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Souvenir d'un souhait

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Messages : 249

Rappeltou
Statut de Sang : Sang-pur
Baguette: Noyer noir, 26,5cm, ventricule de dragon

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MessageSujet: Souvenir d'un souhait Lun 14 Jan - 1:02
Elkesley, 24 Décembre 2019

Il est de ces nuits qu'on oublie jamais. Cela peut-être car elles connaissent l'accomplissement de rêves fabuleux, ou car des événements magiques s'y produisent. Pour beaucoup d'enfants, la nuit du réveillon en fait partie. Et pour une jeune adolescente, il en est une qui restera à jamais gravée dans sa mémoire.

Esther était montée dans sa chambre depuis une heure maintenant.
Bordel...
Elle détestait ces putains de fêtes. Elle haïssait d'avoir à revenir tous les ans chez elle pour les passer en « famille ». Oh, bien sûr, tout le monde était là. Sa mère, son père, Armand et Alissa. Ils étaient tous là. Et comme chaque année, c'était la même chose, les mêmes discours, les mêmes faux-semblants. Elle en avait marre. Ca lui donnait envie de vomir. Elle devait se faire violence pour ne pas s'énerver, pour ne pas tout briser autour d'elle. Briser cette putain d'image de famille parfaite qui n'existait que pour se voiler la face.
Elle aurait voulu pouvoir leur hurler la vérité, la leur lancer à la gueule comme elle aurait balancé un cognard. Mais non. C'était peine perdue. Et elle en avait terriblement conscience. Alors ce soir, elle avait choisit d'agir différemment. Elle avait choisit de faire en sorte de ne pas avoir à assister à ces fausses festivités. Et pour ça elle avait trouvé le moyen le plus parfait. La punition. Ou tout du moins ce que ses parents estimaient en être une. Ils avaient verrouillé la porte. Pour qu'elle ne puisse pas sortir. Comme s'ils allaient pouvoir l'enfermer si facilement. Elle trouverait toujours un moyen pour sortir. Toujours.
Elle resta ainsi allongée sur le dos, sur les draps de son lit, à observer le plafond, le temps que les aiguilles de l'horloge tournent. Sans rien faire. Elle ressassait ce qu'il s'était passé, malgré elle, alors qu'elle connaissait les conséquences de ses actes. Et... Bah... Ca n'avait pas d'importance, après tout. Non, ça n'en avait plus. Elle n'avait qu'à pas y penser. Surveillant l'heure régulièrement, elle finit par se dire qu'il était temps.
Sortant sa baguette de sous le jupon de sa robe, accrochée contre sa cuisse de façon à pouvoir la garder malgré la belle tenue qu'elle était censée porter, elle s'approcha de sa fenêtre. Elle l'ouvrit et évalua la distance jusqu'au sol. C'était... haut. Bon. Elle ferait avec.
Elle se mordilla la lèvre inférieure et se dirigea jusqu'à son armoire, fouillant dedans en laissant derrière elle un rangement assez approximatif. Elle attrapa plusieurs draps, sans trop se soucier de leurs qualités respectives, puis les attacha ensemble afin d'obtenir une bonne longueur. Ce n'était pas la chose la plus solide qu'elle pouvait obtenir, mais elle s'en satisferait. La Gryffondor aurait pu utiliser un sortilège de coussinage, après s'être laissé tomber du haut de sa fenêtre, mais elle préférait encore cette méthode. Elle prenait moins de risque, selon elle. Surtout dans la mesure où elle n'avait pas le droit d'utiliser la magie en dehors de Poudlard, comme tout sorcier mineur de Grande Bretagne. Et puis ça serait plus simple pour remonter. En supposant que personne n'ait la bonne idée de lui rendre visite avant la fin de la soirée. Bah... Ca serait pas son problème.
Et puis il était déjà tard, si quelqu'un avait voulu lui rendre visite, il l'aurait fait.

Accrochant la corde au pied de son lit à baldaquin, elle la fit ensuite passer pas la tringle de ses rideaux, pour lui servir de coulisse et éviter qu'elle ne s'abîme. Elle testa un peu le tout, en tirant dessus. Normalement, c'était du solide, mais on ne savait jamais. Mieux valait prévenir que guérir. Ceci dit, elle grimpa sur le rebord de la fenêtre, et lança sa corde improvisé jusqu'au pied du mur. Il manquait un bon mètre, mais elle ferait sans. Elle arriverait bien à se débrouiller. De toute façon, avec toutes les saillies qu'il y avait dans le mur, elle parviendrait bien à grimper la hauteur pour finalement revenir dans sa chambre par la suite. Elle trouverait toujours une solution.
Ceci dit, elle enroula son bras autour de sa corde improvisée et commença à descendre, forçant sur ses bras pour ne pas tomber. Bon sang... Ce n'était pas aussi simple que ça en avait l'air... Si seulement elle avait gardé son balai dans sa chambre, ça aurait tout de suite rendu les choses plus simples. Mais non, il fallait qu'elle ait décidé de le laisser à Poudlard, évidemment... Bon.
Elle arriva en bas, et se laissa tomber sur la fin, se réceptionnant dans les graviers. Elle épousseta sa robe qu'elle avait choisi de garder, quand bien même ça ne serait pas pratique dans sa fuite. Elle voulait être bien habillée quand elle arriverait chez Samara. Elle jeta le sac qu'elle avait pris sur son épaule, après que celui-ci soit tombé également à cause de sa chute. Heureusement qu'elle offrait quelque chose qui ne risquait rien à son amie, sinon ça aurait été problématique.

Prenant le chemin pour sortir de la propriété qu'était le manoir Nott, la jeune femme maudit à plusieurs reprise le froid qui régnait, et la neige, et l'humidité, et tout un tas d'autres choses. Puis finalement arriver jusque chez son amie d'enfance. S'avançant dans l'allée de la maison, décorée de magnifiques guirlandes vertes et rouges, elle sauta rapidement sur le perron et frappa trois coups bien vigoureux contre la porte, remettant sa robe correctement et se raclant la gorge. Lorsque la porte s'ouvrit, un grand sourire vint s'afficher sur le visage de la brune.
« Bonjour madame Sherman ! Joyeux Noël ! J'espère que je ne vous dérange pas.
- Esther, quelle surprise ! Je ne pensais pas te voir ce soir. Tu ne fais pas le réveillon en famille ?
- Normalement si, mais j'ai insisté pour pouvoir passer vous voir. Ils n'ont pas pu me le refuser, pensez-vous !
- Je vois. Entre donc alors, tu as l'air frigorifiée.
- Merci. »

Esther franchit la porte, alors que la mère de Samara se reculait. D'ailleurs, sa fille vint voir dans l'entrée ce qu'il se passait, à en croire ses sourcils froncés. Qui se relevèrent en voyant la Gryffondor dans l'entrée. A peine eut-elle aperçut son amie que la jeune femme vint trouver ses bras en lui sautant à moitié dessus. Merlin, que c'était bon de la voir. Bon, évidemment, elles avaient pu se fréquenter ces derniers jours, puisqu'elles vivaient à peine à quinze ou trente minutes l'une de l'autre, suivant le chemin qu'elles prenaient pour se voir, mais il n'empêche qu'Esther n'aimait pas quand elle ne voyait pas la verte pendant ce qui lui semblait une éternité. A savoir deux jours sans nouvelles. Terrible, hein ?
A se demander si...
Ooooh, de la bûche ! Trop bien ! Bon, y'en avait aussi chez elle, mais elle n'avait pas eu le temps d'y goûter. Mais pour le moment, elle préférait profiter des bras de Samara. Respirer son odeur, et puis de sa chaleur, et d'elle en général.

« Je suis contente de te voir ce soir !
- Moi aussi ! Même si ça m'étonne que tes parents t'aient laissé sortir. Enfin... Peu importe. »

Ouais... Peu importe ! Ahah !
Faisant mine de rien, Esther relâcha son étreinte et s'avança jusqu'au salon, où la maîtresse de maison était retournée. Elle observa autour d'elle et repéra bien rapidement un sapin, au pied duquel se trouvaient des cadeaux. Dans sa famille, ceux-ci n'apparaissaient qu'une fois neuf heure du matin passé, le vingt-cinq. Et encore, depuis quelques années, ses parents semblaient insinuer qu'à leur âge, des cadeaux n'étaient peut-être plus vraiment nécessaire. Tsss...
Prenant son sac, elle vint s'agenouiller près du sapin et l'ouvrit, déposant deux cadeaux à ses pieds. Se redressant, elle se tourna vers les deux femmes présentent.

« Voilà, j'espère qu'ils vous plairont.
- Je n'en doute pas un seul instant. »

La mère de Samara fit un sourire empli de sympathie à sa jeune invitée. Cette dernière lui rendit, avant de venir s'installer à son tour. Elles discutèrent un petit moment, de tout et de rien, tout en mangeant de la bûche et en buvant du champagne (oui oui, rien que ça, bien que la mère de Samara puisse largement se le permettre). La brune était arrivée plutôt tardivement dans la soirée, et le temps passant rapidement, il se fit vite tard. La matriarche proposa à Esther de rester dormir ici, ce que la jeune femme confirma, arguant que ses parents avaient dit que si jamais elle voulait rester elle le pouvait. Que tant qu'elle était rentrée pour demain midi, ça irait. Les filles montèrent se coucher rapidement, arrivant dans la chambre de la Serpentard. Elle se dirigea vers son armoire pour sortir un pyjama à sa meilleure amie qui s'était assise sur le lit, se laissant tomber en arrière avant de se relever alors que la blonde se tournait vers elle.

« Tiens, voilà pour toi.
- Merci. » Elle rattrapa ce qu'elle lui lançait sans mal.
« Tu sais, je suis contente que tu sois là ce soir.
- Et moi donc ! Je crois que si j'étais restée là-bas je serais morte d'ennuis. » Esther se mit sur ses pieds et s'avança jusqu'à Samara, avant de lui tourner le dos. « Tu peux m'aider à défaire ma robe s'il te plaît ? »
La Serpentard leva les yeux au ciel, avant de venir placer une main autour de la fermeture, tout en laissant un espace pour qu'elle puisse venir la défaire sans abîmer le tissu. En sentant la main dans son dos, Esther eut un léger frisson, et avala sa salive, alors que le tissu était séparé. Elle leva les yeux vers le plafond. Elle devait avoir légèrement rougit, elle le sentait. Mais elle préféra l'ignorer. Dommage qu'il n'y ait pas de gui d'accroché là-haut. Devant tenir la robe pour qu'elle ne tombe pas, elle se tourna vers Samara, et lui fit un sourire.
« Merci.
- De rien. Je vais aller me changer dans la salle de bain, je reviens. »
Esther en profita pour se changer également. Elle espérait que ses parents ne viendraient pas voir si elle était toujours dans sa chambre. Bah... Ils devaient n'en avoir rien à faire, après tout. S'ils avaient trouvé le moyen pour l'engueuler le soir de Noël, sans doute n'accorderaient-ils pas plus d'importance que ça à l'idée qu'elle ait pu filer. Comment ça elle l'avait cherché ? Et alors ? Ca n'empêchait pas ! De toute façon, ils s'en foutaient d'elle, ou de ce qu'elle pouvait bien faire. Parfois, elle se demandait même si elle ne ferait pas mieux de simplement partir pour les soulager du poids qu'elle devait être pour eux. Ils seraient sans le moindre doute bien plus tranquilles comme ça. Croisant les bras devant sa poitrine, elle fronça un instant les sourcils. Bah, ça servait à rien d'y penser, de toute façon, elle n'avait pas d'intérêt à y porter. Alors fuck it.

Samara finit par revenir, toquant rapidement avant d'entrer, histoire de laisser le temps à son amie de protester au besoin. Ce qui ne fut pas le cas. Elles discutèrent encore un peu, puis allèrent se coucher, s'allongeant l'une auprès de l'autre. La lumière éteinte, il ne restait plus que la lune et les étoiles pour éclairer la chambre. Esther entendit Samara prendre une longue inspiration, après avoir soupirer. Oh... Ca voulait dire qu'elle allait demander un truc important.
Elle se redressa d'ailleurs sur un coude et tourna son corps en direction de la rouge et or, l'observant de là-haut.

« Tes parents n'ont jamais donné l'autorisation, pas vrai ? » Esther détourna le regard et vint cacher le bas de son visage sous sa couverture. « Je le savais ! Pourquoi tu es venue, alors ? »
Grunt.
Le grognement lâché, Esther vint se placer de façon à tourner le dos à la vert et argent. Elle n'avait pas envie de répondre. Elle poussa finalement un long soupir, en sentant que Samy ne bougeait pas. Raaah, c'était injuste !
« J'ai été consignée dans ma chambre après qu'on se soit disputé. J'avais pas envie de passer le réveillon avec eux. Je ne m'y sentais pas à ma place.
- Tu sais que s'ils te trouvent ici, ils vont te tuer ? Réellement.
- Je sais, mais... Je m'en fiche. Et eux aussi, je suis sûre. De toute façon, ça fait longtemps que je ne fais plus partie de cette famille. »

Il y eut un blanc. Il dura un peu. Et puis elle sentit la main de Samara venir se poser sur son épaule.

« Esther...
- Non, mais c'est vrai... Depuis que je suis entrée à Poudlard c'est comme ça. Je passe mon temps à m'engueuler avec eux, pour un oui ou pour un non, je suis sûre que si j'étais pas là, ils seraient bien mieux.
- Hum... Tu exagères peut-être un peu, non ? »
Esther se tourna vers son amie et lui lança un regard accusateur. Samara se retint de lever les yeux au ciel. C'est dingue comme la Gryffondor n'aimait pas être contre-dite. Mais au moins, ça lui permettait de parler. Et de vider un peu ce qu'elle avait sur le cœur.
« Ou c'est peut-être eux qui sont pas fichus d'être de bons parents. C'est vrai quoi ! Je demande pas la lune, juste... Je sais pas. Mais pas ça. Ils sont si... injuste ! Alissa est toujours félicitée, toujours regardée, et moi... C'est... Je voudrais juste qu'ils ne me considèrent pas comme le vilain petit canard. Qu'ils soient être fiers de moi. C'est vraiment trop demander ? »

La gorge d'Esther s'était nouée, alors qu'elle parlait. Et ses mots sortaient plus difficilement. Ses yeux brillaient aussi un peu trop, sans doute. D'ailleurs, elle passa ses pouces dessus après les avoir fermé un instant. Elle poussa un long soupir en se rendant compte qu'elle avait presque cessé de respirer, avant de prendre un long souffle, pour renouveler l'oxygène dans ses poumons.
Elle tourna à nouveau le dos à Samara, qui baissa les yeux un instant. Sa main vint reposer sous sa tête, alors qu'elle prit à nouveau la parole.

« Je voulais juste... passer Noël avec quelqu'un qui m'apprécie pour ce que je suis. »

Sans doute Esther noircissait-elle le tableau. Sans doute exagérait-elle. Pourtant... C'était ainsi qu'elle le ressentait. Elle avait toujours la sensation de ne provoquer chez ses parents qu'indifférence ou colère, comme si... elle ne savait pas. Mais...
Ca faisait mal de se dire qu'au final, on était qu'une épine dans le pied de ceux qui nous avait donné la vie, et dont on s'efforçait d'attirer l'attention et l'amour.
Horriblement mal.
Elle ne pu évidemment pas retenir quelques larmes. Mais elle choisit de les ignorer. Elle fut tout de même forcée de renifler au bout d'un petit temps. Un temps qui sembla durer une éternité. Au point qu'elle se demande si Samara ne se serait pas endormie. Mais elle savait que non, sinon sans doute sa main aurait quitté son épaule.
Elle le fit d'ailleurs à l'instant même où elle y songea. Et alors qu'Esther se disait qu'elle ferait peut-être mieux de partir d'ici aussi, elle sentait Samara se rapprocher contre elle jusqu'à la coller complètement, et passer un bras par dessus elle. Son cœur parti dans une course folle, provoquant une légèrement panique chez la Gryffondor qui ne savait pas trop quoi faire. Hé, oh, il se passait quoi là ?

« Hé bien tu as eu raison. » Elle vint déposer un baiser sur le bout de la joue d'Esther rapidement. « Et s'ils te considèrent comme le vilain petit canard, c'est qu'ils voient en toi le cygne que tu deviendras. Allez, dors maintenant. »

Et sans doute cette nuit de Noël fut la plus courte que connue Esther, qui se vit trop tendue pour dormir, le cœur affolé comme jamais. Mais tout autant rassurée, quelque part.


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« Les enfants commencent par aimer leurs parents ;
devenus grands, ils les jugent ;
quelquefois, ils leur pardonnent. »

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