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Sommation [pv abbi]

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Rappeltou
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MessageSujet: Sommation [pv abbi] Sam 20 Avr - 12:11
La journée avait été riche en rebondissements. Des moldus avaient été envoyés bien malgré eux à Pré-au-Lard et cela avait déclenché une belle pagaille. Entre les réactions plus qu'idiotes de certains élèves et l'hystérie, compréhensive, des moldus, Fergus avait été soulagé de pouvoir enfin rentrer chez lui. Ses chiens l'attendaient avec d'autant plus d'impatience que le professeur n'était pas rentré pendant le temps de midi et n'avait pas pu les gratifier de quelques os ou restes. Du coup, Hélios lui avait sauté dessus à peine franchissait-il le portail d'entrée de l'école tandis qu'Alby, à l'écart comme toujours, l'avait suivi du regard depuis l'orée de la Forêt Interdite avant de le rejoindre pour regagner la chaleur de la cabane.
Fergus se débarrassa de ses vêtements à peine eut-il franchi la porte. Il profita d'un saut d'eau, froide, pour se débarbouiller un peu, puis il passa une serviette en pagne autour des hanches. Ainsi vêtu, un léger filet d'eau ruisselant le long de ses abdos parfaitement dessinés, l'homme se servit un dram de whisky, bien mérité après une telle journée. Il savoura la chaleur qui descendit le long de son gosier avant de remonter dans des arômes tourbés et fleuris, puis il soupira de bien-être. C'est fou comme le fait de se sentir propre fait du bien, tout simplement.
L'homme méditait entre la possibilité d'ouvrir un bon livre et de rester tranquillement dans sa cabane jusqu'à ce que la fatigue se fasse sentir ou bien aller décocher quelques flèches dans les bois histoire de se vider l'esprit. Il n'avait pas encore pris sa décision qu'un bruit caractéristique de bec d'hibou tapotant contre le carreau retentit. Fergus chercha l'animal un instant des yeux puis ouvrit la fenêtre en question, se demandant qui pouvait bien le joindre après une telle journée. Il espérait que ce n'était pas la directrice qui lui demandait de fournir des informations complémentaires ni le ministère qui voulait l'interroger dans le cadre de l'enquête officielle.
Il ne s'était certainement pas attendu à reconnaître l'écriture légèrement penchée et serrée d'Abbi, une jeune femme qu'il avait rencontré au cours d'une de ses missions pour le ministère. A en juger par la distance qui séparait les lettres, infirmes au possible, il en conclut qu'elle avait griffonné rapidement le mot qui, somme toute, était plutôt sommaire. Elle le convoquait chez elle, ce soir, sans donner plus d'explications. Fergus fronça les sourcils en se demandant ce que cela pouvait bien signifier.
S'il s'était agi d'une affaire officielle, elle l'aurait convoqué au ministère, à son bureau. C'était donc forcément personnel. Dans ce cas, pas le choix, Fergus, chevalier sans son hippogriffe, ne pouvait que voler à son secours. Déjà au cours du voyage qui leur avait permis de faire connaissance, il avait décelé chez la jeune femme des fêlures qu'elle avait tenté de lui dissimuler. Perspicace mais ayant un tact extrême, l'homme n'avait pas insisté sur ce point, la laissant se confier tant qu'elle le voulait, sans la pousser, mais en l'écoutant d'une oreille attentive. Elle avait usé de son épaule et s'était même endormi contre lui une fois.
Cela avait troublé notre cher Fergus parce qu'il avait réalisé apprécier Abbi, plus que la situation ne le permettait. Elle était en état de faiblesse et Fergus se refusa à en profiter. Il n'avait donc rien envisagé de plus que l'amitié, même s'il était évident qu'une certaine attraction existait. En même temps, Abbi était une femme magnifique, sensuelle à souhait, et tout homme aurait été attiré par elle. Mais il ne s'était passé disais-je. Fergus était resté à sa place de gentil compagnon.
Ils s'étaient revus trois ou quatre fois depuis, et il avait apprécié la franchise de la jeune femme. Son caractère entier et son tempérament sans concession. Sa compagnie l'avait même incité à discuter un peu, miracle ! Mais il était vrai que, depuis sa prise de poste, ils n'avaient pas eu l'occasion de se croiser. Non pas que Fergus n'aurait pas pu se rendre à Londres les soirs, mais simplement qu'il n'y avait pas vraiment pensé. Il espérait que la jeune femme avait tourné sa douloureuse page et pensait qu'elle ne souhaitait plus vraiment voir celui qui lui avait servi de nounours pendant la transition, ce qu'il pouvait parfaitement comprendre.
Dubitatif, il ôta donc sa serviette et acheva de se sécher rapidement, suite à quoi il passa des vêtements confortables et propres. Il attacha une cape à ses épaules, puisque l'air était frais dès lors que la nuit tombait, il somma ses chiens de rester, accepta qu'Alby sorte puisqu'elle lui demanda, et enferma un Hélios qui gémit. Fergus n'y attacha pas d'importance et se mit en route jusqu'au portail, franchissant ainsi la ligne interdisant de transplaner, puis il pivota sur lui-même et se retrouva à Londres. Il se faufila dans les rues où les conversations évoquaient la visite de moldus à Pré-au-Lard.
Fergus ne s'attarda pas et grimpa rapidement jusqu'à la deventure de chez Abbi. Il n'était venu qu'une fois, quand il avait tenu à raccompagner la jeune femme qui avait, selon lui, un peu abusé de la boisson. De toute façon, il trouvait inconcevable de ne pas raccompagner une jeune femme chez elle. Non pas qu'il douta de la capacité d'Abbi à se défendre, mais il avait été éduqué ainsi. Les conditionnements ont la vie dure. Il n'était jamais entré à l'intérieur, il allait donc découvrir la décoration. Il était curieux de le faire d'ailleurs puisque la décoration d'un lieu de vie en dit beaucoup sur une personne.
Il sonna au moyen de la petite cloche et attendit qu'elle lui réponde. Il était encore plus curieux de savoir pourquoi elle lui avait demandé de venir et commençait même à s'en inquiéter. La jeune femme allait-elle bien ? Il voulait s'en assurer. Il n'aurait pas pu fermer l'oeil de la nuit sinon...

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MessageSujet: Re: Sommation [pv abbi] Mar 21 Mai - 12:20
Abbigaël était enfin rentrée chez elle, laissant derrière elle un monde magique quelque peu chamboulé après ces apparitions de moldus un peu partout à Pré-au-Lard. A part le coup de pied bien placé du vilain petit garçon roux, elle n’avait pas été franchement touchée par toute cette situation, peut-être simplement passablement énervée contre ces petits malins du MO (qui d’autre pour vous envoyer des moldus sur la tronche à coups de portoloin ?). Le Ministère risquait d’être victime d’une certaine effervescence ces prochains jours, mais étant donné qu’elle n’était pas directement liée à tout ce bazar, elle n’aurait pas à en subir les conséquences, du moins l’espérait-elle ardemment… Elle avait déjà bien assez affaire aux sorciers bulgares et autres joyeusetés des régions alentours tapant un peu trop sur les biéraubeurres trafiquées pour en plus s’occuper de moldus paumés !

Alors qu’elle avait transplané au Ministère pour s’enquérir de ce qui mettait autant de temps à les faire réagir à son patronus d’alarme, la jeune femme s’était souvenue ce qu’elle était venue faire à Pré-au-Lard : chopper Fergus McMillan et lui exprimer le fond de sa pensée quant au fait que, oui, il lui manquait, mais que par Merlin ! il aurait pu se bouger ce qui lui servait de jolie paire de fesses pour la voir un peu. Ca n’était pas une bande de morveux en robe du dimanche qui allait lui ravir sa peluche préférée, non ? Une fois son devoir d’employée du Ministère exécuté (à fort renfort de « Ca va, on vous dérange pas ? Vous n’avez pas vu un patronus passer par hasard ? Non, ça ne vous est pas venu à l’esprit qu’il se passait quelque chose ? Hum ? »), elle s’était enfermée quelques minutes dans son bureau afin de rédiger un bref message à l’attention de Fergus, ne lésinant pas sur les verbes d’obligation et autres formules de sommation, histoire de bien faire comprendre à son ami qu’il avait intérêt à ramener son petit cul musclé sur son divan. Cela faisait un moment qu’elle mourrait d’envie de le voir, et ce n’était pas un attentat de mauvais goût qui allait l’en empêcher, foi de Doherty ! Elle espérait que le hibou express qu’elle avait emprunté au Ministère serait aussi fidèle à sa réputation de piaf de course et que Fergus aurait son message avant le milieu de la nuit (ce qu’elle prendrait très mal sinon, étant donné que lorsque la jolie jeune femme souhaitait quelque chose, il n’était pas question d’attendre).

Il était bientôt vingt et une heure lorsque, après s’être affairée à ranger ce qui était déjà en ordre et à nettoyer ce qui était déjà propre, la jeune femme se surprit à repenser à cette journée forte en rebondissements, assise sur son canapé, face au feu qui brûlait tranquillement dans la cheminée (l’amour du feu pour Abbi n’était plus quelque chose à prouver). Car depuis cette matinée, un étrange tiraillement au ventre la dérangeait malgré tous les efforts qu’elle mettait en œuvre pour l’ignorer. Son agacement alla croissant quand elle dû bien s’avouer que la jolie brune aux côtés de Nioclàs n’était pas étrangère à cette désagréable sensation. Certes elle avait plus ou moins tourné la page – obligée qu’elle était ! – mais la vue de ce qui semblait être sa remplaçante lui avait laissé un goût amer. Très amer. Sentant venir le mal de tête caractéristique aux grosses contrariétés, Abbigaël se leva dans un soupir, sortit un verre, une bouteille de rhum et de l’aspirine, assembla le tout et avala sans plus de ménagement ce qui devait la calmer. Elle savoura à peine son verre, l’esprit ailleurs. Heureusement un bruit de cloche la fit sursauter, la coupant dans ses sombres réflexions. Secouant la tête pour remettre ses idées au clair à présent légèrement embrumées par l’alcool, elle posa son verre et se dirigea tranquillement vers l’entrée. S’arrêtant devant la porte, elle marqua un temps d’arrêt en entendant un froissement d’ailes derrière elle. Deux secondes plus tard, une jolie petite chouette se perchait tranquillement sur ses épaules dans un petit cri quasi interrogatif, venue apparemment elle aussi accueillir son visiteur. La jeune femme sourit devant la curiosité possessive de Tamrah, la chouette boréale qu’elle avait acquise quelques jours plus tôt.

Elle ouvrit la porte et offrit son plus beau sourire au charmant jeune homme qui attendait derrière la porte. La chouette poussa un hululement qui ressemblait à une approbation avant de s’envoler et de disparaître quelque part dans la petite maison où habitait Abbigaël depuis plus d’un an à présent.
« Te voilà. Tu m’as épargnée de venir te chercher par la peau des fesses ! Je vais finir par croire que tu as une aventure secrète avec une de tes élèves… »

Et sans plus de cérémonie elle l’attrapa par la manche et lui offrit une grande embrassade, savourant l’odeur familière de celui qui était maintenant professeur à Poudlard. Puis, fidèle à son caractère autoritaire, elle le traîna à l’intérieur et lui indiqua le canapé en cuir blanc dans un sourire.

« Installe-toi. »
Elle fit de même, repoussant quelques coussins aux couleurs vives pour y poser son séant. Elle se pencha ensuite au dessus de la table basse pour lui servir un verre du wisky qu’elle réservait toujours à l’occasion pour son ami.
« Alors ? » l’interrogea t-elle impérieusement en lui tendant son verre, tandis que le craquement d’une bûche retentissait dans l’âtre.

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MessageSujet: Re: Sommation [pv abbi] Ven 24 Mai - 18:06
Fergus s'attendait à plusieurs choses.
La première possibilité aurait été de trouver Abbi avec les yeux rouges, ou au moins les yeux tristes, et la prendre dans ses bras pour la consoler.
La seconde aurait été de la trouver ivre, et de la prendre dans ses bras pour la consoler.
La troisième aurait été de la trouver nue et d'essayer de comprendre le pourquoi du comment sans surtout céder à la trop facile tentation.
Mais Fergus ne croyait pas véritablement à la troisième, c'était pas le genre de la jeune femme et encore moins la tournure de leur relation. Mais, comme il était un peu dérouté, il ne savait pas quoi penser. Du coup, quand elle apparut sur le perron, totalement normale, la seule chose qui surprit Fergus ce furent les yeux de hibou d'une chouette boréale qui poussa un léger hululement avant de disparaître. De prime abord, Abbi avait l'air totalement naturelle et normale. D'ailleurs, elle l'étreignit aussitôt et lui claqua la bise non sans l'avoir disputé en guise de préambule, le traitant comme s'il était infiniment en retard.
Or ce n'était pas le cas puisqu'ils n'avaient pas rendez-vous...
Sans parler de l'allusion de l'aventure avec une de ses élèves, qui provoqua une réaction aussi épidermique que viscérale.

_ Avec une élève ? Jamais !

Il était tellement outré que c'en était comique. Il avait sérieusement pris ce qui n'était somme toute qu'une boutade et se demanda surtout si c'était bien une note de jalousie qu'il lisait dans la voix de la jeune femme. Mais, à dire vrai, il ne savait pas bien quoi penser...
Il la suivit et accepta de s'installer comme elle lui ordonna plus que proposa de le faire. Jetant un oeil curieux aux alentours, il ne fut pas surpris outre mesure. Il voyait bien Abbi évoluer dans un tel cadre, ça lui collait. Mais à nouveau le fil de ses pensées fut interrompu par une question lancée sans crier gare par la jeune femme qui avait pris place à ses côtés.
Machinalement, il prit le verre qu'elle lui tendit et hésita un instant sur la marche à suivre.

_ Alors quoi ? demanda-t-il simplement. Je ne sais pas pourquoi tu m'as demandé de venir.

Il réalisa que c'était presque sous-entendre du négatif aussi ajouta-t-il pour qu'il n'y ait pas de méprise.

_ Ca ne me dérange pas, simplement je ne comprends pas tout. C'est récurrent avec toi.

Il la regarda un long moment droit dans les yeux, comme pour y trouver les réponses qu'il cherchait. Après quelques instants, il prit une gorgée de whisky puis reprit la parole.

_ Merci, dit-il. Tu t'améliores nettement dans tes choix. Alors, Abbi. Comment vas-tu ?

C'était une entrée en matière qui pouvait le mener directement au coeur du sujet... Ou lui laisser l'occasion de fuir si c'était ce qu'elle voulait. Mais si elle ne souhaitait pas se confier, Fergus ne savait pas pourquoi elle l'avait fait venir, pauvre petite créature presque innocente...
(mais terriblement sexy !)

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MessageSujet: Re: Sommation [pv abbi] Dim 2 Juin - 11:56
La jeune femme laissa échapper un rire moqueur, savourant l’expression outrée de son ami. Elle commençait à si bien le connaître… C’en était ridiculement facile de le faire réagir ainsi ! Elle aimait ce naturel déconcertant chez Fergus, cette façon presque naïve de voir certaines choses ; cette impression venait de ses principes, qu’Abbigaël trouvait souvent un peu vieux jeu et elle ne se privait pas de le lui faire remarquer. Fergus la calmait, car avec lui, elle n’avait pas à faire semblant ; du moins pas toujours. Elle pouvait se relâcher un peu, être comme bon lui semblait : il paraissait l’accepter telle qu’elle était. Et pour cela, elle lui en était presque reconnaissante. Presque, bien sûr. Reconnaissance et Abbigaël, ça ne s’additionnait pas.

Elle suivit son regard lorsqu’il évalua la pièce autour de lui, et la jeune femme ne put retenir un autre sourire.
« Je te laisserai marquer ton territoire dans la chambre d’ami, si tu y tiens. Mais attention, de façon propre ! Je te dis ça parce que maintenant que tu traînes à longueur de journée entre une cabane et une forêt, peut-être que tes chiens commencent à avoir une trop grande influence sur toi… Je ne t’ai pas vu t’essuyer les papattes avant de rentrer, Fergus ! Vilain ! »

Oui, lorsqu’Abbigaël buvait, elle avait un sens de l’humour très particulier. Elle avait prononcé ces derniers mots en levant l’index et en fronçant les sourcils dans un air faussement en colère. Puis, aussitôt dit, elle s’effondra en arrière sur le canapé, riant à gorge déployée. Quelques secondes de secousses incontrôlables plus tard, elle se releva en ramenant ses cheveux en arrière, l’air soudain gêné.

« Emh. Désolée. J’ai pour ainsi dire bu un bon verre de rhum cul-sec avant que tu ne sonnes : je crois que ça commence à faire effet. »
Elle étouffa un gloussement en cachant sa bouche derrière la paume de sa main, les joues soudainement colorées. Elle ressemblait ainsi à une petite fille prise en flagrant délit de bêtise. Puis elle se rappela soudainement que Fergus lui avait posé une question.

« Plutôt bien. La routine au Ministère, disons. »
Elle le fixa quelques instants, puis enchaîna :
« Mais j’AI posé la question la première. Alors ? Comment ça se passe à Poudlard ? Fais pas ton radin, raconte-moi. Sinon tu dors sur le canapé ce soir. Oui, parce que je compte bien te garder pour la nuit ! »
Et sur ces dires, elle se pencha pour lui administrer une pichenette sur le bras, le sourire jusqu’aux joues, heureuse d’être en sa compagnie.

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MessageSujet: Re: Sommation [pv abbi] Dim 16 Juin - 9:37
Dubitatif est bien le terme qui définit le mieux la réaction de Fergus à la réponse d'Abbi quant au fait de marquer son territoire et de vivre au milieu des bois et de ses chiens. L'homme arqua un sourcil indécis et fixa un long moment son interlocutrice du regard. Il n'eut pas besoin de son aveu pour comprendre qu'elle était ivre, ou du moins passablement éméchée. Mais elle tenait encore debout et le rire était un peu nerveux.
Nerveux vraiment ? Ou était-ce juste Fergus qui faisait un transfert ?
Cela fait plusieurs années déjà que le garçon est devenu homme et les choses de l'amour ne lui font pas peur. Naturellement, elles sont loin de le rebuter. Mais son éducation stricte continue de marquer ses relations. Il se refuse à manquer de respect à une personne, même si celle-ci ne montre que peu de respect pour elle-même. Il ne tire pas avantage des situations et ne joue même pas spécialement de son charme. Il est brut de décoffrage, mais honnête.
Mais il est homme, de chair et de pensée, et cela peut mettre parfois à mal ses grands principes. Ah tout le dilemme de l'âme humaine. Le désir et la raison... Bon sujet pour le bac de philo tiens ! Mais revenons à nos moutons ou plutôt à nos deux énergumènes qui se tournent autour en jouant au jeu du chat et la souris. Et le plus félin des deux est sans conteste Abbi. Pauvre Fergus...
Enfin pauvre Fergus... Il le veut bien hein ! Ce fut d'ailleurs lui qui ramena un semblant de triste réalité dans la conversation, inquiet qu'il était comme tout bon chevalier qui se respecte. Trop poli le jeune homme, trop poli ! Enfin, jusqu'à un certain point...

_ Pourquoi as-tu bu ce soir ? Tu as des soucis au ministère ? Des ennuis avec un collègue ? Tu sais que tu peux tout me dire et tout me demander. Si tu as besoin que j'aille calmer quelqu'un je le ferais. Comment ça se passe au bureau ?

Comme si Abbi ne pouvait pas se défendre seule ! D'ailleurs, l'homme ne pensait pas cela, il songeait toutefois qu'être une femme dans un milieu d'homme (quoi qu'on en dise) et surtout à une place importante suscite convoitises et méchancetés. S'en prémunir est parfois plus complexe qu'il n'y paraît et exige souvent doigté et subtilité. Comme bien des choses d'ailleurs... Mais assez de digressions ai-je dit !
L'instant d'après, elle assurait que tout se passait normalement au bureau, la routine en somme. Fergus ne savait plus très bien quoi penser. Il ne se voulait pas plus moralisateur que cela c'est pourquoi il accepta de changer de sujet et qu'elle lui renvoie sa question sans vraiment répondre à la sienne. Il avait proposé, c'était à elle de disposer.
Et puis, la dernière phrase de la jeune et sensuelle femme le troubla au point de lui faire oublier ce petit aparté. Il s'efforça de ne pas mal interpréter son affirmation qu'elle le garderait pour la nuit. Mais, malgré lui, son corps (le traître !) avait parfaitement entendu l'allusion. Fergus se racla la gorge et s'efforça d'adopter le ton le plus neutre qu'il possédait.
Réussite que partielle toutefois.
Ce n'est pas sa faute quand on y songe : l'homme vivait seul depuis un moment et il n'avait pas apprécié la compagnie d'une femme depuis un moment. Normalement constitué, il était évident que si elle le cherchait, elle le trouverait. Mais lui ne ferait rien en ce sens. Trop poli !!

_ Eh bien, je crois que je ne m'en sors pas trop mal. J'ai subi quelques blagues d'élèves, notamment une qui a tenté de me faire croire qu'elle était l'infirmière de l'école et que j'ai dû punir, mais dans l'ensemble ça se passe bien. Je crois que j'arrive à les intéresser ou que sinon je les impressionne trop pour qu'ils soient dissipés. Mes collègues sont sympathiques, mais tu penses bien qu'avec le décès d'un des professeurs les choses ont été quelque peu compliquées ces derniers temps. Surtout pour le directeur adjoint, puisque c'était son ex-compagne.

Fergus se tut un instant en songeant à l'ambiance pesante du château. Il s'était efforcé de distraire les élèves pendant ses cours, mais c'était bien tout ce qu'il avait pu faire.

_ Je crois que ça résume plutôt bien la situation. Ma cabane est sommaire, mais suffisante, et les elfes de maison sont très arrangeants avec moi et mes chiens. Du coup, je n'ai vraiment pas à me plaindre, même si, parfois, ça me fait vraiment étrange d'être dans une école où j'aurais dû être élève mais que je n'avais jamais vu. C'est vraiment très différent de Beaux-Bâtons.

Voilà qui constituait déjà un joli petit discours. Et puis, en voyant la jeune femme le dévorer du regard (parce qu'il faut être réaliste), il peinait à conserver son calme et sa neutralité permanente. Ce n'était pas de sa faute : Abbi était son type de femme. En chair, avec des courbes parfaites, un visage avenant, des lèvres pleines et gourmandes, et des yeux qui n'avaient froid de rien...
Non, vraiment, ça n'était pas de sa faute. Mais il se donnait du mal pour conserver une conversation tout à fait polie et amicale.

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MessageSujet: Re: Sommation [pv abbi]

Sommation [pv abbi]

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