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Un Réveillon plutôt morne...

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Rappeltou
Statut de Sang : Née-Moldue
Baguette: Bois de saule, plume de phénix, 26 cm, très souple, particulièrement adaptée aux duels

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MessageSujet: Un Réveillon plutôt morne... Jeu 27 Déc - 13:50
La petite Lola fixa son reflet dans le miroir de sa salle de bain. Ce dernier lui renvoyait l'image d'une petite fille aux cheveux long, bruns et aux grands yeux verts, avec cet air farouche dans le regard qui caractérise les enfants les plus turbulents. Pourtant aujourd'hui, la petite brune ne se sentait pas d'humeur farceuse. Pourtant elle aurait dû ! On était le soir du réveillon, et cette soirée était un des moments qui signifiait pour la petite Lola de la joie, des cadeaux, les réunions de famille qu'elle aimait tant et le droit d'aller se coucher tard....

La petite fille enfila sa robe de Noël, achetée spécialement par sa mère la semaine dernière et tritura d'un air morne ses petites ballerines vernies. Quiconque serait entré dans sa chambre à cet instant se serait demandé avec surprise ce qui n'allait pas pour que Lola, enfant habituellement pleine de joie et excitée à l'approche de Noël, reste ainsi d'un air morne, planté devant son miroir.
Visiblement, quelque chose n'allait pas...

La jeune fille enfin prête descendit à pas feutrés les escaliers, essayant de faire le moins de bruit possible. Passant devant le salon, elle s'arrêta quelques secondes, admirative : la pièce la plus chaleureuse de la maison était décorée avec faste et bonne humeur en prévision des fêtes de Noël et de fin d'année. Le grand sapin acheté par son père il y a déjà trois semaines de ça, s'élevait dans un coin près du canapé et attirait l'attention au premier regard et pour cause, c'était Lola qui s'était occupé de la décoration. Surchargé de boules et de guirlandes en tout genres, ce pauvre sapin ployait sous le poids des décorations. Des chaussettes avaient été disposées sur le manteau de la cheminée et si l'on était un fin observateur, on aurait pu apercevoir une paire de petit chaussons roses posées à terre devant, preuve de l'impatience d'obtenir ses cadeaux de la petite fille qui habitait dans cette maison.

Poussant un long soupir, la brune continua son chemine et s'approcha de la porte du bureau de son père, qui par chance était légèrement entrouverte. Se blottissant derrière et tendant l'oreille, Lola écouta la conversation téléphonique qui se déroulait derrière la porte :

- Et vous n'avez toujours aucune nouvelle ? Ecoutez, ma femme aurait dû être rentrée depuis deux jours déjà, et ce n'est pas dans son genre d'être en retard ! Vous n'avez pas une idée de ce qui aurait pu la retarder ?

Refermant la porte d'un air triste, la petite fille alla s'asseoir sur le canapé moelleux, qui avait abrité tellement de moment familiaux. Se laissant tomber sur son coussin favori, la brune fixa son regard sur la baie vitrée qui lui faisait face et qui donnait vue sur le jardin : elle pouvait apercevoir des ravales de neige tourbillonner à toute vitesse, telle des esquisses rapidement effacé par les bourrasque de vent.

Cela allait faire maintenant presque cinq jours que sa mère était partie. Envoyée d'urgence sur le terrain, elle avait promis qu'elle serait rentrée avant le Réveillon. Et elle n'était toujours pas là. Lola n'était pas souvent inquiète : fille d'ordinaire optimiste et joyeuse, elle ne voyait le pire que très rarement.
Elle avait toujours été admirative devant le travail de sa mère et n'avait jamais compris l'air fermé de son père à chaque fois qu'ils abordaient le sujet. Mais maintenant elle comprenait mieux. Photoreporter de guerre n'était pas un métier, sûr, et encore moins stable. Toujours sur le terrain, toujours en première ligne, sa mère courrait des risques, elle le comprenait désormais.
Et aujourd'hui, en ce soir de Réveillon, son père s'énervait au téléphone pendant qu'elle était seule, sur le canapé.

Que ferait-elle si sa mère mourrait ? Du haut de ses six ans, la Mort était un mot effrayant mais quelque peu incompréhensible pour la jeune fille. Elle ne connaissait personne qui était mort et s'en portait bien mieux comme ça. Mais si cela arrivait à sa mère ? Si Lola ne la revoyait plus jamais ? A cette pensée, le coeur de la petite brune se déchira et elle secoua la tête toute tremblante, refusant cette possibilité. Il fallait qu'elle se montre forte, qu'elle se montre courageuse et qu'elle fasse preuve d'optimisme, comme sa mère le lui avait appris.

Se relevant doucement, elle s'approcha à nouveau de la porte du bureau de son père et jeta un coup d'oeil à travers le mince espace : son père se tenait la tête entre les bras, complètement affalé sur son bureau. La fillette n'avait jamais vu son père dans un tel état. Ouvrant soudain la porte avec force, dont le fracas fit sursauter légèrement son père, la petite fille s'avança et le tira par la manche, un sourire quelque peu crispé mais franche collé sur ses lèvres :

- Allez Papa, il faut qu'on prépare le Réveillon ! Viens !

L'homme regarda sa fille avec tendresse, avant de secouer la tête d'un air peiné et désolé :

- Je suis désolé Loly. Mais j'attend un coup de téléphone.

La fillette n'abandonna pas pour autant : lorsqu'elle avait une idée dans la tête, elle ne l'abandonnait pas comme ça ! Regardant son père droit dans les yeux, d'un regard déterminé et franc, impression étonnante pour un enfant de son âge, elle le lui redemanda d'une voix ferme :

- Maman vas revenir et tu le sais. Elle est en retard, mais qu'est-ce qu'elle va dire lorsqu'elle va revenir et que rien ne sera prêt ? Allez vient !

D'un air las, plus pour faire plaisir à sa fille qu'autre chose, le père suivit la petite brune jusqu'à la cuisine, où elle pointa du doigt la table encore vide.

- Allez on s'y met ! Je met la table, parce que toit t'es pas fort pour décorer, et toi tu vas faire à manger !

La jeune fille appuya sur un bouton et enclencha de la musique de Noël. Chantonnant joyeusement de sa petite voix angélique, elle sautillait partout dans la cuisine, allant chercher des assiettes par là, des serviette dorées pour faire jolies là-bas ou encore un peu de gui pour égayer la table par ci. Son père, attendri devant ce spectacle, sourit difficilement et se mit à la tâche. Ca fille avait raison, à quoi bon se lamenter si on n'est sûr de rien ?

Lorsque Mme Turner rentra, fatiguée après son voyage beaucoup plus long que prévu, elle savait bien que son mari et sa fille devaient être morts d'inquiétude. Malheureusement, une bombe avait détruit la moitié d'un camp dans lequel elle se trouvait, et dans la cohue générale elle avait manqué la voiture qui la ramènerait en sûreté à l'aéroport. Elle avait don dû attendre, espérant arriver à temps pour le Réveillon.
Pourtant, lorsqu'elle pénétra doucement dans le salon, elle ouvrit de grands yeux devant le spectacle qui s'offrait à elle, avant de sourie d'un air attendri :
Lola et son mari dormaient tranquillement sur le canapé, portant chacun un bonnet de Père Noël. La petite fille avait la tête posé sur les genoux de son père et les deux paraissaient si paisibles...

En ce Réveillon pour le moins morne, Lola, du haut de ses six ans, venait d'apprendre que l'optimiste était la meilleure façon de garder espoir.

( Rp d'environs 1400 mots.
Edit admin : 1215 mots. )

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