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Broken Heart | Evangeline

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Rappeltou
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MessageSujet: Broken Heart | Evangeline Sam 2 Fév - 14:08
Mercredi 22 Septembre
« Excellent Miss Lupton ! Cela fera cinq points pour Serdaigle. » commente Alexandre dans son cours, alors que la silencieuse rouquine a parfaitement réalisé un sortilège d'entrave contre l'un de ses camarades. Il continue son avancée parm les groupes de sa classe, jauge son fils, Duncan, qui réalise ce sort pour la première fois d'une façon un peu bancale et lui signale qu'il devrait faire preuve de plus d'assurance et d'autorité sur sa baguette pour le réaliser au mieux. L'adolescent suit les conseils de l'enseignant, et c'est sans mal qu'il réussit le sortilège à sa deuxième tentative.
Et le père de retenir un sourire fier, se détournant en annonçant : « Parfait. Cinq points supplémentaires à Gryffondor... Miss of St Johns ! »
Comme il fallait s'y attendre, la petite Poufsouffle de troisième année venait de lancer un sort qui pouvait correspondre à tout et son contraire, excepté un sortilège d'entrave. Pauvre petite Miss McFallen qui se retrouvait immobilisée, pendue au plafond par les pieds... Alexandre secoue la tête, et, d'un coup de baguette, fait descendre l'adolescente et s'apprête à réprimander vertement la jeune fille qui a créé cette catastrophe...
Lorsqu'un crac sonore retentit non loin de lui.
Les sourcils de l'homme se froncent et il s'avance vers l'elfe de maison qui vient d'apparaître, lui demandant les raisons d'une telle interruption. L'elfe tend alors un morceau de parchemin à l'adulte, qui l'attrape d'un geste vif, et blêmit quasi-instantanément.
Interdit pendant cinq longues secondes, il lit et relit les mots sur le papier, avant de déclarer d'une voix blanche aux élèves, à qui tout cela n'avait pas échappé et qui semblaient attendre une réaction de sa part :

« Le cours est terminé. Veuillez aller à la bibliothèque pour travailler sur le sortilège d'entrave jusqu'à votre prochain cours. »
Imaginez bien que les gamins ne se font pas prier. Autumn s'empresse même de ranger ses affaires et de papoter avec sa meilleure amie pour émettre des hypothèses toutes les plus farfelues sur le contenu de cette note. Réponse apportée en partie lorsqu'il s'approche de Duncan et lui souffle à mi-voix : « Sauf toi. Confie tes affaires à un camarade, on nous attend à Ste Mangouste. »
Le message sous-jacent était clair : cela concernait sans nul doute la mère de l'adolescent. Alexandre lui même n'en savait pas plus puisque la note, écrite de la main de Simon, indiquait qu'il avait été contacté par l'hôpital et qu'ils étaient attendus là-bas. Du nouveau au sujet de Leelou ? Sans doute. Et son pessimiste latent ne lui permettait pas d'envisager autre chose qu'une mauvaise nouvelle.
D'un mouvement de baguette, deux capes arrivent jusqu'aux deux hommes, et une fois la salle vidée, ils en sortent, ferment derrière eux, et s'empressent de sortir du bâtiment, traverser le parc, et se diriger jusqu'à la grille. À peine ont-ils mis un pied dehors que le père tend son bras à son fils et transplane dans le hall de l'hôpital sorcier sans plus demander son reste.
Il s'approche de l'accueil, informe de la raison de sa venue et est orienté vers la chambre de son ex-épouse, vers laquelle il se dirige sans attendre en entrainant son fils avec lui.
Le coeur battant douloureusement dans sa poitrine, il sent la nausée lui parvenir à chaque pas qui le rapproche d'elle. Ils arrivent à l'étage indiqué, et il aperçoit la silhouette de la doctoresse s'occupant de la mère de famille. Il examine son visage, son expression, avant même d'être face à elle. Et il n'a pas besoin de l'entendre parler pour savoir la nouvelle qu'elle va leur annoncer.
Sans doute la médicomage le voit-il bien, car c'est à Duncan qu'elle s'adresse en priorité lorsqu'ils arrivent à sa hauteur.

« Je suis désolée... » commence-t-elle sans équivoque. « Elle nous a quitté. »

Il avait beau s'attendre à la nouvelle, il avait beau se douter de la raison pour laquelle on les appelait, Alexandre n'en sent pas moins la nouvelle le prendre aux tripes et le secouer tout entier. La nouvelle n'avait pas de réalité tant que les mots n'étaient pas venus l'annoncer, et maintenant qu'ils étaient parvenus à ses oreilles, l'encaisser se montrait d'autant plus difficile.
Il déglutit difficilement et pose une main sur l'épaule de son fils, en signe de soutien autant que de tendresse, ne sachant clairement pas comment il devait réagir. Il savait que ce serait difficile pour l'adolescent, et pour eux deux dans les semaines, mois, années à venir. Il ne réalisait pas vraiment encore à quel point, mais sentait venir la vague que cette perte allait avoir sur eux deux. Blême, il ne parvient pas à prononcer un seul mot et laisse le jeune garçon entrer dans la pièce, désireux de voir sa mère, de s'assurer de la nouvelle peut-être, de s'isoler sans doute. Simon n'était déjà plus là, s'occupant peut-être de la paperasse, confronté à tout ce labyrinthe administratif à la perte d'un être cher, ou bien avec ses enfants, pour leur apprendre la nouvelle, et pour retrouver chez eux un peu de cette femme qu'il avait tant aimé.

Quant à Alexandre...
La gorge nouée, la respiration difficile, il n'arrive qu'à se mouvoir de façon presque automatique jusqu'à un siège, s'y laisse tomber et, coudes sur les genoux, se prend la tête entre les mains.
Leelou...
L'idée fait lentement son chemin, ses craintes deviennent réalité, ses angoisses s'ancrent dans la vérité des paroles de la doctoresse. Le corps réagit à la nouvelle, accentuant la nausée qui l'avait saisi plus tôt, déclenchant des tremblements dans tout son corps. Il avait aimé cette femme, l'aimait toujours d'ailleurs, mais d'une façon différente. Il avait aujourd'hui perdu une personne qui avait été la plus importante de sa vie il fut un temps, avec laquelle il avait vécu, eu un enfant, de laquelle il s'était séparé et avec qui il avait renoué des liens, différents certes, mais non moins forts.
Il ferme les yeux, tentant de forcer son esprit à ne pas ressasser ses souvenirs. Ne pas se dire qu'il ne la verrait plus. Qu'ils ne se disputeraient plus. Qu'ils n'échangeraient plus au sujet du gamin. Qu'elle ne lui reprocherait plus sa façon d'élever l'adolescent. De lui offrir un fléreur, par exemple. Qu'il serait temps que la querelle entre Simon et lui cesse pour de bon, parce qu'ils n'étaient plus des adolescents.
La boule dans sa gorge grossit, et il lutte maintenant pour ne pas laisser les larmes monter. La fierté de l'homme veut être plus forte, mais c'est vain. Combien d'années cela faisait-il qu'aucun pleur n'avait passé la frontière imposée par son orgueil ? La tête ainsi prise entre les mains, il ne bouge pas et sent l'eau glisser sur ses joues, en des trainées rares mais là tout de même, preuve d'une peine immense que même sa fierté n'aura pas réussi à retenir.
Un chagrin sans borne. Ce n'était pas la première fois qu'il était confronté à la mort, mais c'était sans doute la perte la plus pénible qu'il avait eu à surmonter jusqu'à lors.
La perte d'un être très cher. Ces êtres que l'on pense souvent éternels et qu'on ne voit pas s'en aller, jusqu'au jour où la fatalité nous rattrape et vient faucher les âmes.

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MessageSujet: Re: Broken Heart | Evangeline Lun 4 Fév - 19:39
Evangeline leva les yeux vers l'horloge. Le temps avait filé sans qu'elle puisse le remarquer réellement.

Elle poussa un long soupir et s'étira. Dans quelques minutes, elle pourrait quitter son laboratoire de potion pour prendre une pause. Elle aurait exactement trente minutes devant elle. Peut-être un peu plus, suivant la couleur qu'aurait la mixture qui se trouvait devant elle à ce moment là. Actuellement, elle avait une jolie teinte orangée, strié d'un dorée pouvant rappeler de l'or. Un mince sourire étira les lèvres de la rouquine, éclairant son visage alors même que celui-ci subissait déjà la lumière de la mixture. Ainsi illuminé, il avait une allure presque surnaturelle, dégageant une aura autour de la jeune femme. Une fumée s'échappait de la mixture, répandant une atmosphère plutôt étrange dans la pièce. Bien heureusement, rien de mortel, sinon nul doute qu'elle aurait porté un masque afin de s'en protéger. La jeune femme observait toujours la pendule, et lorsque l'aiguille atteignit une nouvelle minute, elle se pencha sur ses ingrédients, prit une poudre de couleur blanche, particulièrement fine et un peu satinée, qu'elle répandit d'abord par pincée dans le chaudron (qui émit de petite bouffées de cette même couleur), avant de retourner le contenant de verre pour laisser tomber les dernières particules dans la potion. Celle-ci commença à changer doucement de couleur, les contrastes se forçant.
Saisissant sa baguette, Evangeline lança un sortilège afin d'engager un mouvement circulaire dans le sens contraire des aiguilles d'une montre. Elle baissa les yeux sur sa propre montre, et s'étira en arrière, faisant craquer son dos dans un son qui pouvait paraître sinistre. Et elle se leva. Elle en avait assez d'être assise, elle voulait bouger un peu. Se redressant, elle se dirigea vers la porte après avoir saisit ses clefs. Cette section de l'hôpital était normalement fermé aux patients et visiteurs, mais on ne savait jamais. Des fois qu'un petit malin décide de tenter de déjouer les interdictions et y parvienne. Quittant la pièce, elle se retourna pour fermer à clef et sortit sa baguette pour activer différents sortilèges. Bien.

Elle parcourut tranquillement le couloir. La journée avait été plutôt ordinaire, pour le moment. Elle était venue ce matin, avait commencé à travailler sur une potion, un simple test pour observer les réactions entre eux de certains ingrédients notamment, et pouvoir ensuite analyser ce que ça donnerait. Elle espérait confirmer ce qu'elle pensait à ce moment là. A savoir que l'amonite tue-loup pouvait être renforcée – réellement – au contact de certains éléments et ainsi trouver une potion tue-loup plus... avancée si on peut dire.
Ceci étant, elle se dirigea jusqu'à la machine à café la plus proche et y retrouva quelques collègues, dont une qu'elle connaissait bien. Il faut dire que depuis qu'elle avait eu en charge un cas très rare de rejet de magie, il était difficile de ne pas la connaître puisque ces patients étaient si peu nombreux que si un médicomage en croisait un dans sa vie, il était pratiquement certain de gagner la reconnaissance de ses collègues. Encore plus lorsqu'il parvient à sauver le-dit patient.
Ceci dit, Evangeline s'approcha avec un sourire, qu'elle perdit bien vite en voyant la mine de la pauvre femme. La connaissant, elle venait de perdre un patient. Et elle venait prendre son café post-perte afin de trouver un peu de réconfort auprès des autres, ou quelques encouragement. Elle était particulièrement sensibles aux pertes, encore plus quand il s'agissait de personnes laissant derrière eux une famille ou des amis. En tous les cas, des personnes proches.

« Oh, ça n'a pas l'air d'aller, toi.
- Je viens d'annoncer à la famille d'une patiente sa morte.
- Oh...
- Elle avait un mari, des enfants... Tu aurais vu leurs regards s'éteindre en apprenant la nouvelle... C'est tellement... Ils essayaient de ne pas le montrer, mais ils étaient effondrés. C'était terrible, vraiment. »

Evangeline ne dit pas un mot, laissant son amie s'exprimer. Elle avait besoin de parler. Elle était chamboulée. L'ancienne Poufsouffle ne comprenait pas qu'on lui ait confié ce cas, sachant que le patient n'avait que peu de chances de survies, et avait une famille.... Elle aurait dû transférer le dossier à quelqu'un d'autre, plus solide. Même en étant la plus compétente du domaine, ça ne changeait rien. Sa montre finit par sonner la fin de sa pause, et elle quitta la machine à café pour retourner à son travail. Elle était touchée par l'histoire qu'elle venait d'entendre, évidemment, mais elle ne pouvait pas non plus pleurer pour chaque personne perdant la vie à Sainte Mangouste, à chaque histoire triste qu'elle entendait.
Sinon elle ne s'en sortirait plus.

Finalement, elle arriva jusqu'au hall, qu'elle devait traverser pour rejoindre l'aile où elle travaillait aujourd'hui. Et alors qu'elle s'apprêtait à passer sans plus prêter attention aux personnes présente, son regard accrocha une silhouette qu'elle connaissait bien. Et elle ne pu s'empêcher de voir.
Alexandre.
Qu'est-ce qu'il faisait là ?
Qu'est-ce qu'il faisait là ainsi prostré, surtout.

Elle s'arrêta avant de le dépasser, et hésita un instant. Dans son esprit, il n'y avait plus trace de potion ni de solution quelconque à ses recherches. Juste cet homme qui cachait son visage, qui observait le sol sans le voir, où quelques goûtes avaient éclatés ici et là.

Elle n'avait jamais vu Alexandre dans cet état. Bien sûr, elle ne l'avait jamais vraiment connu, jamais en dehors de leurs rencontres, et le voir ici... Il faudrait un moment avant que son cerveau ne fasse le lien avec les informations apprises précédemment. Et à vrai dire, ça n'arriva pas en cet instant, parce que ça ne comptait pas, de savoir pourquoi il était comme ça. Ses pieds la guidèrent avec toute son attention jusque devant lui, sans qu'elle n'ait même à y réfléchir.
Elle s'accroupit devant lui, une jambe derrière elle, avec le genoux à terre, pour venir chercher son regard baissé, se trouvant plus bas que lui désormais. Elle ne le trouva pas. Il était caché, ailleurs, lui semblait-il.

« Alexandre... ? »

Sa main se glissa sur sa joue, vint essuyer quelques sillons qu'elle trouva là pour les empêcher de creuser plus profondément. L'inquiétude se lisait sur ses traits alors qu'elle prenait conscience de la situation. Il était effondré.
Pire encore.
Et son cœur se mit à battre douloureusement tant la peine de cet homme était palpable en cet instant.

Peu importe ce qui venait d'arriver, elle serait là pour lui.

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Et il y en a d'autres qu'on oublie alors qu'on aimerait toujours s'en rappeler. »


Dernière édition par Evangeline C. Hopkins le Mar 5 Fév - 20:12, édité 1 fois

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MessageSujet: Re: Broken Heart | Evangeline Mar 5 Fév - 19:56
Halleluja.
Les mains enserrant sa tête, les doigts perdus dans l'épaisse chevelure noire, Alexandre s'est complètement fermé au monde extérieur. Il n'entend plus, ne voit plus ce qu'il se passe autour de lui. Il faut dire qu'il n'y prête aucune attention, l'esprit omnubilé par une seule idée, le coeur serré d'un seul sentiment, décliné en plein d'autres. Car la Peine n'arrive jamais seule, et son lot d'accompagnateurs se font vite ressentir. Il y a la Douleur, d'abord, fulgurante puis diffuse, qui brise les coeurs et torture les âmes ; le désarroi, qui vous prive d'armes pour affronter l'adversité ; la solitude, toujours très présente, même lorsque les plus attentionnés viennent vous entourer ; le désespoir, qui vous enlace de ses idées noires, et empêche le dicernement de venir vous apporter ses lumières.
Et dans l'obscurité la plus totale qu'il s'enferme, clot les portes, vérouille les fenêtres. Pour étouffer son chagrin, pour ne pas voir l'extérieur, pour tenter d'oublier la perte de cette femme qui avait été si importante dans sa vie.
Les larmes n'arrivent pas à se tarir, coulant en de rares traînées le long de ses joues ; rares mais régulièrement alimentées, malgré les paupières closes, alors que l'homme rumine la peine qui ronge son coeur. Il n'entend pas les talons qui claquent sur le sol, ne perçoit pas l'agitation de la pause café, tout occupé qu'il est à tenter d'étouffer la douleur.
À aucun moment ne se rend-t-il compte qu'il a attiré l'attention d'une personne, pas plus qu'il ne la sent s'approcher, s'agenouiller devant lui.
Ce ne fut que lorsqu'on vint toucher sa peau, ou plutôt faire crisser la barbe sous des doigts blancs. Les yeux bleus s'ouvrent, cillent, et une larme perlant sous une paupière vient se détacher des cils pour éclater sur le carrelage froid. Les pupilles de l'homme rétrécissent à peine au contact de la lumière, alors que son attention revient. Lentement. On chasse l'eau de ses pommettes, et il redresse le visage, tout doucement, en baissant ses bras. Il met un temps à reconnaître la jeune femme dont la présence fortuite était inattendue. Trop ébranlé, il ne parvient pas à décrypter l'expression du visage d'albâtre et cille à nouveau, comme absent, incapable de fixer ses yeux bleus sur quelque chose. Il détourne le regard, sur le côté d'abord, puis face à lui, légèrement en hauteur, sur une tache imaginaire qui s'étalerait sur le mur.

Il s'humecte les lèvres un instant, tente de se récomposer un masque de neutralité, sans y parvenir. Ne restait que ce vide grandissant en son coeur, un vide que rien ne saurait jamais combler, ni l'amour d'un fils, ni l'amour d'une femme. Lou était partie en laissant la place libre, comme une pièce de son âme qu'il avait condamnée sans aucune possibilité de la meubler à nouveau, d'en faire autre chose.
It was over.
Et puis, abandonnant toute tentative de conscience, de réflexion, de raison, Alexandre repose les yeux sur la chevelure flamboyante, comme si elle l'hypnotisait. Il baisse les yeux une seconde, avant de se pencher pour entourer les frêles épaules de ses bras, venant spontanément chercher l'étreinte réconfortante dont il avait désespérément besoin. Qu'on le laisse, pour quelques instants, s'abandonner à une faible légitime dans les bras de la seule personne capable de l'y serrer.
S'isoler, mais avec le besoin de sentir que l'on n'est pas seul. Tout le paradoxe de l'homme blessé.
Ses yeux se ferment une fois encore alors que ses bras resserrent leur étreinte, et qu'il perd son nez dans le parfum soyeux des boucles rousses. N'aurait-il pas été si fier et si désireux d'être ce chêne solide que rien n'ébranle qu'il aurait pu s'effondrer en sanglots dans les tendres bras de la jeune femme, pour y exprimer tout le désespoir qui pouvait l'animer.
Comment cela avait-il pu arriver ?
Comment avait-il pu ne rien voir ?
Comment avait-il pu ne rien faire ?
Cette impuissance qui le rongeait devenait d'autant plus prégnante qu'avec elle se posaient tous les problèmes d'un père de famille devant poursuivre sans la mère de son fils, quand bien même en était-il séparé.
Sans elle.

« On l'a perdue... » murmure-t-il d'une voix rauque, enrouée par les sanglots qu'il empêchait de sortir. Et alors qu'il parvient, lui, grand orateur qu'il était, à exprimer la raison de son effondrement, son étreinte se serre autour de la jeune femme dont il cherche le réconfort.
Il serait là pour aider Duncan, l'accompagner, le réconforter.
Mais qui le sauverait lui ?
De ses cheveux, l'homme finit par poser son front contre l'épaule de son amie, visiblement perdu ; cela se ressentait jusque dans son attitude qui, habituellement confiante et maîtrisée, semblait au bord de l'anarchie.
« Perdue... » Il aurait pourtant eu encore tant à lui dire. Lui avait-il suffisamment dit, quand ils étaient encore mariés, combien il l'aimait ? Lui avait-il fait savoir, depuis, le profond attachement qu'il avait pour elle ? La place essentielle qu'elle tenait dans sa vie ?
Il se redresse, s'échappe, secoue la tête, toujours dans ce comportement si différent de celui qu'il adoptait de coutume. Une main passe sur son visage, dans ses cheveux, y mettant encore plus le cirque que précédemment. Il déglutit, et secoue encore la tête, comme s'il ne parvenait pas à y croire. « Il y a des personnes dont... Dont on n'imagine pas la disparition. On ne l'envisage même pas. Mais elle est partie... Elle est partie quand même... »

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MessageSujet: Re: Broken Heart | Evangeline Ven 8 Fév - 21:29
He woke up from dreaming and put on his shoes
Starting making his way past two in the morning
He hasn't been sober for days.

Leaning now into the breeze
Remembering Sunday, he falls to his knees.


Il était là sans vraiment l'être, l'air ailleurs, comme si le monde actuel n'existait plus. Comme si plus rien n'existait et n'avait jamais vraiment existé. Et elle avait beau examiner chaque centimètre de son visage, sentir sa peau sous sa main, elle savait qu'il devait à peine la percevoir. Et si elle ignorait tout de ce qu'il s'était passé pour qu'il se retrouve dans cet état, elle dut se contenter de ravaler ses interrogations pour l'observer, s'assurer qu'il allait revenir. Et il revint rapidement, mais pas pour le meilleur, et ça, elle en avait bien conscience. Son regard finit par revenir s'accrocher sur elle, et ele essaya de la capter, bien que restant silencieuse, ne sachant pas réellement quoi dire en cet instant. Et à vrai dire, elle ne pourrait sans doute pas trouver quoi que ce soit d'approprié ou de vraiment utile. Les mots ne comptaient pas toujours, contrairement à ce qu'elle lui avait dit quelques temps plus tôt. Et si elle s'était douté un instant que c'était quelque chose d'aussi grave qui l'avait poussé à lui rendre visite l'autre jour, bien qu'elle ne fasse pas tout à fait le lien encore...

Finalement, il se rapprocha d'elle et la saisit dans ses bras. Elle ne protesta pas. Et quelle protestation aurait-elle été en mesure de donner ? Absolument aucune, elle n'en aurait jamais eu la foi ici, bien au contraire. Ses bras vinrent entourer le torse de l'homme venant caresser le dos doucement, comme pour le réchauffer, le rassurer. Elle choisit à nouveau de rester silencieuse. Elle savait qu'il préférerait sans doute ça à des mots vides de sens qu'elle aurait pu dire comme n'importe qui d'autre.
Elle déposa de léger baisers sur le crâne de l'homme sans trop y penser, comme pour réaffirmer sa présence, dans un geste qui se voulait doux. Elle resserra son étreinte un peu plus, alors qu'elle essayait de trouver ce qui avait bien pu se passer pour qu'il soit dans un tel état. Jusqu'à ce qu'il finisse par parler. Par avouer.

Il avait perdu quelqu'un. C'est évidemment à ce moment là qu'elle recolla tous les morceaux, et qu'elle comprit. Il n'y avait pas assez de pertes à Sainte Mangouste pour que cela lui échappe, surtout maintenant, surtout avec ce timing là.
Elle passa une main dans ses cheveux, les replaça ou les dérangea, peu importait.

Elle avait déjà vu des hommes effondrés à la perte d'un être cher, mais jamais aucun d'eux n'avait été proche d'elle, et elle ne pouvait pas imaginer la peine qu'il ressentait alors. Elle n'avait jamais elle-même connu ce vide, cette impression que tout un pan de sa vie venait de s'effondrer. Ou ça remontait à trop loin pour que ça soit comparable, ce n'était pas aussi vif, c'était terriblement différent aussi, car ce n'était pas une perte physique, définitive qu'elle avait vécu. Elle avait toujours la possibilité de voir sa mère, d'essayer de communiquer avec elle. Mais lui...
Il se redressa, passa une main dans ses cheveux, et elle l'observa méticuleusement.
C'était sans retour en arrière possible.
Ca lui brisait le cœur de l'entendre parler. Elle détestait voir d'autres souffrir ainsi, et elle ne pouvait s'empêcher de ressentir une grande empathie pour lui, alors qu'il prononçait ses mots.

Elle posa une main sur le genoux d'Alexandre, pour ne pas briser le contact qui les liait tout de suite. Pour montrer qu'elle était ben toujours là. Elle ne savait toujours pas quoi dire. Elle glissa doucement quelques mots.
« Je sais... »
Ca ne voulait rien dire en soi. C'était juste... Elle ne savait pas quoi ajouter d'autre, quoi dire pouvant l'aider à aller mieux. Il était le seul à savoir quoi faire pour ça, et si elle pouvait le soutenir, elle n'était pas en mesure de faire plus en cet instant. Elle pouvait seulement être là et l'écouter, pour peu qu'il se sente la force de parler. Et le simple fait qu'il le fasse était déjà énorme. Même si ce n'était que quelques phrase, il exprimait au moins quelque chose, laissait sortir ce qu'il ressentait. Et elle ne pouvait pas le faire à sa place, il était le seul à pouvoir. Elle devait se contenter d'un rôle presque muet, et ça lui allait. C'était déjà énorme qu'elle puisse le faire. Elle n'était pas une de ses proches après tout, juste une connaissance, peut-être une amie au mieux. Et c'était déjà ça. Parce que ça l'insupportait de ne même pas pouvoir le soutenir. Il comptait pour elle, il faisait partie de sa vie, et elle acceptait volontiers d'avoir ce droit d'être là, même fortuitement.
« 
Je sais... »

Elle continuait de le regarder, attendait patiemment.
Et qu'aurait-elle pu faire d'autre ?

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MessageSujet: Re: Broken Heart | Evangeline Dim 10 Fév - 11:07
Il sent à peine à peine la main qui vient se perdre sur son genou, guettant Evangeline sans vraiment la voir. Il ne faudrait pas vraiment attendre de lui qu'il en dise davantage sur le sujet. Il n'était pas vraiment d'un naturel expansif en temps normal, il ne fallait donc pas s'attendre à ce qu'il continue à se confier sans retenue. Déjà son regard s'échappe, guette le mouvement alentour, les allées et venues, comme s'il reprenait contenance.
Il n'oubliait pas sa peine – comment l'oublier ? – mais redevenait lentement lui-même, son calme et sa neutralité revenant chasser toutes les émotions de son visage pour ne laisser place qu'à une face fermée, imperméable à toute forme de peine, de douleur, ou de joie. Il faut dire aussi que la joie ne risquait pas de revenir éclairer ses traits avant un long moment.
Il humecte ses lèvres d'un rapide mouvement, hoche vaguement la tête pour faire savoir à la jeune femme qu'il a bien entendu son soutien et qu'il retient sa présence près de lui dans cet instant d'égarement où il avait eu besoin de quelqu'un à ses côtés.
Mais maintenant, c'était à lui de remplir ce rôle. D'un geste un peu rageur, l'homme essuie ses joues humides et enfin se relève, proposant une main à Evangeline pour l'aider à se redresser à son tour. Il la darde d'un regard indescriptible, avant de secouer la tête et de serrer ses doigts dans les siens.

« Merci. » fait-il à mi-voix, sans la lâcher. Merci d'avoir été là dans un moment où il avait eu, si fugacement soit-il, besoin d'une présence à ses côtés. Merci de ne pas avoir fui face à sa faiblesse d'homme. Merci d'être restée à ses côtés dans cette épreuve. Ça lui avait aussi montré qu'au final, au bout de ces longs mois à se cotoyer, ils avaient tissé des liens un peu plus forts qu'il ne l'aurait cru.
Peut-être avait-il trouvé une amie en la personne de cette toute jeune demoiselle.
Mais il n'a guère le temps de s'attarder là-dessus, quand bien même y penser lui semblait mille fois mieux que de ruminer le décès d'un être cher. La porte de la chambre vient de s'ouvrir et Duncan en sort à son tour. Alexandre l'accroche immédiatement du regard et une expression étrange vient se peindre sur son visage si fermé précédemment, à mi-chemin entre la peine et l'inquiétude.
« Excuse moi, mon fils a besoin de moi... Encore merci, Eva. » lâche-t-il un peu précipitamment avant de lâcher la main blanche et de s'avancer à grands pas vers l'adolescent. Une main se perd sur l'épaule du gamin et l'homme jauge son état – effondré, évidemment, il ne s'était pas attendu à autre chose – avant de le prendre fugacement dans ses bras, sans un mot.
Il n'y avait rien à dire. Ni à un homme ayant perdu son premier vrai amour, ni à un homme ayant perdu sa femme... Et encore moins à un enfant qui avait perdu sa mère. Tout ce qu'il pouvait faire pour son gamin, c'était être présent, et répondre à ses besoins autant que possible. L'aider à faire son deuil en même temps qu'il tenterait de faire le sien, et poursuivre son éducation au mieux.
Seul.
Alexandre sent l'inquiétude le prendre aussi sûrement que la peine et serre un peu plus le jeune garçon avant de s'écarter de lui, gardant une main sur son épaule.

« Allez viens bonhomme. » souffle-t-il d'une voix rendue rauque par l'émotion. Incapable de dire autre chose, il ne cherche pas à remplir le silence et tend son bras à l'adolescent. Que dire de toute façon ? Qu'il était désolé ? Que ça allait aller ? Des mots vides, auxquels ils ne croiraient ni l'un ni l'autre. Duncan les entendrait-il seulement ? Sans doute pas.
La seule chose à faire, pour le moment, était de le laisser encaisser la nouvelle comme il pouvait. Et de l'entourer du soutien familial. Il faudrait qu'il prévienne l'archipel de leur arrivée dans la soirée... Et qu'il prenne contact avec les grands-parents Donoghue, qu'il n'avait pas vus depuis son divorce – et notamment depuis la violente dispute qu'il avait eue avec Leelou.
Une dispute qu'il regrettait presque maintenant.
Le pop caractéristique ne tarde pas à retentir, et les deux hommes disparaissent, après qu'Alexandre ait jeté un dernier regard reconnaissant à la médicomage. Et ils réapparaissent devant les grilles de Poudlard, franchissant les terres sans un mot, alors que le père accompagne le fils jusqu'à sa salle commune, pour qu'il se prépare à partir et puisse être un peu seul face à lui-même.
Et l'écossais en avait lui aussi grandement besoin.

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MessageSujet: Re: Broken Heart | Evangeline Dim 17 Fév - 18:44
Finalement il se redresse. Il essuie ses larmes, et il se lève. Evangeline accepte volontiers la main qu'il lui tend, et se redresse à son tour, sans le lâcher. Elle aurait aimé pouvoir rester plus longtemps avec lui. Au moins aujourd'hui. Mais l'un comme l'autre avaient des choses à faire et ne pouvaient pas se permette ça. Elle secoue la tête doucement. Ce n'était rien, c'était normal, elle ne pouvait pas le voir et passer son chemin comme si de rien était. Ca n'aurait simplement pas été possible pour elle. Elle ne pouvait pas laisser tomber quelqu'un qu'elle connaissait et apprécier, et vivre ensuite en paix avec sa conscience, en se disant que quoi, même si elle avait été là ça n'aurait rien changé ? Si, ce genre de présence peut tout changer, et elle le sait très bien, alors elle n'aurait pas imaginer possible un tel abandon.
« C'est normal. »
Elle l'observa, et suivit son regard lorsque celui-ci dévia sur son fils sortant de la chambre. Evangeline retint rapidement le numéro de celle-ci avant de se reporter au garçon qui venait d'en sortir. Vu la ressemblance de celui-ci avec son père, elle ne douta pas un seul instant qu'il y avait un lien de parenté entre eux. Et puis il suffisait de voir leurs états respectifs. Ils semblaient tous les deux abattus, quoique ça soit plus visible chez le plus jeune. Finalement, son intuition se confirme lorsqu'Alexandre reprend la parole. Elle tourne son regard vers lui et acquiesce à ses paroles. « Je comprends. Au besoin, tu sais où me trouver en dehors de chez moi, maintenant... » Plus en tant qu'amie qu'amante, s'entendait. Elle le regarda s'éloigner et aller retrouver son fils, le suivant du regard, prenant pleinement conscience de nombreuses choses au sujet de l'homme en cet instant.

Elle pousse un profond soupir, sans le quitter du regard. Elle était tellement désolée pour lui... Elle lui rendit son regard, lorsqu'il se tourna une dernière fois sur elle, et elle le vit disparaître. Il venait de transplaner.
Elle sentait son cœur se tordre, alors qu'elle fermait les yeux. Elle les rouvrit, et observa un instant le plafond. Elle revoyait la scène qui venait de se dérouler, et avait l'impression que ça n'avait été qu'un rêve, durant un court instant. Et pour le salut d'Alexandre elle aurait souhaité que ça ne soit que ça, et qu'il n'ait perdu personne. Mais ce n'était pas si simple malheureusement.

Elle passa une main dans ses cheveux et tourna le dos à l'endroit où l'homme se tenait un instant auparavant avec son fils, alors que l'esprit d'Evangeline commença à vagabonder doucement, allant d'idée en idée, et de lien en lien. Quand soudainement, une chose la frappa. Il avait un fils. De... Il avait quel âge ? Quinze ans ? Un peu moins, peut-être. Mais... Attendez... Alexandre avait... Mais... Il ne faisait pourtant pas plus de trente ans. Woh. Et alors, la femme qui était morte... Elle n'avait jamais vu d'anneau sur son annulaire, même pas une marque.
Le nombre de questions qui vinrent en tête de la jeune femme était plutôt impressionnante en cet instant, alors qu'elle regagnait son laboratoire. Elle en franchit la porte, la referma et s'appuya contre celle-ci, observant ce qui avait eu lieu. Une fumée d'ocre s'était élevée dans l'air, signe que sa potion avait attendue trop longtemps son retour. L'odeur était amer, désagréable, et elle se demanda vaguement combien de temps elle resterait dans la pièce avant de s'en aller. Elle s'approcha du chaudron et observa la mixture. Rien qu'à la consistance elle savait qu'elle avait mis trop longtemps pour revenir. Bon... Elle était bonne à tout recommencer.

« Evanesco. »

Prenant à nouveau les ingrédients dont elle avait besoin, elle s'attela à sa tâche, sentant que son supérieur allait venir râler en lui disant de ne pas gaspiller les ressources de l'hôpital. Mais elle ne regrettait absolument pas son acte. Elle avait fait ce qu'elle pensait et savait juste, et c'était ce qui comptait. Tant pis pour le reste.

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« Il y a des choses qu'on aimerait oublier et qu'on ne cesse de nous rappeler,
Et il y en a d'autres qu'on oublie alors qu'on aimerait toujours s'en rappeler. »




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Broken Heart | Evangeline

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