber du haut d'une falaise, magie ou pas magie. Mais après, les réactions étaient diverses.
De la part d'Eva, il se serait attendu à deux choses : l'excitation pure et dure, due à l'adrénaline... Ou ça. Il ne sait pas vraiment ce qu'il aurait préféré, mais ce résultat là lui convenait. Et la voici qui prend la parole, l'insulte, râle...
Le frappe ?
De ses petits poings minuscules sur ses larges épaules ?

Il hésite alors entre le rire et l'exaspération, choisit de rester aussi stoïque que possible. Il n'arrive toutefois pas à effacer un petit sourire en coin, oscillant entre la fierté et l'amusement, laissant la jeune fille à sa crise hystérique post-traumatique. Elle continue de l'insulter, il ne relève pas. Pas plus qu'il aurait pu les tuer, pas plus qu'il ne réplique qu'il n'y avait aucun risque, qu'il avait jeté ce sort des centaines de fois, qu'il fallait avoir confiance en lui.
Après tout, n'était-ce pas ce qu'elle lui avait demandé, au final ? De la rattraper, de la sauver, de pouvoir s'abandonner à lui en toute confiance ?

Et finalement, la voici qui se jette dans ses bras. Alexandre hausse les sourcils, la tient contre lui, la serre dans ses bras. Pour la réconforter. S'excuser ? Hors de question. Il avait fait ça en toute connaissance de ses actes, il ne regrettait pas. Ça avait été infiniment libérateur. L'adrénaline, le côté inconscient, irresponsable... C'était justement ce dont il avait besoin. Arrêter de se conformer à tout et n'importe quoi en permanence, prendre un peu ses libertés.
Respirer.
Sans réfléchir, il passe une main dans les cheveux de la mannoise, dégage son front de la masse capillaire avant d'embrasser sa peau. Il tente de la calmer, simplement, en caressant ses cheveux, en manifestant sa présence, juste pour la rassurer.
« Chhh, c'est fini, va. » lâche-t-il maladroitement, ne sachant pas trop comment s'y prendre pour la calmer, pour le coup. Si lui se sentait bien après cette chute, ce n'était pas forcément le cas de tout le monde. Il la serre un peu plus contre lui, silencieux, fidèle à lui-même. Le sourire s'efface peu à peu de son visage, laissant l'expression habituelle d'Alexandre reprendre le dessus.
L'adrénaline redescend. La tranquillité aussi. Les soucis reviennent, et il serre Evangeline un peu trop fort contre lui, pour ne pas la laisser lui échapper. Ce genre d'instants étaient rares, et la situation qu'il traversait ne le lui rappelait que trop bien. Il embrasse le haut de la tête de la jeune fille, respire le parfum de ses cheveux – de son shampooing – ferme les yeux.
Sa gorge se serre.
Putain.
Il redresse la tête, observe les vagues qui se brisent autour d'eux, sur les rochers. « On ne devrait pas rester ici. On va finir tremper. » souffle-t-il calmement. Il garde un bras autour d'elle, même si le second la relâche. « Tu veux transplaner ailleurs ? Je te ramène chez toi? » propose-t-il galamment, l'esprit se remettant à fonctionner à toute vitesse. Réfléchir. Trouver un endroit où emmener la belle, peut-être suffisant pour renverser la tendance financière – ah non, il n'en démordera pas – ou pour se faire pardonner la frayeur qu'elle vient de vivre.
Si ça ne tenait qu'à lui, il repartirait pour un tour, mais bon...

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MessageSujet: Re: S'oublier | Evangeline Mar 15 Jan - 12:52
Ah, elle est bien mieux là. Des bras de mâles, une odeur de mâle, des baisers de mâle (sur son front, certes), tout ça tout ça quoi. Elle s'accroche à lui comme une moule à son rocher (sans comparaison dégueulasse) et attend que le temps passe alors qu'il a tout ces gestes tendres pour elle.
Bon, elle exagérait clairement beaucoup, mais sur le coup, elle avait vraiment eu peur. Etrangement. Alors même que c'était elle qui avait provoqué tout ça. Mais elle ne s'était tellement pas attendu à la chute. Peut-être que si elle avait su, elle en aurait plus profité un peu comme Alexandre en cet instant, mais là comme ça... non. Même si au final ce n'était jamais que comme un manège à sensation forte comme un autre. Après oui, si elle avait su que l'homme faisait de l'escalade et avait sans doute l'habitude de ce genre de situation, elle aurait moins paniqué. Mais là, son sang-froid s'était envolé sans la suivre dans la chute.
Alors même qu'elle était capable de conserver un calme impressionnant dans des situations qui pouvaient être bien plus critique d'urgence médicale. Bien qu'elle n'en ait pas eu beaucoup à s'occuper, lorsque ça arrivait, elle n'en restait pas moins impassible et concentrée sur sa tâche, sans que rien d'autre ne puisse venir la perturber. Elle pouvait d'ailleurs être particulièrement impressionnante dans ce genre de moment.

Le visage contre le torse de l'homme, elle n'a pas vraiment envie de bouger, pour le coup. Et ce même si l'humidité commence à s'infiltrer un peu, que ça soit parce que les rochers sur lesquels ils étaient installés étaient trempés, ou parce que l'air était tellement chargé en eau qu'aucune veste ne pouvait vraiment les protéger. Evangeline releva les yeux sur lui au moment où il proposa d'aller ailleurs ou de retourner chez elle. Hum.
Elle réfléchit rapidement. Est-ce qu'elle voulait aller quelque part en particulier ? Pas tout à fait, même si elle marcherait bien encore un peu. Elle savait que si elle rentrait maintenant, elle allait s'effondrer dans un coin et s'endormir comme une loque, pour se réveiller à une heure improbable de la nuit. Ou alors tard dans la matinée. Et elle serait tellement reposée qu'elle ne pourrait pas dormir de la nuit suivante.
Se dégageant doucement, elle se releva sur ses pieds et s'épousseta. Ce qui ne servit strictement à rien, admettons-le, mais c'était l'habitude, sans doute. Elle fit un sourire à Alexandre.

« Pourquoi pas un parc ? Si t'as pas peur d'une balade avec moi, évidemment. »

Oui oui, c'était elle qui disait ça. Celle qui avait flippé en tombant d'une falaise. Alors qu'elle était sorcière. Bon, moquerie mise à part, elle attendit qu'il se décide pour lui prendre la main et transplaner à nouveau, alors que la sensation de tourbillon se faisait sentir.
Pop.
Ils apparurent alors... bah dans un parc. Derrière des buissons même, plutôt hauts. Regardant autour d'elle, la jeune femme haussa un sourcil. Ou est-ce qu'il avait bien pu les amener ? Bah, elle verrait bien en sortant de derrière les fourrés. Elle essaya de voir si un chemin pouvait les conduire en dehors de ceux-ci, et en repéra un rapidement, avant de laisser passer l'homme devant elle.
« Après-toi. »
Après vous monsieur, taillez-nous un chemin là-dedans. Non parce que c'était pas qu'avec ses cheveux elle risquait plus de finir piégée qu'autre chose au milieu de tout ça, mais un peu quand même. Surtout que là, elle devait déjà être coiffée comme l'as de pique, ce n'était pas la peine d'en rajouter. Elle aurait dû donner un coup de baguette à sa coiffure avant de quitter les falaises... Zut. Pourquoi elle n'y avait pas pensé plus tôt ? Surtout que là ils devaient avoir gonflé un peu, avec l'humidité. Elle essaya de les aplatir un peu, alors qu'ils arrivaient enfin dans le parc à proprement parlé.
Et la voilà qui regarde autour d'eux, ses yeux s'agrandissant face à ce qu'elle voyait. Elle n'avait pas le moindre début d'idée d'où elle était, mais elle y était et... c'était trop cool ! Elle ne fit pas trop attention à si des gens les avait vu ou non sortir des fourrés, parce que ça lui importait peu pour le moment, il fallait bien l'avouer.

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MessageSujet: Re: S'oublier | Evangeline Dim 20 Jan - 15:10
Un parc ?
Oh, mademoiselle avait envie de se balader, dirait-on. Des dizaines de lieux différents lui vinrent à l'esprit, mais il se dit, très sagement par ailleurs, qu'il valait mieux épargner la pauvre petite qui avait déjà eu assez d'émotions comme ça. On oublie les dragons, et autres lieux improbables. De toute façon, la plupart étaient trop loin pour qu'il puisse transplaner d'ici.
Dommage, le Grand Canyon, ça valait le détour et...
Oui non. Un parc, Alexandre, un parc. Un endroit avec de la verdure, des fleurs, des enfants qui jouent, pas forcément un coin avec des paysages à couper le souffle. Hmpf. Dommage. Il se plie tout de même à la demande, cherche dans ses souvenirs un coin sympa où il avait pu aller, un parc où il ferait bon d'aller.
Les jardins du Luxembourg ? Moui, bon, peut-être pas non plus. Oh, mais oui ! En cette saison, il connaissait l'endroit idéal où transplaner pour se promener. Il sent alors la main se glisser dans la sienne, fronce fugacement les sourcils face au geste d'affection que cela représentait, serre les doigts, et transplane sans plus attendre.
Pop.
L'odeur de chlorophylle, le parfum des fleurs, tout cela le saisit dès qu'il réapparaît, derrière d'épais buissons, suffisamment hauts pour leur permettre d'être à l'abri des regards. Il pose les yeux sur la demoiselle, vérifie qu'il ne lui soit rien arrivé de fâcheux dans l'atterrisage, veille à ce que sa veste soit toujours sur ses épaules. Et se tourne vers les épais enchevêtrements de branches, cherchant par où passer.
Boarf. Ils n'étaient pas dans la jungle non plus, il devait bien y avoir un chemin... Non ? Pff. Fichu jardin botanique.
Car oui, Alexandre avait ni plus ni moins que dans le jardin botanique royal d'Édimbourg. Un endroit fabuleux, fait de fleurs, de couleurs, de plantes, avec un petit cours d'eau, bref, un cadre superbe, idéal pour une promenade.

Sans trop de peine, il se fraye un passage et arrive jusqu'à l'un des chemins du parc et époussète sa tenue d'un air légèrement contrarié – beuh, tout sale le gentil professeur. Il pose les yeux sur Eva, avant de laisser un sourire fendre son visage ; la main se lève, et il attrape une brindille s'étant perdue dans les cheveux roux.
Hm.
À ce sujet...
« Tu as changé quelque chose à tes cheveux, ces derniers temps ? » demande-t-il, sans être capable de dire de quoi il s'agissait. Est-ce qu'il attachait de l'importance à cela ? Au fond, pas vraiment, c'était juste une pensée qui avait franchi la barrière de ses lèvres. Il voyait bien que c'était différent d'avant, mais en quoi... Elle les avait coupé ? Fait une permanente ? Ou bien elle avait fait des rajouts... ? Hm. « … Ça te va bien en tout cas. » conclut-il finalement en haussant les épaules. Oui, il faut dire qu'il aime les rousses, en bon petit écossais. Même s'il n'est pas capable de dire que c'est bel et bien la couleur qui a changé.
Pas le temps, toutefois, de s'attarder sur le sujet, car il croise le regard outré d'une passante d'un certain âge, occupée à nourrir les pigeons. Hm ? Mais... Et pourquoi cette mère de famille le regardait-elle de travers, au juste ? Oh. Oui. Évidemment. Un homme et une femme qui sortent des fourrées...
« Vous devriez avoir honte, jeune homme ! » entend-t-il alors. Il se tourne et voit la vieille femme évoquée plus tôt, qui le toise d'un air sévère. Hey ! Lui et pas elle, hein ? Bien sûr, c'est toujours l'homme le responsable, celui qui pervetit ces dames, celui qui dérobe l'innocence de la donzelle... Hmpf.
Pour une fois qu'il n'avait rien fait... Pour une fois qu'ils n'avaient rien fait, d'ailleurs.
Il préfère faire un simple sourire un peu désolé à la vieille dame, sans répondre, et prend le bras de sa jeune amie pour l'entrainer vers les sentiers sinueux du parc. Silencieux, il se contente de la guider vers des endroits tous les plus spectaculaires les uns que les autres, dans les compositions florales ou les mises en scène faites par les botanistes pour impressionner les touristes, mais aussi les habitants de la ville.
Ils passent devant un couple habillé bien sobrement sans vraiment les voir, les contournent et poursuivent leur route ainsi.
Dans sa délicatesse naturelle, il ne se prive pas de guetter les jolies femmes qui passent non loin. Un décolleté attire ses yeux, un popotin attise sa curiosité...
Le regard reprobateur de la même vieille dame – mais elle le poursuivait, c'était pas possible – lui rappelle que ce n'est pas très galant quand on a une jeune fille au bras. Moui bon, c'était pas comme s'il était en couple, hm, c'était un plan cul avec qui il passait du temps, en toute amitié, donc bon, il pouvait bien se rincer l'oeil, non ?
Comment ça, non ?
Hmpf.

« Tu as vraiment eu peur, tout à l'heure? » fait-il calmement, finalement, tranchant le silence sans la regarder – quand on marche, c'est mieux de regarder devant soi. « Tu as vraiment cru que je me lançais dans le vide sans filet? »

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MessageSujet: Re: S'oublier | Evangeline Mer 27 Mar - 21:18
La brindille retirée de ses cheveux, Evangeline fait un sourire. Zut, elle n'avait donc pas échappé au sort du commun des mortels et avait bien finit par se faire attaquer par la nature... Bah, heureusement, Super Alex était là pour la sauver des méchantes brindilles. Ce dernier lui fait alors remarquer qu'elle avait changé quelque chose. Ah, tiens, elle ne s'attendait pas à ce qu'il le remarque. Bien sûr, c'était un changement de taille, mais comme ils ne se voyaient pas si souvent que ça. Elle oubliait parfois à quel point il pouvait être observateur. Mais en tout cas, ça lui faisait plaisir. Entourant une mèche de cheveux entre ses doigts, elle lui fit un sourire un peu amusé, et pour récompenser son effort, vint lui apporter la réponse à sa question. C'était une bien maigre récompense, mais elle aurait d'autres occasions de l'en féliciter. Et de façon plus agréable sans doute.
Mais je m'égare.

« Je les ai teins en roux. » Elle marqua une petite pause l'air de rien et vint faire un bisou sur la joue piquante de l'homme. « Merci en tout cas. » Et tout à ses remerciements qu'elle est, elle ne voit pas la femme qui les regarde outrée. Et heureusement, parce que sinon elle aurait sans doute dû se retenir d'éclater d'un rire franc. Elle ne se rend compte de cette présence qu'au moment où la voix les interpelle. Elle lève les yeux sur la pauvre dame qui accuse Alexandre, et pince les lèvres pour ne pas rigoler face à la situation.
Le pauvre, il se faisait accuser de tous les maux, alors qu'il était fort probable que la jeune femme ne soit pas plus une sainte que lui, loin de là même. Et ce malgré le fait qu'avec les années elle se soit bien calmée.
Finalement, elle se fait entraîner par le professeur sur le chemin du jardin botanique, et admire les fleurs qui les entoure. Elle n'était jamais venue ici, mais elle trouvait l'endroit magnifique. L'homme avait définitivement bon goût, que ça soit en matière de femme ou de lieu où se rendre. Oui oui oui, ses chevilles vont bien, ne vous inquiétez pas. Elle se laisse guider et entraîner par son partenaire, appréciant le parcourt qu'ils font sans croiser grand monde. C'était agréable ici, et particulièrement calme surtout. C'était très reposant, après le petit coup d'adrénaline qu'elle avait eu.

Sans vraiment y faire attention, elle s'était rapprochée de lui, et avait dû se retenir au dernier moment pour ne pas reposer sa tête sur son épaule. C'était un geste qui lui venait naturellement, mais étant donné la situation particulière de leur relation, elle ne savait pas vraiment si ce genre de comportement passerait bien, sans rendre la situation étrange. Déjà qu'en soi, ils franchissaient une ligne qu'ils n'auraient pas dû puisque ce temps passé ensemble les rapprochait peut-être un peu plus que de raison, alors si en plus elle n'y mettait pas du sien pour maintenir une frontière...
Bah, elle réfléchissait sans doute trop. Elle ferait mieux de se contenter de profiter de l'instant.
Et puis avec les regards qu'il porte aux femmes qui passent, cela pourrait rendre la situation encore plus étrange. Même si elle-même ne se gênait pas pour jauger d'un regard appréciateur ses congénères. Mais elle savait se montrer plus discrète, et au pire, ça pouvait passer pour une simple reconnaissance de rivale, tout ça...
Non ? Bah... Tant pis.
De toute façon, elle ne s'était pas faite vraiment voir, visiblement, ou alors Alexandre préféra ne rien dire à ce sujet. De toute façon, ce n'était pas vraiment comme si ça le regardait.

Le silence entre eux est agréable, mais il finit tout de même par être brisé. Et non pas par la femme bavarde qu'était notre rouquine, mais par l'homme qui amène un sujet inattendu sur le tapis.
Oh.
Hum.

Evangeline prend le temps de réfléchir avant de répondre, revenant sur les événements ayant eu lieu plus tôt, et sur ce qu'elle avait pu elle-même ressentir à cet instant là. Bien sûr elle avait douté. Ca serait mentir que de dire le contraire. Après...
« Je n'ai pas vraiment pensé sur le moment, je dois avouer. Et j'ai vraiment eu peur, oui. Mais ce n'est pas seulement parce que j'ai cru ou non que tu te lançais sans filet – je reste une sorcière, j'aurais pu intervenir au pire. » Peut-être. Ou pas. Elle n'était pas vraiment taillée pour l'action. « Mais plutôt l'idée que quelque chose échoue dans le processus. Ce qui ne fut pas le cas, heureusement. » Sourire amusé. « Et puis maintenant je sais que je peux te faire confiance la prochaine fois qu'on tombe d'une falaise ! » Et là ele rigole doucement.
Elle ne savait pas si c'était vraiment important ou pas, si elle avait vraiment répondu à sa question. Même si pour elle la réponse était plus que satisfaisante. Peut-être que pour l'homme ça ne serait pas la cas. Mais au moins elle avait été franche. Il ne répondit pas, en tout cas, ou du moins ne fit aucun commentaire réellement constructif autour de sa réponse. Peut-être lui suffisait-elle au final.

Leur balade se poursuivit longuement, puis le temps passant, ils durent se séparer, Alexandre la raccompagnant chez elle en bon gentleman. Et lorsqu'il ne fut plus là, Evangeline ne pu que ressentir un vide sur l'instant, sans vraiment savoir pourquoi. Sans doute la peine de devoir se retrouver à nouveau toute seule après un après-midi si agréable.
Elle poussa un soupir, balaya tout ça de son esprit, et retourna à ses activités.

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Et il y en a d'autres qu'on oublie alors qu'on aimerait toujours s'en rappeler. »




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